Archives de Tag: féminisme

C’est pas mon genre


Débat complexe que celui qui a démarré au printemps dernier, au sujet de l’introduction dans des manuels scolaires de SVT de classe de 1ère S de passages, largement inspirés de la théorie du genre. Et qui rebondit avec la mobilisation de ces 80 députés UMP qui demandent le retrait des passages incriminés. Au-delà du débat sur le caractère inné ou évolutif de notre « identité sexuelle », se cache clairement derrière cette théorie l’idée de faire reculer les discriminations, les inégalités basées sur l’orientation sexuelle ou le genre. Volonté louable. Mais les petits calculs, les idéologies, ont-elles leur place dans les manuels scolaires? Lire la suite

42 Commentaires

Classé dans Société

Affaire DSK : victime ou plaignante?

Alors que le traitement médiatique de l’affaire DSK semble avoir évolué ces dernières heures – le sentiment de stupéfaction passé, et l’information digérée -, la journée d’hier a été consacrée à un étonnant virage dans la couverture médiatique. Hier, c’était la journée de la « victime », dont on aurait soi-disant pas assez parlé ces derniers jours. Mais au fait, parler « victime » est-il compatible avec la présomption d’innocence? Lire la suite

20 Commentaires

Classé dans Chafouinage

C’est forcément bien, être progressiste?

462 députés ont voté pour la résolution, 7 contre et 2 se sont abstenus.

J’ai été très étonné en lisant cette proposition de résolution émanant du groupe socialiste, finalement votée hier en séance publique : au nom de l’égalité entre les hommes et les femmes, et de l’harmonisation des législations européennes, a été reconnue la clause dite « de l’Européenne la plus favorisée », qui consiste à chercher à épouser les législations européennes jugées les plus progressistes en matière de droit des femmes, pour les appliquer à toute l’Europe. Une manière bien curieuse d’envisager le respect de la souveraineté des Etats-membres! Lire la suite

25 Commentaires

Classé dans Europe, Société

Quand le féminisme bascule dans la débilité

A l’heure où on a du mal à débarrasser certaines femmes de leurs niqabs et autres burqas, pour les extrémistes féministes françaises, l’urgence pour la femme est de se « viriliser », c’est-à-dire être vulgaire, grossière, dire des gros mots comme les mecs, avoir une grande gueule, une auto clinquante, et cracher dans la rue.

Ce qui serait bien, aussi, c’est que les hommes disposent d’utérus artificiels. Comme ça, il n’y aurait plus d’homme et de femmes, mais uniquement des hofemes.

Ben on n’est pas sorti de l’auberge, avec des truffes pareilles…

Qu’en pense Olympe, éminente féministe de la blogosphère?

(via Le Grand Charles).

44 Commentaires

Classé dans Chafouinage

Mariage annulé : le « plus » indéniable des blogs

Alors que les réactions courroucées continuent de polluer les fils de dépêches AFP au sujet de ce jugement controversé ayant annulé un mariage au motif que l’époux avait été trompé sur la virginité de sa promise, jugé par lui comme un élément déterminant de son consentement, on peut pourtant commencer à prendre du recul sur « l’événement » et en tirer quelques leçons.

Ce billet était quasi-achevé au moment où on a appris, hier soir, que la Chancellerie demandait au parquet général de Douai de faire appel du jugement du tribunal de Lille. Je me contenterai de citer maître Eolas, une nouvelle fois brillantissime : « Sombre jour pour la liberté, qui voit l’État intervenir dans une affaire strictement privée à cause de l’émoi de l’opinion publique. Parlez-moi d’archaïsme, d’idées d’un autre temps, de piétinement des valeurs de la République, et je vous parlerai de cet appel, ordonné par une Garde des Sceaux qui approuve pourtant elle-même ce jugement. La République marche sur la tête, et la foule crie sa joie comme si on venait de libérer Barabas. »

Eolas doute d’ailleurs de la recevabilité de cet appel. Merci, Maître. Ceci étant dit, j’en reviens aux petites leçons que je me permets de tirer de cette affaire, en tout humilité s’entend. La première, c’est que personnellement, et une nouvelle fois, j’ai eu le sentiment d’en apprendre infiniment plus de choses sur les blogs, et notamment juridiques, que dans les médias traditionnels sur ce sujet, qui se sont souvent contenté de colporter des déclarations à l’emporte-pièce, sans recul ni analyse.

Le web m’a permis de me former un jugement éclairé (quoique restant personnel et donc subjectif), de comprendre la décision prise par le tribunal de Lille (ou tout simplement de la lire!) tandis que les médias traditionnels (radios, télés, journaux) ont fait tourner en boucle les mêmes indignations scandalisées, issues des mêmes esprits sclérosés, et qui semblent sortir d’une « machine à s’émouvoir » qui semble toujours fonctionner de la même manière : c’est à celui qui dira la bêtise la plus grosse, de crainte de ne pas être à la une. Ici, un fond d‘islamophobie, et là, un zeste de féminisme béât. Et Rachida Dati en bouc émissaire d’une annulation de mariage somme toute logique du point de vue du droit. Le conformisme a décidément atteint ses limites dans les médias classiques.

Cratyle analyse cette différence de traitement en estimant qu’il y a deux conceptions de la liberté qui sont en jeu. D’un côté, celle qui veut imposer sa vision des moeurs et de « ce qui est bon », et de l’autre, celle qui est plus encline à tolérer des comportements qu’elle peut désapprouver par ailleurs. Comme le résume Rubin Sfadj, « certaines personnes on beaucoup de mal à accepter l’idée que d’autres, minoritaires, puissent mener une vie différente et, surtout, jouir de la même liberté. Drapées dans leurs certitudes, ces personnes tirent, en France, leur sentiment de liberté de leur majorité. Si bien qu’en creusant un peu, on trouvera que cette liberté n’est qu’une expression de leur irrépressible désir d’égalité. »

Décidément, il y a sur ce type de sujets une forme de bienpensance dans la sphère politico-associativo-médiatique, et qui peut se révéler très dangereuse. On en est arrivé à un point où certains parlent clairement du « respect des valeurs républicaines », qui devraient s’imposer à tous. Comme si la République était une religion. On y est!

La deuxième leçon de tout cela, c’est que dans le fond, cette polémique revient à montrer du doigt tous ceux qui, volontairement, choisissent d’arriver vierges au mariage, qu’ils soient hommes ou femmes. A vouloir imposer un modèle commun à tous. On nous parle de « régression », de « retour au réactionnaire », d’une « offensive du religieux » (Caroline Fourest, hier soir sur Mots Croisés, où tout le monde pensait de la même façon, mis à part un juriste). Quel fantasme! Combien d’hommes et de femmes, aujourd’hui, sont vierges de façon volontaire passés vingt ans? Quel impact a sur eux le religieux, face au rouleau compresseur de la pensée dominante de la liberté sexuelle? On peut se poser la question. Reste que j’ai beaucoup aimé cette phrase de Jules, de Diner’s Room : « Rappelons (…) que la liberté sexuelle ne consiste pas à s’abandonner aux galipettes, mais aussi à ne point souhaiter pratiquer de relations sexuelles. Et la conservation volontaire de la virginité n’est rien d’autre que l’exercice de cette liberté. » Et tac.

Au fond, dans cette affaire, on confond opinions et principes. On compare des choses incomparables, à savoir d’un côté le jugement que chacun porte sur la personnalité de ce monsieur (oh mais quel goujat!), sous fond d’hostilité grandissante envers l’Islam, et de l’autre, la décision qu’a prise une juge sur un contrat entre deux personnes, qui en sont d’ailleurs toutes deux satisfaites!

P.S. Contrairement à ce qu’on tente de faire croire, ce n’est nullement Libération qui a révélé l’affaire, mais le petit quotidien régional Nord Eclair. Voilà, justice est rendue!

P.P.S : Voilà que le PS veut déposer une proposition de loi pour que les méchants musulmans ne puissent plus imposer cette barbarie à leurs femmes : « Il y a à l’évidence nécessité d’une réflexion juridique et d’une modification de la loi quand une telle décision de droit conduit à une telle régression », a déclaré le porte-parole du PS, Bruno Le Roux. La loi doit protéger certains, mais pas tous! Faut pas pousser, hein!

Poster un commentaire

Classé dans Société

Mariage annulé à Lille : le tollé est totalement hors-sujet

Vous allez dire que je prends le contre-pied systématique de l’opinion générale. En l’occurrence, je comprends mal le tollé suscité par la décision du tribunal de lille d’annuler un mariage au motif que la femme avait menti sur sa virginité, qu’elle avait en fait déjà perdue.

Sihem Habchi, présidente de Ni Putes ni Soumises dénonce une « fatwa contre la liberté des femmes »! Elizabeth Badinter montre au créneau et se dit « ulcérée ». Le PS parle de « droit des femmes bafoué ». Une décision archaïque pour les uns, scandaleuse pour les autres. Mauvais message en direction des femmes pour les derniers. La secrétaire d’Etat en charge du droit d’Etat, Valérie Létard elle-même se dit « consternée ».  L’argument de tous est souvent celui-ci : la sexualité est une question d’ordre privé, prendre une telle décision équivaut à revenir des années en arrière. Vous savez, du temps où les femmes étaient oppressées? Bon, d’accord, j’arrête le mauvais esprit. N’empêche qu’il est amusant de voir toutes ces bonnes âmes s’émouvoir après avoir laissé le communautarisme s’installer ces vingt dernières années.

Ces critiques sont totalement hors sujet. Pourtant, les faits sont simples : un homme, musulman de confession, s’est marié à une femme. Pour lui, il est important que celle-ci soit vierge le jour de la noce. On peut être d’accord ou pas, il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’un contrat entre deux personnes, et que les deux parties avaient été claires sur ce point.

Partant de là, sachant que pour qu’un mariage soit valable, le consentement des deux parties doit être libre et éclairé, l’annulation n’est pas si étonnante que cela. Il faut comprendre que pour cet homme, la virginité est un élément essentiel du consentement. S’il avait su, il n’aurait pas épousé cette femme.

C’et ce que répond d’ailleurs la chancellerie, qui parle de l’application de l’article 180 du code civil qui dit qu’un mariage peut être annulé si l’un des époux a fait erreur sur la personnalité du conjoint : « En aucun cas cette décision ne constitue une application par les juges de dispositions inspirées par des considérations de morale, religieuses ou confessionnelles », a assuré Guillaume Didier, porte-parole de la ministre de la Justice Rachida Dati lors de son point presse hebdomadaire jeudi. « Ce que le tribunal a retenu pour prononcer l’annulation du mariage, ce n’est pas la virginité ou la non virginité de la personne, mais c’est le mensonge, un mensonge qui porte sur une qualité essentielle pour les deux époux, mensonge en plus reconnu par son auteur », a-t-il expliqué.

Il ne s’agit pas de consacrer la virgintié comme un élément essentiel du consentement, comme on l’a lu ici ou là, mais plutôt de rappeler une jurisprudence constante qui interdit à un époux de mentir sur un élément jugé essentiel pour le conjoint. Maître Labbée, l’avocat du mari, a beau jeu de le dire en ces termes : « Il a dit: je ne peux pas faire confiance à quelqu’un qui, dès le départ, me ment. Comment voulez-vous construire une union durable sur un mensonge? »

Le procureur de la République de Lille lui-même, Philippe Lemaire, peu suspect d’archaïsme ou d’intégrisme, confirme, selon l’AFP« Le problème de la virginité « focalise un peu le débat, mais, selon ce magistrat, la question ce n’est pas la virginité, c’est la liaison qu’elle a eue avant et qui a été cachée. » « C’est le mensonge qui motive la décision du juge », a souligné le procureur Lemaire. »

Au final, la Justice est là pour appliquer la loi avec discernement, pas de trancher des débats de société et dire si oui ou non, une femme doit être vierge ou non en arrivant à la mosquée ou à l’église.

Evidemment, on peut regretter que cet homme-là n’ait pas dépassé sa déception et pardonné à celle qu’il était tout de même censé aimer. Mais le reste est, il faut le répéter, complètement hors de propos.

N.B. Je suis heureux de voir que les spécialistes du droit confirment de manière plus précise ce que j’ai écrit. A savoir que, comme le résume Jules de Diner’s Room, « l’appréciation des « qualités essentielles » est subjective. Elle ne relève pas de la norme sociale telle que l’établit le juge, mais de ce qui, dans le for de la conscience de chacun des époux, à pu le conduire en mairie ».

1 commentaire

Classé dans Société