Les jours fériés à la carte, encore un individualisme

Une association – celle des directeurs de ressources humaines – dont personne n’avait entendu parler jusqu’à la semaine dernière, vient de frapper fort en proposant la « neutralisation » de trois jours fériés « chrétiens », afin de pouvoir permettre à toutes les autres religions, et les autres non-religions, de pouvoir choisir d’autres  dates chômées. Vrai fausse bonne idée ou fausse vraie bonne idée? Ou encore : fausse vraie mauvaise idée, ou… Bref , de toutes façons, ici, on ne vise pas à l’objectivité : donc pour nous (un « nous » de majesté, comme il se doit), bien sûr que les DRH se trompent.

Précisons d’emblée que l’ADRH ne propose pas que cela : elle parle aussi, entre autres, d’encourager l’engagement syndical dans les entreprises, point assez surprenant qui aurait peut-être mérité que les médias le reprennent. Mais bien sûr, c’est la proposition la plus polémique (et qui a le moins de chances de succès) que l’on retient : neutraliser trois jours fériés chrétiens.

Pourquoi cela? L’association motive cette idée, qui ne surgit pas de nulle part : elle évoque l’augmentation des demandes d’absence pour raisons religieuses, venant de confessions autre que la religion dominante en France ; la montée d’un sentiment de discrimination lorsque cette demande est refusée ; le sentiment d’inégalité de ceux qui n’ont pas de religion.

Évacuons vite ce dernier point : l’athée, ou le non-pratiquant, personne ne lui en veut quand il pose une RTT pour partir en week-end, on pour aller en rendez-vous chez le dentiste. Et comme en principe, dans notre beau pays épris de Lumières, l’athée est quelqu’un de tolérant, d’ouvert et de compréhensif, il doit bien évidemment ne pas en vouloir au juif ou au musulman, de poser un jour de congé, quand c’est l’Aïd-el-Fitr, l’Aïd-el-Kébir ou encore Kippour. Question de respect. Car aux yeux de ces croyants, ces fêtes sont une raison éminemment plus importante qu’un rendez-vous de kiné ou un week-end au Touquet…

Une fois cette réserve posée, que dit l’ADRH? Elle propose, « dans le cadre de la neutralité et de l’accroissement de la compétitivité au sein d’une organisation de travail » (en gros : pour ne déplaire à personne et pour que PUNAISE, les employés se mettent au travail plutôt que de courir les églises, synagogues et mosquées), de transformer trois jours fériés d’origine chrétienne en jour fériés à la carte, que pourraient utiliser les employés comme ils le souhaitent. Pour aller prier, pêcher, ou faire les soldes.

L’association préconise de passer par des accords de branche. Elle parle de conserver le Lundi de Pâques, Noël et la Toussaint, qui ont « une forte dimension sociétale » (comprendre : utiles à tous, et pas aux seuls catholiques). Et supprimer le Lundi de Pentecôte, le 15 août et le Jeudi de l’Ascension. Notons que jamais on n’imaginerait supprimer le 11 novembre, qui au passage, n’a plus aucune dimension sociétale, mais passons. Ce n’est pas le sujet.

Cette propostion est à rapprocher de celle qu’avait émise Eva Joly pendant la campagne présidentielle. A l’époque, la candidate écolo avait essuyé d’importantes critiques, en suggérant de permettre aux autres confessions de substituer un jour férié actuel à  un jour férié de leur choix : Noël orthodoxe, Kippour, Aïd…

Deux représentants des grandes religions que sont le judaïsme et l’islam s’étaient alors montrés sceptiques : Richard Prasquier, président du Crif, d’abord : « notre pays a un calendrier catholique, qui est le fruit de l’histoire, la communauté juive s’est adaptée. Au travail, les gens s’arrangent, ils préviennent leur employeur à l’avance. Cela ne pose pas de problème en général. »

Et l’islam, ensuite, par la voix de Dalil Boubakeur : « Au regard de notre laïcité, nous ne pensons pas que cette recommandation puisse trouver une traduction dans le cadre législatif français ». Une position plus mesurée que celle de son camarade du Crif, et semblant davantage s’appuyer sur le fait existant que sur une réelle conviction. Mais qu’importe : Dalil Boubakeur n’a pas appuyé cette proposition.

Cette fois encore, le Conseil français du culte musulman a boudé cette proposition, demandant « une meilleure utilisation du dispositif actuel qui donne aux fonctionnaires et aux salariés l’autorisation de s’absenter lors des jours de fêtes religieuses non fériées ».

Faut-il vraiment justifier un refus par le principe de laïcité? Peut-être. Mais le plus important, me semble-t-il, c’est la défense de la cohésion sociale et nationale. C’était un des arguments avancés par ceux qui refusent que le travail dominical soit autorisé de manière large : si chacun pose ses repos hebdomadaires comme il veut, c’est la mort de la vie en société.

Ici, c’est la même chose. Peut-être que le lundi de Pentecôte, le 15 août, et l’Ascension n’ont aucun sens pour la majorité de nos concitoyens. Mais ils se retrouvent dans le même bouchon conduisant à l’Ile de Ré, ce jour-là. Ils sèchent tous le bureau. Peuvent tous se retrouver au Café des bons copains ou au Bal du quartier. Ou tous faire la grasse matinée dans leur coin.

De la même manière que le 1er mai, tout le monde est en repos, même ceux qui détestent les syndicats. Et on n’autoriserait pas les royalistes à poser le 21 janvier, jour de l’exécution de Louis XVI, comme jour de substitution au 14 juillet!

Au fond, je ne veux même pas défendre ces jours fériés catholiques. Je me doute qu’un jour on les supprimera, et à vrai dire, je ne suis pas loin de penser qu’il peut sembler injuste que les musulmans et les juifs soient contraints de poser un jour de congé pour aller assister à leurs offices religieux. Même si de mon côté, il m’arrive de travailler le dimanche, et que ça ne m’empêche pas d’aller à la messe. Cette année, j’ai même travaillé le jour de Pâques, qui est pourtant la fête la plus importante des chrétiens. Je n’avais pas le choix. Je me suis arrangé pour malgré tout aller à l’église à un moment de la journée, en accord et en bonne intelligence avec mes chefs.

N’est-ce pas le prix à payer de la vie en collectivité?

La situation présente n’est-t-elle pas le fruit d’un héritage que la collectivité tout entière devrait assumer, au lieu de se perdre dans des souhaits particuliers et individuels?

On n’arrête pas de regretter le repli sur soi, la solitude, on déplore souvent le manque de générosité, l’absence de communauté soudée, le chacun pour soi.

Tâchons donc de savoir raison garder, et de savoir distinguer, parmi les évolutions législatives ou les demandes d’évolutions législatives, celles qui sont un petit grain de sable qui s’ajoute au désert de l’individualisme.

En conclusion, un petit mot envers nos amis les DRH : continuez d’être compréhensifs. Soyez souples. Un croyant insatisfait ne pourra pas être un bon employé…

13 Commentaires

Classé dans Chafouinage

13 réponses à “Les jours fériés à la carte, encore un individualisme

  1. Claribelle

    Une remarque préliminaire d’abord:
    – On a déjà essayé de supprimer le Lundi de Pentecôte et on en est revenu vu le b… que ça a généré !

    Ensuite, il semble évident que des congés « à la carte » impliqueraient qu’aucun de ces trois-là ne soit plus férié mais seulement « posable » par tout un chacun
    – sauf bien sûr par les profs ainsi que nos chères « têtes blondes » qui travailleront désormais ces trois jours-là (sauf le 15 août, en pleines vacances d’été) et les empêcheront donc de pratiquer leur religion tant catholique que juive ou musulmane puisque les jours correspondants ne sont pas actuellement fériés (sauf absence non justifiée ce qui se pratique déjà parfois) [même si ça peut arranger Peillon en recherche de 2 jours pour compenser l’allongement des vacances de Toussaint];
    – et que du coup les salariés d’entreprises qui travaillaient ces jours-là seront payés normalement et non pas majorés pour cause de jour férié travaillé;
    – sans compter les organisateurs des festivals, ferias et autres réjouissances nécessitant 3 jours qui remonteront au créneau en criant à l’assassinat de la culture ou des traditions…

    Donc cette idée, soit-disant pour établir une égalité entre fidèles des différentes religions, est source d’autres inégalités:
    – vis-à-vis des profs (et autres animateurs périscolaires) empêchés de prendre leurs trois jours de fête religieuse,
    – vis-à-vis des élèves empêchés aussi de participer à ces mêmes fêtes,
    – vis-à-vis des salariés qui profitaient des primes quand ils travaillaient un jour férié,
    – et accessoirement vis-à-vis des familles qui profitaient d’un week-end prolongé pour se rendre visite à l’autre bout de la France.

    Heureusement, pour faire capoter cette idée idiote, on pourra compter:
    – sur le lobby du tourisme qui perdrait une clientèle adepte des week-end prolongés ou des festivals, férias et autres réjouissances culturelles ou folkoriques,
    – sur les syndicats de l’Education Nationale qui souligneront la discrimination dont les professeurs feront l’objet,
    – sur les associations de parents d’élèves pour la même raison vis-à-vis des élèves,
    – et sur les Français en général pour toutes les raisons citées précédemment.

  2. Perso je n’ai jamais compris ce que le lundi de Pentecôte pourvait avoir de religieux, mais bon…

    De façon générale, on a tant de jours de congé en France qu’il n’est pas bien difficile d’en poser pour assister aux fêtes religieuses de son choix (sauf peut-être dans certains métiers à fortes contraintes). De plus, comme vous le soulignez avec votre exemple pascal, il n’est pas indispensable de chômer toute la journée pour respecter une célébration religieuse.

    Il paraît que c’est la rigueur qui est à l’ordre du jour: je proposerais donc la suppression pure et simple des trois jours en question, plus le 8 mai (plutôt que le 11 novembre) pour faire bon poids. Avec un peu de chance, cela nous donnerait un peu de croissance supplémentaire, à condition, naturellement, de ne pas coupler cette mesure avec un impôt mal ficelé, comme l’avait fait l’inepte gouvernement Raffarin en son temps. Cela arrangerait notre ridicule mois de mai où la France est pratiquement hors circuit alors que le reste du monde bosse. En ce qui concerne l’école, cette mesure aiderait aussi à retrouver des rythmes mieux équilibrés – encore un point sur lequel nous sommes dramatiquement à la traîne derrière nos voisins.

  3. Personnellement, je n’ai rien contre la suppression de ces jours fériés. Et quand je lis que vous utilisez comme argument qu’il ne faut pas les supprimer car ce serait comme supprimer le repos dominical, je considère cela comme un non-argument.

    Qu’on le veuille ou non, c’est le calendrier scolaire qui rythme la vie sociale en France. Qu’on autorise ou pas le travail le dimanche, toutes les personnes ayant des enfants scolarisés continueront à travailler du lundi au vendredi, comme leurs enfants (ne me parlez pas de l’école le samedi matin). C’est une question de bon sens, et économique aussi, pour éviter les frais de garde des-dits enfants.

    Concernant ces jours fériés, qu’ils soient utilisables suivant les convictions de chacun, ou fériés des jours précis dans l’entreprise ne change pas grand chose. Le problème se pose pour l’école. L’Aïd et Kippour ne pourront pas etre fériés officiellement dans les calendriers scolaires tant que l’Éducation restera nationale et que l’État restera laïc. Ainsi, il continuera d’avoir des absents en classe ces jours là.

    Au niveau de l’entreprise, c’est pas plus mal que certains soient absents le lundi de Paques, d’autres pour l’Aïd, et d’autres pour Kippour. Cela assure une rotation des absences et la continuité du service.

  4. Dang

    Il ne fait aucun doute à mes yeux que ces DRH en veulent à la religion catholique. Tout ce qui peut l’affaiblir est bon à prendre pour certains. Alors si on pousse la logique jusqu’au bout faudra-t-il accepter que des musulmans soient sytématiquement absents le vendredi et des juifs le samedi (là où on travaille le samedi)? Comme le dit le président du CRIF notre calendrier est le fruit d’une histoire, il faudrait s’y faire une bonne fois pour toutes. A lépoque où on pouvait encore passer des vacances en Syrie je me souviens être entré un vendredi dans un quatier chrétien et avoir eu la surprise de voir les gens endimanchés sortir de la messe. Un pope m’avait alors expliqué que dans ce pays majoritairement musulman les chrétiens s’étaient depuis longtemps adaptés et la grand-messe avait lieu le vendredi, jour de congé hebdomadaire pour tous.

  5. @Claribelle

    Vous avez bien noté tous les emm….ents qui pourraient résulter d’une telle réforme.

    On est vraiment dans l’idée théorique, reprise par tous les médias, et qui n’a aucune chance d’être appliquée.

    Mais tout de même…

    @Gwynfrid

    Tout comm ele lundi de Pâques! Je pense que ce sont des jours qui historiquement étaient fériés car la fête de Pâques ou de la Pentecôte se poursuivait le lundi (ou parle même d’octave de Pâques : en réalité, la fête dure huit jours, ou sept, je ne sais plus) Ensuite, c’est devenu probablement un prétexte pour se remettre des bombances… Et c’est resté. ça arrange tout le monde de partir trois jours plutôt que deux.

    Sur le fond de votre raisonnement je serais plutôt d’accord. Il faudrait accepter une réduction du nombre de jours fériés. Le 15 août, je ne suis pas sûr que cela soit utile : l’activité économique est au ralenti à cette époque de l’année. En revanche, ceux de mai, oui. Cela dit, je pense que le 8 mai a aujourd’hui plus de sens que le 11 novembre.

    @Karizoc

    Je fais un parallèle avec le travail dominicale, je ne compare pas réellement. Mon raisonnement est de dire que si on multiplie les possibilités de congés à la carte, on rompt tout lien social. Or le lien social, la vie en commun, sont déjà très affaiblis. Raison de plus pour ne pas en rajouter.

    Quant à votre couplet sur les gens qui travaillent du lundi au vendredi, il me fait rire. Le problème, c’est justement ceux qui pourraient être contraints de bosser le dimanche, et donc ne verraient pas leurs enfants. Il n’y a pas que les étudiants qui travaillent le dimanche! Or à généraliser cela, on détruit là encore le lien social. On isole les individus. On voit le résultat que ça donne.

    @Dang

    Je n’irai pas jusque là. Je pense qu’ils surfent sur un problème pratique, en ne voyant que leur intérêt à court terme, sans envisager le problème de façon globale, avec les implications qu’il a sur toute la société. D’ailleurs, ils partent du postulat – visiblement faux – selon lequel il y a une demande des différentes confessions. C’est peut-être juste une posture destinée à masquer leur propre absence de souplesse.

  6. René de Sévérac

    « Cette année, j’ai même travaillé le jour de Pâques »
    C’est ça, le génie du Christianisme ! S’adapter à un monde qui ne lui est pas favorable. Ou même qui lui est hostile.
    Cela me rappelle une histoire perso.
    Ma mère désireuse d’aller en pèlerinage à Lourdes, nous laissa mon frère jumeau et moi à une voisine pour un long week-end incluant le vendredi.
    – « Que doit-on faire, s’il y a de la viande ce jour ?
    – « Ne craignez rien, cette règle est définie pour ceux qui mangent à leur faim. Par contre si de la viande vous est proposée (ce qui m’étonnerait), acceptez par souci de ne pas désobliger votre hôte mais restez modérés ! »
    Ce souvenir m’est revenu lors de la réception impromptue d’une camarade musulmane qui fût un vrai problème.

  7. Ce débat me rappelle ce repas de Noël organisé par la DRH Sophie Carriériste, donnant quelques conseils afin de respecter la directive européenne 314/UE-99 sur la non-discrimination…..
    C’est ici : http://petrus.angel.over-blog.com/article-voeux-rh-43166499.html

  8. Adrien

    En Angleterre, où je viens de m’expatrier, les jours fériés tombent tous (sauf Noel) le lundi. J’ai travaillé le 1er mai, mais repos le lundi qui a suivi. Fête religieuse ou laïque, tout le monde à la même enseigne. Et tout le monde est content des week end prolongés. C’est un système dont on pourrait s’inspirer, je trouve.

  9. Je ne comprends pas très bien le système… Le 1er mai est férié mais ils décalent les jours fériés au lundi d’après? Et en quoi cela règle-t-il le problème des obligations religieuses?😉

  10. Adrien

    C’est exactement ça.
    Ça ne règles pas forcément le problème religieux, mais on ne peut plus se plaindre de discrimination (sujet sur lequel les anglais sont extrêmement sensibles), puisque même les chrétiens, dont les fêtes sont à l’origine des jours fériés, ne les ont pas le jour J.

    Par contre, un des arguments était la compétitivité. Les anglais ont moins de jours fériés (bon pour la compétitivité), mais le même nombre chaque année (rien ne tombe le week end), donc des années plus prévisibles (et sans cette semaine gâchée en mai). Globalement, je trouve ça très positif.

  11. Entre nous, le «personnne l’a, tout le monde est content», c’est quand même.navrant, non?

  12. gwynfrid

    Au Canada, on utilise aussi le lundi pour la plupart des jours fériés. Mais seule une minorité sont religieux à la base, et justement, deux sur les trois sont les exceptions : le Vendredi Saint est… un vendredi, et personne ne conteste la date de Noël (il y a aussi Thanksgiving qui est toujours un lundi). Ce système est très commode car les perturbations du rythme de travail sont limitées, il n’y a pas de viaducs énormes comme en France en mai. Sur le plan de la discrimination, ça n’a pas beaucoup d’importance puisque la majorité des jours fériés sont non-religieux.

    Après, bien entendu, vu la diversité des religions observées dans le pays, il y a une liste impressionnante de jours saints (http://www.thecouncil.on.ca/download/11773). Les employeurs sont tenus de trouver des solutions dans la mesure où cela ne crée pas de problème insurmontable pour eux. L’ajustement des jours de congé est considéré comme généralement surmontable, donc on trouve des arrangements sans devoir en appeler à une grande loi à la française – j’entends par là, une règle nationale, pareille pour tout le monde et qui ne fait que des mécontents.

  13. Dang

    @Adrien : lorsque j’habitais en Angleterre (certes c’était dans une autre vie, avant la guerre de 14 ! ) le vendredi saint était une fête particulièrement observée. Les pubs n’ouvraient pas, le courrier n’était pas distribué, les musées étaient fermés,il n’y avait pas de compétitions sportives, la radio ne diffusait que de la musique classique et la télévision des émissions sérieuses (pas forcément religieuses mais sérieuses).

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