Archives de Tag: communication

Les ficelles de l’info (14) : « Vous m’envoyez un mail? »

Dans la quête désespérée du journaliste, sur le chemin pur et sincère de l’accès à l’information, se dressent ça et là obstacles et embûches, placés au service de la sacro-sainte communication. Comme chacun le sait, la perfide communication est l’ennemie du journaliste. Et si celui-ci entretient parfois des relations cordiales avec les attachés de presse, il n’oublie jamais que ceux-ci sont de redoutables adversaires qui ont souvent pour objectif de les enfumer. Et parmi les chausse-trapes jetées sur la route du chercheur d’infos : l’obsession du mail. Lire la suite

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Communication municipale

J’ai toujours été effaré par ce type de campagne de communication municipale, qui se pratique à Lille mais sûrement aussi un peu partout en France. Sous couvert de l’intention louable d’informer le public, on fait du budget municipal un véritable outil de communication, voire de propagande. Pas étonnant, dans ces conditions, que les maires soient souvent réélus… Lire la suite

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Comment tuer une idée avec une com’ très mal ficelée

C’est drôle, comme on peut se montrer rétif à ce qui pourrait être une bonne idée, essentiellement à cause du mauvais emballage cadeau qui l’enrobe. Comme quoi la forme est primordiale dans ce genre d’exercice. Exemple avec ce projet de « mutuelle catholique », pour lequel je reçois ce mail ce matin, en provenance d’un « étudiant en communication », qui visiblement, et avec tout le respect que je lui dois, doit encore progresser pour intégrer le métier. Lire la suite

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Les ficelles de l’info (13) : Martine Aubry et les journaux locaux

AFP PHOTO / DOMINIQUE FAGET

On dit souvent de Martine Aubry qu’elle est autoritaire et entretient des rapports complexes et tendus avec les médias. Au niveau local, c’est peu dire que la maire de Lille joue le chaud et le froid vis à vis des médias locaux. La première secrétaire du PS ignore largement la presse régionale, mais n’hésite pas à l’attaquer à la moindre virgule qui lui déplaît. Le tout, dans une ambiance de verrouillage et de centralisation de l’info, accompagnés d’une ultra-communication qui rappelle un certain… Nicolas Sarkozy.

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Derrière la pédagogie, se cache la propagande

La communication politique atteint un niveau tellement élevé qu’on se demande, parfois, où est la limite entre la pédagogie et la propagande. Veut-on expliquer ou manipuler?

Ainsi, Thierry Saussez, le M. Com’ de Nicolas Sarkozy, qui n’en a pas assez avec tous les sites internets gouvernementaux qu’il crée chaque semaine, a annoncé lundi soir sur Public Sénat qu’il réfléchissait à la création d’une émission de télévision, si possible sur le service public, où l’exécutif pourrait expliquer sa politique et répondre aux questions des Français.

On se demande comment on peut oser affirmer une telle énormité, sans même sourciller!

Sur la forme, Thierry Saussez explique que « tout est ouvert », et sur le fond, qu’il veut qu’à côté de la « bouilloire médiatique », existe quelque chose qui permette « d’ancrer les messages, les réformes, les mesures dans la durée ». Ben voyons!

Evidemment, la société des journalistes de France Télévisions et le syndicat SNJ dénoncent ce projet, qui n’a d’autre but que de contourner et de placer sur la touche ceux qui sont justement là pour expliquer l’action gouvernementale, en la replaçant dans un contexte et en respectant le principe du contradictoire, autrement dit les journalistes.

Il est vrai que si dans les journaux, à la télé, on remplaçait les articles ou les émissions par des communiqués de tel ou tel groupe social, parti politique, organisation, syndicat ou association, on supprimerait tout filtre et on pourrait atteindre directement la cible du message. Celle-ci serait alors laissée à elle-même et donc manipulable à souhait. Comme à la belle époque de la Pravda! Efficacité totale : sans contradiction, le message est effectivement plus limpide…

Cela rappelle l’idée qui avait été lancée, à droite, d’imposer à l’AFP la diffusion des communiqués des partis politiques. L’Agence France-Presse avait vigoureusement répondu que les journalistes sont là pour sélectionner l’information, et pas pour la diffuser de manière exhaustive. Il y a d’autres créneaux pour les communiqués, comme les sites internets des dits partis.

Sans compter que de manière générale, il y a une emprise déjà beaucoup trop forte de la communication sur l’information. Les frontières sont devenues floues, de nombreux étudiants en communication deviennent journalistes et inversement, les journalistes se recyclent de plus en plus dans des services de communication.

On assiste également à une explosion des budgets « com » des institutions, et à une centralisation irrésistible de l’information dans les services en question : les focntionnaires, et parfois les élus eux-mêmes ont souvent consigne de se taire. On veut éviter que des bêtises soient racontées aux journalistes, et on veut unifier la « ligne politique » pour tout contrôler. Résultat : vous n’avez bien souvent comme seul interlocuteur un gentil monsieur ou une gentille dame sans aucune légitimité, qui a pour consigne de vous endormir et de faire en sorte que votre « papier » soit favorable. Ou de décaler la réponse à un moment jugé plus opportun par l’institution. Bien sûr, si vous vous orientez dans un sens défavorable, on peut aller jusqu’à black out : on ne répond pas à votre question. Circulez, y’a rien à voir…

Tout cela ne serait pas gênant si le but était de mieux expliquer l’action. Bien souvent, il s’agit surtout de créer l’illusion de l’action, ou de focaliser l’attention sur telle action, plutôt que sur telle autre. Ce phénomène est loin d’être l’apanage de la droite. Mais dans le cas de la proposition de Thierrry Saussez, on est dans la propagande quasiment avouée…

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La revanche de Franck Louvrier

Le voilà, le réajustement promis par Nicolas Sarkozy en cas d’échec aux municipales. La défaite est là, les troupes du président ont été secouées sur le terrain électoral. La nationalisation du scrutin, à droite comme à gauche, a compliqué le travail des élus locaux, alors même que les électeurs ont du mal à se sentir concerné par les enjeux locaux et qu’à tout prendre, ils ne sont pas contre un rééquilibrage des pouvoirs au profit du PS et de ses alliés. Curieux attelage d’ailleurs, en vérité, que celui formé entre socialistes, communistes, verts, modémiens…

A l’Elysée, on doit réagir si l’ont veut éviter la déroute. Il faut tenir. Comme souvent en pareille occasion, à défaut de pouvoir changer les choses en profondeur, on va donc en modifier la perception. Bouger les lignes dans l’entourage présidentiel et dans les rapports entre l’Elysée et Matignon. Et au-delà de la nomination de Catherine Pégard à la tête d’un conseil politique de la présidence, c’est Franck Louvrier qui devient le joker du jeu du chef de l’Etat.

Un fidèle parmi les fidèles, âgé de 40 ans tout juste cette année, qui travaille aux côtés de Nicolas Sarkozy depuis 1997. Il a été chef de cabinet du maire de Neuilly de 1999 à 2002. Puis grand manitou des relations avec la presse lors de ses passages à Bercy et à la place Beauvau. Il a été aux premières loges de la montée en puissance de Sarkozy dans l’opinion.  à coups de sondages qualitatifs utilisés en permanence pour tester la popularité des propositions du futur candidat à l’Elysée. Franck Louvrier, c’est un contact personnalisé avec les journalistes, une centralisation de la parole du ministre-candidat. Bref, c’est une équipe qui gagne.

Las, aux premières heures de la bataille pour la présidence, Louvrier a été de ceux qui ont été écartés du premier cercle sous l’influence de Cécilia Sarkozy. Et en son absence, le style impulsé à l’aube de l’avènement de Nicolas Sarkozy a manifestement déplu. Les histoires d’amour qui dévissent puis reprennent, les balades médiatisées, les propositions à l’emporte-pièce, l’omnipotence, l’omniprésence, n’ont pas fait recette. Louvrier est devenu conseiller en communication, sans être le correspondant privilégié et officiel des médias.

Dans le rouge dans les baromètres d’opinion, et désormais en partie désavoué aux élections qui s’achèvent, Nicolas Sarkozy n’a pas la choix. Va-t-il abandonner les réformes? S’enfermer à double tour dans l’Elysée en plaçant Fillon en première ligne? Reprendre le jeu politique qu’il affectionne?

La mise à l’écart de David Martinon, la disparition du poste de porte-parole, donnent carte blanche à Franck Louvrier pour remonter la cote du président à tout prix. Les prises de paroles publique seront assurées par Claude Guéant, et par Jean-David Levitte en ce qui concerne l’international. Les points-presse hebdomadaires sont supprimés et remplacés par un contact plus personnalisé, discret et contrôlable : M. Louvrier.

Aucun dérapage possible, communication plus douce, plus simple, plus directe : on veut renouer avec les recettes qui ont fait le succès de Nicolas Sarkozy au temps de sa popularité ministérielle!

Franck Louvrier réintègre le premier cercle, et prend sa revanche. Mais l’homme qui a brandi Doc Gyneco et Johnny Halliday comme des trophées, des arguments de vente, l’homme qui a incité le chef de l’Etat à mettre en avant son image, sa famille, Cécilia, cet homme-là peut-il changer la donne?

Le plus probable reste plutôt que le président, dix mois après son élection, la mette en sourdine et se protège afin de ne pas empêcher les réformes. Louvrier sera là pour faire passer ce message en boucle. On continue en la jouant modeste. Les ministres retrouveront-ils une marge de manoeuvre? Et sur quelles réformes? Après ces élections perdues, le rapport Attali et le travail effectué par la commission sur les institutions, risquent fort de passer à la trappe. Et il ne serait pas étonnant que certains fassent tout de même les frais de l’esprit du moment… Henri Guaino, Christine Lagarde? Qui d’autre?

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