Archives de Tag: Kouchner

Pour une fois qu’il y avait une information heureuse!

Photo Edouard Bride/MAXPPP

En France, on aime bien les débats superficiels. On aime bien parler pour parler. Et quand on n’est pas au pouvoir, on peut se permettre d’adopter une position tout à fait démagogique sans craindre le ridicule. Prenons pour exemple la libération de Clotilde Reiss : cet événement heureux s’est mystérieusement transformé en polémique, alors qu’il n’y a même pas l’ombre d’un chat à fouetter…

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Classé dans International

Mais qui croit à l’ouverture?

allegresarkozyL’ouverture, un concept censé démontrer la tolérance, l’écoute, et la réflexion de celui qui la pratique. En filigrane, une arme de guerre destinée à pilonner son adversaire. Concernant Nicolas Sarkozy, l’objectif semble en partie atteint puisque le PS semble totalement K.O. debout après les coups de boutoir répétés du président. Mais en réalité, et alors que le socialiste Claude Allègre  est pressenti pour entrer au gouvernement, l’ouverture n’est qu’un leurre et personne n’y croit vraiment : elle n’apporte strictement rien à l’exécutif. Lire la suite

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Classé dans Politique

Une Royale exaspération

segolene-royalElle ne fait décidément rien que de m’embêter, de chercher à m’agacer, de me taquiner. Et elle réussit presque à me sortir de ma torpeur bloguesque. C’est bien simple : quasiment à chaque fois qu’elle ouvre la bouche, Ségolène Royal m’exaspère, me donne des boutons, me donne illico envie de saisir mon clavier et d’écrire des textes vengeurs et acerbes. Etrange, n’est-ce pas? Non pas que les propos tenus soient toujours scandaleux, oh, ça, non. C’est plutôt la forme qu’ils prennent qui nous interloque, comme l’a brillamment analysé Jules, qui dépeint ses saillies comme animées « d’un mélange indéfinissable de toupet et de solennité, dépourvu de toute ironie qui laisse pantois l’observateur et enrage l’adversaire politique ». Lire la suite

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L’incroyable morgue de l’Occident

De quelle légitimité dispose l’Occident dans le bras-de-fer étonnant qu’il a engagé avec la Russie? Et surtout, de quelle crédibilité? A force de défendre ses intérêts en se parant d’une morale à géométrie variable, ses arguments juridiques comme politiques ne tiennent plus, preuve d’un affaiblissement considérable de l’influence des pays de l’Otan. 

La loi du plus fort s’applique assez bien en matière de relations diplomatiques, basées sur un soi-disant droit international qui n’existe que dans l’imagination de quelques idéalistes dont la plupart besognent à l’ONU. Et dans celle des profs de droit. Alors que les Etats-Unis haussent le ton vis-à-vis de la Russie, qui a reconnu officiellement comme Etats indépendants les territoires géorgiens sécessionnistes de l’Ossétie du sud et de l’Abkhazie, hier, Bernard Kouchner envisageait l’hypothèse de sanctions européennes contre l’ancien empire des Tsars. On aimerait savoir de quelles sanctions on parle, pour rire.

Sans vouloir donner raison aux Russes (peut-on avoir raison ou tort en la matière?), ceux-ci ne font que défendre leur sphère d’influence, après avoir été titillés pendant  des années en Europe de l’Est et dans le Caucase par des Américains un peu trop gourmands, qui ont cru trop vite que la fin de la guerre froide leur donnerait les mains libres sur toute la planète. Après avoir un tantinet chatouillés dans leur orgueil national par les ralliements systématiques à « l’ouest », l’installation de bases militaires dans leurs anciens satellites… On pouvait lire à ce sujet une très bonne analyse dans le dernier numéro de Marianne, l’hebdomadaire estimant que la guerre froide étant terminée et bien terminée, en dépit des fantasmes, le monde en était revenu « à ce qui a toujours fait l’histoire avant les idéologies : l’affrontement des grandes puissances, leurs rivalités économique et leurs aires d’influence, leur affrontement à leurs marches, et parfois, leur choc frontal, lorsque leurs opinions s’enflamment et que la raison s’épuise dans leurs capitales ».

Parler de la Russie comme d’une « hors-la-loi internationale », comme le fait Kouchner, évoquer des sanctions pour la punir, est donc d’un grotesque inimaginable. Quid des sanctions contre les Etats-Unis après l’invasion illégale de l’Irak? Quid des sanctions contre les pays de l’Otan ayant bombardé la Serbie et fait tomber Milosevic en 1999? Quel est ce deux poids, deux mesures, consistant à revendiquer l’intégrité territoriale de la Géorgie sur le droit des peuples ossètes et abkhazes à disposer d’eux mêmes, alors qu’on avait tenu le discours diamétralement opposé en direction du Kosovo l’année dernière? Il ne faut pas se plaindre de conséquences incontrôlables, une fois qu’on a ouvert la boîte de Pandore des nationalismes.

Surtout, il est très imprudent de se revendiquer d’une forme de morale universelle, quand de fait, on ne l’utilise qu’à son unique avantage, en en refusant systématiquement aux autres le bénéfice. Je n’irais pas jusqu’à affirmer, comme le fait brillamment Malakine, que l’Occident se cherche là un nouvel ennemi, afin de masquer à son peuple ses propres turpitudes, quoique la thèse soit séduisante.

 La véritable question est : l’Occident a-t-il les moyens de ses ambitions? Peut-il continuer à dire ce qui est bien ou pas, en se voilant la face sur sa propre puissance? Peut-il se permettre une opposition frontale avec le premier producteur mondial de pétrole et grand fournisseur de gaz?

Il y a tout à parier qu’en dehors des gesticulations de Bernard Kouchner et Condoleeza Rice, cette histoire de sanctions, probablement d’origine polonaise ou balte, ne soit qu’une grosse blague destinée à montrer les muscles. A répondre à Dmitri Medvedev, qui assurait lundi que le cas géorgien devait constituer « un avertissement pour tous ». Et à éviter ainsi une contagion à la Moldavie (Transnistrie), à l’Ukraine (Crimée).

L’Histoire jugera, bien sûr. Mais jusqu’ici, la morgue occidentale ne semble pas bien plus convaincante que celle qui avait été déployée au sujet de la Chine et du Tibet.

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