Qu’est-ce qui retient la droite de lâcher Sarkozy?

C’est l’argument qu’on entend en boucle à droite : Nicolas Sarkozy serait le mieux placé pour mener la droite à la victoire en 2012. On entend ce mot étrange depuis des mois, et malgré les défaites qui s’accumulent, malgré les affaires qui s’amoncellent, ce leitmotiv ne semble pas remis en question. Mais si Sarkozy perd, que restera-t-il de la droite?

Il fut un temps où tout ce que touchait Nicolas Sarkozy se transformait en or. Ce temps, on peut l’évaluer à la période 2002-2008. Pendant toute cette ère politique, Sarkozy a écrasé ses rivaux de sa supériorité. Il avait toujours un temps d’avance, il avait les meilleures communicants, il présentait un visage jeune (à défaut d’être neuf) et un discours neuf (à défaut d’être jeune). Et surtout, il tranchait sur l’immobilisme et le calme tranquille de Jacques Chirac. Immobilisme et calme tranquille que beaucoup regrettent, aujourd’hui…

A cette époque, donc, Sarkozy a enchaîné les victoires, d’abord en interne avec la prise de l’UMP en novembre 2004. Les régionales de 2004 et le référendum européen de 2005, il avait pris soin de ne pas s’en occuper. Surtout, il a triomphé en 2007, et a profité de l’état de grâce pendant une année, se permettant même de déstabiliser le PS et de déclarer qu’en France, quand il y a une grève, personne ne le remarque…

Hélas pour lui, cette époque est révolue depuis longtemps. Les temps ont changé, avec la crise de 2008 et une croissance qui n’en peut plus d’être en berne. Mais pas seulement : les Français semblent non seulement déçus de l’action d’un homme en qui ils avaient mis tous leurs espoirs (ah, l’homme providentiel…), mais aussi et peut-être surtout lassés de son style beauf et agité qui fait désordre à l’Élysée. Le changement de style affiché ne faisant guère illusion.

Depuis cette époque, quelles victoires peuvent être brandies par Nicolas Sarkozy? La chute de Kadhafi? Sans doute. Maigre satisfaction, d’autant que cette victoire demande à être questionnée sur le long terme. On verra si nos « gentils » du CNT sont vraiment ce qu’on a dit d’eux.

A part ça? Électoralement, en tout cas, c’est la bérézina : hormis les européennes de 2009, la droite n’a enregistré que des déroutes, aux municipales (auxquelles étaient accolées des cantonales et des sénatoriales) de 2008, aux régionales de 2010, aux cantonales de 2011, et donc dimanche dernier, aux sénatoriales, où la droite a réalisé l’exploit de perdre le Sénat, qu’elle contrôlait depuis Mathusalem.

A cette déconfiture électorale, on peut ajouter les « affaires » qui s’amoncellent autour de Sarkozy. Après l’affaire Bettencourt, c’est l’affaire Karachi, qui semble beaucoup plus sérieuse et ennuyeuse pour le président en exercice, qui ne pourra pas longtemps nous faire croire qu’il n’a joué qu’un rôle mineur dans la campagne de Balladur, lui qui était un de ses bras droits en 1994-1995. Si les révélations continuent ainsi à pleuvoir, Sarkozy sera inévitablement affaibli. Et ce ne sont pas les contrefeux des mallettes africaines qui vont réussir à détourner l’attention des médias.

Question : qu’est-ce qui retient les troupes de la droite de lâcher Sarkozy, qui ne semble devoir que les mener à leur perte, et à la perte du pays? Qu’est-ce qui les retient, eux qui n’osent même plus afficher le logo UMP sur leurs affiches électorales? Qu’est-ce qui les retient, eux qui vont de victoire en victoire, comme le rappelle Koz, mais seulement lorsqu’ils affichent l’étiquette divers droite?

Comment espérer gagner, quand on ne se repose que sur le socle dur de la droite classique, libérale et sécuritaire, et qu’on est encerclé par le FN et les candidats centristes? On a pu longtemps penser que Sarkozy étant une bête électorale, il pourrait très bien, malgré le divorce qui semble consommé entre lui et les électeurs, rebondir et on ne sait jamais, sur un malentendu, l’emporter en misant sur la désunion de la gauche.

Mais si la primaire socialiste laissera forcément des traces, il serait un peu naïf de mettre de côté ce ras-le-bol qui gronde. Les gens en ont tout simplement marre de choses très simples, qui vont des factures qu’ils doivent payer, à l’inquiétude qu’ils ont pour leurs économies, en passant par la désapprobation morale de la politique de Sarkozy, au sujet des Roms par exemple, et jusqu’à l’insécurité qui a progressé.

On entend quand même des voix discordantes à droite, que ce soit celle de Jean-Pierre Raffarin, de Bruno Lemaire, ou celles du trio Borloo-Jégo-Paillé. Pourquoi les autres manquent-ils à ce point de courage, pour forcer Sarkozy à ne pas se représenter? Vous verrez que lorsque le président aura perdu, tous les Copé, Fillon, Baroin and co se démarqueront illico du sortant.

Et ce sera l’explosion de la droite.

Remarquez, c’est peut-être ce qu’il y a de mieux à espérer, désormais. Mais avec Aubry ou Hollande au pouvoir, le prix sera lourd à payer.

39 Commentaires

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39 réponses à “Qu’est-ce qui retient la droite de lâcher Sarkozy?

  1. Quelques idées de ce qui les retient :

    – Personne ne s’est avancé pour le remplacer;
    – Celui qui s’avancerait serait flingué;
    – Se démarquer aujourd’hui, c’est être accusé d’affaiblir son camp;
    – Il est loin d’être dit que Sarko perde les présidentielles. Ce jour-là, ceux qui lui auront mis des bâtons dans les roues sont morts.

    Bien sûr, on peut choisir de passer outre ces risques mais cela signifie se passer de l’appui d’un parti.

  2. Henry le Barde

    Et puis… tu le suggères toi-même à la fin : beaucoup de ceux que tu cites ne misent pas tant sur 2012 que sur 2017… En ce sens, peu leur chaut le résultat de mai prochain, le but étant de ne surtout pas apparaître comme celui qui aura fait perdre son camp (cf. Chirac en 1981 qui a du patienter 14 ans, beaucoup d’électeurs de droite ne lui pardonnant sans doute pas ses trahisons !)

  3. Posée comme ça, la question n’appelle pas aux réponses subtiles. Il faudrait déjà que la droite en général soit d’accord avec ton « qui ne semble devoir que les mener à leur perte, et à la perte du pays ». Peut-être est-ce justement parce qu’ils sont de droite qu’ils sont moins tranchés sur cette affirmation.

    Borloo va se présenter, et ici-même, n’est accusé que de chercher à monnayer de nouveaux postes. Si Sarkozy ne se présente pas, il y a-t-il vraiment un candidat de droite qui te plairait ? Ou qui ait une meilleure chance de gagner ?

  4. René de Sévérac

    « Pourquoi (…) manquent-ils à ce point de courage, (…) ? »
    Mon sentiment est qu’il y a excès de courage.
    A droite (quatre candidats potentiels) comme à gauche (six candidats à la primaire PS) sans parler des autres.
    Est-ce vraiment courage ou inconscience ?
    Il faut un homme (H/F) providentiel pour conduire notre pays hors des fausses solutions auxquelles Droite et Gauche font semblant de croire.
    Et sur les détails desquelles ils vont se chamailler afin de donner l’illusion au peuple qui a besoin d’y croire !
    Evidemment, vous pensez que je fais un contre-sens. Et c’est vrai.

  5. @Henry et Koz

    Il va de soi qu’il s’agissait d’une question rhétorique dont on imagine bien la réponse. Je note que si un type comme JC Fromantin avait effectué le même calcul à Neuilly, un imbécile y aurait été élu maire.

    On voit donc bien que seuls les petits calculs personnels entrent en ligne de compte, là où l’intérêt général devrait présider à l’action politique.

    ça paraît bête et naïf, ce que je raconte. Mais ça fait partie des raisons qui me poussent à continuer à ne pas voter pour la droite de gouvernement, au seul prétexte qu’elle malmène moins que la gauche mes convictions dans certains domaines.

    Elle la heurte aussi dans beaucoup d’autres : exclusion, individualisme, stigmatisation des plus faibles.

    Je pense donc que 1- la politique de Sarkozy est néfaste pour la France et 2- quand bien même elle serait bonne, il a de bonnes chances de faire perdre son camp.

    Autan de raisons pour souhaiter qu’il laisse la place à un autre. Là où je voterais volontiers pour Fillon face à un Hollande, je voterais blanc à coup sûr à un duel Hollande-Sarkozy ou Aubry-Sarkozy. J’imagine qu’il y a plein de gens qui partagent cette aversion pour Sarkozy sans pour autant vouloir voter à gauche… Koz, n’est-ce pas ce que tu avais toi-même dit après les dernières cantonales?

    @Xerbias

    Quand les candidats eux-mêmes rechignent à se dire UMP, est-ce par manque de courage ou parce qu’ils ne partagent pas l’évolution de l’UMP? Vaste débat… Je crois quand même qu’un certain nombre de membres de la droite regrettent que la droite populaire ait un tel poids, au détriment de la droite « humaniste » et « sociale ».

    Et pour te répondre, je pense qu’un Fillon ou un Juppé ont plus de chances d’être un bon candidat et de l’emporter. Je suis un peu plus sceptique sur leurs capacités à rassembler.

    Il y a clairement un trou générationnel à droite, c’est un problème : là où à gauche, il y a quand mêmùe une tripotée de gens crédibles dans la génération Hollande-Aubry, à droite, il n’y en a pas beaucoup… ce qui profite clairement à Sarkozy.

    @René de Séverac

    Des candidats comme Dupont-Aignan ou Boutin ne piqueront pas beaucoup de voix, mais l’un comme l’autre appeleront à voter Sarkozy au deuxième tour… Pour Borloo, c’est un peu différent. Et Villepin, je n’y crois guère.

  6. @chafouin
    La différence, c’est que JC Fromantin n’avait rien à perdre, lui. Contrairement à tous ces professionnels de la politique qui n’ont plus rien en dehors de leur parti…
    Au fond, tiens, peut-être le problème de la France est-il là. Comment les politiques penseraient-ils à autre chose qu’eux-mêmes si la politique est leur unique possibilité de gagne-pain ?
    Et si on limitait aussi les mandats de députés, sénateurs, conseillers généraux, etc. ? Et si on limitait le nombre de mandats, tous mandats confondus, que peut exercer chaque citoyen ?
    Le problème, c’est que je vois mal les intéressés mettre une telle réforme en oeuvre…

  7. « Quand les candidats eux-mêmes rechignent à se dire UMP, est-ce par manque de courage ou parce qu’ils ne partagent pas l’évolution de l’UMP? »

    Je crois qu’il y a une différence sensible entre l’UMP et le PS sur ce genre de point : être socialiste est une fin en soi, alors que les gens de droite n’ont, je crois, aucune satisfaction particulière à cet état. La valeur du logo UMP n’aura donc que la valeur qu’ils voudront bien lui donner. Pour répondre à ta question, j’ai connu des gens qui, bien qu’investis par l’UMP (mais n’en n’étant pas forcément adhérents), ne le disaient pas explicitement. Leur raisonnement : il y a des gens fous furieux contre tout ce qui est en contact avec l’UMP, comme si c’était l’antéchrist, et ils n’ont pas envie de se les coltiner pour des élections purement locales. C’est probablement ce que tu appelles « manque de courage ».

    Sinon Juppé à fait une croix sur ses aspirations présidentielles, et si Fillon se présentait, tout le monde dirait qu’il doit assumer la politique de Sarkozy, comme on le dit pour Borloo. Cette différence de popularité entre Sarkozy et Fillon est d’ailleurs assez intéressante, et tend à me faire penser que c’est moins une politique qu’une personnalité qui est impopulaire.

  8. Non seulement la question se pose. Mais il est fort à parier qu’un changement de cheval foutrait tout ou partie de l’argumentaire du PS par terre. Pour les raisons, tu les connais, au fond ! Koz les décrit gentiment mais imagine toi faire le mariolo en étant le premier a lacher Sarko, qu’il se maintient, et qu’il repasse… Tu es mort. D’autant que le bonhomme n’est pas connu pour sa tendresse politicienne…

    Ça va se jouer dans les couloirs cette affaire. J’ai lu, pas plus tard qu’aujourd’hui, que Juppé avez lancé quelques petites piques, histoire de tâter le terrain de sa popularité…

    Je crois que Juppé serait le bon cheval. Je veux dire, le bon produit marketing. Parfait pour la cible de la mémère catho, du couple de papi mami tradi…

  9. Chafouin,

    Ce qu’il y a de « sauvable » dans ce quinquennat, seul Sarko est vraiment légitime à se l’approprier et à le revendiquer. Ca marchera ou pas, mais, par son tempérament et par sa position de sortant, il conserve, seul, cet avantage.
    En revanche si la gauche passe en 2012, en 2017, le temps aura passé et il me semble que d’autres personnalités de droite pourront alors, avec efficience, rappeler ce qu’il y a pu avoir de positif sous Sarko.
    Mais actuellement, c’est injouable.

    Ou alors, il faudrait un tout autre projet de politique de droite. Mais là, je ne vois absolument personne.
    Ce que je vois ce sont des gens qui, s’ils étaient élus, feraient peu ou prou la même chose quant au fond, mais qui effectivement, sur la forme, seraient moins clivants et un peu plus élégants.
    Mais bon, dans la situation qui est la notre, s’attacher à la forme, c’est reculer pour mieux sauter, enfin, tomber plutôt.

  10. Pingback: Nicolas le jardinier ? Des fleurs, pas des français. « les échos de la gauchosphère

  11. Qu’est-ce qui pourra être revendiqué par Sarkozy? J’aurais 2 éléments:
    * d’avoir donné qqes marges de manœuvre aux universités
    * d’avoir un peu réformé les retraites de façon pas trop nocive

    Je m’étonne aussi de voir qu’on considère toujours Sarkozy comme un libéral. Or il n’a rien fait dans ce secteur, économiquement, il n’a pas vraiment en libéral agi dans ce domaine (ah la commission Attali), sur le reste, on a surtout vu un super flic essayer de faire condamner tout ce qui ne traversait pas sur les clous.

    S’il est paraît mal barré pour 2012, c’est aussi qu’il s’est aliéné une partie de l’électorat classique de droite modérée qui n’a que modérément goûté les trucs genre hadopi, déclarations sur les Roms ou l’agitation permanente sur les thèmes sécuritaires. Et sans parler des grands moments de n’importe quoi comme la suppression de la pub sur la TV publique…

  12. Pullo

    Les européennes de 2009 étaient un succès en trompe l’oeil. Le score de l’UMP (27,88%) était très moyen comparé à la présidentielle de 2007 (31,18% pour Sarkozy) et aux législatives de la même année (39%). Ce score est devenu un succès grâce à l’effondrement du PS (passé de 28,9% à 16,5% !) au profit d’EELV (passé de 7,4% à 16,3%). Et si on additionne ensemble les listes de gauche (PS, EELV, FDG, NPA, LO), du centre (MODEM, ALE) et de droite (UMP, NC, FN, LIBERTAS, DLR), la gauche (45%) dépasse nettement la droite (40%) et le centre (13%). Présentées comme ça, les européennes de 2009 ne sont pas un succès pour la droite, pas plus que les autres élections intermédiaires…

  13. Gwynfrid

    @ Cilia: commentaire tardif de ma part, pour dire que votre remarque est très bien vue. Nicolas Sarkozy, même impopulaire, reste le plus légitime à droite. Si Fillon, Juppé, Copé ou tout autre venait essayer de perturber le jeu, il n’aurait aucune crédibiité, après avoir passé quatre ans à rivaliser de professions de loyauté indéfectible et à endosser toutes les décisions de leur patron. Certes, avec lui la défaite paraît certaine.Mais sans lui elle serait peut-être encore plus sévère, car la division viendrait s’ajouter à l’impopularité.

  14. Avec retard…

    @Henry le barde

    Tout à fait d’accord sur le non-cumul. La gauche, au moins, l’a interdit en interne. Cela paraît nécessaire de le faire au niveau législatif. Comme tu le dis, Fromantin n’avait rien à perdre. Quand on a quelque chose à perdre, on en vient justement à perdre de vue l’intérêt général.

    @Xerbias

    La personnalité a une incidence sur la politique, quand même. Il y a une brutalité chez Sarkozy, dans sa façon de piloter les réformes, de s’adresser aux gens. Et je suis convaincu qu’un Fillon seul aux commandes n’appliquerait pas la même politique que Sarkozy. le gros problème de Fillon, c’est qu’on ne le connaît pas, qu’il est très secret et que finalement, on ne sait pas vraiment ce qu’il pense…

    Quant à Juppé, je ne suis pas complètement persuadé qu’il ait renoncé à ses ambitions… Et je le crois plus crédible que tous les Lemaire, Baroin ou Koszuisko-Morizet à qui on prête des ambitions présidentielles alors qu’ils sont encore relativement neufs.

    @CaReagit

    Euh… La mémé catho et le couple tradi, suis pas sûr que ce soit suffisant pour dégager une majorité🙂

    @Cilia

    « Mais bon, dans la situation qui est la notre, s’attacher à la forme, c’est reculer pour mieux sauter, enfin, tomber plutôt. »

    Je ne suis pas du tout d’accord : la même politique, menée autrement, ne serait pas accueillie de la même façon. Et puis l’hyperprésidence a été globalement rejetée par les gens. Ceci dit, je suis d’accord avec toi sur un point : le contre-projet de droite n’est pas mûr. C’est d’ailleurs ce qu’a avoué Borloo hier soir sur TF1. Et c’est ce qui fait qu’il n’y ait pas d’alternative crédible à Sarkozy.

    @Proteos

    Et aussi, de s’être démené sur la scène internationale. Avec des résultats mitigés, mais tout de même, il ne s’est pas économisé, que ce soit au niveau du G7/G20, de la Géorgie, ou encore de la Libye.

    @Pullo

    Certes. Mais c’est la seule élection où la droite est arrivée en tête, dirons-nous… Et c’est quand même ce qui compte pour une élection de liste.

    @Gwynfrid

    Vous l’aurez compris, mon propos n’est pas naïf, je me doute bien qu’aucun n’aurait le courage de s’opposer au prince. Mais justement. Ils ont tous assumé sans moufter, et je parie que si Sarko est réélu, l’un de ces types fera campagne sur le thème de la rupture en 2017. Et c’est bien ce qui me désole : l’intérêt général, il est où là-dedans? Faut pas s’étonner, ensuite, que Marine Le Pen ait la cote…

  15. A mon avis, on n’en est plus là Chafouin.
    Nous sommes rattrapés, et ça n’ira pas en s’arrangeant, par la réalité et, pour l’essentiel par sa dimension économique.
    Les Roms, à côté, c’est insignifiant. Pour l’anecdote (encore que …), on en est même à vouloir faire passer une loi pour déchoir de leur nationalité française les Français de l’étranger, pour des questions de pognon. Alors les Roms, hein ! …

    Tu dis que le contre projet de la droite n’est pas mûr. Mais le bourgeon de la fleur n’est même pas en formation ! C’est sûr que le fruit n’est pas mûr ; bel euphémisme.

    Je ne sais pas, tout comme toi, ce qu’il y a dans la tête de Fillon. Seulement, il faut respecter la chronologie des faits.
    J’ai l’impression que tu n’en tiens pas tout à fait compte.
    Tu fais comme si nous pouvions analyser le quinquennat en cours à travers le filtre d’un autre président (ce qu’il aurait été si Sarko avait mené la droite à la victoire tout en n’étant pas le président) ; ou qu’en 2012, nous serions comme en 2007, un peu comme après un faux départ qui ramène tous les concurrents (sauf un) sur la ligne de départ de la même course, sur la même piste, sur la même distance, avec la même météo.
    Mais non !

    Pardon de faire long, mais ça me tient vraiment à cœur.

    C’est comme si une famille, un dimanche soir, tenait un conseil enflammé parce que Mémé Germaine n’a pas eu les rideaux qu’elle souhaitait pour sa chambre, alors même qu’elle les avait demandés fort courtoisement dans un français impeccable, que Roxanne, l’ado rebelle – pardon, indignée, c’est bien plus hype – pulvérisait les tympans de tout le monde parce qu’il y avait de la viande dans le frigo et que le jardinet familial n’était pas entièrement recouvert d’éoliennes et de panneaux solaires, que le petit Lucas (en cinquième) expliquait que sans le dernier ipad, ses études étaient compromises, et que les parents écoutaient patiemment tout ce petit monde en se demandant comment les choses auraient pu se passer autrement, alors qu’ils savent pertinemment qu’un huissier accompagné des forces de l’ordre viendra lundi, le lendemain matin, pour foutre toute la famille dehors, saisira la maison et tous leurs biens et que l’état de leurs finances ne leur permettront pas de se reloger.

    J’espère avoir tort, par intérêt, je ne suis pas maso.
    Mais je crois hélas, que tu peux interchanger les notions de casse toi pauv’ con, d’hyperprésidence, de Roms, d’âge de la retraite etc etc par les rideaux de Mémé Germaine et les coups de sang des gamins.
    L’important, là, tout de suite, c’est l’huissier qui débarque demain matin.
    Et Fillon dans l’histoire, il tient le rôle d’un des deux parents. Sarko tenant l’autre. Pas bien glorieux !

  16. Gwynfrid

    J’adore votre analogie, Cilia, la description est délicieusement vivante. Et je suis d’accord avec vous. La droite n’a pas droit à une seconde chance pour refaire du Sarkozy sans Sarkozy. La situation n’a rien à voir avec celle de 2007. En 2007 on s’est contenté de réorganiser la disposition des chaises sur le pont du Titanic (pour emprunter une expression américaine). En 2012, la situation est bien plus grave, on ne pourra pas faire dans le faux-semblant.

    La limite de l’analogie c’est qu’ici les enfants ont le pouvoir de mettre les parents dehors comme ils le méritent. Par qui les remplacer, tel est le problème. Il se peut que les « parents sortants » tentent de se défausser le leur responsabilité en prétendant que tout est de la faute des gosses du voisin (qu’ils soient étrangers vivant en France, Français expatriés, ou Chinois qui bossent soixante heures hebdo pour cent dollars par mois). Espérons que les enfants mûrissent vite.

  17. Gwynfrid,

    Je veux bien connaître la version en langue anglaise de l’expression qualifiant la réorganisation de la disposition des chaises sur le pont du Titanic !
    Dès que vous avez un peu de temps pour me répondre ? Merci par avance😉

    Pour ce qui est de nos enfants, vous avez raison, bien sûr. Mais je crains que globalement, ils n’aient pas reçu la formation adéquate pour mettre, à bon escient et rapidement, les ‘parents’ irresponsables dehors.
    Ils devront donc tout réinventer, tout redécouvrir.
    Hélas (ou heureusement), tout cela prendra du temps.

    Quant aux ‘parents sortants’, les plus élus d’entre eux (démocratiquement comme ils disent) se défaussent depuis au moins trente ans …
    Et je dois prendre ma part de responsabilité !
    A mon humble mesure, j’ai participé à les laisser faire … Pas fière la cilia pour le coup …

  18. Gwynfrid

    L’expression exacte peut varier autour de quelque chose comme « rearranging the deck chairs on the Titanic ». C’est un classique, qu’on retrouve assez souvent dans le langage.

    D’après ce blog, c’est un personnage politique aujourd’hui oublié qui aurait popularisé cette phrase.
    http://www.freakonomics.com/2010/01/28/quotes-uncovered-giants-shoulders-and-deck-chairs/

    Pour ce qui est de la responsabilité, je ne sais pas si ça vous consolera, mais j’en prends une part pour moi, bien qu’ayant voté contre Sarkozy en 2007. Tant il est vrai que je ne suis pas certain que sa défaite nous aurait conduit dans une moins mauvaise passe…

  19. @Cilia

    Ce n’est pas en s’affolant que cela réglera les choses. De toutes façons, pour une bonne part, on ne les maîtrise pas. C’est le « marché », vous savez, ce pouvoir omniscient, quasi divin, qui va dire si oui ou non on est solvable AAA ou solvable AA, en fonction du temps qu’il fait et des rumeurs qui courent. Alors je préfère rester serein : tout cela, on n’y peut rien, mais vraiment rien. Nous, citoyens. Je suis tout à fait conscient de la gravité de la situation, mais elle était déjà présente en 1995, par exemple, et ne le serait plus si le pays n’avait pas bêtement accepté qu’une poignée d’agités bloquent les transports, à l’époque…

    Bref, nous n’en sommes plus là et je crois que les gens sont prêts désormais à consentir des sacrifices. Car ils perçoivent le risque de déclassement qui nous gagnera, si nous n’agissons pas. Il suffit de regarder ce qui se passe en Grèce, où l’on doit désormais payer 150€ pour porter plainte au commissariat.

    So what? La question qui se pose en 2012 est : qui sera le meilleur pour régler ces problèmes?

    Crois-tu que ce soit Sarkozy, sous le règne duquel les déficits publics et la dette ont explosé? Crois-tu que ce soit Sarkozy, qui a autant créé de taxes nouvelles qu’il n’a allégé les impôts? Je ne suis pas sûr qu’il s’agisse uniquement d’un débat droite-gauche. Mais en tout cas je suis persuadé que Sarkozy représente une impasse, ce qu’il ne cesse de démontrer depuis cinq ans. Une solution pourrait émerger à gauche, si on n’avait pas un type comme Hollande qui promet de réembaucher 60 000 professeurs.

    Et non, les Roms, ce n’est pas insignifiant. ça fait partie du problème. On essaie de nous faire croire que le problème vient d’eux, en partie! Alors qu’au contraire ils nous montrent où se trouve le problème : en ouvrant les frontières sans limite (et surtout sans contrepartie) au commerce et à la circulation des personnes, on a créé les conditions de la pauvreté européenne. Tout cela est lié, et je ne vois pas pourquoi la dignité humaine ne serait pas aussi importante qu’un crédit bancaire.

    Suis-je un sale gosse, en disant cela?🙂

    Suis-je un sale gosse, si je m’interroge sur la répartition des richesses plutôt que sur la répartition de la pauvreté?

    Suis-je un enfant gâté, si j’ose estimer que peut-être, au lieu de vouloir à toute force présenter un budget à l’équilibre pour plaire à des banquiers (légitimement) inquiets pour leur argent, on pouvait essayer de capter l’argent là où il est, à savoir dans la poche des grands groupes et des superriches qui bientôt, seront plus puissants que les Etats et leur imposeront leur loi?

    Je suis convaincu que l’Etat doit réduire son train de vie (on peut gagner une centaine de millions par an si j’en crois H16, rien qu’en taillant dans les salaires et privilèges des élus), se restrindre à ses missions essentielles, mais n’oublions pas que sans Etat, l’anarchie s’imposera. Et alors, le plus faible douillera…

    Malheureusement, de tout cela, les politiques ne parleront pas en 2012.

  20. Chafouin,

    Je ne m’affole pas, je constate. Et si j’ai pu donner l’impression que Sarko était celui qui pouvait nous sortir de la mouise, c’est que je me suis très mal exprimée.

    Tu parles de sacrifices que la majorité des Français seraient prêts à consentir.
    Je pense que parler de sacrifice est déjà la preuve d’une compréhension erronée de notre situation.
    Il ne s’agit pas, du haut de notre sage et majestueuse bonté de consentir à des sacrifices. Il s’agit d’intégrer que notre système est néfaste parce que nous ne pouvons pas le financer. Pas de fioritures ; en l’état, ça ne marche pas parce que ce n’est pas pérenne, point.

    Tu fais un paragraphe sur les agences de notation et notre soumission à leur diktat mais rien qu’une petite parenthèse en fin de com’ sur la légitimité des banquiers à surveiller notre aptitude à les rembourser comme convenu.
    D’abord il s’agit de créanciers. Des fonds souverains étrangers et des petits épargnants lambda ne sont pas des banquiers.
    D’autre part, emprunter, essentiellement pour du fonctionnement, 1 650 milliards d’euros pour ensuite pleurer que les créanciers veillent sur leurs placements, c’est un peu fort de café.
    Nous pouvons réfléchir sur le financement des agences de notation et donc des possibles conflits d’intérêts, sur la gravité de leurs erreurs d’appréciation passées, sur les vices de la finance, pour tout cela, d’accord.
    Mais rembourser un créancier, c’est normal et sain.
    Un créancier qui cherche à gagner de l’argent en le plaçant, c’est normal et sain.
    Un créancier qui gère l’amplitude de sa prise de risque via les taux d’intérêt, c’est normal et sain.

    Nous, citoyens d’une démocratie (enfin… c’est ce qu’on dit), pouvons agir si nous assumons nos responsabilités.
    Tu dis que nous ne pouvons rien faire.
    Mais tu réalises tout ce dont nous sommes effectivement responsables en ayant laissé faire, en profitant comme des enfants gâtés pourris, depuis quelques décennies ?

    La dignité humaine maintenant.
    Veux-tu bien m’expliquer en quoi celle d’un Rom est plus importante que celle d’un Chinois, d’un sud Coréen ou d’un expat français ?
    Je voudrais aussi comprendre en quoi la prospérité contrarie la dignité humaine.
    Je pensais le contraire, moi, tu vois. Mais bon, je n’ai pas fait d’études.
    Et si je m’éloigne, hélas, de plus en plus de mon attachement à l’Union, je peine toujours à croire que l’essor des pays émergents est une conséquence directe de la libre circulation au sein de l’Europe et que cet essor est regrettable.
    Mais si tu en es persuadé, dans la collection printemps-été 2012, tu as le choix entre le modèle Montebourg et Le Pen (si tu fais du 38/40, commande tout de suite, c’est ce qui part en premier).

  21. Gwynfrid

    @ Chafouin:

    « en ouvrant les frontières sans limite (et surtout sans contrepartie) au commerce et à la circulation des personnes, on a créé les conditions de la pauvreté européenne. »

    Alors là, désolé, mais celle-là est vraiment énorme. Vous voulez dire qu’on a rendu les Roms plus pauvres (et nous aussi au passage) en leur laissant franchir plus facilement les frontières ?

    L’histoire économique du monde, récente comme ancienne, montre que c’est très exactement le contraire qui est vrai: la prospérité est directement fonction de l’expansion du commerce, rendue possible par l’ouverture des frontières et surtout l’efficacité accrue des moyens de transport.

    Sur la gravité de la situation: elle était beaucoup moins grave en 1995 qu’aujourd’hui, et d’ailleurs elle s’était plutôt améliorée entre 1995 et 2002. Malheureusement, les Français se sont laissés rouler avec une histoire de « cagnotte » qui n’existait pas. Et depuis 2002 avec des circonstances économiques moins favorables, on a repris le système habituel de cavalerie financière, en renvoyant toujours les décisions difficiles à plus tard…

    @ Cilia: +1 sur l’ensemble de votre dernier commentaire.

  22. @Gwynfrid

    Je n’ai pas été assez clair, je parlais dans le cadre extra-européen. De manière générale, si on ouvre les frontières sans poser de contrepartie, on appauvrit l’Europe au bénéfice des Etats émergents avec un transfert de main d’oeuvre. Ce n’est pas vrai dans tous les pays européens, mais notre pays connaît une chute tragique de son industrie, après le textile, qui est mort, suivront l’automobile, la sidérurgie, l’aéronautique, et pourquoi pas le ferroviaire?

    Je ne vois pas pourquoi on accepte que la production soit déplacée dans d’autres endroits du monde sans exiger qu’en retour, les produits importés subissent des taxes plus importantes. Cela me paraîtrait juste.

    C’est du protectionnisme, ce n’est pas un gros mot, tous les pays le font, sauf l’Europe. Le Pen est pour, mais ce n’est pas la seule. Montebourg en effet le propose, ou aussi Dupont-Aignan.

    @Cilia

    On atteint des débats très globaux. Je pensais que tu me disais qu’on avait atteint une situation tellement grave que la question n’est pas de savoir qui de Sarko ou un autre est le plus capable de redresser la France. Pourtant, si, ça me paraît un sujet essentiel.

    Et ce qui me paraît aussi un sujet essentiel, c’est le partage des richesses. Tu me parles des créances, ok, nous en avons trop et nous vivons au-dessus de nos moyens, je n’ai jamais dit le contraire. Mais la conclusion doit-elle être : taillons dans les services publics et dans notre tradition de solidarité collective, jusqu’à présenter des comptes à l’équilibre? La conclusion doit-elle être : nous n’avons pas les moyens de le financer, rognons sur tout?

    Sans doute, en partie, c’est bien pour cela que je parle de consentir à des sacrifices. Renoncer à un avantage acquis volontairement, c’est bien un sacrifice, non?

    Je dis juste que l’argent est là. La France produit moins mais contient encore des richesses, elles me paraissent juste très mal réparties.

    Et je ne me sens nullement responsable de quoi que ce soit. J’ai 28 ans, je n’étais pas en âge de raisonner lorsque la gabegie des années 80 a démarré. Que maîtrisons-nous, aujourd’hui, nous, citoyens? Rien, à part la discussion entre nous.

    Et tu ne vas pas me dire que le système financier ne marche pas sur la tête, avec ses construction abstraites et irrationnelles pour à tout prix créer de l’argent sur du vent? Si on va par là, on peut parler des emprunts hyper compliqués qui ont été proposés à des collectivités locales, à des taux hyper alléchants au départ, et qui se sont retournées contre elles par la suite? Bien sûr qu’elles auraient dû être prudentes. Mais le type qui propose un produit pourri, en sachant qu’il y a de grandes chances de ruiner celui qui le contracte, n’a-t-il pas une responsabilité? Or cette responsabilité a des conséquences très directes sur la vie des gens. Tout comme ont une responsabilité ceux qui ont prêté à fonds perdus à la Grèce, et maintenant, veulent lui imposer à tout crin une liquidation judiciaire qui risque de plomber toute l’Europe.

    Donc oui, mille fois oui, il est naturel qu’un créancier exige le remboursement de la dette, et que le créancier, comme tu dis, évalue son risque avec l’amplitude des taux d’intérêt. mais lorsqu’il parie sur le fait que la personne ne va pas pouvoir rembourser, et mise dessus?

    Tant que les acteurs du capitalisme seront libres de manger leurs voisins plus faibles, le capitalisme restera un système néfaste.On n’a pas changé depuis l’antiquité et « l’homme est un loup pour l’homme ». Il faut donc fixer des règles, avant que les entreprises soient plus puissantes que les Etats (ce qui est en partie déjà vrai, Coca Cola ayant plus de fonds propres que le Trésor américain, par exemple).

    Tous ces problèmes, très graves, doivent-ils nous interdire de réfléchir sur la dignité de l’humain? Celle d’un Rom n’est pas plus importante que celle d’un Chinois. Mais le Rom, il est à côté de chez moi, il mendie à mon carrefour, et donc il est naturel que je me soucie de lui avant de me soucier de la Corne de l’Afrique. La générosité n’est pas infinie. Et donc il est naturel que je m’insurge sur la façon dont le gouvernement français traite ces gens. Tout en étant conscient que le problème est difficile et qu’il devrait être réglé au niveau européen.

    Mais jamais je n’accorderai ma voix à un président qui a osé frapper les Roms de mesures d’expulsion en réaction à une attaque de gendarmerie perpétrée par des gens du voyage français et bien français.

  23. Chafouin,

    Un système qui génère chaque année, par sa structure même, des dizaines de milliards de déficit n’est pas solidaire. Au contraire, il est fondamentalement égoïste.
    Tu ne peux pas te prétendre solidaire de tes compatriotes par exemple, si dans les faits, tu agis aujourd’hui contre leurs intérêts de demain. Encore une fois, ça, c’est de l’égoïsme, cela n’a rien à voir avec la solidarité.

    L’équilibre des comptes n’est pas nécessaire pour faire plaisir aux méchants banquiers.
    Il est un gage de solidité, de sécurité, de stabilité, pour nous, pour nous aujourd’hui, pour nous demain, pour nos enfants après demain.
    Et bon sang, l’équilibre des comptes c’est aussi préserver nos capacités d’investir ou de faire face à des situations exceptionnelles.
    C’est aussi ne pas avoir besoin de taxer toujours plus les personnes et les entreprises, donc d’augmenter le niveau de vie et de favoriser l’emploi.
    Ce n’est quand même par rien tout cela !

    Tu désapprouves l’idée de rogner sur tout. Mais en n’étant pas, nous, responsables, dans la réalité, notre Etat en vient inévitablement à rogner sur tout.
    Donc nous perdons sur tous les tableaux finalement : nous payons toujours plus pour avoir toujours moins !

    Par exemple, je ne suis pas du tout opposée aux systèmes d’assurances.
    Mais que ces systèmes soient organisés tels qu’ils le sont actuellement n’est qu’une option parmi d’autres.
    Ce n’est pas remettre en cause le bien fondé de la mutualisation des risques que d’analyser avec lucidité les défauts et les effets pervers de notre organisation étatique actuelle enfin !

    Sur les investissements pourris des collectivités locales.
    Pardon, mais là, les bras m’en tombent.
    Je me répète par rapport à mon précédent commentaire, mais je suis tout à fait d’accord pour considérer la responsabilité des agences de notation pour leurs erreurs d’évaluation et le pourquoi de ces erreurs.
    Mais enfin, des collectivités locales qui jouent l’argent de leurs administrés en misant, sans compétences financières, sur la culbute, alors même que ce procédé est dénigré de longue par les mêmes responsables politiques pour tout un chacun, quand bien même cela permettrait de compenser une petite retraite professionnelle, pour moi, c’est moralement indéfendable.
    Alors quand tu sous entends en prime qu’il faudrait essentiellement déporter la responsabilité sur le commercial du produit financier, et donc décharger celle de l’élu, là, on explose ce que je peux tolérer par goût pour la démocratie représentative.

    Sur le capitalisme, je ne sais que te répondre.
    Pour moi, le capitalisme, c’est au minimum vieux comme la fin de la préhistoire.
    Je ne te parle pas des actuelles ventes à découvert. Je te parle du lien direct entre une production et sa valeur et la transmission de cette valeur à nos descendants.
    Que proposes-tu comme alternative ? Sans déportés et sans millions de morts hein😉

    Pour finir, l’affaire des Roms après le saccage de Saint Aignan est, pour moi également, un des nombreux éléments qui m’ont décidée à ne pas voter pour Sarko en 2012 (je n’ai toujours pas compris le rapport), mais enfin … dans un monde, et cela a peu à voir avec les lois de circulation des capitaux et des personnes comparativement à l’évolution de nos connaissances et de nos propres capacités de déplacements, dans un monde donc, où nous pouvons à peu près appréhender les réalités de la planète entière, je trouve pour le moins surprenant que le type du coin de ta rue soit plus important, à tes yeux, qu’un peuple entier à quelques heures d’avion.

    PS : je dois amener dans l’aprem mon ordi chez son toubib. Si mon com’ entraîne des réponses, mon silence momentané sera bien involontaire !😉

  24. @Cilia

    Que deux choses soient claires :

    1/ Je n’ai jamais dit que le déficit était une fin en soi et qu’il fallait en faire une politique.

    2/ Il faut le résorber, mais ça ne remet pourtant pas en cause notre modèle d’Etat-providence. C’est la facture globale qu’il faut baisser (à moins d’augmenter les impôts, mais ça va être difficile pour les classes moyennes).

    Je les vois tous les jours, les résultats sur le terrain de la politique sarkozyste de retrait de l’Etat, dans le logement social, dans l’aide aux plus démunis. Ce n’est pas un hasard si on tape dans ces dépenses là mais pas dans d’autres, par exemple celles qui consistent à accorder des ristournes de taxes sur les plus-values immobilières.

    Ok pour tailler dans le gras, il y en a! Mais alors, qu’on ne le fasse pas qu’au bénéfice des mêmes. Et qu’on ne le fasse pas au détriment des plus fragiles, car c’est la porte ouverte au pire.

    « Alors quand tu sous entends en prime qu’il faudrait essentiellement déporter la responsabilité sur le commercial du produit financier, et donc décharger celle de l’élu, là, on explose ce que je peux tolérer par goût pour la démocratie représentative. »

    Je crois avoir insisté sur la responsabilité première de l’élu. Mais il n’empêche que celui qui propose un plan pourri de crédit a une responsabilité. peut-être pas la principale, mais il en a une. SI je te vends une pomme qui est en fait une grenade, que tu avais les moyens de le savoir en lisant la notice, que tu ne lis pas par négligence, mais que tu la files à ton gamin et que celle-ci explose, tu ne vas pas me dire que le vendeur est clean.

    « Que proposes-tu comme alternative ? » Ce que je propose? Convertir les acteurs du capitalisme. A défaut, il faudra les forcer à respecter un certain nombre de règles contraignantes. Il n’y a pas besoin de goulags pour ça!🙂

  25. Gwynfrid

    @ Chafouin:

    « Je ne vois pas pourquoi on accepte que la production soit déplacée dans d’autres endroits du monde sans exiger qu’en retour, les produits importés subissent des taxes plus importantes. Cela me paraîtrait juste. »

    Juste, peut-être (et encore). Malin, sûrement pas. La production est délocalisée pour que nous payions ces produits moins cher. On peut les taxer, mais cela veut dire que nous souhaitons absolument les payer plus cher. Par ailleurs, dans le cas où ces produits servent à une industrie française, exportatrice par tradition et surtout par nécessité, la taxe à l’importation est néfaste aux exportations aussi; et ce, avant même que les pays visés ne prennent la moindre mesure de rétorsion.

    « C’est du protectionnisme, ce n’est pas un gros mot, tous les pays le font, sauf l’Europe. »

    D’abord ce n’est pas vrai : nous faisons du protectionnisme agricole et culturel autant voire plus que n’importe qui d’autre. Ensuite, nous sommes plus exportateurs que les autres; nous avons donc davantage à y perdre qu’eux.

    « Tant que les acteurs du capitalisme seront libres de manger leurs voisins plus faibles, le capitalisme restera un système néfaste. »

    Évidemment, si c’est la métaphore que vous trouvez la plus appropriée pour parler de la concurrence… vous êtes prêt pour l’économie administrée, sous la férule de Jean-Luc Mélenchon, ou d’Arnaud Montebourg, si vous préférez. Particulièrement lorsque vous parlez de « capter l’argent là où il est ».

    « Ce que je propose? Convertir les acteurs du capitalisme. A défaut, il faudra les forcer à respecter un certain nombre de règles contraignantes. »

    Hum. Le terme « convertir » me semble malheureux lorsqu’il est employé dans le même souffle que « forcer » et « contraignant ». Juste une impression, comme ça…

  26. @Gwynfrid

    C’est la première fois que je vous vois dénaturer les arguments de votre interlocuteur, je trouve ça navrant!

    Je ne suis ni communiste ni collectiviste. Mettre fin à la discussion en disant « de toutes façons, t’es rien qu’un soviétique », c’est pas très très loin du point godwin à l’envers. ça ferme tout débat, c’est bien, c’est propre.

    Si on augmente les taxes, oui, ça augmente les prix! Et du coup, il ne vous aura pas échappé que ça augmente la compétitivité des produits made in france qui sont asphyxiés par la concurrence déloyale des produits fabriqués par des enfants chinois et des ouvriers payés au lance-pierres.

    Donc si le pouvoir d’achat baisse temporairement, ça peut aussi recréer de l’emploi local. Ce n’ets pas le paradis, mais ça me paraît une mesure qui corrige les effets malsains du libre-échange, lorsque celui-ci est actif entre deux pays qui n’ont pas du tout le même contexte social et économique.

    Par ailleurs, la France n’est pas particulièrement plus exportatrice que les autres. Elle a même tendance à exporter de moins en moins… On exporte surtout en Europe si j’ai bien compris, marché à l’intérieur duquel ces taxes ne s’appliqueraient pas.

    Quant à la fin de votre intervention, je ne parlais pas de la concurrence, mais du modèle induit par le capitalisme associé au libéralisme. Ce mélange veut que l’Etat recule au maximum, que les règles disparaissent. Le but officiel est de pouvoir ne pas être contraint par des règles censées être néfastes pour la libre-entreprise. En réalité, il semble surtout que quand l’Etat recule, les entreprises et les puissants en profitent pour arnaquer les plus faibles. Il y a plein d’exemples : les subprimes, bien sûr, mais en France on a aussi les crédits revolving qui sont une honte. Heureusement qu’on a légiféré un tout petit peu. On, peut aussi pendre comme exemple le marché de l’immobilier où si vous ne faites rien, vous vous retrouvez avec des proprios qui vous demandent le salaire de vos arrières grands parents pour vous louer un deux pièces pour 1 000€ par mois. Et qui, bien sûr, en fin de bail, ne vous rendent pas votyre caution. Là encore, on a besoin d’une intervention forte de l’Etat, et des règles contraignantes.

    ça va, je suis sauvé, je ne suis pas rouge?🙂

    Et oui, l’argent, il y en a. Et il n’y a pas de raison que ceux qui en aient beaucoup ne soient pas mis à contribution. Ce n’est que justice. Quant à moi, je crois à ce principe de la doctrine sociale de l’Eglise qui est la destination universelle des biens.

    Et quand je parle de conversion, je veux bien sûr dire que c’est par la conversion personnelle qu’on changera le système : tant que des gens n’accepteront pas eux-mêmes de changer, de ne pas être égoïstes, on n’y arrivera pas. Ou alors, on devra y arriver avec un tas de règles contraignantes comme celles citées plus haut.

  27. Gwynfrid

    Mon cher Chafouin, je suis tout à fait désolé de vous avoir ainsi choqué, mais j’ai un peu de mal à voir d’où vient votre réaction.

    Je ne vous ai nulle part traité de soviétique, ni de rouge. J’ai pointé la proximité de votre position et de celles de MM. Mélenchon et Montebourg. C’est tout. Ces messieurs ne sont ni des staliniens, ni des « rouges », ni des hommes au couteau entre les dents. Ce sont des politiciens pour lesquels j’ai du respect, mais avec qui je ne suis pas d’accord car je trouve leurs propositions dangereuses et démagogiques. Rien de plus. Il n’y a nullement de quoi invoquer les Soviets, ni Godwin.

    Sur le fond: les exportations de la France ont subi une chute en 2009, comme l’ensemble du commerce mondial. Mais elles sont reparties à la hausse depuis. Il est exact que les exportations hors Europe représentent une moindre part; mais¸ ça fait quand même dans les 7-8% du PIB européen, ce n’est pas rien. L’Europe exporte à peu près autant que la Chine soit 15% du total mondial.

    Autrement, si vous espérez recréer de l’emploi en taxant les produits à l’entrée de l’Union, je crains que vous ne vous fassiez des illusions. Tout ce que cette tactique peut espérer, c’est ralentir la perte des emplois des industries vieillissantes… et ralentir aussi la croissance des emplois des industries d’avenir. C’est un choix.

    Pour ce qui est des ouvriers chinois mal payés, c’est un fait indéniable. Comme est indéniable la situation antérieure, où ces mêmes hommes étaient des paysans qui mouraient de faim. La mortalité infantile de la Chine a été divisée par deux depuis vingt ans, et la malnutrition des enfants par trois. Ces progrès, qui ont bénéficié à des centaines de millions d’êtres humains, sont le résultat du commerce. On peut bien sûr leur claquer la porte au nez, mais la compatibilité d’une telle décision avec la DSE ne me semble pas si évidente.

  28. Dont acte si j’ai surinterprété certains de vos propos…

    Je ne dis pas qu’il faut leur claquer la porte au nez, mais qu’il n’est pas juste de faire le bonheur des uns avec le malheur des autres. Que les pays européens doivent se soucier avant tout du bien-être de leurs peuples, avant de tenir compte de la croissance chinoise. Bien sûr que la Chine progresse et que ça profite à son peuple (voire…), mais ce n’est pas notre rôle de nous soucier de cela, même si bien sûr nous pouvons et devons nous en réjouir.

    Si j’étais le dirigeant de la France, je me soucierais avant tout de l’emploi des Français. Et en l’occurrence, les emplois des industries vieillissantes, vous pouvez les multiplier avec tous les emplois induits que ces industries créent. SI l’automobile meurt en France, par exemple, ce sera catastrophique. Et ne me dites pas que les industries d’avenir vont compenser, c’est tout bonnement faux. Donc il y a un moment où il faut bien tenter de prendre des mesures pour sauver cette industrie.

    Et l’argument sur les prix n’est pas toujours exact : par exemple, le jean Levi’s que vous achetiez 80€ avant qu’il soit fabriqué en Chine, vous l’achetez toujours 80€, voire plus cher. C’est juste Levi’s qui accroît sa marge. Idem pour la plupart des marques d’habillement. Entretemps, on a perdu des milliers d’emplois dans le textile. Où est l’intérêt de l’opération?

  29. Chafouin,

    Trois remarques.

    Tout d’abord le sujet de l’immobilier locatif que tu abordes.
    Si tu peux, à juste titre, forcer le trait jusqu’à parler de caution des arrières grands-parents pour un deux-pièces à mille euros, c’est précisément parce que l’Etat s’en est mêlé.
    On ne louait pas auparavant (il y a 15, 20, 30 ans et au-delà) bien plus facilement parce les Chinois étaient pauvres ou que les traders étaient moins riches ou moins inventifs (moins tordus ?).
    En revanche, ce que l’Etat a imposé, au fil du temps, de lois et de restrictions aux droits des propriétaires ont directement mené à la caricature que tu exposais.
    Et encore, il y a tout ce que tu n’abordes pas : la quantité de gens qui héritent d’un logement et qui préfèrent le vendre (à des anglais par exemple, ceci n’étant pas, très loin de là, une déclaration d’inimitié pour nos voisins du dessus ) tant la location est risquée, ou de ceux qui délèguent à une agence qui, outre son pourcentage, multipliera jusqu’à l’absurde la marge de sécurité en prévision de l’action de l’Etat et de la Justice, ou de ceux qui ne choisissent plus d’investir dans la « pierre locative » pour éviter les problèmes.
    Seul l’Etat est responsable de ce lamentable état de fait.
    Et toi, tu demandes encore plus d’interventionnisme ?
    Aller plus loin encore dans ce qui fait qu’on s’autorise aujourd’hui à demander des cautions multiples ainsi que des renseignements sur les ascendants, pour le moins surprenantes ?

    Mon deuxième point est ton rapport … ô combien il m’est difficile de t’écrire ce qui va suivre, alors que je suis intimement persuadée que tu es une bonne personne … à la prospérité ou à la misère de ton prochain.
    Je n’ai pas lu la DSE et je ne vais pas pouvoir le faire rapidement.
    Cependant, quand je le ferai, si je trouve une ligne, une seule ligne justifiant que pour préserver nos pépettes d’occidentaux, les catholiques ont le devoir de laisser un autre peuple crever la dalle, il y aura bien des trolls, des laïcistes et des athéistes que tu regretteras.
    Je te le dis en toute amitié. Je te le dis aussi en toute sincérité.

    Je finirai très brièvement par l’industrie.
    La Corée du sud ne produit pas à la pelle des ouvriers pour ce que tu nommes ‘des industries vieillissantes’. Elle produit des ingénieurs.
    Et elle remporte de très beaux contrats qui nous manquent, à nous, par voie de conséquence.
    Quand elle remporte à la loyale, en concurrence avec le monde entier, des contrats de prospection pétrolière off shore, lui reproches-tu de fournir des ingénieurs au lieu d’ouvriers ?
    Préfèrerais-tu qu’ils se brident sur l’ingénierie pour en rester à la production de pièces achetées à bas prix par l’Occident ? Pour ensuite leur reprocher de produire du bas de gamme à moindre coût au détriment de notre propre industrie ?
    Cela reviendrait-il à dire que quoique fasse le non-Occident, c’est toujours condamnable ?

    PS : de mon point de vue, Gwynfrid n’a pas déliré dans ses propos et tu n’es pas charitable de lui reprocher d’avoir pris en compte tes positions.
    Tous tes derniers commentaires étaient franchement gauchistes. Ce n’est pas un motif de détestation ou de mépris pour moi, et allez, j’ose le prétendre, sans son autorisation, en son nom, pour Gwynfrid.
    Tu penses ce que tu veux cher Chafouin. Mais nous, commentateurs, avons tout de même le droit de te répondre en fonction de tes propos et de tes positions.
    Non ?

  30. @Cilia

    Je ne suis pas d’accord sur l’immobilier. L’Etat est en effet très interventionniste dans certains domaines et j’m’enfoutiste dans d’autres (les marchands de sommeil, tiens… ou les squatts). Les conséquences de l’interventionnisme sont discutables, mais il est clair que chaque politique a des impacts très concrets, et qu’il est difficile d’arbitrer entre tel ou tel type de politique de logement. La droite n’est pas moins interventionniste que la gauche, les deux camps n’agissent tout bonnement pas sur les mêmes domaines.

    En attendant, je te ferais remarquer que le gouvernement, depuis dix ans, mise sur le fantasme du « tous propriétaires », ce qui a pour conséquence directe l’endettement excessif des ménages, la réduction de leur épargne, et l’appauvrissement du parc social (ben oui, ce qu’on met dans le Scellier, on ne le met pas pour les logements à loyer modéré, c’est bête hein?).

    Et comme l’Etat coupe aussi les budgets des associations qui s’occupent des démunis, dans la rue, la boucle est bouclée! En revanche, dormez, braves gens, votre Scellier est un peu raboté mais il subsistera. Et vous qui avez des résidences secondaires, rassurez-vous, votre plus-value sur la revente, on ne la taxera pas trop. Faut préserver la liberté, avant tout.

    Sur l’industrie, pas d’accord non plus. Car l’industrie fournit aussi des tas d’ingénieurs, et pas seulement des ouvriers. Le secteur automobile français n’a rien à envier à ses concurrents coréens… L’industrie est un moteur de l’emploi! Elle fait le bonheur de l’Allemagne. On essaie de pousser sur l’innovation, mais vu que les usines partent, si tu n’as que les labos d’ingénieurs, ça ne fait pas vivre un pays. Si tu regardes deux secondes sur Wikipédia, tu verras que la Corée est aussi un grand pays industriel, notamment en ce qui concerne l’automobile, les chantiers navals ou encore la sidérurgie.

    Quant à la DSE, je n’ai nullement écrit qu’il fallait laisser les autres crever de faim. Encore une fois, vous surinterprétez ce que je dis, et le déformez. j’ai écrit que notre premier devoir était d’assurer notre survie. Cela ne signifie nullement qu’il faille laisser mourir de faim les Chinois. D’ailleurs, pour l’instant, ce sont eux qui nous mangent🙂 A ce propos, est-ce notre responsabilité si les Chinois demeurent pauvres (même s’ils le sont moins qu’avant) mais que les caisses de l’Etat et des riches propriétaires sont pleines?

    Bref, notre politique économique doit être à mon sens essentiellement dirigée dans notre propre intérêt. Je fais confiance dans les politiques des autres pays pour gouverner leurs propres intérêts.

    Enfin, je trouve assez délicieux d’être taxé de gauchisme. Sur d’autres posts, je suis taxé de libéralisme, sur d’autres de conservatisme, d’autres encore de réaction, et sur les derniers, d’homophobe. Donc bon, je ne suis pas à un mot doux près!🙂

    Plus sérieusement, si j’ai réagi c’est que je n’ai pas aimé qu’on parle de camps de rééducation et de Mélenchon. Je n’ai rien de commun ni avec les premiers, ni avec le second. mais je fais crédit à Gwynfrid de sa bonne foi et je suis persuadé qu’il n’a certainement pas voulu être désagréable.

  31. Gwynfrid

    Bien sûr, je n’ai pas cherché à être désagréable ni à vous traiter de gauchiste, de rouge ou que sais-je encore. Je ne me rappelle pas non plus avoir fait allusion à des camps de rééducation (?). Par contre je ne comprends pas pourquoi vous déclarez n’avoir rien de commun avec Mélenchon: vous avez de toute évidence en commun une préférence pour le protectionnisme. Ce n’est pas une maladie, vous savez🙂

    Pour revenir à quelques objections que vous m’avez faites:

    L’industrie automobile rentre, à mon sens, dans la case « industrie d’avenir »; c’est également une industrie exportatrice et une industrie qui subirait un sévère recul si on adoptait une politique protectionniste.

    Contrairement à ce que vous pensez, les prix de l’habillement sont en constante régression, relativement aux autres postes de dépenses (source: http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1242)

    Dans l’exemple du jean à 80 euros, ma foi, si vous êtes prêt à payer un tel prix (qui en fait un article de luxe à mon sens) c’est que la marque vous importe suffisamment pour le justifier. Dans ce cas il faut savoir que vous payez surtout pour le budget publicitaire conséquent de la marque – autrement dit, pour des emplois bien français !

    Pour finir: notre politique économique doit être principalement dirigée par notre propre intérêt. J’en suis bien d’accord. Là où je diverge, c’est pour douter fortement que le protectionnisme soit dans notre intérêt.

  32. Gwynfrid

    Tiens, je viens de voir que certains ne se gênent pas pour traiter leurs adversaires de « rouge »: http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20111012.OBS2282/jean-francois-cope-qualifie-arnaud-montebourg-de-bolchevik.html

    Je le répète, je n’ai rien dit d’approchant à votre encontre. Pour ma part, c’est avec J.F. Copé que je n’ai pas grand-chose en commun !

  33. Chafouin,

    Peut-être une petite mise au point est-elle nécessaire.
    Un point de vue gauchiste, comme un point de vue écologiste ou féministe ou que sais-je encore, n’est que la définition, subjective, d’UNE prise de position. Pas moins que cela, mais certainement pas plus.
    Cela ne qualifie en rien une personne.

    Nous, toi et tes commentateurs, parlons là de la marche globale de notre pays. Nous avons des points de désaccords sur l’économie au sens large, so what ?
    J’apprécie infiniment la courtoisie et la qualité de l’écoute qui règne majoritairement sur ton blog. Et si j’ai dérogé à la règle en parlant de gauchisme de certaines de tes idées, j’en suis sincèrement navrée.
    Cependant, il me semble que la situation est suffisamment grave pour que nous passions plus de temps à échanger, à comprendre, à muscler nos consciences politiques, plutôt qu’à développer nos susceptibilités.
    Mais encore une fois, si je suis allée trop loin, je te prie de croire que ce n’était pas voulu. Bousculé, oui, blessé, certainement pas.

    Je change radicalement de sujet.
    N’est-ce pas à la justice de régler les questions des squats ?
    Et tes marchands de sommeil auraient-ils la moindre chance de faire du chiffre s’ils ne pouvaient s’appuyer sur une pénurie de logements et une législation si contraignante qu’elle obère l’idée-même d’un investissement immobilier locatif ?
    Sur le locatif, l’Etat s’en mêle et c’est une catastrophe. Sur la propriété, quand il le fait cela aboutit à la crise des subprimes.
    Et si tout simplement l’Etat cessait de s’occuper de ce genre de liens, de contrats entre des personnes réelles qui se serrent la main en vrai et se regardent dans les yeux en vrai et considère pour ce qu’elle est, en vrai, la valeur du logement en question ?

    Où est le véritable progrès social si l’Etat interdit ce rapport franc et sain pour tous, sous prétexte que dans un cas sur mille (proportion sortie totalement au hasard), sans législation, une famille qui ne paye pas son loyer pourrait, avec des enfants en bas âge, être virée au mois de février, dans le froid et le givre ?
    Plutôt que de bloquer des millions de locataires dans un fonctionnement insensé qui tire les prix vers le haut, ne pourrait-on pas donner du souffle à la majorité qui agit correctement, et ne réserver qu’un budget adapté à ceux qui n’y arrivent momentanément pas ?

    D’autre part, d’où sors-tu que des ingénieurs en France ne pourraient travailler qu’en labo ?
    Quand les Chinois auront développé les meilleures techniques de moteurs électriques, de panneaux solaires ou toutes ces sortes de choses, tu leur reprocheras encore de mal payer leurs ouvriers ?
    Sous réserve de l’exactitude des chiffres que je n’ai pas vérifiés, il y a à peu près en France 30 000 ingénieurs formés pour un besoin réel de 40 000. Et l’Allemagne en réclame à cor et à cri.
    Tu crois vraiment que c’est pour remplir des labos ?

    D’autre part, ton protectionnisme règlera-t-il, par exemple, l’écart du coût du travail agricole entre la France et l’Espagne ?

    Sur les Chinois, désolée, mais non, à moins que ce n’ait été qu’une boutade, tu ne peux pas dire qu’ils nous mangent.
    Ce serait terrible d’ailleurs si je te croyais. Parce que cela signifierait qu’il n’y a pour toujours et à jamais, qu’un petit gâteau que seuls les occidentaux auraient le droit de se partager sous la seule justification qu’ils le faisaient antécédemment.

    Et j’en profite (oui, je sais, c’est bas) pour prendre une petite revanche sur tous les raccourcis que des bloggeurs ou commentateurs ont pu emprunter ici ou là, en reléguant les athées dans la catégorie de l’amoralité.
    Eh bien, moi athée, je prétends que refuser la concurrence qui permet à des peuples très pauvres de devenir prospères sous prétexte que cette concurrence perturbe des peuples très riches est, moralement, indéfendable.
    Et je le répète bien nettement : c’est moralement indéfendable !

  34. Gwynfrid,

    Les propos de Copé (ainsi que ceux de Sarko qui accusent le PS de ne pas être fidèle à la cinquième République) sont à pleurer.
    Et c’est une française de droite qui vous le dit.
    Quand je pense à tout ce qu’ils auraient pu dire de pertinent …

  35. Gwynfrid

    M.Copé est sans doute un type très intelligent, mais il semble avoir décidé de prendre le rôle de l’aboyeur précédemment dévolu à Frédéric Lefebvre. La semaine dernière il en était à comparer Montebourg et Le Pen. Faire baisser le niveau est un choix parfois payant, hélas. Mais il faut pour cela sacrifier sa propre stature. J’ai peu de respect pour cette approche.

  36. En ce qui concerne ma bien modeste personne, j’ai l’impression que, tel Terra Nova qui conseille au PS de faire l’impasse sur les ouvriers pour gagner des voix (féminines, bobos ou de citoyens de récente origine), des commentaires comme ceux de Copé font l’impasse sur nombre de Français, de droite, qui veulent avant tout que le pays aille bien, produise, soit prospère.

    C’est désagréable, ce qui n’est pas si important finalement, mais c’est surtout très angoissant et désespérant.

    Qu’un Copé mette son intelligence au service d’un gros (est-ce seulement vrai ?) des troupes, bloqué dans son ravissement de pouvoir se moquer des erreurs du camp d’en face me pose un énorme problème, dans la situation qui est la nôtre.

    Je ne peux pas évaluer la violence qu’un Copé, par exemple, doit gérer pour tenir les propos que sa position professionnelle lui impose.
    Je connais en revanche le choc personnel que représente le conseil maternel à son enfant de s’expatrier définitivement.

  37. luit

    C’est peut être la peur de se prendre une droite par Sarkozy !

  38. Bon, désolé d’avoir loupé vos derniers commentaires, j’étais en vacances. Tout ça pour dire que quoi qu’il en soit, je ne crois pas que Sarkozy soit mieux qualifié que la gauche pour sortir le pays de l’ornière… et que son camp devrait tâcher de s’en rendre compte. Vite.

  39. Pingback: Paso Doble n°217 : Pourquoi Nicolas Sarkozy va être réélu en 2012 | « Toreador, un oeil noir … dans l’arène politique ! »

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