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Pour le tribunal de Lille, il n’est pas illégal de pratiquer une circoncision sans diplôme sur la table de la cuisine

J’avais commis un billet au mois de mai dernier, me faisant l’écho de deux affaires de circoncision clandestine pour lesquelles la justice nordiste semblait bien légère, puisqu’elle semblait ne pas voir d’inconvénient à ce qu’un jeune enfant soit circoncis au domicile par un non-médecin. Dans les deux cas, un enfant est pourtant passé à deux doigts de la mort. Dans les deux cas, l’ablation rituelle a été pratiquée par un homme dépourvu de tout diplôme médical. Eh bien hier, le tribunal de Lille a relaxé l’un d’entre eux! Lire la suite

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Sorti par la porte, le travail dominical revient tout doucement par la fenêtre

hortefeuxQuand un texte sort par la porte, il revient souvent par la fenêtre. Ou inversement. C’est la tactique du rouleau compresseur : quand vous sentez venir la contestation, vous reculez… pour mieux sauter quelques mois plus tard. C’est le cas du texte sur le travail dominical, sur lequel le nouveau ministre du Travail, Brice Hortefeux, est reparti à l’offensive hier sur Europe 1, annonçant un examen du texte au mois de juillet. Lire la suite

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C’est la faute à la barrière

accidentIl fallait s’attendre à de telles réactions, dans la malheureuse affaire de ces supporters du Losc décédés et/ou gravement blessés samedi soir, fauchés par un train sur un pont enjambant le canal de Saint-Denis au terme d’un match dont l’issue avait, ironie du sort, été très heureuse pour Lille face à Lyon. Dans de telles circonstances, l’émotion est telle qu’on refuse l’évidence, et qu’on cherche à tout prix d’autres responsabilités que celles qui sautent aux yeux d’emblée. Comme si la société n’admettait plus le risque de la mort… Lire la suite

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La chance de Martine Aubry

Qui aurait pu lui prédire pareil succès? Malmenée, il y a encore un an, par un sondage établissant que si sa politique était jugé favorablement à Lille, sa personnalité ne passait pas, Martine Aubry s’est refait une santé le temps d’une campagne et peut se mettre à rêver à un avenir national.

Comme Bertrand Delanoë à Paris, elle a bénéficié d’un concours de circonstance très favorable à Lille. Une abstention forte, d’abord, (55%). Et puis, une droite locale abattue par le retrait de son chef, Christian Decocq, après son échec aux législatives de juin dernier. Pas de réel adversaire donc : le candidat de rechange, Sébastien Huyghe, a été envoyé au casse-pipe avec une équipe maigre, peu d’idées, un déficit de notoriété énorme et un temps de préparation beaucoup trop court… 33% à l’arrivée, soit 4 points de moins qu’en 2001 pour la droite locale. L’UMP n’a pas attaque le bilan d’Aubry, qui a pu imposer dans les esprits qu’il s’agissait d’une bonne politique. En refusant le débat d’entre-deux tours, elle évitait les questions ou remarques gênantes.

Comme Delanoë, elle a réalisé un score personnel élevé au premier tour, lui permettant de ne pas être à la merci de ses alliés, PC, Verts, et donc MoDem. Et au second, elle est donc le maire de Lille la mieux élue (66,56%) de toute l’histoire de la ville – mieux que Salengro, mieux que Mauroy. La voilà, sa revanche : elle peut voler de ses propres ailes, sans être dans l’ombre du patriarche du Nord.
 
Désormais, la victoire à la communauté urbaine est à sa portée, et derrière, la fille de Jacques Delors peut retrouver la stature, l’épaisseur qu’elle avait du temps de son passage au ministère de l’Emploi. On l’entend déjà élever le niveau de son discours, parlant d’eurométropole, évoquant de grands projets, Lille ne lui suffit déjà plus. Elle donne son avis sur la stratégie qui doit être celle du PS pour les années qui viennent.

Quelles sont ses chances pour la rue de Solférino? Les spécialistes la placent sur la liste des prétendants au poste de premier secrétaire. Tout comme on lui prédisait de participer à la lutte pour l’Elysée en 2006… Un duel avec Ségolène Royal serait instructif, tant la différence de style est grande entre les deux femmes. Royal incarne une gauche ouverte sur le centre, une gauche un peu opportuniste, à la fois sécuritaire, républicaine, morale et libérale. Aubry, elle, représente une gauche plus à gauche, ouverte au monde ouvrier, en empathie avec lui. Une gauche non moins autoritaire, d’ailleurs… qui à Lille, négocie peu et a du mal à ne pas voir l’interlocuteur politique comme une ennemi. Mais alors qu’avec Royal, ça sent l’improvisation en permanence, avec Aubry, c’est du solide. Reste le problème de la popularité.

En face, Royal, Moscovici, Dray, Delanoë, qui d’autre? L’avantage de Martine Aubry est de pouvoir incarner un charisme, une ligne claire. On l’avait dit : une victoire du PS aux municipales ouvrirait l’appétit de bien du monde pour 2012. Le parcours de Nicolas Sarkozy a montré qu’il fallait un parti fort pour espérer emporter l’Elysée. Alors à votre avis, Martine Aubry peut-elle emporter le premier secrétariat, et si oui, serait-elle une bonne candidate de la gauche pour l’Elysée?

Le débat pour la refondation et l’avenir du PS s’ouvre dès à présent, avec l’élection d’un nouveau premier secrétaire en perspective : rebondissez sur le sujet ou donnez votre avis dans le sondage ouvert à cet effet…

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Les sans-papiers lillois victimes de l’idéologie jusqu’au-boutiste du CSP 59

64 jours de grève de la faim pour aboutir à une arrestation globale, ce matin, de tous les participants à un mouvement qui aurait dû s’achever dans le calme aujourd’hui si les propositions du préfet avaient été acceptées par les plus influents des mouvements de soutien aux sans-papiers du Nord.

Inutile de s’étendre sur les soupçons portés à l’endroit de la réalité de cette grève de la faim. Vu de Lille, il faudrait être dupe pour avaler cette couleuvre : a-t-on déjà vu quelqu’un se contenter d’eau et de café pendant près de deux mois, et continuer à organiser des conférences de presse, à sourire devant les journalistes comme si de rien n’était? Désolé, je doute donc je suis.

Ce mouvement est d’autant plus contestable que ses propre participants sont pris en otage par l’idéologie guerrière du CSP (comité des sans papiers) 59, soutenu par la Ligue des (prétendus) Droits de l’Homme et le MRAP (dont on connaît l’intelligence profonde). Interrogés dans les journaux, à la télé, à la radio, ces malheureux ont répété en boucle pendant des jours puis des semaines un message appris par coeur la régularisation ou la mort.

Au passage, on notera qu’il faut être soit complètement à bout, soit complètement manipulé pour être prêt à la mort pour un bout de papier, titre de séjour ou carte d’identité.

Derrière ces émouvants messages venant des grévistes, les associations qui les soutiennent, eux, ont fait preuve à la fois d’une totale irresponsabilité  et d’un cynisme sans nom. Comment peut-on défendre une cause de façon si radicale qu’on est prêt à risquer la vie d’un de ses membres pour que celle-ci avance? Pure folie. Mépris de l’Homme. Comme si le CSP et ses acolytes ne voyaient pas l’humain dans le sans-papier, mais uniquement un vecteur de son idéologie. Idéologie qui voit derrière la volonté de maîtriser les flux migratoires des relents de colonialisme. Idéologie qui veut qu’en vertu des fautes commises par les « impérialistes » dans le passé, tous les habitants des anciennes colonies ont un droit à vie de séjour sur un territoire. N’emprisonne-t-on pas les Africains dans la revendication permanente en ne cessant d’adopter un tel ton?

Deuxième phase du raisonnement : l’illégitimité de toute grève de la faim. Ce procédé est un chantage odieux, qui consiste à émouvoir l’opinion publique pour obtenir quelque chose. Soit les grévistes méritent leur titre de séjour, et il faut le leur donner, soit ils n’y ont pas droit, et dans ce cas, il n’y a pas à placer l’hypothèse de la mort comme monnaie d’échange. Le député UDF Jean Lassalle était tombé dans la même erreur pour sauver des emplois, une usine, un territoire. De tels agissements font peu de cas, il me semble, du caractère sacré de la vie. Rien ne vaut la vie.

De plus, la préfecture n’a-t-elle pas proposé une solution de sortie de crise, acceptée par des associations aussi humanistes qu’Emmaüs ou la Cimade? Les six organisations signataires de l’accord sont-elles complices du pouvoir, réactionnaires ou nazies? Selon l’AFP, « ce dispositif prévoit le réexamen des dossiers de 150 sans-papiers – dont les grévistes de la faim -, la délivrance dès le dépôt de la liste d’un document leur permettant de circuler librement et la remise immédiate d’un titre provisoire pour ceux qui seront régularisés ». Inespéré! Mais le CSP, lui, ne s’en satisfait pas : pour lui, c’est tout ou rien. Dans cette optique, les associations signataires de l’accord préfectoral ne sont pour lui que des collabos, illégitimes à soutenir les sans-papiers. Quand on est idéologue, il n’y a jamais de place pour la nuance, la négociation, le compromis.

A Lille, l’actualité est d’ailleurs marquée par le jusqu’au-boutisme et les provocations de cette association. Si elle assiste au jour le jour les sans-papiers, et effectue donc un vrai travail de fond, sa stratégie permanente consiste à provoquer de façon régulière la police, pour que celle-ci perde le contrôle et qu’on puisse l’accuser des pires maux. On l’a vu pendant les six derniers mois. La température a monté jusqu’à ce qu’une occupation tourne à l’arrestation générale : enfin, le CSP a pu employer le mot de « rafle ». Notons ici que la police n’est pas exempte de tout reproche. Elle n’hésite pas à employer la force, là où elle est inutile et d’ailleurs injuste. Mais derrière, le CSP se satisfait de tout débordement. Se frotte les mains à chaque arrestation, sous couvert d’indignation. Car tout cela est bon à prendre, cela fait « avancer la cause ».

Arrêtons de croire, donc, que la politique du gouvernement n’est pas républicaine. Sur ce genre de questions, ce n’est pas dans la rue ou en jouant avec la mort qu’on règle les problèmes. Si les lois ne plaisent pas, eh bien il faut se battre pour les changer : il y a des élections pour cela. Certes, on voit sur le terrain que l’Etat (le service « étrangers » des préfectures) n’applique pas toujours la loi à bon escient, et c’est un euphémisme : elle le fait a minima. Certaines arrestations sont même purement et simplement scandaleuses. Disproportionnées. Sans compter les procédures baclées ou irrégulières. Mais le fond du droit, lui, est élaboré par une majorité démocratiquement élue. N’en déplaise aux minoritaires, qui s’ils avaient le pouvoir, feraient peu de cas des contestataires, soyons-en certains!

Mais ce qui est le plus grave, dans cette affaire, c’est d’instrumentaliser le malheur de ces pauvres bougres à des fins politiques. Les responsables du CSP, de la Ligue, du Mrap, sont à l’abri pendant que les sans-papiers qu’ils soutiennent sont actuellement en garde à vue dans les locaux de la Police aux frontières et au commissariat central de Lille. Ne seraient-ils pas dans une meilleure situation, aujourd’hui, s’ils avaient approuvé l’accord préfectoral plutôt que de suivre les conseils de pseudo-humanistes?

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