Archives de Tag: Dati

Ridicule!

On croit rêver. A nouveau, on parle dans les grands médias de parano présidentielle, de complot, d’utilisation des services secrets pour protéger l’Etat « en danger »… Et tout ça, pourquoi? Une nouvelle affaire Clearstream? Que nenni! Cette fois, Nicolas Sarkozy refuse que les rumeurs sur son couple prospèrent. Mais à qui la faute, mister president? Lire la suite

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Rions avec les défenseurs de la cause animale

Association-Stephane-LamartJ’ai reçu hier, ô joie, ô privilège du journaliste, un communiqué de presse tout à fait savoureux, dont je dois absolument vous faire part. Ce serait un crime de garder ça pour moi. Figurez-vous qu’aujourd’hui, à Paris, des militants des droits des animaux manifesteront au nom de leur cause : ils s’indignent de ce que la Justice ne montre pas plus en empathie avec la « détresse des animaux ». Fichtre! Lire la suite

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Souverainiste de droite ou libéral alternatif?

euprofiler2Les blogueurs de tous poils ont profité de mes vacances pour se passer une patate chaude : les tests politiques destinés à cerner notre profil en vue de l’élection européenne. C’est toujours amusant, les tests. On se demande toujours, craintivement, si le résultat final ne va pas nous décevoir. Et dans le même temps, on sent où on nous emmène à chaque question : à nous mettre dans une case précise, au gré d’interrogations fortement marquées idéologiquement. Lire la suite

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« La campagne européenne, c’est un peu comme un mauvais match de Ligue 1 »

campagneeuropeenneC’est assurément la phrase du jour, sans conteste possible. Et elle est signée par Seb, de CaReagit. Parlant de la campagne pour les élections européennes, il le dit tout de go : « Tout cela, c’est un peu comme une mauvaise rencontre de Ligue 1 dans lequel les deux équipes ne doivent pas perdre. Ils se font un malin plaisir à enterrer le match. » Lire la suite

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Rachida Dati mérite-t-elle cet acharnement?

Les commentaires sur l’accouchement de la ministre de la Justice, Rachida Dati, sont proprement hallucinants et montrent une façon très française d’envisager les problèmes : on sort une polémique pour la polémique, en allant jusqu’à soupçonner celle qui en est l’objet de l’avoir créée de toutes pièces…

Reprenons. Rachida Dati, ministre symbolique du gouvernement Fillon depuis mai 2007, a plutôt raté ses débuts place Vendôme.  Elle a en effet réussi le tour de force de se faire détester d’un grand nombre de magistrats, tout en semblant perdre le lien particulier de confiance qu’elle avait tissé avec Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle. Non sélectionnée dans le G7, ce groupe des ministres préférés du Président, Rachida Dati est apparue en disgrâce. Prête à être balayée au premier remaniement venu. Lire la suite

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Et maintenant, comment Rachida Dati peut-elle se maintenir?

Quel fiasco pour celle qui il y a moins de deux ans, était considérée comme l’enfant-prodige de la Sarkozie triomphante! Rachida Dati, dont la promotion fut aussi fulgurante que l’éclair, a épuisé en très peu de temps son capital politique, et n’a jamais été dans une situation aussi délicate après une journée de mobilisation où les magistrats et les personnels du monde de la justice et de la pénitentiaire ont fait la preuve de leur rejet total de la politique menée par le garde des Sceaux.

Malaise, vous avez dit malaise? Le mot est faible, et même inadapté, à lire les témoignages récoltés par Maître Eolas, qui a eu une intuition de génie avec son opération « 23 octobre », que Narvic a tôt fait d’ériger en preuve définitive de l’incapacité des médias « traditionnels » à saisir et retransmettre les raisons profondes de cette défiance des juges. C’est aller un peu vite en besogne, mais lisez-les, lisez- celui-là, vous verrez le signe d’une révolte, d’une colère, qui n’ont rien de corporatiste, mais qui trahissent plutôt un rejet total de la politique menée par Rachida Dati. Et de sa personnalité, ne l’oublions pas…

Un ras-le-bol des méthodes de l’exécutif, de son empiètement sur le pouvoir judiciaire. Une réponse implacable suscitée par un pouvoir qui navigue à vue, avec des mesures tantôt spectaculaires, pour répondre précipitamment à un fait divers, tantôt d’apparence libérales, avec des idées confinant parfois au ridicule ou à l’absurde. On fait en sorte qu’un maximum de gens soient condamnés, et ensuite, on se débrouille pour qu’ils n’effectuent pas leur peine. Schyzophrène!

Le contexte de pression carcérale inédite et la grogne des services pénitentiaires, qui se sentent oubliés du projet de loi pénitentiaire, n’arrangent pas les choses pour la ministre. On ne peut pas à la fois vouloir sécuriser la France et diviser par deux le nombre de policiers, de juges, de surveillants de prison… Ce texte fondateur, qui doit être discuté à partir de janvier à l’Assemblée, est généreux avec les prisonniers et multiplie les alternatives à l’incarcération, mais fait l’impasse totale sur un sujet pourtant essentiel : la psychiatrie.

Dès lors, quel autre avenir que la démission pour Rachida Dati? La pression est énorme sur les épaules d’une femme qui ne semble décidément pas taillée pour un poste qui demande rondeur, expérience et mesure. Des qualités dont manque à l’évidence la garde des Sceaux. Nicolas Sarkozy laissera-t-il tout un pan de la politique sécuritaire du pays (prisons et tribunaux), que Malakine voit globalement dans l’impasse, aller à la dérive? Laissera-t-il en poste une ministre aussi affaiblie et illégitime?

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Régime carcéral français : des raisons d’être sceptique

A chaque fois, c’est la même chose. Les visites de prison me plongent toujours pendant plusieurs jours dans une forme de scepticisme envers le régime carcéral. Non pas en raison de l’horreur de la situation, qui semble assez largement exagérée par les associations humanitaires, mais en raison de l’organisation du système en lui-même, de l’ambiance qui règne dans ces établissements.

Attention, je ne parle pas ici statistique mais d’une impression qui se revendique comme personnelle et donc forcément subjective. Voilà, disons le tout net : je n’ai jamais vu, dans une prison, la situation sanitaire catastrophique décrite par les médias et associations, mais en revanche, je reste persuadé de l’inanité du système. Quand on a vu ça, et malgré le travail formidable de quantités d’associations et personnels de réinsertion, on se dit qu’un tel système ne peut que tourner sur lui-même. Et à vrai dire on se demande comment certains s’en sortent.

Hier, j’accompagnais donc une délégation d’élus et d’avocats dans deux prisons du Nord Pas-de-Calais. L’une vétuste à souhait, l’autre d’une modernité à faire peur. Dans ces deux maisons d’arrêt, on sent bien que l’administration veut faire bouger les choses, et des efforts sont faits pour enfin faire en sorte d’appliquer les fameuses règles pénitentiaires européennes, qui ne l’oublions pas, sont à l’origine du projet de loi pénitentiaire examiné fin juillet devant le conseil des ministres, et dont on attend toujours l’arrivée au Sénat, qui ne devrait pas intervenir avant janvier.

Par exemple, on rénove le « mitard », le quartier disciplinaire : plus question de faire dormir les « rebelles » dans des cellules à peine éclairées, dotées de toilettes à la turque. Les fenêtres sont donc en train d’être agrandies, le détenu pourra lui-même allumer la lumière, des toilettes classiques sont installées. Très bien.

Ailleurs, un quartier « sortant » est en cours d’édification : on veut préparer les détenus au plus tôt à rejoindre le monde réel. Le tout dans une atmosphère bon enfant où l’on parle de « contractualisation » avec le détenu, où on insiste sur le fait qu’on « respecte sa volonté ». Oui car voilà : en prison, on ne force jamais personne.

On est libre de travailler ou pas, par exemple, c’est-à-dire d’un côté, d’avoir des horaires qui vous aident à structurer votre journée, gagner de l’argent, s’activer, de l’autre, rester à regarder la télé dans 9m2. Au passage, il paraît assez choquant que des entreprises privées gèrent les « ateliers de production », d’où sortent des produits certifiés ISO-9001 qui sont en concurrence directe avec le marché… D’un côté on peut se dire que cela prépare le détenu à la sortie, en le contraignant à faire du travail de qualité, mais vu du côté de l’entreprise, il s’agit surtout de faire du profit sur le dos des personnes incarcérées et ça, c’est vrai que ça a du mal à passer. Passons.

On fait également beaucoup pour les détenus : de nombreuses activités sont proposées, des tas de gens se bougent pour trouver des idées, il y a des exposition, des concerts, bref, on n’abandonne pas les prisonniers.

Au final, quand on voit tout ça, on réalise les progrès qui ont été effectués non seulement dans les mentalités mais aussi dans les faits. Et la loi pénitentiaire de Rachida Dati essaie de  poursuivre l’effort, en multipliant les mesures alternatives de détention, comme le bracelet électronique, qui sera généralisé pour toutes les peines inférieures ou égales à six mois. les aménagements de peine seront également étendus. « Le but est de stopper la course à l’inflation de la population carcérale, m’explique un élu UMP de la délégation, qui soutient le texte tout en souhaitant des améliorations. C’est un texte très urgent car il faut enfin avoir un texte-cadre sur les prisons, ce qui n’a pas été le cas depuis 22 ans. Le plan Perben de construction des prisons prévoyait de disposer de 64 000 places d’ici à 2011 : il y a déjà plus de 64 000 détenus en France, et l’an passé, la population carcérale a augmenté de 8%! »

On oriente donc tous les efforts sur la population carcérale, en se disant qu’une fois que les effectifs seront revenus à un niveau plus acceptable, tous les problèmes seront règlés. Mais il en existe bien d’autres, des problèmes!

Car dans le même temps, les courtes peines, celles qui sont les plus difficiles à traiter (difficile d’effectuer un travail avec le détenu, à peine entré, déjà sorti…), se multiplient. Dans la prison ultra-moderne que j’ai visitée hier, l’administration double toutes les cellules, prévues au départ pour être individuelles conformément aux recommandations européennes. Quel est le sens de tout cela, au moment où on souhaite diminuer les effectifs?

On joue donc sur les deux tableaux, dans une attitude proprement schyzophrène : à l’opinion publique qui réclame plus de sécurité, on offre des lois répressives, la rétention de sûreté, les peines-plancher pour les récidivistes, on parle de tolérance zéro (et encore, la justice laisse libres quantité de gens qui pourraient encore grossir les effectifs des prisonniers…), et donc on fait tout pour que les personnes dangereuses soient mises hors d’état de nuire, et de l’autre, on élabore de beaux discours sur la dignité du prisonnier et une belle loi pour faire en sorte qu’il y en ait le moins possible.

Moi, le bracelet électronique, je n’ai rien contre, même si on manque de recul pour analyser son application. Il y a encore trop peu de détenus qui le portent pour avoir un retour digne de ce nom. Mais pendant ce temps, l’essence même de la prison française rend vain tous ces efforts, à mon sens. On ne prend pas le problème à la base.

Car pendant que se multiplient tous ces beaux discours, les détenus, eux, vivent dans une atmosphère à l’hygiène douteuse. Dans une ambiance détestable. Dans une sphère fermée où les comportements du dehors se reconstituent. « Ce sont des petites cités en miniature », souligne un surveillant. Les clans se reforment, les rivalités aussi. Et parfois, au milieu de tout cela, de cette ambiance empreinte de violence, où les produits stupéfiants tournent avec une facilité déconcertante, il y a parfois un type qui arrive parce qu’il a bu au volant. Qui se retrouve plongé dans un enfer incroyable, dans un monde qu’il ne connaît pas, d’où il pourra difficilement sortir meilleur qu’il n’est entré.

Il y a aussi l’apprentissage de la violence et des combines, puisqu’on mêle toutes sortes de profils, sans tenir compte des âges (des quartiers jeunes majeurs avaient par exemple été élaborés pour épargner les 18-20 ans : suppirmés à la demande de l’administration centrale!), ni des types de condamnation.

Et puis, bien sûr, il y a les cas qui relèvent de la psychiatrie. « 15 à 30% » des détenus, selon le directeur d’une des deux prisons, souffrent de troubles psychologiques ou psychiatriques. Ce qui semble logique. Quand on se balade dans les allées, on croise certains détenus au regard hagard, shootés au médicaments. Tout se passe comme si on maintenait les détenus tranquilles, avec leur dope et leur télé. Jusqu’au jour où ça explose. « Quand on ouvre certaines cellules on ne sait pas ce qu’on va trouver, certains sont complètement défoncés », glisse un autre surveillant. Les agressions se multiplient. On pourrait parler des deux détenus tués à Rouen. Un jour viendra où un gardien sera touché.

Croyez-vous que la loi pénitentiaire se penche sur le problème? Croyez-vous qu’on ait tenté d’ajouter au débat le problème de la psychiatrie française? Pour beaucoup de gens, les fous n’ont rien à faire en prison, non seulement pour eux (sont-ils responsables de leurs actes? un élu confiait hier qu’il faudrait enfin, un jour, supprimer la différence entre abolition et altération du discernement) mais aussi pour tous les autres.

Mais non. En France, on aime bien règler les problèmes les uns après les autres, au gré des faits divers et de l’actualité. On manque de cette vision globale qui permet de faire avancer les sujets de concert. C’était pourtant ce qui semblait induit dans l’idée de « politique de civilisation », non?

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