Archives de Tag: cannabis

Paris vaut bien un petit joint

Après le « Paris vaut bien une messe » d’Henri IV, le « Paris vaut bien un petit joint » de Martine Aubry. La maire de Lille et candidate à la primaire PS fait tout pour combler son retard sur son rival François Hollande, qui fait la course en tête dans les sondages. Au passage, on peut bien se contredire totalement, et prôner des mesures aussi démagogiques que la dépénalisation du cannabis et la sortie du nucléaire. Quand bien même on a dit le contraire quelques mois plus tôt. Lire la suite

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Cannabis : hypocrisie, vraiment?

Les partisans de la prohibition du cannabis ne seraient rien que des hypocrites, répètent en boucle les soutiens de sa légalisation. Avec ce produit, dont des esprits imprudents voudraient accélérer la dépénalisation, on est en plein dedans : oui, la pénalisation favorise les trafics, par définition, oui, peut-être, elle incite certains esprits faibles, que l’interdit excite, à la consommation. Oui, l’alcool et les tabacs font des ravages. Oui, d’un point de vue sanitaire, l’interdiction empêche de contrôler la qualité des produits. Et oui, économiquement, la prohibition empêche l’État de profiter des gains des trafics. Et c’est tant mieux! Lire la suite

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Fliquer son enfant

Un léger sentiment de malaise me parcourt l’échine lorsque je lis ici ou là que des kits de dépistage du cannabis sont désormais disponibles pour les parents qui souhaitent vérifier si leur enfant consomme plus ou moins régulièrement de ce produit. Un parent n’est pas un flic, rogntudju!

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Le cannabis doit-il être légalisé au mépris de la santé publique?

Malgré les études qui s’enchaînent, les unes après les autres, pour démontrer la nocivité du cannabis et les risques d’une consommation excessive, ils sont encore nombreux à prôner la légalisation de cette soi-disant « drogue douce ». Au mépris de la santé publique, qui devrait pourtant présider à ce genre de réflexion.

Les uns, tels Malakine, évoquent l’intérêt économique de la légalisation. Outre ses propos extravagants – Malakine parle des peines « délirantes » (SIC) risquées par les consommateurs et évoque le chiffre de « quatre millions de Français risquant la prison », ce qui témoigne d’un flagrant déni de réalité – l’intérêt de cet article, et son caractère emblématique, réside dans le fait que pour son auteur, il faut mettre de côté l’argument de la santé publique pour se concentrer uniquement sur l’angle juridique et économique : « L’OFDT (observatoire français des drogues et toxycomanies) évalue le chiffre d’affaires généré par la consommation de cannabis entre 750 et 900 millions d’Euros. Aujourd’hui, cet argent alimente l’économie souterraine avec les conséquences que l’on sait, notamment dans les banlieues. C’est une perte de ressources fiscales pour l’Etat en même temps qu’un encouragement pour les jeunes à faire carrière dans la délinquance. » Et puis, si on légalise, on gagne des emplois de tenanciers de coffee-shops, ose Malakine…

Si l’on suit bien le raisonnement global, il faudrait autoriser les gens à conduire sans ceinture. Et si l’on s’en tient à ce seul argument, on pourrait tout aussi bien dépénaliser, voire légaliser, l’usage de la cocaïne, de l’héroïne, de l’ecstasy, du LSD…

Mais Malakine poursuit, imperturbable, en évoquant la distorsion entre la sévérité de la pénalisation et la banalisation du cannabis : « Des jeunes qui se font interpeller parce qu’ils fument un joint ou qui se font condamner parce que la police a trouvé quelques grammes de shit sur eux (ça arrive) ne peuvent que développer une haine de la police, de la justice, de la loi, et finalement de la République ! La loi serait beaucoup mieux acceptée et respectée si elle ne visait que les comportements particuliers réellement à risque, telle la conduite sous « ivresse cannabique » ou l’incitation à la consommation. »

La loi n’est pas respectée? Abrogeons-la! A vrai dire, on a du mal à avoir de la peine pour quelqu’un qui viole la loi et conçoit, une fois la sanction reçue, une « haine de la République ». Quand on brûle un feu rouge, on ne peut se plaindre de perdre des points. D’autant que contrairement à ce qu’on laisse croire, les simples consommateurs (tant qu’aucun trafic n’est démontré) ne risquent absolument rien – sauf rares exceptions? – de la police ni de la Justice, qui a vraiment autre chose à faire que sanctionner la fumette. Combattre les trafics, à la manière de la lutte contre le proxénétisme et non contre la prostitution, n’est-il pas plus efficace, à défaut d’être cohérent?

Le deuxième grand argument pour la dépénalisation du cannabis, quant à lui, est moins intéressant mais beaucoup plus fréquemment utilisé : une telle mesure permettrait de favoriser la prévention. Première nouvelle? Dominique Voynet elle-même, dans une interview publiée cet été par Libé, tient des propos qui laissent rêveur : « Si le cannabis était considéré comme une drogue légale, au même titre que l’alcool ou le tabac, on pourrait avertir plus clairement sur les dangers, les problèmes respiratoires par exemple, ou dire : «Attention, si vous êtes fragiles psychologiquement, vous êtes plus exposés à des troubles en fumant un joint.»  »

Il est regrettable que les messages de ce type ne soient pas suffisamment relayés, notamment par des campagnes massives de prévention. Mais d’une part, il faut vivre dans le fond d’une grotte pour ignorer les dangers du cannabis. Et d’autre part, il faudrait m’expliquer en quoi une dépénalisation permettrait en tant que telle une plus grande prévention.

Début août, deux études ont été publiées, qui ont incité à la fois Libération (cf. l’appel du 18 joint), le quotidien britannique The Independent et son confrère médical The Lancet à retourner leur veste sur le cannabis. C’est-à-dire, à enfin admettre les risques encourus par une consommation régulière de cannabis. La première a été justement publiée, le 26 juillet, par The Lancet, et conclut à une aggravation par le cannabis des risques de troubles psychotiques. La seconde, menée en Nouvelle-Zélande et publiée par la revue Thorax, affirme que «fumer un seul joint de cannabis a les mêmes effets sur les poumons que fumer 2,5 à 5 cigarettes d’un coup». Bigre.

Dans ces conditions, comment peut-on oser réclamer une dépénalisation? Comment peut-on demander à l’Etat de fermer les yeux sur les dégâts causés par cette drogue? Un joint de temps à autre ne doit pas faire de mal, c’est entendu. Non plus qu’une ivresse épisodique. Mais la consommation excessive, elle, est dangereuse. Ceux qui fument toute la journée sont réduits, et c’est bien malheureux, à l’état de larves sans volonté et sans espoir d’avenir. L’Etat ne prendrait-il pas une part de responsabilité dans ces dommages en autorisant les citoyens à s’auto-détruire?

La législation actuelle, aussi schyzophrénique qu’elle soit en prévoyant pour la simple consommation des peines de prison jamais requises, a donc une application qui semble équilibrée : on punit sévèrement le gros trafic, on traque par-ci par-là les petits dealers, et on laisse tranquille le consommateur, puisqu’on sait qu’on ne peut courir deux lièvres à la fois. Ce qui n’empêche pas les légitimes critiques sur les carences de l’Etat en matière de politique publique de prévention.

NDLC : le sondage mis en ligne depuis la mi-août n’est certes absolument pas représentatif mais a fourni les résultats suivants : sur les 43 personnes ayant répondu, 27,9% (12 personnes) estiment qu’on doit « maintenir la législation en l’état, car elle laisse les consommateurs tranquilles tout en punissant les gros dealers », 16,27% (7 personnes) qu’il faut « la rendre plus répressive encore », 16,27% (7 personnes) qu’elle « n’accorde pas de place suffisante à la prévention », 25,58% (11 personnes) qu’il faudrait « dépénaliser pour contrôler la qualité de la marchandise », et 13,95% (6 personnes) qu’il faut « légaliser pour avoir un coffee en bas de chez soi ».

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