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Expo Larry Clark : tout ça pour ça…

Je suis allé voir la fameuse exposition de Larry Clark, au sujet de laquelle le journal Libération a donc décidé la semaine dernière de faire son beurre à peu de frais, prenant des accents de résistance – ça devient une habitude… – quand absolument rien n’est menacé. Certains auraient dû attendre de voir avant de juger. Résultat, de mon côté : une ambiance très très malsaine à peine compensée par la qualité artistique des photos, sabotée par un manque criant de contextualisation des clichés. Lire la suite

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Hamon, Delanoë et Aubry sont dans un bateau, lequel tombe à l’eau?

lls sont trois. Ils pèsent 70 % des adhérents qui se sont exprimés le 6 novembre. Ils sont d’accord pour estimer que Ségolène Royal représente tout ce qu’ils exècrent en politique : un parti de « supporters » plutôt que de militants, des alliances ouvertes clairement au centre, une politique spectacle, une gauche molle… Ils ne l’aiment pas.Ils s’appellent Martine, Bertrand, Benoît. Le troisième est un enfant politique de la première, il a énormément travaillé pour elle au sein de son ancien club « Réformer ». Le second est un Jospinien, tout comme la première, qui a été numéro deux du gouvernement du locataire d’Ile de Ré.

 

Ils s’appellent Aubry, Delanoë, Hamon. Ils assurent défendre « le parti et pas les personnes ». Bien sûr. L’intérêt général, c’est tellement important… Ils veulent clairement éviter que Royal prenne le contrôle du PS, ce qui lui permettrait de placer Vincent Peillon en premier secrétaire adjoint, une façon pour la présidente de Poitou-Charentes de préparer tranquillement 2012 sans prendre de coups. De verrouiller le parti pour éviter les divisions que selon elle, ont pesé parmi les causes de sa défaite de 2007. Martine Aubry, par exemple, n’a-t-elle pas « balancé » sur Royal pendant toute la campagne, par derrière?

Mais une fois qu’ils se sont mis d’accord sur le rejet d’une personne et de sa façon de concevoir la politique, eh bien ils ne sont guère avancés. Delanoë juge qu’arrivé en tête, le candidat commun (lui-même ou un de ses lieutenants) doit être issu des rangs de sa motion. C’est vrai qu’il avait quoi, mille voix de plus qu’Aubry? « C’est ça ou rien », sous-entend Delanoë, qui prend des airs de tribun mais risque pourtant de voir ses soutiens rallier Aubry si celle-ci se présente.

Ce qui va probablement être le cas de façon « fortement probable » (sic !) selon Yves Durand, député-maire de Lomme, une petite commune voisine de Lille) et proche soutien d’Aubry. L’argument? « Elle est la seule qui est au point d’équilibre et peut rassembler une nouvelle majorité ».

C’est marrant, c’est exactement ce que pense également Hamon, qui hier, scandait qu’il fallait écouter le message des électeurs, qui veulent « plus de gauche ». Chacun s’y verrait bien, finalement. Au nom du collectif…

Poker menteur? Intox? Pressions?

Il est assez comique de suivre ça de loin. La défaite de Royal semble proche, mais le front ouvert contre elle de manière un peu trop évidente – Royal adorant jouer aux victimes – ne risque-t-il pas d’agacer les adhérents, en prévision du vote de jeudi prochain? Et si finalement c’était Jean-Marc Ayrault qui était dans le vrai, en incitant Royal à mettre de côté sa candidature pour proposer un autre nom plus consensuel?

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PS : quand la démocratie mène à l’anarchie

Franchement, après avoir écouté hier soir le leader du NPA, Olivier Besancenot sur « A vous de juger », on se dit que décidément, le PS a du mouron à se faire pour se présenter de nouveau comme un parti d’alternance crédible. Et pendant qu’il stagne et se déchire à l’aube du Congrès de Reims, le facteur avance, court, accélère, et le talonne.

Alors que son Congrès s’ouvre cet après-midi, en pleine tourmente idéologique et en plein questionnement stratégique, le PS est désormais placé au pied du mur et devant un choix ubuesque : trouver une majorité combattive, à partir de quatre motions arrivées quasiment toutes à égalité. Défi, ou situation inextricable?

On va dire que la question ne regarde que les militants du parti socialiste. Mais quand on voit dans quel pétrin ils sont, on ne peut pas ne pas faire le lien avec le mode de scrutin qui préside à cette élection interne. Celui-ci est absolument désastreux! Les Français l’ont d’ailleurs bien compris.

Rappelons que depuis plus de six mois, les dirigeants socialistes s’invectivent, se cherchent des poux sur la tête, jouent au poker menteur et se cherchent des différences qui n’existent bien souvent que dans leur imagination. Ils ont d’abord eu l’occasion de déposer des contributions : des milliers de textes ont été déposés, par des chefs de file mais aussi par des simples militants. Elles doivent pourrir au fond d’un placard, maintenant. Zou.

Puis est venu le temps des motions. Chaque chef écrit la sienne, et ensuite, les élus et personnalités choisissent derrière lequel ils vont se ranger, c’est-à-dire pour qui ils « misent » politiquement. On est ainsi arrivé à des choix très étranges, à savoir le ralliement des Fabiusiens ou du gros des Strauss-khaniens derrière Aubry, de Valls derrière Royal, ou de Moscovici derrière Delanoë. C’est à qui pêchera le poisson le plus gros, le plus impressionnant. Avec derrière, les habituels sondages qui matraquent l’opinion et celle des militants socialistes, et qui ne sont souvent que le reflet des opinions des élites médiatiques.

Voyant qu’elle risquait d’être défaite, Royal a rangé sa candidature au frigidaire au mois de septembre : sous-entendu « bon, on verra, pour l’instant ça fait parler de moi de dire cela, et puis cela tranche avec le discours habituel des politiques, c’est toujours bon à prendre ».

Depuis, la campagne a encore monté d’un ton, chacun taclant l’autre, jusqu’à Benoît Hamon, le jeune loup qui monte, qui a poignardé dans le dos Martine Aubry, son ancienne mentor, sous-prétexte de jouer au « plus gauchiste que moi, tu meurs ».

Résultat : Royal est arrivée de manière surprenante en tête des votes des adhérents le 4 novembre, avec 29% des voix. Ce qui n’est pas si étonnant que cela, au final, puisqu’Aubry et Delanoë, qui représentent des courants assez proches, ont obtenu 25% chacun, c’est-à-dire 50% à deux. Enfin, à l’aile gauche du parti, Benoît Hamon ferme la marche avec 19% : il ne pourra que jouer le rôle du supplétif, ce qui est déjà bien.

Avec un tel résultat, conséquence directe d’un mode de scrutin inefficace, comment s’unir? Comment fédérer? Comment synthétiser? Comment faire en sorte de ne pas paralyser le parti avec une synthèse « mou du genou » comme celle qui était sortie du Congrès du Mans? Alors que derrière, se profile un autre enjeu : l’élection présidentielle de 2012?

Je ne vois pas. Les royalistes se présentent comme des vainqueurs, alors que même en tête, ils sont ultra minoritaires. Valls et Peillon, les deux lieutenants fidèles, affirmaient ce matin que Ségolène Royal serait finalement candidate. « La détermination de Ségolène Royal est entière (…) Nous attendions parce que nous voulions que les autres appellent à la raison et se rallient à la présidente de Poitou-Charentes », a osé clamer Vincent Peillon. Se rallient? Mais au nom de quoi?

En face,  Aubry comme Delanoë ( la moitié des voix à deux, avec des projets très proches) ont chacun renvoyé Royal dans ses buts ces derniers jours : ses propositions d’accord, de fait, n’avaient pour objectif que d’obtenir leur soumission. Et alors qu’hier, un accord politique semblait se profiler entre Hamon et Aubry, les trois têtes de motion se sont rencontrées ce matin, vraisemblablement pour finaliser leur front anti-Royal.

Front que d’aucuns, à l’instar de Manuel Valls, qualifieront immédiatement de « tout sauf Ségolène ». Et pourquoi pas? Pourquoi les dirigeants du PS, écoeurés par la déroute présidentielle de la dame du Poitou , par sa manière très particulière de concevoir la politique, ne pourraient-ils pas vouloir à tout prix faire barrage à celle qu’ils jugent inapte à les représenter?

Quel que soit le résultat de ce congrès, il sera donc insatisfaisant : les rancoeurs resteront et ressortiront la prochaine fois. Ce serait risible si le bien commun et l’intérêt général n’étaient pas en jeu.

Rien de tout cela, bien sûr, ne serait arrivé si on avait cessé avec l’hypocrisie de ce mode de scrutin. Si chaque leader se présentait directement, devant les militants, clairement, au poste de premier secrétaire, avec un projet et un vote à deux tours, le problème serait règlé. Les militants auraient vraiment le pouvoir.

On éviterait cette cuisine interne, cette farce électorale, où quoi qu’on en dise, on prend doucement les électeurs pour des idiots. En attendant, trois personnes se réjouissent sous cape : Nicolas Sarkozy, qui ne peut que se féliciter de voir ses adversaires se déchirer au lieu de s’unir. Olivier Besancenot, qui fait son beurre pendant que les socialistes abandonnent le terrain social. Et puis bien sûr, François Bayrou, élevé par les querelles socialistes au rang de quasi-invité du Congrès de Reims, et qui doit réfléchir de plus en plus sérieusement à fondre sur les restes de ce parti moribond.

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