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PS : Sarko m’a tuer

Spectacle affligeant que celui qu’offre le PS depuis la présidentielle. A défaut d’avoir quelque chose à dire contre les réformes proposées par le gouvernement (à part : c’est pas bien, vous êtes des méchants, c’est anti-social!), à défaut de formuler des contre-propositions (shadow cabinet, where are you?), le parti de la rose s’enfonce dans une crise dont on se demande quelle sera l’issue. Vampirisé par le président de la République, qui donne l’impression de vouloir ramener dans son camp, un à un, tous les socialistes par la peau des fesses, le PS peut désormais se poser de sérieuses questions sur son avenir.

Après les deux premières salves d’ouverture sarkozyste, qui ont fait plus de mal qu’on ne pouvait le penser à la gauche, l’Elysée ne semble pas vouloir s’arrêter en si bon chemin. Malgré les oppositions internes à l’UMP. C’est d’abord Hubert Védrine, qui après avoir refusé le ministère des Affaires étrangères, s’est vu confier une mission sur la mondialisation. Puis ce fut le cas Jack Lang. Nous évoquions ici même, la semaine passée, son pas-de-deux étrange avec Sarkozy, qui lui a demandé au moins de participer, au mieux de prendre la tête de la commission sur la réforme institutionnelle. Cette hypothèse a semé la zizanie au PS : Jean-Marc Ayrault ayant clairement menacé Lang, ce dernier a claqué la porte du groupe PS à l’Assemblée. L’ancien ministre de la Culture a certes démenti avoir accepté la proposition de Sarkozy, mais trouve « très positive la réforme des institutions »…

Et puis selon Libération, « Manuel Valls, Julien Dray, Jean-Yves Le Drian, Didier Migaud, Hubert Védrine ou Malek Boutih, ont déjà été contactés et le seront encore. Arnaud Montebourg ou Vincent Peillon sont des cibles potentielles ». Le Monde a de plus annoncé vendredi que Nicolas Sarkozy envisageait de soutenir Strauss-Kahn pour la candidature française à la direction générale du FMI! Le nom de Laurent Fabius a circulé, mais aurait été écarté en raison du rôle joué par l’ancien Premier ministre dans le rejet du Traité constitutionnel européen.

Pendant ce temps, Ségolène Royal « travaille dans le silence pour mieux rebondir », si l’on en croit l’entretien qu’elle a accordé jeudi à l’AFP. Le sort du PS ne semble que peu lui importer : c’est dans son groupuscule « Désirs d’avenir » qu’elle croit pouvoir trouver le salut de la gauche. Mais quelle gauche? Entre ceux qui comme Védrine, expliquent que « refuser de donner mon avis à Sarkozy serait extraordinaire! », et ceux pour qui toute compromission avec le « camp d’en face » est une trahison « anti-démocratique » (dixit Bertrand Delanoë), on se demande bien comment il va de nouveau être possible de travailler de concert.

Le machiavélisme de Nicolas Sarkozy semble bel et bien fonctionner à merveille. D’après le Figaro, le but de la manoeuvre est simple. Déstabiliser le PS pour l’écraser aux prochaines municipales : « Cette échéance l’obsède. Il pense qu’un échec pourrait casser la dynamique des réformes », écrit le journal de Serge Dassault.

Mais le PS tiendra-t-il jusque là? DSK et Fabius ont déjà quitté le bureau national du parti. Jack Lang s’interroge sur sa présence dans cette instance. Et quand les rats quittent le navire, cela ne signifie-t-il pas que le naufrage est imminent?

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Avec François Hollande, le sadomasocialisme a de beaux jours devant lui

Au PS, on se croit de plus en plus dans « mais où est donc passé la septième compagnie? ». Il ne se contente pas de trois défaites d’affilée à la présidentielle, ce parti de plus en plus moribond idéologiquement. Vous avez aimé la claque du 6 mai, qui a montré que les Français préféraient à l’ordre juste un candidat « sortant » au bilan plus que moyen? Vous devriez dès lors apprécier celle des 10 et 17 juin prochain. Avec derrière lui un PS affaibli, divisé et absolument pas prêt à prendre le pouvoir, le premier secrétaire François Hollande a avoué hier que ce qu’il souhaitait, c’est une défaite la moins large possible.
François Hollande semble se satisfaire de rester dans l’opposition. Tout ce qu’il désire (d’avenir)? Avoir, s’il vous plaît messieurs-dames les Français, un score qui corresponde aux 47% récoltés par Ségolène Royal au soir du 6 mai.
Avec un tel patron, pas besoin d’avoir d’ennemis : il suffit de le laisser parler pour qu’il décourage lui-même les militants. Qu’a-t-il dit hier? Qu’il souhaitait qu’il n’y ait pas « une majorité écrasante », mais une majorité à tout le moins qui « corresponde au vote intervenu lors de la présidentielle ». Tout est dit. Qu’est-ce qui est important à ses yeux? Qu’il y ait « de l’équilibre, de la mesure, du contrepoids ». « Que les Français se sentent représentés, c’est tout l’enjeu de l’élection qui vient », a-t-il ajouté.
On croit rêver. On pensait naïvement que ce qui était important, c’était l’avenir du pays. Et qu’aux yeux de Hollande, c’était de convaincre les Français que le projet de son parti était le meilleur. Projet? Idées? Tout cela semble trop compliqué pour un PS décidément bien plus déstabilisé qu’il ne veut le faire croire par l’ouverture sarkozyzte.
Le morne parti avait vaincu aux régionales puis aux européennes, avec pour seul programme le rejet de la droite. Un projet qui n’a pas convaincu le 6 mai. Et qui a bien peu de chances de fonctionner les 10 et 17 juin…

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