Archives de Tag: délinquance

Quand Claude Guéant réinvente la police

Le ministère de l’Intérieur ressemble de plus en plus à un navire sans gouvernail, qui erre sur l’océan déchaîné,  poussé par les courants et les vents contraires. Hier à Bobigny, Claude Guéant a amusé la galerie en proposant de créer des policiers « patrouilleurs ». Vous ne rêvez pas : ce seraient des policiers chargés de faire des patrouilles de terrain et de maintenir un contact avec la population. Tiens? Mais n’est-ce pas justement ce qu’avait supprimé Nicolas Sarkozy? Et puis au fait : ça veut dire que jusqu’ici, les patrouilles, ça n’existe pas? Lire la suite

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Quand la droite se débarrassera-t-elle de ses boulets?

Après le réconfort, l’effort. Après les vacances, le retour aux affaires. Depuis ma retraite bretonne, j’ai assisté effaré à la fuite en avant des boulets de la droite française. Incapables de présenter un bilan positif en matière de sécurité, ils paniquent. Et entre les ministres Nadine Morano qui accuse Marianne de « démagogie », Brice Hortefeux qui veut étendre les cas de déchéances de la nationalité et Christian Estrosi qui veut mettre l’insécurité sur le dos des maires, on atteint des sommets de bêtise. Qui montrent que la droite n’a rien, strictement rien à proposer sur le sujet. Lire la suite

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Dans le bilan de Sarkozy, il faudra retenir le fiasco sécuritaire

Si l’on croit qu’on fait de la sécurité en plaçant en garde à vue à tour de bras, en multipliant les opérations coups de poing, en mettant en scène quelques grosses affaires résolues, on se trompe lourdement. Les récents événements de Grenoble et de Saint-Aignan – des émeutes urbaines suite à la mort d’un délinquant dans le premier cas, l’attaque d’une gendarmerie suite à la mort d’un délinquant dans le second cas – ne sont que des épiphénomènes, mais ils montrent que rien n’a changé, ou presque, depuis 2002. Sarkozy a échoué, il faudra le dire en 2012. La gauche osera-t-elle prendre ce sujet à bras-le-corps? Lire la suite

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Avec Zemmour

Éric Zemmour a bien du courage. Oser, sans faillir ni rougir, assumer ses convictions, ses idées, face à la meute écrasante de ceux qui le méprisent et le prennent pour un authentique nazi, c’est respectable. Maintenir le cap, ne pas céder un pouce de terrain face au conformisme et aux idées-que-tout-le-monde-partage-parce-qu’elles-sont-sympa, c’est admirable. La dernière sortie polémique de l’éditorialiste, qui risque de perdre sa place au Figaro pour avoir osé penser et dire que si les « noirs et les arabes » étaient plus souvent contrôlés que les autres, c’est parce que « la plupart des trafiquants sont noirs et arabes », est juste l’expression de la réalité, à quelques nuances près. Il faut donc soutenir le soldat Zemmour. Lire la suite

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Luttons contre la délinquance, plutôt que de lutter contre les chiffres!

hortefeuxUne nouvelle fois, depuis le début de la polémique sur la soi-disant augmentation des chiffres de la délinquance (celle-ci est stable, mais les violences et les cambriolages explosent), ce gouvernement montre qu’il se soucie de la délinquance comme d’une guigne : ce qui lui importe, ce sont les statistiques. Ce sont elles qu’il veut réduire. Mais en poursuivant cet objectif tout en réduisant le nombre de policiers, il risque fort de se retrouver dans la même situation que Lionel Jospin en 2002. Gare au retour du boomerang! Lire la suite

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MAM remporte le prix de la blague de la semaine

mam1Vous savez quoi? Michèle Alliot-Marie, notre chère ministre de l’Intérieur, a réussi à comptabiliser les « bandes organisées  » en France.

Et c’est précis!

« Il y a aujourd’hui en France 222 bandes. Ces 222 bandes sont à 79% en région parisienne et elles comportent environ 2.500 individus qui sont des permanents de ces bandes, 2.500 autres qui sont des occasionnels », a-t-elle détaillé sur Europe-1. « Parmi eux, vous avez 47% de mineurs, donc 53% de majeurs et la grande majorité d’entre eux sont des gens désocialisés », a souligné Michèle Alliot-Marie. « Cette désocialisation se marque par des attaques contre tout ce qui représente l’autorité, l’Etat et notamment les policiers ». Lire la suite

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Pourquoi il faut se méfier des chiffres de la délinquance

Lille, manifs anti-CPE (2006)

Lille, manifs anti-CPE (2006)

Chaque année, une fois que la sempiternelle (et pénible) tradition des voeux s’achève, une autre commence : le bal des chiffres de la délinquance de l’année passée. D’abord au niveau national, pour contenter l’égo du ministre, ensuite dans chaque département, pour satisfaire l’égo du préfet, et enfin, dans chaque commissariat. Si personne ne prend véritablement ces chiffres au sérieux, ils indiquent néanmoins une tendance qui a une influence « globale » sur l’opinion publique. Une tendance, pas un résultat fiable, tant les chiffres sont lissés à tous les niveaux.

On ne peut pas véritablement parler de fraude, de maquillage ou de triche organisée, ce serait excessif. En revanche la façon dont est organisé le système doit inciter celui qui consulte les chiffres de la délinquance avec grande circonspection. Lire la suite

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Justice répressive contre les mineurs, vraiment?

Parfois, je me demande si on vit dans le même monde, ou si les juges et militants associatifs n’ont pas un prisme social déformant qui leur fait voir uniquement ce qu’ils ont envie de voir, ou ce que leur idéologie leur dicte de voir.

J’ai bondi, hier, en lisant cet article résumant les craintes de ces honnêtes gens, qui à l’occasion des journées nationales prison, s’inquiètent de voir la justice devenir de plus en plus répressive à l’égard des mineurs.

Sans blague! Je vous le donne en mille. « L’idée du mineur que l’on veut faire passer, c’est celle du multirécidiviste », explique Claude Doyen, vice-présidente du tribunal pour enfant du TGI de Strasbourg, alors que « le juge pour enfants ne revoit quasiment jamais la plupart des mineurs pour lesquels il est saisi ».

Ajoutons que « selon des chiffres du ministère de la Justice, 673 mineurs sont actuellement incarcérés en France, pour un total de 1.100 places disponibles ».

673 mineurs détenus en France, alors qu’il y a un potentiel d’un peu moins du double, est-ce un scandale? Et cette juge, ignore-t-elle, ou fait-elle exprès d’ignorer que s’il existe à l’évidence une écrasante majorité de mineurs (passez-moi l’expression) qui se tiennent tranquilles, une petite minorité d’entre eux sont des ultra-récidivistes de la violence de rue, qui sont certains d’échapper à toute sanction jusqu’à leur majorité?

Mon travail me fait cotoyer de près les questions de délinquance. Et des mineurs arrêtés pour des délits graves, et qui sont relâchés et remis à leurs parents en dépit de tout bon sens, c’est hebdomadaire. Sans même que le juge soit saisi, d’ailleurs! Je vais prendre deux exemples concrets survenus récemment dans le Nord.

Le premier, c’est le cas d’un mineur de 12 ans, qui s’est fait arrêter en compagnie de cinq ou six voyous après qu’un étudiant a été rossé de coups… dans l’unique objectif de lui piquer son iPod et ses lunettes. L’étudiant a été jeté à terre et a reçu des coups de pieds au visage de la part de toute une bande d’individus. Nez cassé, c’est dire. Dans les heures qui ont suivi, la police a arrêté des suspects qui traînaient encore dans le coin, et qui correspondaient au signalement donné par l’étudiant. Parmi eux, ce gamin de 12 ans, sur lequel sont retrouvés les lunettes. Il est désigné par l’étudiant comme par ses amis comme étant le « meneur » de la bande. Eh bien non seulement il ne sera pas placé en garde à vue (c’ets interdit en-dessous de 13 ans), mais il sera remis à ses parents le soir-même, sans même être « déferé » au parquet des mineurs, qui de toutes façons, l’aurait relâché.

Elle est où, la réponse judiciaire, dans ce genre de cas?

Deuxième exemple, qui correspond mieux au problème de la délinquance des mineurs. Un ado de 14 ans, dont la fiche de délinquance déborde d’un écran d’ordinateur, est arrêté pour avoir racketté plusieurs collégiens. On lui reproche également des vols à l’arraché, et il a déjà été pris il y a quelques mois pour avoir organisé avec des amis un ingénieux système de vols de portables avec violences : juchés sur des vélos, ils attendaient leur proie avant de fondre sur elle et d’arracher le téléphone. Plus grave, le père d’un des élèves rackettés, qui avait porté plainte, a été menacé avec un revolver par ce jeune homme.

Que croyez-vous qu’il lui est arrivé? Lui, il sera déféré au parquet des mineurs. Séance de gros yeux, et ni une ni deux, remise de l’enfant (parce que c’en est un) aux parents. Rendez-vous dans trois mois pour passer devant le juge des enfants, qui le mettra en examen et envisagera une mesure éducative.

Elle est où, là encore, la réponse judiciaire? C’est bien simple : elle n’existe pas. Comme lui, nombre de gamins vont de convocation en convocation, et entre les deux, continuent leur parcours délictuel sans le moindre problème. Ils peuvent même rire au nez des policiers, en garde à vue : ils connaissent très bien la législation et savent que jusqu’à leurs 18 ans, l’impunité leur est garantie. Ils sont donc tranquilles.

Sauf cas extrême, bien sûr. Mais une fois qu’on en arrive à des délits très graves, ou à des crimes, n’est-il pas déjà trop tard? Lorsque ces mineurs auront 18 ans, et qu’ils écoperont d’une peine plancher qui les remerciera pour l’ensemble de leur oeuvre, ils partiront pour deux, trois ans de prison ferme, et leur vie sera mal partie. Ne serait-ce pas plus intelligent, pour la société comme pour eux, d’intervenir plus tôt?

Cette juge des enfants décrit sans doute la réalité lorsqu’elle dit que la plupart ne récidivent pas.

Oui, mais les autres? Que fait-on, pour eux, qui vivent dans des conditions déplorables, dont les grands frères sont truands et dont les parents sont absents ou trop fragiles pour les éduquer correctement?

Que fait-on pour eux, alors que dans les foyers de placement pour mineurs, la victime cotoie le délinquant (considéré comme victime), qui lui-même cotoie le psychopathe dont les établissements spécialisés ne veulent plus?

L’ordonnance de 1945 privilégie l’éducatif sur le répressif, et c’est tant mieux. Mais il y a un moment où on doit arrêter de prendre les mineurs pour des saintes nitouches, et leur coller une bonne vieille sanction, qui ne doit d’ailleurs pas forcément être la prison.  Une séance de ramassage de feuilles mortes, peut-être?

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