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Travail dominical : les 41 « courageux » de la majorité n’ont pas suffi

Les zones touristiques concernées.

Les zones touristiques concernées.

Ils étaient une cinquantaine de députés de la majorité, l’automne dernier, à manifester bruyamment leur refus du texte présenté par Richard Mallié sur l’extension des dérogations au travail dominical. Hier, ils n’ont été que 11 à voter contre un texte bien pire, et 30 à s’abstenir. Sans compter 17 qui n’ont pas pris part au vote. Entre temps, les leaders du front automnal ont abandonné leurs troupes. Un texte qui fera date, et qui illustre l’abandon, à droite, d’une certaine vision de la vie, et la supériorité de la valeur économique. Lire la suite

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Les Français ne veulent pas travailler le dimanche

dimancheBeaucoup de travail, en ce moment : je serai très bref ce matin, juste un petit passage pour évoquer un sondage paru mardi dans Libération sur le travail dominical. Force est de constater que les Français semblent loin d’y être favorables! Désolé, je radote, mais le sujet est crucial et c’est maintenant qu’il faut se mobiliser. Après, il sera trop tard, le cheval de Troie sera dans nos murs. Alors députés de droite, réveillez-vous! Lire la suite

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Travail dominical : ce texte est encore pire que le précédent!

dimancheAprès bien de péripéties, la proposition de loi Mallié remaniée sur le travail dominical revient à l’Assemblée, où son examen doit débuter le 7 juillet, le gouvernement ayant déclaré « l’urgence » (sic). En réalité, ce projet est encore pire que celui qui avait entraîné la fronde de nombreux élus UMP, à l’automne dernier. Les zones concernées par le recul du repos dominical sont plus nombreuses, et le volontariat des salariés et le doublement de salaire promis sont remis en cause. Aujourd’hui, où sont-ils, ces députés de droite qui s’étaient mobilisés avec succès contre le précédent texte? Existe-il encore, à l’UMP, des élus soucieux de construire une société équilibrée, sans tomber dans l’hyperconsumérisme et la dictature de l’individualisme-égoïsme? Lire la suite

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Face à la crise, le surendettement?

Coup de fil de ma banque, l’autre jour. Quand on me passe la communication, je suis un peu inquiet, car ces institutions appellent rarement pour souhaiter la bonne année. Pourtant, non, au téléphone, la voix est charmante, enjouée, presque printanière.

« Allo, monsieur chafouin? Oui, c’est la BNP. Nous voudrions vous informer que votre carte Aurore dispose de taux exceptionnels en ce moment.

– Ah oui?

– Oui, oui, c’est une occasion en or à ne pas laisser passer! Lire la suite

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Travail dominical : je ne vois pas trop où est le recul?

Je ne comprends pas pourquoi la fronde s’arrêterait à l’UMP sur le travail dominical. Hier, les députés rebelles ont été reçus à l’Elysée, où ils ont visiblement été achetés rassurés par le président de la République : il n’y aura pas de généralisation du travail dominical. Décidément, on recule plus facilement face aux lycéens que face à ses députés!

Et là, on sursaute : parce qu’il y avait une généralisation prévue? Pourtant, on entend les ministres Xavier Bertrand et Luc Chatel clamer, depuis le départ, qu’il n’en était pas question? Passons.

Pour ceux qui ne suivent pas, au fond de la classe, rappelons le résultat de l’entretien. D’abord, chaque maire pourra décider d’autoriser jusqu’à dix dimanche travaillés dans sa commune, contre cinq actuellement. Sans que les commerces alimentaires soient concernés. Ce qui nous promet de toutes façons quelque chose de comique : soit il y aura une belle inégalité entre les commerçants ou les clients, selon la couleur politique de la ville en question, soit on se prépare à de beaux retournements de veste schyzophrènes au PS. J’attends avec impatience, par exemple, de voir ce que ferait Martine Aubry à Lille, si la loi passe en l’état : hier, au conseil municipal, elle a fait voter une motion de principe refusant l’extension du travail dominical.

Pour moi, il ne s’agit pas là d’un recul, mais d’une extension. Le texte initial ne prévoyait pas de passer de 5 à 52 dimanche ouvrés, si je ne m’abuse? Conclusion : on prend cette disposition pour que les centre-villes ne soient pas trop défavorisés par rapport aux zones commerciales. Une course à l’échalote qui ne me dit rien qui vaille.

Deuxième modification : justement, à propos de Lille, les magasins seront autorisés à ouvrir chaque dimanche sans restriction « dans les agglomérations des « zones frontalières » d’un pays ouvrant lui-même le dimanche ». Tiens tiens, coucou Martine Aubry!  La Belgique laisse ses commerces ouvrir tous les dimanche, donc le Nord me paraît être le seul concerné par cette disposition. Disposition qui semble aussi un brin inégalitaire, puisque le salarié lyonnais aura droit au repos dominical mais pas le Lillois. Le conseil constitutionnel sera-t-il d’accord?

Là encore, à part faire plaisir aux élus de la droite lyonnaise, je ne vois pas où est le recul. Car en même temps, on veut « étendre le champ de l’ouverture dominicale » dans les zones dites touristiques, dont le périmètre sera élargi. Il y en a, à Lyon! Que recouvre exactement la notion de zone touristique? Qui décidera de leur définition? Peut-elle subrepticement se substituer à la notion initialement défendue de « zone d’attraction commerciale exceptionnelle »Pour ce qui est du Nord, en tout cas, c’est pire qu’avant cet entretien à l’Elysée. Là, il y aura bel et bien généralisation.

Là encore, où est le recul?

Concernant Marseille, on marche sur la tête : on propose d’entériner législativement un « usage constaté » pour autoriser l’ouverture aujourd’hui illégale des centres commerciaux tels que Plan-de-Campagne (Bouches-du-Rhône). Et ça, c’est pour contenter l’auteur du texte, Richard Mallié (lui-même député dans le 13), et pour ne pas compromettre sa réélection. Et le petit dealer du coin, qui vend du cannabis, il a droit à un « usage constaté », lui, ou pas?

« La feuille de route est tracée. Le dialogue va se faire. On s’est complètement éloigné de la généralisation du travail du dimanche. Il existe des avancées notoires, nous avons été entendus, je m’y retrouve », a expliqué un député frondeur. Un autre l’avoue franchement : « Si ces avancées sont maintenues, on est en mesure de voter le texte sans difficulté ».

Mais quelles avancées notoires? Le fond du sujet n’était-il pas le risque pour la cohésion sociale et la vie de famille, messieurs les députés UMP? Le fond du débat, était-ce Lyon, ou était-ce le principe d’extension du travail dominical? Ne disiez-vous pas qu’il fallait arrêter de tout voir par « le bout de la lorgnette » de l’économie?

Au final, si l’on en reste là, seule la gauche se battrait donc contre ce texte, dont l’examen doit commencer aujourd’hui ou demain à l’assemblée nationale. 4 000 amendements ont été déposés pour le moment : de quoi promettre une vraie bataille parlementaire!

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Libéraliser le travail dominical, c’est fragiliser l’individu et la famille

« Le dimanche n’est pas un jour comme les autres, c’est vrai. Mais il faut aussi voir comment les choses évoluent. Nous ne pouvons pas refuser à des personnes qui souhaitent travailler le dimanche de le faire », a expliqué hier le ministre du Travail,  Xavier Bertrand, en déplacement avec le secrétaire d’Etat à la consommation, Luc Chatel, pour rappeler la mobilisation du gouvernement sur ce sujet.

On y est : le vote de la proposition de loi Maillé, repoussé plusieurs fois, et qui multiplie les dérogations, pourrait intervenir avant la fin de l’année.

Toujours le même raisonnement : le principe reste que le dimanche est un jour de repos, et qu’on ne va pas revenir dessus! Mais on va assouplir, avec le chantage à la création d’emplois et au retour de la croissance, pour protéger la liberté de ces gentils travailleurs qui veulent bosser plus pour gagner plus, et d’ailleurs, un sondage très opportun nous apprend que 67% des Français (je me demande qui?je n’en connais pas) sont prêts non pas à aller faire des courses le dernier jour de la semaine, mais bien à travailler ce jour-là! Il va falloir m’expliquer…

C’est la grande technique : assurer qu’on va respecter un principe, et dans le même temps, lui tordre le cou en appelant à briser les tabous et à sortir des carcans.

On a déjà examiné en détail la proposition de loi Richard Maillé, qui ne va pas très loin, il est vrai, mais écorne déjà sérieusement le principe du repos dominical. Ne soyons pas dupes : une fois que la brèche sera ouverte, les nouvelles exceptions passeront comme une lettre à la Poste. On a ici même beaucoup débattu des conséquences que pourraient avoir une libéralisation du travail du dimanche. Et beaucoup dénoncé l’hypocrisie de ceux qui ouvrent déjà chaque dimanche au mépris de la législation. Pas de radar pour eux.

Je ne vais pas aborder à nouveau les contours économiques de cette loi, même si je reste persuadé, d’une, que le portefeuille des Français n’étant pas extensible, l’ouverture des commerces le dimanche n’augmentera pas leur pouvoir d’achat, et de deux, que les grands perdants seront une nouvelle fois les commerces de ville, si l’on en reste là. Je reste aussi convaincu qu’une « pause commerciale » ne fait pas de mal pour l’Homme. Marre de voir des gens se promener en famille dans les centres commerciaux! Ils seraient aussi bien en forêt à cueillir des champignons.

Pour le reste, les syndicats me paraissent totalement hors-sujet en se focalisant uniquement sur la question du libre choix et du salaire. C’est bien sûr une revendication importante, mais il faut dépasser cet aspect : même payé double et choisi librement (mais ne rêvons pas), le travail dominical ne serait pas satisfaisant.

C’est en effet une véritable révolution de société qu’on risque de subir avec la généralisation du travail dominical. Je suis bien placé pour le dire : dans mon entreprise, on va bientôt devoir tous travailler par roulement le dimanche. Le journalisme ne s’arrête certes pas un jour par semaine. Mais je note que nous n’avons pas eu le choix, et qu’il n’y aura pas d’augmentation de salaire ce jour-là.

Politique de civilisation? Mon oeil! Si on voulait tuer la famille, si on voulait isoler encore plus l’individu, on n’agirait pas autrement. Car que va-t-il se passer? Pour ceux qui travailleront le dimanche, un décalage total par rapport à la société. Des périodes de travail de dix jours sans interruption, avec le jeu des repos hebdomadaires. Et si tout le monde prend ses repos de façon librement choisie, et donc différente, n’est-ce pas la mort de la convivialité?

L’avantage d’un repos identique pour tous saute aux yeux : cela permet à tous de se retrouver, amis, familles… Mariages, communions, bar mitzvah, repas familiaux, pendaisons de crémaillère…

Au lieu de cela, et si l’on s’oriente dans cette voie, certains prendront leurs repos le lundi, d’autres le mardi, etc. Avec parfois, au sein d’une même famille, un mari qui ne prend pas ses jours le même jour que son épouse! Et les enfants, dans tout ça?

On parle beaucoup en ce moment, évidemment, des origines de la crise financière actuelle, de la cupidité, de l’égoïsme des marchés, de leur absence de moralisation. Mais à quoi sert-il de se répandre en banalités et en grands mots, si ce n’est pour en retenir aucune leçon?

Car que fait-on, là, à part raisonner uniquement en termes économiques, et en oubliant tout le reste? En oubliant, tout simplement, l’homme?

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L’ouverture des commerces le dimanche par la petite porte

Vous allez dire que je radote. Que nenni : j’ai un droit de suite sur le sujet de la libéralisation du travail du dimanche. Je suivrai ce dossier jusqu’au bout! Je me permets donc de vous conseiller à ce sujet la lecture des excellents blogs d’Authueil et de Maître Eolas. Ils rapportent un article du Monde paru uniquement sur son site internet, et selon lequel le gouvernement s’apprête à alléger les règles sur le travail dominical en ce qui concerne le secteur de l’ameublement.

Plusieurs remarques à ce sujet. D’abord, Authueil et Eolas s’indignent de la méthode plus que du fond, à savoir que Luc Chatel, le secrétaire d’Etat à la Consommation, compte introduire cet allégement via un amendement à son projet de loi dite de développement de la concurrence au service des consommateurs. « Le gouvernement continue à prendre les parlementaires pour des imbéciles et le parlement pour une chambre d’enregistrement », s’indigne Authueil, habitué de la défense de l’Assemblée, puisqu’il y travaille. Ce qui est en effet contestable, c’est que l’urgence a été déclarée pour ce texte. Il n’y aura donc qu’une lecture devant chaque chambre. Le texte ayant déjà été examiné à l’Assemblée nationale, cet amendement ne sera par conséquent étudié qu’au Sénat, qui planche sur le projet Chatel à partir de demain! Si l’assemblée haute l’approuve, l’amendement (comme toutes les autres modifications au texte voté par l’assemblée nationale) sera donc soumis à la commission mixte paritaire, qui réunit six sénateurs et six députés. Dans ce cadre, rappelle Authueil, « les éventuels conflits entre les deux assemblées se trouvent ainsi réglés par un marchandage en petit comité, sans débat public. C’est gênant et cela devrait être l’exception. » Certes. Et puis, Authueil estime que « l’ouverture des commerces le dimanche est un sujet qui mérite mieux comme débat. C’est un vrai sujet, avec du pour et du contre ». Recertes!

Moi, ce qui m’énerve, c’est plutôt le fond. Et en l’occurrence, l’autisme dont fait preuve Chatel sur ce dossier depuis le début. Il n’écoute pas. Depuis le début, je lis ses interventions sur le sujet. Et on peut remarquer qu’il est absolument convaincu depuis des mois que la libéralisation de l’ouverture des commerces le dimanche se fera, quoi qu’il arrive. Où est la place pour le débat? Xavier Bertrand, lui, affirme qu’au-delà de cet amendement, la libéralisation du travail dominical sera pour 2008. Comme Chatel l’avait déjà annoncé en octobre

Un sondage est paru dans le JDD, montrant que 53% des Français sont opposés à l’idée de travailler le dimanche, contre 26% qui y sont favorables. Un autre sondage, paru en octobre dans le Parisien, montrait qu’au contraire, 51% des Français seraient favorables à l’idée d’ouvrir les commerces le dimanche. En gros, on est d’accord pour consommer mais pas pour travailler. « Ce sondage montre que les Français sont très partagés« , répond Chatel (quel réalisme!) qui d’un autre côté explique poutant que « dans la situation actuelle, les magasins d’ameublement ne peuvent pas ouvrir le dimanche et cela leur est préjudiciable. » Autrement dit, les Français peuvent être contre, vous êtes bien gentils, mais moi je suis secrétaire d’Etat, j’ai Ikéa sur le dos, qui n’arrête pas de se plaindre, je reçois plein de courrier, sans compter Conforama et Monsieur Meuble, et j’en ai un tout petit peu marre. Comment comprendre cette idée de préjudice? Si demain, il leur est préjudiciable de ne pas pouvoir faire travailler les enfants la nuit, on le leur permettra? Ce n’est pas comme ça qu’on gouverne, que diable! Le pragmatisme, c’est bien, mais il ne faut pas non plus en abuser. On attend des arguments plus étayés, plus convaincants que « les commerces en ont besoin », ou « les gens seraient contents de pouvoir faire leurs courses le dimanche ».  C’est bête, il n’en existe pas d’autre… Au contraire, le travail dominical a toutes les chances de nous plonger encore un peu plus dans une société d’ultra-consommation (l’expérience montre que ce n’est pas le Pérou). Et de fragiliser une nouvelle fois les familles.

Quand je pense à cette petite ballade du dimanche, tranquille,dans les rues désertes et calmes. Sérénité, apaisement. Quand je pense à ces courses horribles du samedi, où tout le monde se bouscule, s’énerve, où on maudit les poussettes… Stress, stress, stress. La beauté de l’état de nature, la laideur de ce que l’homme en fait parfois.

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