Archives de Tag: Belgique

Un bistrot qui a du chien!

On n’arrête pas le progrès, décidément. Au pays de Milou, dans un parc de la banlieue de Bruxelles, un bar éphémère ouvert aux chiens a ouvert ses portes la semaine dernière. C’est Stéphane Lamart et ses amis qui vont jubiler : dans cet espace, nos amis canins peuvent se promener sans laisse, déguster des terrines bios et même une bière spécialement brassée pour eux! Elle est pas belle la vie? Lire la suite

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Profanations et immunité

REUTERS/Eric Vidal

On a d’un côté une police et une justice belge, qui ne voient pas où est le problème quand elles perquisitionnent à l’archevêché de Malines-Bruxelles, retiennent des dizaines d’évêques pendant toute une journée, profanent des tombes d’évêques, qualifient l’Eglise « d’organisation criminelle », et détruisent le travail d’une commission interne au diocèse, chargée de recueillir des témoignages de victimes des affaires de pédophilie :

Ce faisant, les policiers et le juge d’instruction ont fait la preuve à la fois d’une profonde bêtise et d’une sourde hostilité à l’encontre de l’Eglise. Quelle image ces enquêteurs ont-ils donc de l’Eglise pour imaginer qu’elle puisse elle-même violer les sépultures de cardinaux décédés pour y cacher d’éventuels documents compromettants ? Si ces documents existaient, pourquoi donc les conserver et non les détruire ? Et pensent-ils une seconde que l’Eglise aurait choisi d’ouvrir des tombes, d’écarter le corps décomposé qui s’y trouve, et de cacher les documents, plutôt que de les détruire comme des gens civilisés, en les brûlant voire en utilisant un broyeur ? C’est que non, chez ces gens-là, monsieur, on planque ces secrets dans les cercueils. Qui donc leur dira qu’ »emporter ses secrets dans la tombe » n’est pas une expression à prendre au pied de la lettre ? Et que tout ce que l’on voit à la télé – ou qu’on lit dans un roman – n’est pas vrai ?

On peut s’en amuser, l’initiative frôlant le burlesque, pour autant que l’on n’attache pas de prix au respect de nos morts. Mais il reste à la fois préoccupant de constater l’animosité évidente dont sont capables de faire preuve à la fois la police et la justice d’un pays occidental, et douloureux de constater la volonté d’humilier l’Eglise qui les a animés. Ces violations de sépulture, ignobles en elles-mêmes, inutilement vexatoires, sont hautement significatives. Pour qui aurait réfléchi deux minutes, leur inutilité était évidente. Comment ne pas percevoir une forme de jubilation à jeter à la face de l’Eglise que rien de ce qui peut lui paraître de plus sacré n’est hors d’atteinte ? On ouvrira même les tombes de vos pères…

C’est à lire chez Koz.

Et de l’autre, on a une Cour suprême américaine qui considère que la responsabilité juridique du Vatican pourra être engagée dans des affaires de pédophilie, et un avocat américain qui mène un combat non seulement pour les victimes d’actes de pédophilie, mais aussi dans le but de détruire l’Eglise :

Hier, aux Etats-Unis, la Cour suprême a ouvert la porte à la prétention du cabinet d’avocats Anderson qui veut prendre des millions de dollars au Vatican, considérant l’Etat pontifical, non comme un Etat (immunisé contre les poursuites judiciaires), mais comme « l’employeur » des prêtres pédophiles.

Anderson ne cache pas son objectif : ruiner l’Eglise romaine et la faire ainsi disparaître. C’est une question de conviction et de conscience, précise l’avocat, qui se réclame d’un néoprotestantisme hostile à la Prostituée de Babylone. Au passage, il y trouverait le moyen de devenir encore plus multimilliardaire. (Il l’est déjà, grâce aux affaires de pédophilie).

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Avoir la foi, c’est être intégriste

La presse belge est en émoi depuis quelques jours, après la nomination par Benoît XVI du nouvel évêque de Bruxelles, en remplacement de Mgr Godfried Danneels, atteint par la limite d’âge : Mgr André-Mutien Léonard, décrit par la plupart des médias belges comme un affreux intégriste. Or qu’est-ce qu’on lui reproche? Simplement, d’être catholique! Lire la suite

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Belgique : vers l’euthanasie des enfants et des vieillards « déments »

S’il fallait un exemple des risques que l’on prend en mettant le doigt dans l’engrenage de l’euthanasie : le voilà. En Belgique, on réfléchit à étendre le champ de l’euthanasie – jusqu’ici réservée aux adultes consentants – aux enfants et personnes âgées démentes.

Il y a encore peu de sources sur cette proposition alors que la Belgique est en proie à la polémique après la prise de position critique de Mgr Danneels, le chef de l’Eglise catholique belge, vis-à-vis de l’euthanasie et de sa médiatisation après la mort de l’écrivain Hugo Claus.

Ce que l’on sait pour le moment, c’est que le SP.A, le parti socialiste flamand, qui prône depuis des années l’accès à l’euthanasie pour les mineurs et les déments, a été rejoint par le parti libéral flamand (Open VId), qui est membre de la majorité en place, et veut lui aussi étendre la loi de 2002 aux mineurs et aux personnes âgées démentes. Le SP.A avait formulé une proposition similaire en avril dernier. Au sujet des enfants, la proposition ne précisait pas d’âge de départ pour pouvoir euthanasier un mineur. On y évoquait tout juste la notion de « mineur capable de discernement », qui comme le constate le journal wallon, est une « notion floue, vague » , La Libre Beglique précise enfin que « pour les enfants qui seraient considérés non capables de discernement, la décision appartiendrait aux parents, lesquels devraient alors s’engager par écrit ».

Le parti libéral, qui soutient le gouvernement fédéral, n’a pas l’accord du premier ministre Yves Leterme, qui est chrétien-démocrate. Les partis wallons semblaient eux-aussi réservés sur cette question. Mais l’Open VId compter former une majorité sur ce texte avec le SP.A, en essayant de convaincre quelques parlementaires du parti de M. Leterme.

Comment pourions-nous ne pas être concerné par cette nouvelle? Comment ne pas voir que le danger est là? On croit agir par humanité en se déclarant favorable au libre choix de chacun. On l’est peut-être. Mais désacraliser la vie, quoi qu’on en pense, ne peut que mener à ce genre de dérives. Pourquoi pas, après tout. S’il n’y a plus de limites, pourquoi pas les enfants? Pourquoi pas les déments, dont chacun sait que leur consentement est éclairé et fiable! Pourquoi pas les handicapés? Les autistes? Bref, tous ceux qui nous paraissent indignes parce qu’ils sont « anormaux ». Au fait, cela ne vous rappelle rien?

Les deux arguments principaux de l’ADMD sont la dignité du patient et sa volonté érigée en norme suprême. La notion de dignité peut nous conduire très loin. La volonté, elle, semble étrangement absente de ce projet flamand. La Belgique, pourtant, n’est-elle pas l’un des exemples brandis fréquemment par l’association présidée par Jean-Luc Roméro? Au détour d’un chat, Claude Hury, secrétaire générale adjointe de l’organisation, expliquait que « pour l’instant, notre association ne prend en compte que des personnes majeures et saines mentalement ». Pour l’instant.

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La Belgique est-elle vraiment condamnée à mort?

Difficile d’avoir un avis éclairé sur les crises de foi qui frappent de plus en plus régulièrement la Belgique. A chaque fois, on pronostique sa chute, la scission entre Wallonie et Flandres, et la fin de ce royaume dont l’identité semble bancale. Ce pays « né d’un accident de l’histoire », comme se plaît à le répéter Yves Leterme, président de la région flamande jusqu’aux dernières législatives, qu’il a remportées. Et à chaque fois, celle-ci est reportée…

Malheureusement, depuis cette victoire, les négociations en vue de la formation d’un gouvernement patinent. Les alliés wallons potentiels d’Yves Leterme, dont il a besoin pour disposer d’une majorité à la tête de la fédération, refusent que soient inscrits dans le programme gouvernemental de nouvelles décentralisations vers les régions. Leterme ne sera donc pas premier ministre pour le moment, devant la désapprobation qu’il suscite chez les francophones. Jeudi dernier, il a jeté l’éponge…

Et paf, nouvelle crise. Et nouvelles interrogations quant à l’avenir de la Belgique. La séparation redoutée, virtuellement concrétisée dans un documentaire-fiction diffusé en décembre dernier par la RTBF, semble se préciser. Cette fois, est-ce la « bonne », si l’on peut dire? Ce qui étonne, c’est qu’un récent sondage du quotidien La Dernière Heure a montré que 70% des belges croyaient à un « avenir à long terme » de leur pays. Chez les Flamands, ils seraient près de 40%, au contraire, à souhaiter l’indépendance de leur région.

Au final, quelle est donc la réalité ? La scission est-elle inéluctable? Peut-elle découler du blocage institutionnel actuel, et malgré l’opinion contraire d’une majorité de Belges? L’amie Rose Noire pourrait peut-être nous éclairer. Son point de vue est original : bien qu’étant francophone, elle ne voue pas pour autant Leterme (et les libéraux flamands qui veulent se débarraser du « boulet wallon ») aux gémonies. Parce qu’elle partage les mêmes idées économiques que lui, qu’elle est d’accord avec lui pour dire que la Belgique, « c’est une création artificielle, ce sont deux populations de culture tout à fait différentes collées ensemble par un hasard de l’Histoire », et qu’elle regrette que ses compatriotes francophones ne pratiquent pas d’avantage le flamand. Bref, pour elle, « tout ce truc va se casser la figure ». Un témoignage qui montre que le « front » francophone est plus divisé qu’on ne pourrait le penser à ce sujet.

Habitant dans une zone frontalière de la Belgique, il m’arrive de passer outre-Quiévrain et pas uniquement pour acheter des cigarettes. Mon point de vue est donc nécessairement incomplet puisque je ne prétends pas avoir réalisé une étude sociologique profonde sur la question. Mais ce qui me frappe en Wallonie, c’est qu’on a le sentiment d’y voir un peuple résigné. Passif face à l’événement. Une population qui se victimise et se sent injustement traitée par les Flamands, qui ne se privent pas, en effet, de soumettre certaines communes environnant Bruxelles – en zone flamande mais majoritairement francophones – à un diktat culturel et linguistique. En Flandre, on sent une activité débordante, une envie de réussir. Mais on sent aussi un racisme latent envers les francophones en général, et les Wallons en particulier. Parlez en français à Gand, on vous répondra en flamand. Juste par principe. Observez les panneaux directionnels sur le bord des routes : Ils ne sont plus guère sous-titrés. Antwerpen, Gent, Brugge, Rijsel, ce n’est pas très compliqué à comprendre mais un geste aussi puéril montre l’état des rapports entre les communautés. Et tant pis si vous êtes citoyen français.

On peut comprendre les deux parties : les francophones ont tout intérêt à conserver leur statut actuel. Comme l’écrivait aujourd’hui, dans un chat avec les internautes, le correspondant du Monde en Belgique Jean-Pierre Stroobants, « la question des transferts financiers de la Flandre vers la Wallonie par l’entremise de l’Etat fédéral est une réalité, et la loi de financement élaborée au fil des réformes favorise indéniablement le sud de la Belgique ».
Les Flamands, eux, peuvent légitimement se sentir spoliés : « On peut y voir une réalité logique dans le cadre d’un Etat fédéral. Une partie de la Flandre y voit désormais une charge insupportable ».

Je me souviens de cette discussion très courtoise avec des Flamands s’exprimant aimablement en français. Ils m’expliquaient qu’il y a des années, la Wallonie dominait la Belgique. Que les Flamands et leur langue étaient alors méprisés. Réalité exagérée? De tels ressentiments, ressassés en permanence, font penser de loin à la haine exacerbée pendant des années entre Hutus et Tutsis. Même si l’issue ne ressemblera sans doute pas – encore heureux – à celle qu’a connue le Rwanda.

Le cas belge semble en définitive bien plus compliqué qu’une simple question de financement d’une communauté par une autre. Rose Noire me détrompera peut-être : on a l’impression qu’il s’agit d’un affrontement communautaire lié aux différences de culture, de caractère, de façon de vivre et de linguistique, et qui prend pour prétexte l’argument financier. Qui est d’ailleurs étroitement lié au triptyque précédent… La Belgique mourra-t-elle vraiment un jour? Cela dépendra largement de la volonté des deux parties à dépasser ces différences. On est un peu sceptique, tout de même.

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