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Manifeste contre le suicide assisté et pause sur le blog

Alors que ce blog va entrer en sommeil pendant quelques semaines en raison d’une indisponibilité à l’alimenter, je signale à votre attention le manifeste publié par le collectif Plus belle digne la vie, qui a pour objet de rappeler que « tout dispositif législatif visant à reconnaître un droit à une injection létale et/ou à un suicide assisté constituerait un contresens grave faisant courir des risques aux plus vulnérables et aux plus démunis d’entre nous ». Ce manifeste est publié alors que va être examiné au Sénat le 25 janvier prochain une proposition de loi visant à instaurer une aide active à mourir, qui n’est autre qu’une reconnaissance du droit au suicide assisté. La commission des affaires sociales du Sénat a d’ailleurs voté cette proposition de loi aujourd’hui. Chacun de vous peut signer ce manifeste. Lire la suite

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Jean Leonetti rend un rapport défavorable à l’exception d’euthanasie

Le rapport de la mission conduite par Jean Lenoetti préconise donc (merci Oscar) de ne pas modifier la loi Leonetti d’avril 2005 sur la fin de vie. Il est urgent d’attendre. Il n’y aura pas d’exception d’euthanasie, comme il n’y aura pas de légalisation de l’assistance au suicide. Il y a donc aussi des bonnes nouvelles, parfois!

Cette étude avait été commandée par François Fillon afin de réfléchir sereinement sur cette question suite aux revendications nées des polémiques autour de la mort de Chantal Sébire, au mois de mars dernier, orchestrées comme on s’en souvient, en coulisses, par l’ADMD.

La mission menée par le député UMP s’est heurtée à l’impossibilité d’introduire une exception à la législation actuelle, car selon Jean Leonetti, le comité qui serait chargé de trancher les litiges n’aurait « pas de légitimité à se placer au-dessus des lois ». Dans un entretien au Figaro, qu’il faut lire pour prendre en compte la compexité du problème, il précise très justement qu’il a adopté cette position « parce que [la dépénalisaiton et l’assistance au suicide] posent plus de problèmes hu­mains et juridiques qu’elles n’en résolvent ». Certes.

Selon lui, les situations peuvent se règler d’elles-mêmes : pour les personnes en fin de vie, la loi d’avril 2005 « résout l’immense majorité des problèmes rencontrés ». Il propose néanmoins la nomination d’un médécin référent en soins palliatifs pour jouer un rôle de médiateur des cas difficiles. Et d’un observatoire de la fin de vie, afin de déterminer quels sont les manques et démontrer que « nous avons besoin de moyens, de changer nos modes de pensées et de fonctionnement vis-à-vis des plus fragiles et des plus vulnérables ». Pour ceux qui ne sont pas en fin de vie, en revanche, « nous avons constaté que la loi française n’interdit pas formellement cette démarche mais évite, en interdisant la manipulation des personnes vulnérables et la provocation au suicide, les dérives que la Suisse constate et tente en vain de juguler ».

Une position qui semble équilibrée : on rejette une nouvelle fois l’acharnement thérapeutique, en arguant qu’en médecine, « la technique performante doit s’accompagner d’une dimension humaine équivalente », mais on refuse aussi d’introduire une brèche reconnaissant aux yeux de tous que certaines vies valent moins que d’autres. Et on s’engage à mettre le paquet sur les soins palliatifs, pour marcher sur les pas de la Grande-Bretagne, plutôt que d’empreinter la voie choisie par la Suisse, la Belgique ou les Pays-Bas, où les dérives constatées nous montrent l’écueil à éviter. Au passage, on propose également d’introduire des congés-fin de vie pour les proches des personnes en fin de vie.

D’aucuns crieront à l’hypocrisie, mais la politique, c’est cela. C’est prendre des décicisions, et en assumer les conséquences, plutôt que de céder à la panique et à la dictature du sentiment. C’est défendre l’intérêt général, plutôt que celui de quelques-uns. C’est raisonner en toute indépendance, plutôt que d’écouter les groupes de pression de la « culture de mort ».

La mission refuse également  contrairement à ce qu’il avait dit au mois de mars, la dépénalisation des homicides par compassion, jugeant que les juges ou le parquet ont la possibilité de tenir compte de cette circonstance particulière. Seul bémol : on propose aussi d’en finir avec les agonies douloureuses, en autorisant la « sédation terminale » pour les patients dont on a arrêté le traitement et qui sont inconscients. N’est-ce pas la limite entre aide active et passive? Tout dépend, au final, si le but recherché est de soigner, quitte à ce que la conséquence indirecte de l’injection soit la mort, ou si le but recherché est la mort. La nuance semble ténue, mais elle est de taille!

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Jour des Morts : la provocation de l’ADMD

La dernière lubie de l’ADMD, l’association pour le droit à mourir dans la dignité – qu’on pourrait rebaptiser l’association pour le droit au laisser mourir ou au suicide assisté? Faire du 2 novembre, jour où traditionnellement, on célèbre nos morts,  une journée mondiale pour la légalisation de l’euthanasie. Stupéfiant!

Comme l’alliance pour les droits de la vie (ADV) le fait remarquer, on peut parler de cette démarche non seulement comme une provocation – l’association en est habituée, elle qui ne fonctionne que par la stratégie du coup médiatique – mais de façon plus forte, comme d’une quasi-profanation. Quand on en est arrivé à ce niveau, c’est peut-être qu’on n’a plus d’arguments : s’il faut être dans le trash pour faire parler de soi et véhiculer son message, c’est très triste.

Le 2 novembre, dans la tradition catholique, et donc fatalement, nationale, c’est une date où on se recueille, où on essaie tant bien que mal d’honorer ses morts, et Dieu sait si pour beaucoup de gens, il s’agit d’une journée difficile à vivre. Comme dit l’ADV, ce n’est sûrement pas le bon moment pour introduire la « revendication » et le « ressentiment ». Voire la polémique. Surtout sur un sujet aussi délicat, sur lequel on a du mal à discuter sereinement, et qui nécessite une réflexion qui sorte un peu du manichéisme auquel nous a habitués l’association présidée par Jean-Luc Romero.

A l’instar de Jean Leonetti, dont la mission approche de son terme (ce qui peut expliquer la colère de l’ADMD), je pense que « le « prendre soin » est la véritable attitude de modernité ». Et que l’urgence, aujourd’hui, est de développer les soins palliatifs. Il s’agit d’une solution d’espoir, contrairement à l’euthanasie, qui est un aveu d’échec consistant à dire ou penser que la mort est la seule solution face à la souffrance. A-t-on, franchement, tout tenté à ce niveau? J’en doute.

Jean Leonetti effectue d’ailleurs une séparation nette (contrairement à l’ADMD qui introduit volontairement la confusion entre les deux notions) entre les malades en fin de vie, qui n’ont plus d’espoir et dont les jours sont comptés, et les malades incurables dont la mort n’est pas d’actualité. Dans la première hypothèse, dit-il, la fameuse loi du 22 avril 2005 « répond à quasiment toutes les situations ». Dans la seconde, « la personne peut se suicider, c’est un « droit liberté », mais pas un « droit créance » vis-à-vis de la société. En d’autres termes, la société n’a pas à assumer ce geste pour elle ».

Dominique Quinio, éditorialiste à La Croix, résume très bien au final l’alternative qui s’offre à nous, et qu’il ne faut pas perdre de vue dans ce débat : « Veut-on une société individualiste où chacun disposerait d’un droit à tout maîtriser de la vie, de la naissance à la mort et où le devoir de la collectivité serait de leur permettre d’exercer cette succession de droits ? Ou bien veut-on une société solidaire où la communauté humaine se donne pour mission d’accompagner, de soutenir, de soigner les plus faibles, avec le souci de leur dignité et de leur bien-être, sans croire, ou surtout sans leur laisser croire, que la seule solution serait la mort ? »

Lire aussi Koz.

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Suicide assisté : débattre jusqu’à y être tous favorables!

Il est des affaires qui reviennent à intervalles de temps régulier, comme pour entretenir un débat jusqu’à temps qu’il mène à la conclusion souhaitée. C’est le cas de celle du suicide de Rémy Salvat, ce jeune homme de 24 ans, atteint d’une maladie orpheline dégénérative, qui a vainement demandé au président de la République le droit de mourir assisté.

Pendant que certains, toujours les mêmes, manient l’émotion et revendiquent des droits, Koz met le doigt sur un élément qui paraît essentiel : le fait qu’une fois encore, on réclame à corps et à cri un « débat public ». Comme si on l’empêchait de se tenir.

« Nous avons tous entendu sa mère réclamer un débat public, pour qu’”enfin un débat se tienne en France“. Il ne me semblait pas, à en juger par mon propre blog, que le débat soit occulté. Mais, à chaque occasion, on réclame un nouveau débat, façon de considérer que la réponse apportée aujourd’hui n’est toujours pas légitime. A ce débat, l’euthanasie est ainsi vue comme la seule réponse légitime. Toute autre réponse est rejetée. »

Qu’écrit Rémy Salvat dans sa lettre au président? « Moi, Rémy Salvat, je vous demande de laisser de côté votre avis personnel et d’arrêter d’être sourd. » Etre contre le fait de commettre un acte positif conduisant à la mort d’une personne, c’est être sourd. C’est n’avoir rien compris au film. C’est être du mauvais côté de l’humanité.

Ce n’est pas un hasard si les médias s’emparent de l’affaire. Une avocate a été désignée, et a reçu pour mission d’alerter la presse, la télé, les radios. Et en cette période de vache maigre estivale, celles-ci se jettent dessus sans nuance. Avec comme d’habitude, ces mêmes journalistes en empathie totale avec leur sujet. Ces mêmes journalistes unanimes pour prendre parti, pour se ranger résolument dans le camp du soi-disant « progrès ». Une belle bande de moutons de Panurge, en vérité!

Que titre le Figaro, par exemple? « Un nouveau drame relance le débat sur l’euthanasie ». Mais en quoi, on se le demande, le débat est-il relancé? En quoi a-t-on apporté des éléments nouveaux nous permettant de nous déterminer, dans un sens ou dans un autre? Je vois plutôt une manière d’enfoncer le clou de l’émotion. Allez, un nouvel exemple, vous voyez bien, ma petite dame, que ce pays est réactionnaire et maltraite ses malades. L’accroche de cet article est déjà élogieuse : « Son suicide a été mûrement réfléchi ». Le journaliste en est-il sûr, a-t-il constaté les faits, les a-t-il recoupés, a-t-il assisté à cette réflexion mûre et de longue date?

Et on parle de débat? La légitime émotion causée par ce genre de situation inextricable rend inaudible toute tentative d’essayer de prendre de la distance et de réfléchir sereinement. La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, peut bien dire que la loi sur la fin de vie est équilibrée mais trop méconnue, que l’Etat va investir 230 millions d’euros supplémentaires pour doubler le nombre d’unités de soins palliatifs d’ici à 2012, cette information n’est pas celle choisie pour l’accroche des papiers.

Une opinion publique, ça se construit pas à pas, ça se travaille au corps, ça se relance, ça se bichonne, ça se bouscule. Et en la matière, les partisans du suicide assisté, qui se cachent derrière le droit à l’euthanasie, marquent des points à tous les coups. A nous de ne pas tomber dans le panneau!

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Dérives euthanasiques (2) : l’étouffement dans un sac plastique

Alors que passé l’épisode tibétain, les médias recommencent leur matraquage pro-euthanasie, voici une nouvelle preuve des dérives possibles dans le monde merveilleux des Etats modernes, progressistes, révolutionnaires et avant-gardistes qui offrent enfin l’accès à une mort digne.

Après la proposition de loi déposée en Belgique, proposant d’étendre, comme aux Pays-Bas, l’euthanasie aux vieillards déments et aux mineurs âgés de plus de sept ans, c’est au tour de la Suisse de faire parler d’elle. Merci à un brillant commentateur pour l’info, que j’avais laissée passer. Il est vrai que nos médias se sont gardé d’en faire leur une.

La macabre association Dignitas, celle dont le métier est d’assister les candidats au suicide (et donc de les tuer sans crainte de poursuites), propose désormais un étouffement à l’aide d’un sac rempli d’hélium. Relançant ainsi le débat sur ce thème en Suisse, où l’initiative n’a pas été du goût de tout le monde.

Voici ce qu’en dit le quotidien Le Temps :  » Ces pratiques sont filmées pour attester d’un acte libre effectué par le patient et les images sont transmises à la police. Quatre décès ont été enregistrés de cette manière depuis la mi-février, a rapporté hier le procureur djoint de Zurich Jürg Vollenweider. Contrairement au natrium pentobarbital (NAP) utilisé jusqu’ici, l’hélium ne doit pas être prescrit par un médecin. «Le patient met lui-même un sac en plastique sur sa tête et étouffe», explique encore Jürg Vollenweider. «Pendant plusieurs minutes le corps des mourants continue de bouger. C’est difficile.»  »

Alors que la polémique enfle en Suisse, l’association est montrée du doigt au sujet de ses méthodes. « Elle s’est vu interdire de pratiquer successivement dans deux appartements zurichois, dans des locaux industriels, dans un hôtel et dans la villa de son fondateur. L’association avait fini par aider à mourir deux Allemands dans des véhicules à l’orée d’une forêt », écrit Le Temps. Selon rue89, le président de l’ordre des médecins zurichois, Urs Stoffel, estime que cette méthode est digne de « celles du troisième Reich ».

Du coup, des voix s’élèvent pour demander au gouvernement fédéral de légiférer sur cette question. Celui-ci s’y était refusé à l’automne dernier, pour ne pas donner l’impression d’inciter à un quelconque « tourisme de la mort ».

Voilà qui devrait nous faire réfléchir, puisqu’en France nous avons encore le luxe de débattre de ces questions. Au fond, qu’est-ce qui est choquant, la méthode utilisée ou le fait de tuer? L’acte, ou son moyen? Une chose est sûre : on voit mal comment l’adjectif digne peut être accolé à une mort de ce genre. Et dire, encore une fois, que ce pays et cette association font partie des exemples à suivre, à écouter l’ADMD!

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Belgique : vers l’euthanasie des enfants et des vieillards « déments »

S’il fallait un exemple des risques que l’on prend en mettant le doigt dans l’engrenage de l’euthanasie : le voilà. En Belgique, on réfléchit à étendre le champ de l’euthanasie – jusqu’ici réservée aux adultes consentants – aux enfants et personnes âgées démentes.

Il y a encore peu de sources sur cette proposition alors que la Belgique est en proie à la polémique après la prise de position critique de Mgr Danneels, le chef de l’Eglise catholique belge, vis-à-vis de l’euthanasie et de sa médiatisation après la mort de l’écrivain Hugo Claus.

Ce que l’on sait pour le moment, c’est que le SP.A, le parti socialiste flamand, qui prône depuis des années l’accès à l’euthanasie pour les mineurs et les déments, a été rejoint par le parti libéral flamand (Open VId), qui est membre de la majorité en place, et veut lui aussi étendre la loi de 2002 aux mineurs et aux personnes âgées démentes. Le SP.A avait formulé une proposition similaire en avril dernier. Au sujet des enfants, la proposition ne précisait pas d’âge de départ pour pouvoir euthanasier un mineur. On y évoquait tout juste la notion de « mineur capable de discernement », qui comme le constate le journal wallon, est une « notion floue, vague » , La Libre Beglique précise enfin que « pour les enfants qui seraient considérés non capables de discernement, la décision appartiendrait aux parents, lesquels devraient alors s’engager par écrit ».

Le parti libéral, qui soutient le gouvernement fédéral, n’a pas l’accord du premier ministre Yves Leterme, qui est chrétien-démocrate. Les partis wallons semblaient eux-aussi réservés sur cette question. Mais l’Open VId compter former une majorité sur ce texte avec le SP.A, en essayant de convaincre quelques parlementaires du parti de M. Leterme.

Comment pourions-nous ne pas être concerné par cette nouvelle? Comment ne pas voir que le danger est là? On croit agir par humanité en se déclarant favorable au libre choix de chacun. On l’est peut-être. Mais désacraliser la vie, quoi qu’on en pense, ne peut que mener à ce genre de dérives. Pourquoi pas, après tout. S’il n’y a plus de limites, pourquoi pas les enfants? Pourquoi pas les déments, dont chacun sait que leur consentement est éclairé et fiable! Pourquoi pas les handicapés? Les autistes? Bref, tous ceux qui nous paraissent indignes parce qu’ils sont « anormaux ». Au fait, cela ne vous rappelle rien?

Les deux arguments principaux de l’ADMD sont la dignité du patient et sa volonté érigée en norme suprême. La notion de dignité peut nous conduire très loin. La volonté, elle, semble étrangement absente de ce projet flamand. La Belgique, pourtant, n’est-elle pas l’un des exemples brandis fréquemment par l’association présidée par Jean-Luc Roméro? Au détour d’un chat, Claude Hury, secrétaire générale adjointe de l’organisation, expliquait que « pour l’instant, notre association ne prend en compte que des personnes majeures et saines mentalement ». Pour l’instant.

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