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De retour aux affaires

IMG_4811J’espère que je ne vous ai pas trop manqué, chers lecteurs. Je suis sûr que non. Allez, si, ça me ferait plaisir. Eh bien, figurez-vous qu’une semaine de coupure totale, ça fait un bien fou. Pas de grippe porcine, pas de polémiques à deux balles, pas de Sarkozy, pas d’actualité, pas de portable, pas d’internet, pas de casse-pieds… le pied! Au-delà du repos physique, c’est une sacrée détente intellectuelle de se couper de son monde habituel (et de ses vices!).

Je mesure ma chance, puisque j’ai pu m’offrir une semaine en Turquie. De ce que j’en ai vu (c’est-à-dire pas grand-chose, étant donné que je me suis surtout contenté de buller au soleil), ce pays est très beau et a un potentiel énorme. Même si de mon point de vue la Turquie n’est définitivement pas européenne, elle a des racines communes évidentes avec notre continent, puisque l’héritage byzantin et gréco-romain est très fort. Et la tradition laïque très enracinée. Pourra-t-on un jour envisager autre chose qu’une adhésion à l’UE, tout en ne nous coupant pas de ce pays puissant et stratégique?

IMG_4295Sinon, il faut dire que les Turcs ne savent vraiment pas mettre en valeur leur patrimoine, et qu’ils ont commis des sacrilèges irréparables avec leurs joyaux historiques. Prenez Ephèse, par exemple, on y voit des colonnes doriques vaguement remises sur pied et consolidées avec du béton armé, c’est un véritable désastre. Entre cet excès et les nôtres, qui consistent à vouer un culte aux vieilles pierres, au point de figer le paysage, il y a sûrement un juste milieu…

Les commentaires sont donc de nouveau activés sur ce blog, qui va retrouver bientôt son rythme normal. Je laisse passer le week-end, histoire d’atterrir en douceur… Mais je rumine déjà quelques billets sur l’Europe et la légalisation des drogues. Je fourbis mes armes. J’affûte mes arguments. Le chafouin nouveau est arrivé, ça va faire mal! 😉

Bon week-end à tous!

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Obama et la Turquie : mais de quoi je me mêle?

Photo Ouest-France

Photo Ouest-France

Hier en Turquie, le président des Etats-Unis, Barack Obama, a apporté son soutien – sans surprise du côté américain – à la candidature d’Ankara à l’entrée dans l’Union européenne. Une fois passée l’envie de lui demander de se mêler de ses oignons, on réalise que cet appui est le meilleur argument pour stopper les négociations d’adhésion et envisager un partenariat privilégié avec ce pays.  Ce sujet sera-t-il l’un des éléments clefs de la campagne pour les européennes, qui peine à démarrer? Lire la suite

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Sarkozy va-t-il nous cocufier au sujet de l’adhésion de la Turquie?

On s’en souvient : après s’être déclaré, par pur opportunisme politique, opposé à la fusion entre GDF et Suez, Nicolas Sarkozy a changé d’avis une fois arrivé au pouvoir. Après tout, pourquoi pas : ce refus ne semblait pas issu d’une conviction profonde du ministre des Finances de l’époque, mais plus d’une querelle politique avec la Chiraquie.

On ne peut malheureusement pas en dire autant au sujet de l’épineuse question de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Sarkozy l’a dit et redit. « Si la Turquie était européenne, ça se saurait », fanfaronnait-il en 2004, à quelques mois du référendum sur le Traité Constitutionnel Européen. On croyait entendre un cri du coeur. Mais peut-être aussi, une danse du ventre à destination des électeurs villiéristes et frontistes. Partisan, avant et pendant la campagne présidentielle, d’un partenariat privilégié avec l’Etat turc, Sarkozy l’a répété l’autre soir sur TF1 : « Je ne crois pas que la Turquie ait sa place en Europe, et pour une raison simple, c’est qu’elle est en Asie mineure ».

Argumentation certes un peu courte. Mais qui a le mérite apparent de trancher définitivement la question. Sauf que le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner n’a de cesse de répéter de son côté qu’il milite farouchement pour l’entrée de la Turquie en Europe. « Je suis un partisan de l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, après de longues discussions et beaucoup de conditions posées », a-t-il déclaré mercredi sur France-Inter, rappelant que Nicolas Sarkozy de son côté, y était opposé, préférant un « partenariat privilégié ». Rappelant également qu’il ne pensait pas être « étranger » aux récentes « inflexions » du président sur le sujet. Inflexions? On croyait avoir entendu le fringuant Martinon (également porte-parole de l’Elysée) affirmer, confirmer, assurer que Sarkozy n’avait « pas changé » là-dessus. Surtout pas avant les municipales, hein?

Il faudrait avoir une foi aveugle pour le croire. Il faudrait être autruche. Sarkozy, qui n’a pas hésité à renvoyer Fillon à ses études lorsque celui-ci en avait trop dit au sujet des régimes spéciaux, Sarkozy, qui sèche tout ministre s’exprimant en marge de la ligne officielle, laisse dire, laisse faire Kouchner. Attend de voir. N’a-t-il pas proposé à ses partenaires européens de charger un « comité des sages » de se pencher sur la question des frontières de l’Union? Voilà qui est peu rassurant, un comité.

Et puis dans le même temps, Sarkozy a commis un autre oubli regrettable : il n’a pas désavoué son ministre des Affaires européennes, lorsque celui-ci a proposé, devant la commission Balladur (chargée de réformer les institutions), la suppression de l’article 88-5 de notre constitution, qui oblige la France à organiser un référendum pour valider toute nouvelle adhésion à l’Union. Oubli, vraiment? Quel but poursuit exactement Jean-Pierre Jouyet? Là aussi, Sarkozy laisse faire, alors que c’est lui qui le premier, a observé en septembre 2004 qu’ « une décision aussi importante ne pourrait être prise qu’après qu’il y ait eu un référendum en France pour connaître l’opinion des Français ». A l’époque, c’est vrai, il s’agissait surtout de tacler Chirac.

Et puis il y a eu l’épisode du 27 août dernier, où lors de sa déclaration de politique étrangère, Nicolas Sarkozy avait lâché qu’il ne s’opposait pas à l’ouverture de nouveaux chapitres de négociation entre l’UE et Ankara. Accepte-t-on de négocier le prix d’un scooter si on ne veut pas le vendre?

On comprend que dans l’esprit des néocons, dont Kouchner fait assurément partie, l’intégration de la Turquie dans l’Union européenne représente un pas de plus vers l’unification du monde, vers l’extension du pseudo « monde libre ». Ces gens se moquent de l’Europe politique, dont ils ne veulent surtout pas : ce qu’ils désirent, avec ardeur, c’est l’abolition des frontières, un marché commun le plus large possible. L’ancrage à l’Union d’un pays d’Islam, c’est un prétexte, une fausse raison. Et une argumentation bidon : pourquoi pas le Maroc et l’Indonésie, dans ces conditions?

On pensait naïvement que Nicolas Sarkozy exprimait une conviction forte en estimant qu’on devait aller plus loin dans l’Europe politique avant de penser à intégrer d’autres Etats. Qu’il était sincère. Il y a désormais fort à parier que notre candeur se soit fourvoyée, et qu’on se trouve finalement cocufié. Sarkozy, comme on l’a toujours dit ici, est dans la pure lignée de Chirac. Les promesses électorales n’egagent que ceux qui y croient, non?

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