Archives de Tag: Eolas

Soyons modernes, que diable!

La France a raté le train de la modernité en 1999 en votant un pis-aller qu’est le PaCS. Elle s’est faite dépasser par les Pays-Bas, la Belgique, et même l’Espagne. Elle peut se consoler en se disant qu’elle se mettra en règle avec l’Histoire avant le Vatican.

La navrante conclusion du brillant Eolas au sujet de la décision du Conseil constitutionnel ayant rejeté le 28 janvier une question prioritaire de constitutionnalité, sur le point de savoir si oui ou non, l’interdiction par la loi du mariage entre deux personnes de même sexe portait atteinte à la liberté du mariage (id est de la liberté de se marier avec qui ça nous chante) et au droit à une vie familiale normale (id est… en fait, non, je ne sais pas ce que ça veut dire). Lire la suite

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Et maintenant, comment Rachida Dati peut-elle se maintenir?

Quel fiasco pour celle qui il y a moins de deux ans, était considérée comme l’enfant-prodige de la Sarkozie triomphante! Rachida Dati, dont la promotion fut aussi fulgurante que l’éclair, a épuisé en très peu de temps son capital politique, et n’a jamais été dans une situation aussi délicate après une journée de mobilisation où les magistrats et les personnels du monde de la justice et de la pénitentiaire ont fait la preuve de leur rejet total de la politique menée par le garde des Sceaux.

Malaise, vous avez dit malaise? Le mot est faible, et même inadapté, à lire les témoignages récoltés par Maître Eolas, qui a eu une intuition de génie avec son opération « 23 octobre », que Narvic a tôt fait d’ériger en preuve définitive de l’incapacité des médias « traditionnels » à saisir et retransmettre les raisons profondes de cette défiance des juges. C’est aller un peu vite en besogne, mais lisez-les, lisez- celui-là, vous verrez le signe d’une révolte, d’une colère, qui n’ont rien de corporatiste, mais qui trahissent plutôt un rejet total de la politique menée par Rachida Dati. Et de sa personnalité, ne l’oublions pas…

Un ras-le-bol des méthodes de l’exécutif, de son empiètement sur le pouvoir judiciaire. Une réponse implacable suscitée par un pouvoir qui navigue à vue, avec des mesures tantôt spectaculaires, pour répondre précipitamment à un fait divers, tantôt d’apparence libérales, avec des idées confinant parfois au ridicule ou à l’absurde. On fait en sorte qu’un maximum de gens soient condamnés, et ensuite, on se débrouille pour qu’ils n’effectuent pas leur peine. Schyzophrène!

Le contexte de pression carcérale inédite et la grogne des services pénitentiaires, qui se sentent oubliés du projet de loi pénitentiaire, n’arrangent pas les choses pour la ministre. On ne peut pas à la fois vouloir sécuriser la France et diviser par deux le nombre de policiers, de juges, de surveillants de prison… Ce texte fondateur, qui doit être discuté à partir de janvier à l’Assemblée, est généreux avec les prisonniers et multiplie les alternatives à l’incarcération, mais fait l’impasse totale sur un sujet pourtant essentiel : la psychiatrie.

Dès lors, quel autre avenir que la démission pour Rachida Dati? La pression est énorme sur les épaules d’une femme qui ne semble décidément pas taillée pour un poste qui demande rondeur, expérience et mesure. Des qualités dont manque à l’évidence la garde des Sceaux. Nicolas Sarkozy laissera-t-il tout un pan de la politique sécuritaire du pays (prisons et tribunaux), que Malakine voit globalement dans l’impasse, aller à la dérive? Laissera-t-il en poste une ministre aussi affaiblie et illégitime?

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