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La troisième étape du plan com’ en faveur du suicide assisté

L’ADMD sait y faire, c’est sûr. Concernant Chantal Sébire, l’association militante en est aujourd’hui à la troisième étape de son plan com’. Après le premier pas, la conquête des médias au moyen de plusieurs interventions visant à provoquer l’émotion du public, il y avait eu la lettre au président, un peu comme pour Vincent Humbert, à l’époque.

Aujourd’hui, c’est une supplique publique qui est adressée au président du tribunal de Dijon :

Dans le texte de sa requête, rendu public par son avocat Gilles Antonowicz, ce dernier souligne « le caractère volontaire, réfléchi, réitéré, sincère et déterminé de la demande présentée par Mme Sébire, le caractère grave et incurable de la situation médicale dans laquelle elle se trouve, les souffrances physiques et psychiques constantes et insupportables, l’avis des enfants de Mme Sébire ». Il demande très directement au juge d’autoriser le médecin de famille à « prescrire à Mme Sébire dix grammes de thiopental sodique, à se faire remettre cette substance dans la pharmacie de son choix, à la stocker et la remettre à Mme Sébire de telle sorte que cette dernière puisse l’absorber sous sa surveillance ».

C’est clair : l’ADMD ne demande plus simplement le droit au laisser mourir. Elle ne demande plus simplement l’intervention médicale pour des cas où le patient ne peut pas lui-même mettre fin à ses jours (come Vincent Humbert). Elle demande tout simplement le droit au suicide assisté, pour toute personne dont la situation médicale est « grave et incurable », qui « souffre physiquement ou psychiquement de façon intolérable », et qui en a fait la demande de manière volontaire, réfléchie et réitérée et déterminée ».

Et ce, de façon totalement provocatrice, étant donné que cette requête n’a bien évidemment aucune chance d’aboutir. Le seul objectif est donc de faire avancer l’idée dans l’opinion publique, avec en étendard un cas pratique émouvant et à même d’ébranler les consciences.

Et qui ne le serait d’ailleurs pas, ému et touché, en écoutant Chantal Sébire parler? En imaginant sa souffrance, celle de ses proches? A 52 ans, elle est atteinte depuis huit ans d’une tumeur qui peu à peu, lui a déformé le visage. Sa particularité : elle pourrait aller en Suisse, mais ne le veut pas parce qu’elle veut mourir auprès de ses trois enfants.  Elle pourrait se tuer elle-même, mais elle ne veut pas parce qu’elle veut être accompagnée.

On l’a vu récemment sur ce blog et sur d’autres : cette souffrance sera l’argument unique et central de la réthorique des supporters du droit au suicide assisté. Quiconque osera le remettre en cause, quiconque y sera opposé sera systématiquement taxé de froideur, d’intégrisme et d’inhumanité. Jean-Luc Roméro, ce tartuffe, l’a déjà fait en (dis)qualifiant Christine Boutin de « représentante d’une droite méprisante, insensible à la détresse des hommes et des femmes de ce pays et à leur douleur ».

Alors que c’est précisément le contraire : si je suis personnellement opposé au fait de céder à ce que j’appelerais un chantage à l’affectif, c’est justement parce que je suis un homme, pas un animal. Que je suis un être qui réfléchit, qui s’inquiète, qui raisonne. Qui pèse le pour et le contre. Qui pense que la vie n’a pas de prix, qu’on ne peut y toucher. Et en même temps, qui a trop peur des dérives que cela pourrait engendrer…

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Droit au laisser mourir : toujours la même rengaine

Laurent Gloaguen, d’Embruns, se fait le relais du cas d’une personne atteinte d’une tumeur très rare, qui lui déforme le visage, et qui demande à mourir. A partir librement. Sereinement. Un cas très poignant, diffusé sur Soir 3 et restitué avec beaucoup d’humanité par Laurent. Qui en fait cependant l’étendard d’une cause.

La vie de cette dame ne doit pas être rose. Elle ne se sent pas bien… Mais pourquoi devrait-on changer la loi, qui se veut générale, pour un cas particulier, comme cet appel semble implicitement le réclamer? Si ses proches l’aiment, comme ils disent, si son médecin est si sûr que sa « conscience » le pousse à l’aider, pourquoi ne le font-ils pas? Pourquoi n’assument-ils pas? Pourquoi veulent-ils le soutien de la loi, en bref, le beurre et l’argent du beurre? Cette dame refuse de choisir entre l’agonie et le suicide. Veut une « mort accompagnée »… Rappelons que ce cas n’a rien à voir avec celui de Vincent Humbert, déjà sujet à débat : elle n’est pas dans l’impossibilité physique de mettre fin à ses jours.

Au-delà de ce cas terrible, il y a, comme le rappelle Authueil, le risque de généralisation. Je préfère voir les proches de cette dame condamnés après coup, même symboliquement, plutôt que des innocents liquidés à cause d’une loi qui sera forcément générale. C’est en substance ce que dit Authueil :

Légaliser l’euthanasie, c’est faire sauter une digue, et prendre le risque de se retrouver avec des comportements abominables. Imaginez, dans les maisons de retraite, la « toute vieille, qu’en finit plus de vibrer, et qu’on attend qu’elle crève, vu que c’est elle qui a l’oseille », qu’on pousse à « choisir » de partir sereinement. Parce qu’elle gêne, parce que la maison de retraite, ça coute cher et qu’il ne va rien rester en héritage. C’est sordide, mais des situations comme celle-là sont bien plus fréquentes qu’on ne le pense. Il y a aussi ces malades, qui sont parfois touchés par des passages à vide où la souffrance donne envie d’en finir définitivement, et qui finalement, surmontent la maladie et guérissent. Si l’euthanasie est légale, et même si elle est encadrée strictement, il y aura des dérives.

Je ne veux pas comparer des situations différentes. Mais pendant ce temps, certains souffrent en silence. Avec courage, dignité. Il y a un moment où la médiatisation de sa douleur a des limites. Faire de la douleur un argument de la volonté de mourir, c’est entrer dans un engrenage dont on ne connaît pas les limites…

EDIT : à lire, pour comprendre le risque de généralisation, ce témoignage d’une cancérologue atteinte d’un cancer de la moelle osseuse, et qui clame ceci : « Avant cela, je considérais l’euthanasie comme un droit. Depuis que je suis malade, je suis absolument contre. » (merci à Polydamas pour le lien)

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C’est quoi, l’amour d’une mère?

Le téléfilm Marie Humbert, l’amour d’une mère, diffusé ce soir sur TF1, me met mal à l’aise. D’emblée, il trouble en ce qu’il éclaire sur la souffrance de ces familles désemparées par de telles blessures. Elles prennent corps. L’accident, le coma, l’attente, l’espoir, les déceptions, les progrès, la déprime. Les conflits avec le monde médical. Les divergences de vues. Tout cela, il faut vraisemblablement le vivre pour le comprendre totalement, mais on peut l’imaginer.

Il trouble, parce qu’on prend conscience de ce qu’on avait imaginé, des images que nous nous étions forgées en pensant à ce qu’avait vécu Vincent Humbert. Les articles de journaux prennent vie. L’affaire devient palpable. On va pouvoir juger, finalement. Est-ce que ça valait le coup? Devait-on le faire? Devait-on arrêter le combat de Vincent et de sa maman, ou devait-on l’écouter? Le scénario, le script, prennent leur importance. On y découvre un Vincent Humbert désireux dans un premier temps de prendre contact avec sa mère.  Puis assez rapidement, convaincu à l’idée de mourir et à refuser la vie que le sort lui a injustement réservée. Au point de tenter invariablement d’en convaincre son entourage, à commencer par sa mère.

On sent une question, lancinante. L’amour d’une mère. Le personnage central du film, c’est Marie Humbert. Ses doutes, ses choix, son incroyable ténacité. Ses espoirs fous. Sa sensation de solitude. Tout le bien qu’elle lui a fait. Tous les efforts entrepris pour rentrer en communication avec lui.

Et à un moment, nous sommes appelés à juger. Elle-même hésite dans un premier temps, refuse de céder à son fils, lui demande de se battre. Elle met fin au débat. Tente de l’infléchir maintes et maintes fois. Et puis petit à petit elle évolue dans son jugement, jusqu’à se persuader, elle-aussi, que c’est la seule solution, puisqu’il en veut ainsi. Vincent lui avait répondu que sinon cela signifiait qu’elle ne l’aimait pas. L’amour d’une mère.

A partir de là, les dés sont jetés. Et le téléfilm nous demande d’entériner ce moment-là, le plus important. Cet instant où on juge que tout est fini. qu’il n’y a plus rien à faire. L’amour d’une mère. Qu’est-ce au fond, l’amour qu’une mère éprouve pour son fils? Question centrale, dont la réponse est tellement compliquée à trouver.

Nous n’avons pas à juger Marie Humbert. Nous n’avons pas à estimer son amour pour son fils, à le jauger. Ce point la regarde, même si on peut l’imaginer. Tenter de se mettre à la place de, c’est impossible.

Le législateur en sera-t-il capable? Car il n’y a pas besoin d’être grand clerc politiquement parlant pour deviner que ce film est une arme en faveur du droit au laisser-mourir, même s’il a le mérite de rendre compte de la complexité de la situation. L’argument de l’amour en étendard. Il y a quelque chose qui nous échappe, cela signifierait donc que l’amour l’emporterait sur tout? Que tout devrait lui être dévolu? Que jamais, on puisse rien lui refuser? Qu’il ne puisse jamais être criminel? Dès lors, autant légitimer l’amour d’une mère en légalisant après coup cette terrible histoire, qui mérite pourtant bien mieux que cette mise en pâture médiatique. Elle est devenue une sorte de cause. Or à aucun moment, Vincent Humbert  ne parle d’autre chose que de sa propre vie. Et de sa propre mort. Il ne généralise pas. Il est clair, il veut juste qu’on l’aide à mourir.

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Le débat sur l’euthanasie approche-t-il de sa dernière ligne droite?

L’occasion était trop belle à quelques jours de la diffusion d’un téléfilm racontant l’histoire de Vincent Humbert et de sa mort, et largement inspiré par le témoignage de sa mère, Marie Humbert, qui a bénéficié d’un non-lieu à la suite de ce drame. Un kiné du jeune homme donne sa vision de l’histoire dans une vidéo diffusée par l’association sos fin de vie et envoyée à tous les médias et chacun des députés. Vidéo reproduite ci-dessus.

Que vaut-elle? Sur le site de l’association, un texte précise plus longuement la thèse du kinésithérapeute :  Selon lui, Vincent Humbert n’aurait pas voulu de lui-même mourir, mais aurait été influencé par sa mère. « Profondément, je ne crois pas qu’il avait envie de mourir. On l’a forcé » , prétend-il dans une interview au Parisien, faisant éclater – à dessein? – un nouveau débat sur ce qu’on doit malheureusement appeler l’affaire Humbert.

Plus troublant encore, il assure que  « Vincent était en excellente santé et aurait pu vivre longtemps dans cet état ». Selon lui, Humbert n’était pas tétraplégique, mais souffrait d’une double hémiplégie. Il n’aurait pas été aveugle, mais mal voyant. Il assure ne pas vouloir s’immiscer dans le du débat sur l’euthanasie, mais juste rétablir « sa » vérité sur les derniers mois de Vincent Humbert, érigé selon lui en faux symbole.

Le kiné parle de « désinformation » et affirme que les médias ont été trompés, créant ainsi un courant d’opinion sur un sujet qui ne concernait pas Vincent :
 

« Ce qui m’a le plus révolté dans l’avalanche médiatique, c’est la répétition en boucle d’une multitude de mensonges. Tous les médias ont repris ces inepties comme s’ils n’avaient aucun souci de vérifier la vérité. Vincent n’était pas tétraplégique. Aucun médecin n’a dit à Marie que son fils avait une lésion de la moelle épinière. Vincent n’était pas aveugle même s’il ne voyait pas bien. Vincent n’avait pas de perfusion. Il avait juste une gastrostomie parce qu’il ne pouvait déglutir correctement. (C’est d’ailleurs par là que sa mère mettra le Phénorbital. S’il avait été injecté dans une perfusion, Vincent serait mort en une heure. Dans l’estomac, il faut beaucoup plus de temps…) »


Sa conclusion est sans appel :

 
« On ferait un film qui aurait lieu à Marseille avec un gamin qui s’appelle Paul, je ne dirais rien. Là, on lance, à grand renfort médiatique un téléfilm avec les vrais noms du patient et de sa mère. La scène se passe à Berck. On veut donc faire croire au bon peuple que tout ce qui est dans le film est une réalité. Manque de pot, le film, comme le bouquin, ce n’est pas la vérité. Je peux vous certifier que Vincent n’a rien écrit de son livre, il ne pouvait pas. Marie prenait des notes, les donnait au journaliste qui faisait à sa sauce, dans le sens où il voulait emmener l’opinion. Le film comme le livre, ce n’est pas de l’information, c’est de la déformation, c’est même ni plus ni moins de la désinformation.
La disparition de Vincent Humbert, ce n’est pas l’histoire d’une souffrance insoutenable, ce n’est pas l’histoire d’une mort dans la dignité, ce n’est même pas l’histoire d’une euthanasie…
Au nom de la vérité et de l’amitié, j’ose vous dire que Vincent avait encore plein de choses à vivre. Il y a aujourd’hui, dans nos hôpitaux, beaucoup de Vincent qui sont dans des situations dix fois pire que lui. Et les familles veulent que leur proche continue à vivre. Même le patient, quand il peut s’exprimer, veut continuer l’aventure de la vie. Il y a certes, des jours, des moments de dépression. A nous, personnel soignant, de les soutenir, on est là pour cela. Mais il nous faut un climat de confiance. »

Que penser de telles accusations… C’est si loin, septembre 2003. Pourquoi ne pas avoir parlé plus tôt? Si la vérité s’exprime dans ces lignes, pourquoi avoir gardé cette version pour lui tout ce temps? Cet « oubli » est un élément fragilisant terriblement cette thèse.

Mais ce qui est troublant dans l’autre sens, c’est que Marie Humbert, dans les interviews qu’elle a accordés pour contrer ce témoignage, ne répond pas directement, sur le fond, à ce qui fait la consistance du message du kinésithérapeute. A savoir les contre-vérités soupçonnées sur un certain nombre de points et surtout sur l’état de Vincent Humbert. A l’éventuelle manipulation de Vincent, qui n’aurait pas lui-même choisi de mourir. Autant dire que les accusations portées par le kinésithérapeute sont très graves.

Elle, de son côté, rétorque que « lorsqu’il me disait qu’il voulait mourir, il savait ce qu’il disait« . Déplaçant le débat sur le caractère consentant ou non de Vincent Humbert. Insistant sur le fait que c’était bien lui qui avait écrit le livre. Reste qu’elle contre-attaque sans épargner le moins du monde le kiné :

« Nous sommes démolis par tant de méchanceté gratuite. Ce n’est pas la première fois que ce kinésithérapeute cherche à m’atteindre. Il a toujours eu envie que l’on parle de lui. Et, derrière lui, l’association catholique SOS Fin de vie, qui est contre l’euthanasie, essaie par tous les moyens de me déstabiliser. Ces gens charitables ont financé le DVD qu’espère diffuser Hervé Messager. Peut-être, aussi, veulent-ils réduire l’impact du film de lundi*. Ont-ils peur de ses conséquences sur l’opinion ? Je ne sais pas quoi penser… (…)
Et, à l’époque où il l’a pris en charge, Titi n’avait plus droit qu’à une ou deux heures maximum de kinésithérapie par semaine ! Je suis outrée qu’il prétende l’avoir massé une heure par jour et cinq jours par semaine ! (…)
Avant de lui donner la parole, on aurait pu interroger ses médecins, les professeurs de Paris, Lille et Rouen qui le suivaient. On aurait pu demander aux experts dépêchés par M. Jacques Chirac s’ils pensaient, après avoir longuement examiné mon fils et échangé avec lui, que Vincent souhaitait vivre. »


Certes! On se demande pourquoi les médecins, les dirigeants du centre de Berck, ne prennent pas la parole pour infirmer ou confirmer les accusations portées par Hervé Messager. Cela ne fait pour l’instant que donner du poids à ce témoignage qui, rappelons-le, peut très bien être une invention pure et simple.

En attendant, on ne peut nier que la concommittence de ces révélations avec la diffusion du téléfilm n’est sûrement pas dûe au hasard. Si cette vidéo se révèle être une manipulation, ce que j’espère ne pas être le cas, il faudrait avoir honte du côté de sos fin de vie. Parce que ça voudrait dire qu’une association clairement revendiquée comme catholique se permet d’utiliser des méthodes douteuses et surtout, très peu compatible avec l’esprit qui anime l’Evangile. On rejoint là le débat suscité par la dénonciation récente par Koz, au sujet de l’exploitation de la disparition tragique de la victime du RER D, Anne-Lorraine, de la dérive de certains catholiques qualifiés d’identitaires. Peut-on utiliser des moyens immoraux pour défendre la moralité?

Il faut que l’opinion sache néanmoins si ce kiné dit vrai, même si cela semble a priori peu crédible. Le rapporteur de la précédente loi (éponyme) sur la fin de vie, le député Jean Leonetti a bien martelé que la question de la vérité de cette affaire n’était de toutes façons pas de nature à même de remettre en cause la législation adoptée à l’hiver 2004 et promulguée en avril 2005.

Ce qui est pourtant bien dans les intentions et les rêves de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), rejointe dans son lobbying en faveur de la dépénalisation de l’euthanasie par Marie Humbert. Nul n’a oublié les déclarations pour le moins floues de Nicolas Sarkozy – à l’instar de ses contradicteurs – sur ce sujet pendant la campagne présidentielle. On peut donc se demander si le combat entre les « antis » et les « pros » euthanasie ne viendrait pas, par hasard, de rentrer dans sa dernière ligne droite. Supporters de la loi Leonetti contre défenseurs de la liberté totale des corps à disposer d’eux-mêmes.

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Euthanasie : ils ne savent plus quoi inventer…

Ils ne savent plus quoi inventer. Ils entretiennent la confusion, pour faire avancer leurs idées. Alors que l’Eglise, par la voix de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, vient de rappeler, à la mi-septembre, sa position sur l’euthanasie – maintien de l’alimentation d’une personne en état végétatif, ce qui est nettement distinct de l’acharnement thérapeutique – un journal chrétien (de gauche) italien, MicroMega, affirme que Jean-Paul II a été euthanasié. Rien de moins. Sans preuve, sans indice même. En faisant parler un médecin qui n’a jamais approché le défunt pape au cours de son agonie. Oui, ils ne savent plus quoi inventer…

« Laissez-moi aller au Père », aurait dit Jean-Paul II au cours des derniers moments de sa vie. Aujourd’hui, il pourrait aussi dire : « laissez moi tranquille avec vos polémiques de boutiquiers ». Boutiquiers qui pratiquent volontairement l’amalgame entre l’acharnement thérapeutique, l’euthanasie, les soins des personnes dans le coma. Or affirmer que le pape a été euthanasié est trompeur : cela signifierait qu’un produit létal lui a été injecté, ce qui est invraisemblable. La thèse est d’ailleurs autre : on assure que l’entourage du pape a cessé de le nourrir. Le Vatican, qui est le mieux placé pour en parler, répond avec sérénité par la négative. D’ailleurs, après avoir dénoncé la « culture de mort » pendant des années, comment est-il imaginable que Jean-Paul II ait autorisé un tel reniement?

Oui, ils ne savent plus quoi inventer pour imposer dans les esprits leur culture de mort. Calomniez, il en restera toujours quelque chose. Trouver des preuves? Mais non, ça ne sert à rien! Il suffit de balancer l’info, que l’ensemble de la presse mondiale s’empressera de reprendre : le but est atteint. Il est clair : montrer que l’Eglise fait ce qu’elle interdit aux autres. « Il est inacceptable de les interrompre (l’alimentation et l’hydratation, NDC) ou de ne pas les administrer, précisait le 15 septembre le document de la Congrégation pour la doctrine de la foi, qui avait été interrogée par l’église américaine sur le cas de l’emblématique Terri Schiavo. Si une telle décision doit entraîner la mort du patient, on est alors en présence d’une euthanasie par omission. » Le piège est tendu : « Le traitement médical reçu par le pape Jean Paul II dans les dernières semaines de sa vie constitue, selon les critères établis par l’Eglise catholique elle-même, un authentique acte d’euthanasie », scande l’auteur de l’article polémique, Lina Pavanelli, médecin-anesthésiste et professeur à l’université de Ferrare. Que Jean-Paul II ait été euthanasié ou non, ils s’en moquent. Ce qui compte, c’est de discréditer le Vatican. De le placer, aux yeux du public, devant ses contradictions apparentes. De lui refuser la légitimité de s’exprimer sur ces sujets. Mais si les religions n’évoquent plus ces sujets, n’ont pas le courage de donner leur opinion, de montrer aux hommes le chemin qu’elles estiment bon, à quoi servent-elles?

La position du Vatican est ce qu’elle est, chacun en pense ce qu’il veut. Il est cependant bon de la rappeler, pour qu’on sache de quoi on parle :

– on ne peut pas injecter un produit dans l’intention d’abréger la vie (potassium…) : c’est un meurtre pur et simple.
– on ne peut interrompre l’alimentation et l’hydratation (dans le cas de ceux qui restent dans le coma, par exemple, ce qui serait une euthanaise dite passive)
– on peut interrompre les soins manifestement disproportionnés par rapport à l’effet qu’on peut en attendre. C’est la condamnation de l’acharnement thérapeutique.
– on peut procéder à des soins ayant pour but de soigner le mal ou la douleur, même si on sait par ailleurs que ce produit peut provoquer la mort (qui n’est pas le but recherché). Ici, c’est l’intention dans lequel le produit est administré qui est importante.

P.S. : Le Monde a la palme de la mauvaise foi sur cette affaire : le quotidien du soir, soi-disant de référence, a accompli l’exploit d’évoquer le sujet sans même citer la version du Vatican. Pas mal, le principe du contradictoire!

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