Archives de Tag: libéralisme

Pervers sexuel = ultralibéral de droite

Nelly Kaprièlian, critique littéraire (roulements de tambour) aux Inrockuptibles, est une cuistre, mot que j’emprunte volontiers à ce cher Achille Talon. Une cuistre, c’est pour être poli, car si on avait pris quelques libertés, on l’aurait affublé d’autres sobriquets, telle que « triple buse », « marin d’eau douce », ou encore, si on avait été en forme, « sombre idiote de gauche », enfermée dans sa rhétorique partisane et aveuglée par son idéologie qui consiste à diviser le monde en deux parties : les gentils, les superhéros, tous de gauche, et les méchants, les mangeurs d’enfants, les gens de droite. Lire la suite

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Un site internet pour tromper son conjoint

alliancesJe suis sur le point de sortir de mes gonds, quand je vois des initiatives telles que celle dont parle Le Parisien dans son édition d’aujourd’hui : un site internet de rencontres exclusivement réservé aux personnes mariées. C’est-à-dire une entreprise dont l’objet, dont la finalité,  est de causer la souffrance et la division au sein des couples. Mais dans quel monde vivons-nous? Quel monde laisserons-nous à nos enfants? Lire la suite

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Ségolène Royal, le grand écart entre l’antilibéralisme et le MoDem

Mais quelle mouche a piqué Ségolène Royal? Piégée par un duel sémantique avec Bertrand Delanoë sur la définition du mot « libéralisme », celle qui prétend incarner le PS enchaîne les contre-sens et s’empêtre dans un grand écart incertain entre l’antilibéralisme et le MoDem.

Militants, militantes socialistes. Si vous désirez perdre en 2012, de grâce, choisissez tout de suite Royal pour gouverner le PS : le résultat sera couru d’avance. Et la droite pourra passer toutes les réformes qu’elle voudra, sûre d’être réélue au bout. Au moins par défaut.

Hier, la candidate déjà malheureuse une fois – et qui n’a jamais tiré aucune leçon de cet échec à part pour dire que c’était la faute des autres – s’est expliqué sur les raisons qui l’opposent fictivement à Bertrand Delanoë (qu’on se prend même à aimer, un comble), qui en s’affirmant « socialiste et libéral », a non seulement créé l’événement au PS (il suffit de voir combien de blogs se sont déchirés sur cette question somme toute futile), mais en plus, coupé l’herbe sous le pied de son « adversaire ». Celle-ci tente depuis, maladroitement, d’en faire un clivage pour le Congrès de Reims…

Je rappelle pour les distraits du fond que la semaine passée, notre Jeanne d’Arc de gauche avait déclaré ceci, provoquant la fureur de sociaux-démocrates éminents :  «Je ne pourrais jamais dire : je suis libérale. Je ne crois pas qu’il faille réha biliter ce mot et ce concept. C’est le mot de nos adversaires politiques, synonyme de capitalisme débridé, d’écrasement des bas salaires, de violence».

Enfin, s’est expliquée, disons qu’elle s’est embrouillée. Sur France Info, elle est allée raconter que le libéralisme était responsable du fait qu’aujourd’hui, « il n’y a jamais eu autant de misère ». Va dire ça aux ouvriers du XIXe siècle. Première ineptie!

Pire, elle a scandé qu’il ne fallait pas « aller piocher à droite son idéologie et son vocabulaire ». Comme si ce genre de considération devait être à la base d’un discours politique. Et après, elle ose dire que « le Congrès de Reims, les Français s’en moquent ». Sectarisme, quand tu nous tiens. En ce moment, je rêve d’un punching-ball grimé en présidente du Poitou-Charentes. Deuxième idiotie!

Elle confond libéralisme et néo-libéralisme, cette truffe. Elle ne sait que répondre quand les journalistes, avec malice, lui rappellent cet interview au Point que j’évoquais ici même en son temps, et dans lequel elle disait exactement la même chose que Bertrand Delanoë en établissant une distinction entre libéralisme philosophique et politique, et libéralisme économique.

Elle s’emmêle les pinceaux. Et croyant faire la synthèse des gauches, elle enjambe de façon hasardeuse le PS en se faisant passer pour « antilibérale » et en pronant dans le même temps une alliance avec le MoDem. Aux journalistes qui lui demandaient s’il n’y avait pas là une contradiction évidente, elle répond d’ailleurs : « Je vous le dirai. J’aborderai cette question sans tactique et sans tabou ». Mais c’est tout de suite qu’on veut la réponse!

Voilà. Elle est une nouvelle fois allée trop loin, et telle un gamin pris la main dans le pot de confiture, elle ne sait pas comment se dépatouiller de tout ça, et elle s’embrouille. Et on voudrait lui confier les clefs d’un parti, voire de la France?

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Classé dans Politique

Is it really a « free world »?

Si vous avez 8 € à dépenser, que vous avez l’esprit critique, que vous aimez réfléchir et que les questions de société vous intéressent, donnez vous la peine d’aller voir It’s a free world. Ken Loach, qui avait remporté la palme d’or du festival de Cannes 2006 avec le brillantissime Le vent se lève, écrit une fois encore un film engagé. L’histoire est simple et se déroule à Londres : une jeune femme de 33 ans est virée de son job de recrutement d’est-européens. Avec son amie Rose, Angie décide de se mettre à son compte et de créer une agence d’intérim offrant aux usines de la main d’oeuvre issue de l’immigration (d’abord légale puis clandestine) et donc à prix ultra compétitifs. On la voit glisser, petit à petit. Être tentée par l’exploitation de ces étrangers impuissants et prêts à tout pour gagner quelques livres. Et succomber à l’égoïsme, à l’argent facile.

Ken Loach, qui réalise un film magistral, a bien sûr pour ambition d’ouvrir un débat, de poser des questions, de faire réfléchir. Sur ce plan là, c’est réussi. Il ne prétend pas apporter de réponse et son film a ceci de postitif qu’il est un regard qui ne juge pas mais qui se contente de constater une réalité dont on parle peu : l’immigration clandestine et son exploitation, sur laquelle un maximum de gens ferment les yeux.

A mon sens, cette oeuvre permet d’ouvrir deux types de débat : un débat sur l’immigration en elle-même : où doit se placer la justice dans l’accueil? Et puis un débat plus global sur notre système économique, sur les valeurs, les ressorts qui le fondent, sur son avenir… On se contentera d’aborder celui-là.

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. – La citation devrait également s’appliquer en ce qui concerne le système économique dans lequel nous vivons.  Ou plutôt, que nous subissons. Je ne parle pas du libéralisme, terme qu’on emploie à tort et à travers, mais de la globalisation, de la mondialisation. De ce régime économico-politique qui veut imposer à tous la démocratie, sous prétexte d’exporter partout le marché unique. Qui prétend à l’universalité des droits de l’homme, mais les impose avec le fusil tout en approuvant un système qui broie l’humain.

J’ai tendance à aimer la notion de libéralisme. Parce que ce mot contient le mot liberté, parce qu’il n’est pas qu’une théorie politique, mais également philosophique et politique. Parce qu’il concerne bien plus Chateaubriand qu’Alain Madelin. Parce que les libéraux veulent faire confiance à l’homme, alors que les socialistes veulent les infantiliser, leur dire ce qui est bon au mauvais, et à la limite, décider à leur place. Je trouve qu’il est raisonnable de laisser l’Etat à ses fonctions les plus régaliennes, de confier le reste au privé. Je trouve louable la loi de l’offre et de la demande. Je trouve louable la loi de la concurrence, qui est saine et tend à rendre service au consommateur…

Tous ces principes sont positifs, et s’appliquent correctement dès qu’il existe une forme de consensus moral entre tous et que ce consensus est respecté sous la contrainte. Un savoir-vivre commun et consenti. Ou au moins, un contrôle de l’Etat sur l’économie. Un contrôle intransigeant. D’ailleurs, c’est le cas depuis des siècles! Mais à partir du moment où on croit en la liberté totale, et qu’on la laisse faire, comment s’étonner qu’on en vienne à rendre esclaves des clandestins? Qu’au lieu de concurrence, on assiste dans certains domaines au mieux à des ententes (téléphonie, internet…), au pire à des monopoles (systèmes d’exploitation informatique)? Qu’on veuille récompenser les actionnaires au mépris de l’intérêt économique même des entreprises? Un ami me confiait récemment que la société dans laquelle il travaille, qui est au CAC 40, allait délocaliser une partie de sa production en Europe de l’est. Il est chargé d’une partie du projet, et il m’a assuré que le gain serait minime… Un autre est maître d’oeuvre dans le batiment et me répète que le travail clandestin est monnaie-courante. Que l’Etat s’en moque, que les contrôles sont trop rares. Forcément, on veut réduire le train de vie de ce même Etat! Le serpent se mord la queue.

Il y a bien un moment où il faut se réveiller. J’entends déjà les bien-pensants répondre que la mondialisation est une chance pour la France (d’ailleurs, les mêmes que les partisans du TCE…). Que les délocalisations sont nécessaires, qu’on en peut pas faire autrement, que la main d’oeuvre est trop chère. « Trop chère ». Mais tout ce contexte est le fruit de décisions politiques, non? On ne s’est pas retrouvé, du jour au lendemain, avec des produits chers, une main d’oeuvre chère, et des Chinois qui produisent mille fois plus que nous! Rien qu’en Europe, on vient d’élargir l’espace Schengen. Et on n’arrête pas d’élargir par idéologie, juste pour élargir. Vous trouvez ça sain, vous, qu’il existe tant de gens qui aient envie de quitter leur pays, leurs amis, leur famille, leurs repères, pour aller travailler comme maçons dans les pays soi-disant riches? Et qu’on ne fasse rien, ou si peu, pour les aider et nous protéger du dumping social?

Je crois que tout serait possible si une morale existait, si on ne laissait pas passer des injustices évidentes, si on croyait en l’action de l’Etat, si celui-ci servait à nous protéger et pas seulement du point de vue de la santé. Croit-on que le New deal de Roosevelt serait encore possible aujourd’hui? En voulant tuer l’Etat au sens socialiste du terme, on a tué aussi les possibilités de résistance à ce cadre global, à l’internationalisation. Dans It’s a free world, Ken Loach a d’ailleurs choisi de présenter ce sujet du point de vue des exploiteurs, et on voit bien que rien autour d’eux ne les arrête. Ils sont effectivement libres… Angie a de bonnes raisons d’agir ainsi. Elle a des crédits, un fils difficile, elle même est une victime en quelque sorte…

J’aimerais vraiment connaître l’avis de ceux qui se prétendent libéraux. Ou qui le sont sans se l’avouer. Ceux qui pensent vivre dans un système positif, j’aimerais vraiment savoir ce qu’ils pensent du travail des immigrés clandestin. Parce que ce sujet est l’écume du reste, un des symptômes des maux de notre monde. Et je ne vois pas comment on peut les justifier.

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