Archives de Tag: Fillon

Marine Le Pen peut dire un grand merci à Luc Ferry

Matignon a donc annoncé vendredi soir son intention de rembourser à l’université Paris-Diderot les salaires versés à Luc Ferry. L’établissement public reprochait  au philosophe d’avoir perçu 4499 € par mois sans avoir donné cours, et exigeait le remboursement de ces salaires indus. Au nom d’une mission confiée à Luc Ferry par le Premier ministre, ce sera au contribuable de rembourser le trop perçu. Au final, avec ces petits arrangements entre amis au sommet de l’Etat, il ne faudra pas s’étonner si comme le prévoit un nouveau sondage à paraître dimanche dans le JDD, Marine Le Pen accède au second tour de la présidentielle de 2012. Lire la suite

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Remaniement : une redistribution des cartes à droite

Le remaniement annoncé dimanche en début de soirée (liste complète ici) n’est pas en soi une surprise ni un événement important, mais il constitue un affichage symbolique et une étape sur la route vers 2012. L’équipe dite « resserrée » (30 ministres contre 37 précédemment) fait un tout petit peu de place aux quelques rescapés de l’ouverture et aux centristes-villepinistes, mais fait avant tout la part belle aux anciens du RPR. Surtout, Morin et Borloo quittent le gouvernement amers et prennent déjà date pour la présidentielle. Lire la suite

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Qui mise sérieusement sur François Fillon?

Voilà-t-y pas, chers amis, que le soleil de mars aidant, certains esprits embués par le sommeil envisagent ouvertement la possibilité d’une mise sur orbite de François Fillon pour 2012. Traduction : l’actuel premier ministre, poussé par sa cote de popularité, par ses réseaux formidables au sein de l’UMP, et par la classe de sa mèche, pourrait envisager le meilleur, à savoir la présidence de la République. Et l’élection de dimanche? Lire la suite

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Hyperprésidentalisme, et alors?

Il est de bon ton, ces derniers jours, de railler l’impuissant François Fillon, victime de l’omniprésence et de la dynamique de pouvoir insufflée par son boss, Nicolas Sarkozy qui garde pour lui le bénéfice de toutes les annonces. Les socialistes, à vrai dire, n’ont pas beaucoup d’autre argument pour exister et pour taire leurs divisions, en ce moment. De notre côté, nous serions tentés ici d’emprunter la formule de Jack Lang, exprimée lundi dans une interview (une nouvelle fois étonnamment indulgente envers le pouvoir) accordée au Monde : « Nicolas Sarkozy pratique l’hyperprésidentialisme, et alors? »

Et alors? Ce blog ne peut être soupçonné d’adhérer au sarkozysme triomphant. N’empêche. Lorsqu’un candidat annonce que lorsqu’il sera élu, il le sera pour agir. Lorsque ce même candidat est plébiscité le 6 mai, puis les 10 et 17 juin, en dépit d’une polémique malhonnête sur la TVA sociale. Et lorsque ce dernier, enfin à l’Elysée, et fort d’une majorité confortable, combat sur tous les fronts, répétons-le : et alors?

Certes, le contenu des réformes proposées à tour de bras, lui, est contestable et peut-être contesté. Mais ces polémiques stériles sur le rôle du capitaine ou sur le rythme imposé ne sont-elles pas largement dérisoires? On est même tenté de parler d’hypocrisie. Sarkozy, premier président à gouverner? Fillon, premier chef du gouvernement effacé? Ceux qui croient que Villepin, Raffarin, Juppé, Cresson, Rocard, Fabius ou Mauroy avaient le pouvoir se trompent. Ceux qui osent penser que Pompidou ou Couve de Murville avaient une marge de manoeuvre par rapport à de Gaulle se fourvoient.

Je suis donc en total désaccord avec l’analyse proposée par Toréador, par exemple, qui fait partie – et c’est son droit le plus strict – de ceux qui se moquent gentiment de ce qu’il appelle la « Sainte-Trinité de l’Exécutif », le Père étant bien entendu le « Dieu-Sarko ». Cela montre que dans la kiwisphère, nous sommes divers.

En réalité, la seule différence entre Sarkozy et ses prédécesseurs, c’est que le premier assume clairement et sans tourner autour du pot les pouvoirs énormes que lui confère la Constitution en période de concordance des majorités présidentielle et parlementaire. Soyons honnêtes : l’activisme forcené de Sarkozy, sa boulimie de communication et d’action gênent surtout aux entournures une opposition en crise idéologique profonde, qui a déjà du mal à avaler la couleuvre de l’ouverture. Tout ceci renvoie en fait à la gauche, comme dans un miroir, l’image de ses propres turpitudes, de ses propres manquements, de ses propres insuffisances.

A la limite, ce qui peut être dangereux, ce sont les pouvoirs exorbitants accordés à la garde rapprochée du président. Des fonctionnaires ayant pour seule légitimité l’onction divine du locataire de l’Elysée, alors que les ministres tirent pour la plupart d’entre eux leur pouvoir de leur élection, de leur expérience politique. Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, et Henri Guaino, conseiller spécial chargé des discours du président, n’hésitent pas à s’arroger le droit d’annoncer directement les projets de réformes à la presse, si l’on en croit les articles parus mardi et mercredi dans Libération sous la plume de l’excellent Antoine Guiral :  » C’est nouveau, écrit-il. Sous Jacques Chirac, le secrétaire général ne s’exprimait que dans le huis clos de son bureau, cornaqué par le service de presse, mais ne donnait jamais d’interview radio, par exemple. A travers leur existence médiatique, Guéant et Guaino renforcent l’idée qu’il n’y a bien qu’un seul centre de décision : l’Elysée. » Ce qui n’est pas nouveau… Vraiment pas.

Mais ce qu’oublient, dans ce débat, ceux qui sont si prompts à dézinguer Sarkozy à la moindre occasion, c’est la commission sur la réforme des institutions que celui-ci a annoncée. Fillon a détaillé mardi les projets que le gouvernement a en tête à ce sujet : introduction d’une dose de proportionnelle aux législatives, possibilité pour le président de venir s’exprimer devant le parlement. Deux réformes qui pour l’une, renforcerait la légitimité du parlement, et pour l’autre, mettrait de fait un terme au faux-semblant qui fait du premier ministre le soi-disant chef de la majorité. Les mandats du chef de l’Etat pourraient par ailleurs être réduits à deux fois cinq ans.

Sans compter la nomination d’un socialiste à la tête de la commission des Finances de l’Assemblée nationale. François Hollande réclame des pouvoirs renforcés pour le Parlement? Fillon les propose. Moyens de contrôle et d’audit augmentés, possibilité de contrôler la nomination de certains postes publics. Et surtout, les circonscriptions des législatives devraient être redécoupées, ce qui devrait faire plaisir à Etienne Fillol.

Certes, il ne faut pas être dupe. La doctrine Sarkozy, depuis 2002, c’est beaucoup de poudre aux yeux, on l’a vu et on le verra. Mais au sujet des institutions, je ne peux qu’avouer mon trouble. De là à applaudir des deux mains, n’exagérons rien!

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Courage, François, courage!

La tâche du « nouveau premier ministre de la France » sera malaisée. Il va lui falloir du courage, à François Fillon. Pris en sandwich entre Nicolas Sarkozy, qui fait du résutat une condition de l’amitié et de la légitimité, et une majorité qui ne lui fera pas de cadeaux, l’homme aura fort à faire.

Il arbore le sourire des vainqueurs. De ceux qui ont pris leur revanche. Revanche sur Chirac et Villepin, qui l’ont évincé lors du remaniement ministériel de 2005. « Ils font de moi le directeur de campagne de Sarkozy », avait-il alors déclaré, amer, tout en ne se prenant pas pour un bac à douche, loin de là : « On ne se souviendra de rien du bilan de Jacques Chirac, à part de mes réformes ».

Oui mais voilà. Il ne faudrait pas se croire arrivé, car tout commence à peine, y compris le plus difficile. François Fillon vient de promettre une « politique nouvelle » à l’issue de la passation de pouvoirs avec Dominique de Villepin. « Je respecterai tous les engagements que nous avons pris parce que la rénovation de la vie politique est à ce prix », a-t-il assuré.

Il vaudrait mieux. Tenir les engagements de campagne de Sarkozy risque bien de mettre du monde dans la rue (comme à chaque fois, de toutes façons, qu’une réforme est tentée dans ce pays), mais c’est la condition sine qua non de l’avenir politique de François Fillon.

Le premier ministre sera redevable de son action devant Nicolas Sarkozy, même si celui-ci ne lui laissera ni le bonheur d’être au premier plan, ni le luxe de paresser. L’homme de Neuilly n’est-il pas le chantre de la politique du résultat, qu’il a largement répandue dans la police au cours de son passage au ministère de l’Intérieur? Si l’amitié et la complicité entre les deux hommes semble forte, n’oublions pas que Sarkozy n’est pas du genre à supporter les échecs autour de lui. Souvenons-nous de Nadine Morano, lâchée en cours de campagne pour une légère bourde. Souvenons-nous d’Hortefeux, vertement rappelé à l’ordre alors qu’il venait d’annoncer qu’une légère dose de proportionnelle serait introduite aux législatives.

Et puis, les jalousies ne vont pas tarder à s’éveiller dans le propre camp du président. Fillon sera surveillé, épié, le moindre faux pas sera exploité par la meute de tous ceux qui seront déçus de ne pas rentrer au gouvernement. Des poids-lourds, mais aussi des seconds couteaux aux dents longues. Il faudra pour Fillon allier la « rondeur » d’un Raffarin, le « volontarisme » d’un Villepin, et la « fidélité » d’un Juppé pour ne pas s’épuiser à la tâche.

L’UMP semble pour l’heure plus discipliné que le PS, mais n’oublions-pas que les querelles de droite n’ont dans le passé rien eu à envier à la guerre souterraine à laquelle se livrent depuis des lustres les éléphants socialistes. N’est-ce pas d’ailleurs pour cela que Sarkozy souhaite instaurer une direction collégiale à l’UMP? Il est bien placé pour savoir qu’il vaut mieux éviter  l’arrivée d’un éventuel concurrent à ce poste…

L’élu séguiniste de la Sarthe, ancien ministre de l’enseignement et de la recherche (93-95), des télécommunications (95-97)des Affaires sociales (2002-2004) puis de l’Education nationale (2004-2005), devra gérer l’ouverture, tout en jouant le rôle difficile de « chef de la droite ». Il devra arbitrer les conflits qui ne vont pas manquer de se produire avec les centristes, gérer les relations avec un groupe UMP qui en cas de réformes impopulaires, pourrait vite retourner sa veste et penser à sa réélection.

Oui, coincé entre un président intransigeant, charismatique et interventionniste, et un camp qui ne lui laissera pas de répit, sa marge de manoeuvre sera étroite. Tout cela, au fond, dépendra de la longueur d’avance qu’aura l’UMP à l’issue des législatives…

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