Archives de Tag: anticléricalisme

Faut-il une bataille culturelle pour défendre l’honneur du Christ?

C’est le sujet du moment dans la blogosphère catholique, et au-delà, alors qu’après l’affaire du Piss Christ, l’institut Civitas refait parler de lui en menant une guérilla sans merci contre la christianophobie supposée de deux pièces de théâtre, Sur le concept du visage du fils de dieu et Golgota Picnic. Si ces pièces peuvent choquer le spectateur chrétien, faut-il pour autant rentrer dans une guerre culturelle qui plongerait perpétuellement les croyants sur la défensive et dans une position victimaire qui ne leur ressemblent pas? Modestement, je ne crois pas. Ce qui, il faut insister sur ce point, ne signifie absolument pas qu’il faille se taire et ne rien faire. Lire la suite

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Eric Mettout, ou la posture de l’honnête homme

Hier, ça s’est frité sévèrement sur twitter. Les anticléricaux de service (j’ai noté Jacques Rosselin de feu-Vendredi, et Eric Mettout de lexpress.fr) s’y sont donnés à cœur joie, proches de l’hystérie, accusant Pie XII de « lâcheté » et jetant au pilori les méchants catholiques qui osaient le défendre, à nouveau surnommés « légions ». Ils ont failli me les briser menu. Finalement, la discussion n’a servi à rien. On pouvait s’y attendre. Lire la suite

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Laïcité positive?

Nicolas Sarkozy vient de réitérer, de concert avec le pape Benoît XVI actuellement en voyage pastoral en France, son souhait de voir émerger une laïcité positive.

« Dans son discours au pape, Nicolas Sarkozy a réaffirmé lui aussi le concept de « laïcité positive », qu’il avait abordé lors de son discours du Latran. Pour le président français, il est « légitime pour la démocratie et respectueux de la laïcité de dialoguer avec les religions (…). Ce serait une folie de nous en priver, tout simplement une faute contre la culture et contre la pensée ».

Nicolas Sarkozy a défini la « laïcité positive » comme offrant « à nos consciences la possibilité d’échanger, par delà les croyances et les rites, sur le sens que nous voulons donner à nos existences ». En particulier en matière de moralisation du capitalisme financier, de bioéthique et face aux progrès de la science. « La quête de spiritualité n’est pas un danger pour la démocratie, pas un danger pour la laïcité », a-t-il martelé. »

On a le sentiment, en observant ces deux conceptions que le concept de laïcité positive suppose, plus qu’un changement de législation, une révolution des esprits. Pour qu’on cesse de considérer les religions avec méfiance, alors que comme Benoît XVI l’a rappelé dans l’avion qui l’emmenait en France, « la foi n’est pas politique et la politique n’est pas une religion » : Ce sont « deux sphères qui doivent être ouvertes l’une pour l’autre (…). Il est évident que la laïcité n’est pas en contradiction avec la foi. »

C’est une attitude, un état d’esprit, une façon ouverte et détendue de voir la vie. Respecter les croyances et accepter le rôle social des religions, c’est aussi valider le principe de la liberté de penser de chaque homme/femme. Une application de cette tolérance chère à notre beau pays. Les religions n’apportent-elles rien? Et le catholicisme n’a-t-il pas apporté beaucoup dans l’histoire de la France et du monde?

La laïcité positive, au fond, c’est tout le contraire de cet anticléricalisme protestant ou typiquement de gauche. Sans parler de Jean-Luc Mélenchon et de son traditionnel coup de gueule à contre-courant. Ni de la mauvais foi délirante de Henri Tincq, dans Le Monde. Hashtable fait un bon résumé de l’attitude des médias dans cette affaire.

Dans le texte de cette pétition, par exemple, on prône un refus de la laïcité positive, une vigilance de tous les instants, et on définit ainsi la laïcité espérée : « une laïcité qui distingue bien la sphère de la puissance publique de la société civile et de la sphère privée. Cette séparation tient sagement à distance le politique du religieux, dans l’intérêt des deux. »

Une définition proche de celle qui a été proposée par le pape… Sauf que le texte précise tout de même sa pensée profonde vis à vis du Vatican : « Un Etat théocrate et patriarcal », qui « use essentiellement de son siège d’observateur permanent à l’ONU pour faire reculer tout programme en faveur de la planification familiale, des droits des femmes, de la lutte contre le sida, ou des minorités sexuelles. Souvent aux côtés des pires dictatures de l’Organisation de la Conférence islamique. »

Et puis : « Benoît XVI est un pape ultraconservateur et liberticide. Sa vision du catholicisme, promue à travers des mouvements comme l’Opus Dei ou la Légion du Christ, est dogmatique, étroite, antiféministe, inégalitaire, hostile à un véritable œcuménisme et à l’esprit moderniste de Vatican II »

On veut séparer les sphères, mais tout en désignant l’une d’entre elles comme étant intégriste. Curieuse manière d’envisager le dialogue. Au fond, avec tous ces contre-exemples, on comprend mieux ce que ne doit pas être la laïcité dans notre pays, non?

Lire aussi le point de vue de Sebastien de CaRéagit!

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Laïcité ou anticléricalisme?

A lire le dossier consacré aujourd’hui par Libération à la défense de la laïcité, on se demande où sont les vieux, les conservateurs, les inquiets. Je n’ai pas dit les intégristes, même si j’ai failli. Ou plutôt si, on le sait puisqu’ils y sont énumérés. Pardi! Ils sont à la CGT, au Grand Orient de France, à la Libre Pensée, à la FSU, à la Ligue des droits de l’homme, tous signataires « institutionnels » de ce fameux « appel laïque » qui a recueilli pas moins de 100 000 signatures depuis les discours de Sarkozy au Latran puis à Riyad. Franchement, qui aurait pensé que la Libre Pensée, adepte de la pendaison systématique de tous les croyants, allait réagir autrement aux propositions de Nicolas Sarkozy? Libé soutient l’appel, Laurent Joffrin, pas tellement si l’on en croit son édito mou et peu convaincu. Au fond, Sarkozy a réveillé les vieux réactionnaires endormis!

Plus ça va, plus je pense qu’il y a du fantasme anticlérical dans tout cela. Car laïque, d’après la définition – à mon avis bonne – donné par Wikipédia, désigne « un partisan ou un militant de la laïcité, c’est-à-dire de l’indépendance de la société civile à l’égard des institutions religieuses, et du domaine religieux de façon générale ». Mais dites-moi, Sarkozy a-t-il appelé à confondre sphère politique et sphère religieuse? A-t-il décidé de mettre en avant ses convictions (imaginer que notre président a des convictions religieuses est d’ailleurs ubuesque) lorsqu’il décide en tant que chef d’Etat?

La réponse est non. Les pétitionnaires n’entendent que ce qu’ils veulent entendre. Ils oublient par exemple ceci, que le président a déclaré avec force à Riyad : « en tant que chef d’un Etat qui repose sur le principe de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, je n’ai pas à exprimer ma préférence pour une croyance plutôt que pour une autre. Je dois les respecter toutes, je dois garantir que chacun puisse librement croire ou ne pas croire, que chacun puisse pratiquer son culte dans la dignité. Je respecte ceux qui croient au Ciel autant que ceux qui n’y croient pas. J’ai le devoir de faire en sorte que chacun, qu’il soit juif, catholique, protestant, musulman, athée, franc-maçon ou rationaliste, se sente heureux de vivre en France, se sente libre, se sente respecté dans ses convictions, dans ses valeurs, dans ses origines. «  Alors, en danger, la laïcité?

Pas vraiment. Au demeurant, nos amis « laïques » tiquent essentiellement sur cette prétendue supériorité que Sarkozy aurait donnée au curé sur l’instituteur. Ce qui relève du révisionnisme coupable. Le président a constaté la réalité, à savoir que jamais, au grand jamais l’instituteur ne pourra remplacer le curé dans la définition du bien et du mal. Pourquoi? Tout simplement parce que ce n’est pas son rôle! L’Etat est la pour instruire, pas pour éduquer. Le bien et le mal, ce n’est pas son job. Il existe sans doute une morale laïque, une morale athée, mais ce n’est pas à l’instituteur de la définir : sinon, ce serait justement là une atteinte à la laïcité.

Deuxième chose qui chagrine nos bien-pensants : le fait que Sarkozy ait déclaré que le pays avait besoin de croyants. Alors qu’il n’a pas dit ça! Seulement que la France avait besoin de croyants pleinement croyants! Que les idéologies, contrairement aux religions ne permettent pas de « trouver un sens à l’existence » et ne « répondent pas aux questions fondamentales de l’être humain sur le sens de la vie et sur le mystère de la mort ». Où est le faux là dedans? Que sont ces phrases, à part des évidences, formulées à un président à des chrétiens? La pensée de Sarkozy, c’est qu’il n’y a pas de contradiction entre vouloir un Etat neutre et impartial et considérer le fait spirituel avec bienveillance, en se disant qu’à la limite, on a tout à gagner à avoir beaucoup de citoyens qui professent l’amour des autres. J’ai bien dit qui professent. Ce qui ne veut pas dire que les athées, par exemple, sont contre l’amour. Les athées ne sont pas exclus. Au fond, c’est ça qui chagrine l’appel laïque, c’est cette bienveillance? L’indifférence est-elle une meilleure solution?

Il y a un truc de bien, dans le dossier de Libé, c’est l’analyse selon laquelle le retour du religieux suscite un retour de l’antichristianisme. «Je sens monter dans la société des bouffées d’antichristianisme beaucoup plus fortes qu’il y a quelques années et je vois naître vis-à-vis de la religion un phénomène de curiosité bienveillante tout à fait nouveau. Les deux phénomènes coexistent. De ce point de vue, la situation française est très originale», y analyse Jean-Pierre Denis, directeur de rédaction de l’hebdomadaire chrétien La Vie. Cela paraît sensé.

Ce qui me gêne, c’est que bon nombre de gens avec qui on discute de ces questions ne sont pas crédibles car dans le fond, on voit bien qu’ils considèrent la religion avec méfiance. Comme un vague truc qui sclérose la pensée. Comme un instrument de manipulation des masses. Pour ceux-là, au fond, la laïcité est une bonne excuse pour lutter contre la religion. Dès qu’il est plus ou moins question de Dieu, cela bute sur le mur qu’ils ont installé dans leur cerveau. Alors si Dieu arrive dans le débat public, ça chauffe!

Quant à cette histoire de félicitations envoyées par la présidence à quatre diacres du Bon Pasteur nouvellement ordonnés, cela frise le ridicule. Dans le papier de Libé, Jacky Durand (que je croyais coureur cycliste) ne sait même pas faire la différence entre traditionnalistes et intégristes. Franchement, quand on ne comprend rien à rien, pourquoi on ne se tait pas?

EDIT : Authueil relève que tout le débat provient d’un hiatus sur la définition du mot laïcité. J’adhère à celle qu’il propose : la laïcité, c’est « la neutralité de l’espace public qui ne doit prendre parti pour personne, qui ne doit donner à aucune religion, ni à aucune idéologie la possibilité d’imposer à la collectivité ses propres schémas de pensée. Chacun doit pouvoir croire ce qu’il veut, ou ne pas croire, sans que cela ait la moindre conséquence, ni positive, ni négative. »

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