Martine Aubry et le portefeuille magique

Il va falloir s’y habituer, aux belles promesses. Avec le démarrage de la campagne des primaires socialistes, on est entré pleinement dans le débat en vue de la présidentielle de l’année prochaine. La dernière proposition en date est assez cocasse, pour ne pas dire désolante : Martine Aubry propose d’augmenter le budget de la Culture de 30 à 50% sur cinq ans. Soit 1 milliard d’euros! Or quand on décortique la proposition, ça sent au mieux, le projet mal ficelé. Au pire, le gaspillage éhonté.

On a beau dire, comme le fait Martine Aubry, que la culture est « absolument essentielle » dans notre pays, promettre monts et merveilles pour le budget de la Culture en plein festival d’Avignon est surtout un moyen – on ne dira pas à peu de frais, vues les circonstances – de se concilier une clientèle électorale qui a pu bouder un temps le PS à cause de son opposition à la loi Hadopi, et qui s’inquiétait de ne pas voir l’art occuper beaucoup de place dans le projet PS.

Martine Aubry propose donc, ni plus ni moins, que d’augmenter de 30 à 50%, sur cinq ans, le budget du ministère de la Culture et de la communication. Celui-ci étant pour l’exercice 2011 de 2,7 milliards (si l’on exclut la recherche), il faudrait ajouter sur cinq ans entre 810 millions et 1,35 milliards d’euros selon qu’on se place dans l’hypothèse d’un coup de pouce de 30 ou de 50%. Martine Aubry part sur l’hypothèse haute en expliquant ce matin sur Europe 1 qu’il faudra étaler cette hausse chaque année, en augmentant le budget de 200 à 250 millions d’euros.

Que faire avec tout cet argent? Madame Aubry a trois priorités : « donner des lieux à la création et un statut aux intermittents », « aider les jeunes artistes à rencontrer leur public », et « favoriser l’éducation artistique ».

On ne savait pas que tout cela devait forcément coûter 1 milliard par an. Martine Aubry ne nous explique-t-elle pas dans le même temps que « la politique, c’est faire des choix »? Et pourquoi ne pas choisir dans les missions culturelles qui sont soutenues par l’Etat, plutôt que de vouloir les maintenir toutes et d’augmenter l’enveloppe globale? Pourquoi par exemple ne pas tailler dans ces dépenses inutiles qui, au hasard, consistent à installer des croûtes dans le parc de Versailles?

Depuis 1980, où le budget culturel de l’Etat était de 405 millions d’euros, à 2011, où on l’a dit, il atteignait 2,7 milliards, la trajectoire de la courbe n’a pas cessé d’augmenter, y compris sous les gouvernements de droite. Il y a un moment où il faudra peut-être arrêter la surenchère dans ce domaine, dans un contexte budgétaire serré.

Avec les menaces qui pèsent sur les pays lourdement endettés, les socialistes font quelques efforts et assurent que leur objectif est de consacrer la moitié des marges financières qu’ils dégageront au remboursement de cette dette. C’est incroyable de voir que pourtant, dès qu’on entre dans le coeur des débats, leurs vieux démons dépensiers reprennent illico le dessus.

Martine Aubry a au moins le mérite de ne pas cacher que la gauche victorieuse augmenterait les impôts illico. La classe moyenne appréciera. De toutes façons, on pourra sans doute difficilement l’éviter, mais c’est moins casse-tête et courageux que de chercher dans quelles dépenses publiques on pourrait rogner, alors que ces mêmes dépenses ont pour objectif premier d’acheter le vote des électeurs. Remarquez, à droite, ils ne sont pas plus fûtés : Nicolas Sarkozy a réussi le tour de force de doper le déficit public, tout en taillant dans les services publics et en ne diminuant pas les impôts. C’est à se demander où est passée la différence.

Mais ce qui est le plus drôle, c’est d’écouter Martine Aubry expliquer où elle trouvera les sous pour financer ce petit milliard. Pas dur, pardi! Avec la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires, qui coûte 4,5 milliards d’euros chaque année! Magique. Sauf que cette économie était censée financer les 300 000 emplois d’avenir prévus par le projet PS, qui coûteront 3 milliards par an.

Pas de panique, Super Martine a la réponse à cette contradiction : « les emplois d’avenir vont faire de la médiation culturelle ». Ce qui couvre peut-être une partie du surcoût en dépenses culturelles – la partie éducation artistique – mais ne nous dit absolument pas comment on va trouver l’argent pour « donner des lieux à la création » ni comment on finance un statut des intermittents, ni comment on aide les jeunes artistes à trouver leur public. Ah si. Pour cette dernière mesure, il suffit de contraindre les grandes scènes à « consacrer 5 à 10 % de leur temps annuel à l’accueil de jeunes artistes ». Par contre, combien ça coûte? Mystère.

Alors quand on dit que Martine Aubry est la grande spécialiste de la culture, simplement parce qu’elle a financé à Lille des fêtes très chouettes – mais très chères – pour lille2004 et lille3000, franchement, ça me fait doucement sourire. Si faire mieux en matière culturelle, c’est financer des emplois jeunes qui font de la pédagogie artistique…

 

Photo © Parti socialiste.
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35 Commentaires

Classé dans Chafouinage

35 réponses à “Martine Aubry et le portefeuille magique

  1. surtout, les milieux artistiques et culturels sont les milieux des médias, et donc, promettre d’insuffler encore et encore de l’argent dans ce domaine, c’est acheter les moyens de sa campagne. d’où la surenchère, plus ou moins discrète, à droite comme à gauche.
    D’un côté, style Hadopi, de l’autre, style « argent gratuit »,
    …mais toujours: notre argent, bien sûr.

  2. Mais investir dans la culture, c’est un enjeu d’aménagement du territoire ; un exemple, le festival de la Chaise-Dieu, c’est sept personnes à temps-plein toute l’année, au Puy-en-Velay. Une offre culturelle vivante, c’est une attractivité pour une région, des gens qui veulent venir s’installer avec leurs enfants, et tous les emplois induits (sans parler du fait que ce sont des emplois non délocalisables, généralement). Prenez l’exemple du Musée Matisse du Cateau-Cambrésis, auquel un certain nombre de restaurants locaux doivent leur existence. Les océans ne sont jamais que des petites gouttes les unes à côté des autres. Alors le « en ces temps de restriction budgétaire faut-il vraiment engloutir x millions dans la culture ? », j’en vois trop les dégâts autour de moi pour adhérer vraiment.

    Le problème de votre développement est de mêler aux arguments objectifs (encore que des chiffres soient de piètres objets) des éléments d’esthétique qui n’ont rien d’universels : le mot « croûte », c’est un jugement ; si honorable soit-il, je vous rappelle que les impressionnistes ont été refusés en leur temps. Je sais que cette crainte de rater le Monet de notre temps conduit à subventionner tous horizons, mais quand vous parlez de « choisir » dans les missions de l’Etat, vous ne dites pas qui, comment, selon quels critères, etc. Faut-il mobiliser un référendum pour chaque projet ? Vous me direz peut-être – avec raison – que le marché a finalement assuré le succès de Monet, et que c’est peut-être à chacun (de nous) de financer la création – ou, plus largement, la culture – qui lui convient. Oui, mais les inégalités territoriales et sociales existent ; n’est-ce pas à l’Etat de les compenser ? Les habitants de la Creuse n’ont-ils pas le même droit que ceux des grandes métropoles à pouvoir choisir la culture qui leur convient ?

    Vous soulevez le clientélisme de Martine Aubry – fort bien – mais votre billet n’est-il pas, lui-même, en un sens, très populiste ?

  3. cilia

    Simplement pour m’abonner au fil.
    Pour ce que j’en pense : au secours !

  4. @mariehelenenew

    « votre billet n’est-il pas, lui-même, en un sens, très populiste ? »

    Je pense que votre commentaire, intéressant, est un peu à côté du sujet, car n’ai pas dit qu’il fallait supprimer le budget de la Culture. J’ai juste postulé que 2,7 milliards, dans un pays en crise budgétaire, c’était peut-être suffisant, et qu’il n’y avait peut-être pas besoin de flirter avec les 4 milliards par an.

    Ensuite, oui, parler de croûte est subjectif. Mais je ne suis pas le seul à déplorer une forme de gaspillage dans la culture. Qui est parfois une forme de « pains et jeux » pour amuser la population. Pourquoi par exemple financer certains festivals de rock portés par des multinationales? J’ai juste dit que si Martine Aubry voulait procéder à des réajustements, elle pouvait très bien arbitrer au sein des politiques déjà menées.

    Et si l’Etat a un rôle à jouer dans la découverte et le soutien des artistes, ce n’est pas le seul canal disponible. En effet, il existe le mécénat privé. Et Martine Aubry souligne elle même que le budget culture des collectivités locales, hors Etat, est de 10 milliards.

    Enfin, vous vous intéressez à la Creuse, mais à l’évidence, l’inégalité avec les grandes villes ne sera jamais comblé. A moins de lancer des initiatives comme le Louvre-Lens ou le Centre-Pompidou de Metz, qui à mon sens, sont de très bonnes idées. Mais nécessairement rares.

  5. Le programme du PS est non seulement financé par une hausse d’impôts, mais également par une hausse de la croissance obtenue par l’augmentation des dépenses publiques. Cela n’a pas fonctionné par le passé, mais tout le monde s’accroche toujours à ce type de maraboutage économique…

    L’idée que la dépense publique permet une activité économique qui in fine la rembourse est à prendre avec des pincettes dans la plupart des cas. Par exemple, les restaurants autour du Musée Matisse du Cateau-Cambrésis permettent ils de financer les subventions faisant fonctionner ledit musée ?

    Et l’un des principaux problèmes de la culture, c’est son côté totalement subjectif. Déjà qu’on a du mal à savoir où placer des hôpitaux, alors pour prendre des décisions en matière d’art, on est sûr d’avoir bien peu de gens d’accord. C’est pourquoi je pense qu’il serait préférable pour les administrations publiques de se désengager de la création culturelle, pour se concentrer autour d’une approche purement patrimoniale (en gros, ce qui est déjà passé dans l’Histoire). Quant au régime des intermittents, on pourrait tout simplement le supprimer.

  6. Autant je suis d’accord avec le fond (la culture n’a pas forcément besoin d’un cadeau d’1milliard d’euros, sans réflexion sur leur utilité), autant ce post m’a attristé car il m’a fait penser à ces politiciens qui sortent des chiffres en les connaissant mal pour casser l’idée de l’adversaire (on peut espérer mieux d’un blogueur, non? 🙂 ).

    La phrase incriminée est la suivante: « Pourquoi par exemple ne pas tailler dans ces dépenses inutiles qui, au hasard, consistent à installer des croûtes dans le parc de Versailles? ». En effet, il me semble que le Château paye ses « croutes » grâce à des levées de fond de mécénat spécifique pour de grands projets et il soutient que les rentrées d’argent sont, de plus, supérieures lors des expositions qu’en période normale. Alors en effet, mon coeur de Versaillais se brise un peu plus à chaque fois que je passe devant la porte des étoiles rouillée de la place d’Armes, mais ce n’est pas fait aux frais du contribuable.

    Pour le reste des choses, je m’y connais moins, mais c’est plus difficile d’y croire après cela :-/

    PS: On pourra arguer que le mécénat coûte à l’Etat avec la défiscalisation, mais ça ne touche pas directement le contribuable 🙂

  7. Je vais calmer mon énervement et ne pas tomber dans les anathèmes « populistes » et « poujadistes ».
    Juste des faits, donc.
    1/ 2,7 milliards d’euros, cela représente pour le secteur culturel: 300000 emplois directs (plus que le secteur de l’automobile!) Et c’est également le budget de la réduction de TVA consentie aux gargotiers.. qui a créé péniblement 20000 emplois!
    Et je ne parle pas des emplois induits (retombées économiques des festivals pour les villes et incidence de la culture sur les chiffres du tourisme).

    2/ Outre que le jugement est hâtif est subjectif, si on veut dénoncer l’art contemporain au château de Versailles (qui perso me g^ne moins que la hideuse expo sir es trônes royaux ) dénonçons le conflit d’intérêts d’Aillagon qui a bossé pour Pinault et expose à Versailles des artistes de sa collection en faisan monter leur côte.

    3/ Le régime de l’intermittence est beaucoup moins déficitaire que celui des intérimaires , mais celui là, on se garde bien ‘y toucher, il arrange le MEDEF. le financer? revoir son périmètre en empêchant les télés et autres margoulins de l’audiovisuel d’en abuser alors qu’ls ont les moyens de payer leurs techniciens à l’année et d’avoir des permanents (et rappelons que les salariés en CDI du spectacle côtisent aussi pour ces annexes!) . et rétablissons le plafond d’indemnisation que la droite a aboli.

    4/ 5 à 10% de jeunes artistes dans les institutions, ce serait dans leurs cahier des charges à budget constant, pour éviter précisément qu’elles ne programment que des valeurs sûres, je ne vois pas où est le problème.

    5/ Cela fait partie des fondamentaux de la gauche et c’est à son honneur que d’avoir pensé que la culture n’était pas réservée à une élite et qu’elle relevait d’une mission de service public. remettre ça en question, nier sa part dans la formation de l’humain et la réduire au divertissement des élites, c’est régresser de cinquante ans, avant Vilar (et même Malraux qui n’était pourtant pas de gauche) ! Ce sont exactement les mêmes arguments qu’utilise les commentateurs du Figaro. et c’est fondamentalement insultant pour le peuple que de penser que la seule culture à laquelle il peut s’intéresser est TF1. Pour mémoire, les communistes ont construit des théâtre dans les banlieues populaires dans les années cinquante, quand la France était dix fois moins riche, et on ne pourrait pas prolonger et intensifier cet effort aujourd’hui, sous prétexte de dette? Bel exemple de la pensée TINA…
    C’est quoi le rôle de la gauche, juste permettre au peuple d’avoir un boulot et un meilleur pouvoir d’achat, d’être juste producteur et consommateur, bon petit soldat de l’économie de marché? Hé bien désolée, pour moi, nier l’importance de la culture, c’est un poncif de droite.

  8. Pingback: Présidentielle 2012 : Dénonçons la gauche populiste !!! – «L'optimisme est une fausse espérance à l'usage des lâches et des imbéciles» - G. Bernanos -

  9. @Kern

    Cette idée me révolte, et j’étaie mon opinion avec des chiffres, non pas pour faire sérieux ou pour « casser l’adversaire », mais au départ, pour me faire une idée, pour comprendre de quoi on parle, simplement. Après tout, c’est Martine Aubry qui parle de chiffres!

    Ensuite l’exemple des croûtes était un exemple pris au hasard, car l’article de H16 m’avait beaucoup rire à l’époque. Ce que je veux dire c’est qu’on a le sentiment qu’on finance un peu tout et n’importe quoi.

    @Valdo

    Vous avez raison : moi-même, je ne vous traite pas de gauchiste. Répondons, donc.

    1- sur l’industrie automobile, j’espère que vous plaisantez. Les aides au secteur ne visent pas que des embauches en intérim, mais visaient surtout à sauver une industrie dont la production s’est brutalement effondrée en 2008 et qui en France, représente aujourd’hui toujours 737 000 emplois directs! Une broutille?

    Libre à vous de préférer une économie qui repose sur du tertiaire et sur de l’emploi culturel, et donc, artificiel. Moi, je me dis bêtement que si on crée de la richesse ça repose sur des bases plus solide.

    Et puis… entre nous, je ne conteste pas les 2,7 milliards. Je dis que peut-être, il n’y a pas besoin d’en rajouter.

    2. « dénonçons le conflit d’intérêts d’Aillagon  » : ce n’est pas mon propos. En fait, je ne vois tout bonnement pas le rapport mais si ça vous fait plaisir…

    3. Sur le régime de l’intermittence, je laisserais Xerbias vous répondre car personnellement, je ne maîtrise pas le sujet. D’ailleurs, je me suis soigneusement abstenu d’en parler…

    4. Sur le fond cette mesure ne me dérange pas, au contraire. Mais j’imagine que cela signifie une perte de recettes. Entre programmer à l’Opéra Bastille une valeur sûre et un jeune débutant, ça ne fait pas autant de rentrées. Peut-être pourrait-on déjà obliger les radios à réellement diffuser leur ratio de musique française? Ce serait déjà un bon début. ça aiderait les jeunes artistes à percer.

    5. Je n’ai jamais dit que la culture était réservée à une élite. Mais on a l’impression que pour certains, culture = grosse dépense de fric. Et je le répète, il y a une nuance entre prolonger l’effort et l’intensifier. Je n’ai pas dit qu’il fallait tailler dans le budget. J’ai dit que vues les circonstances, peut-être que ce n’était pas une priorité d’augmenter ces dépenses. La culture c’est très bien, mais le besoin primaire de l’homme, c’est de manger à sa faim. D’avoir un emploi. D’éduquer sa famille. Ce n’est qu’une fois que tout cela est fait qu’on s’intéresse à la culture. Je ne nie pas que ce ne soit pas important, je dis que ce n’est pas la priorité n°1.

    En bref, vos critiques sont très amusantes mais je ne me sens absolument pas visé. Vous répondez à côté et me prêtez des pensées que je n’ai pas.

  10. Loko

    Bonjour

    vous dites , entre autres, qu’il existe aussi (et surtout ?) le secteur privé pour financer la culture. Mais le privé ne s’interesse qu’a ce qui est rentable.
    Or culture et rentabilité font rarement bon ménage. Une manifestation culturelle n’a pas obligation à être rentable (si elle l’est, tant mieux), une telle obligation serait antinomique et dénaturerait par essence l’expression artistique. Ou alors vous en connaissez les risques : formatage à tout va, baisse de la pluridisciplinarité, etc ..

    C’est la même chose que pour certains autres secteurs publics tels que la santé ou l’éducation, par exemple. Ces secteurs ne sont pas rentables par essence mais apportent néanmoins un bien à la société, il revient donc à l’Etat de s’en occuper.

  11. En l’occurrence le mécénat privé ne vise pas la rentabilité, mais bénéficie de déductions fiscales qui ont tout intérêt à exister puisque cela permet de financer nombre de projets culturels et patrimoniaux.

    Ensuite, la question posée par ce billet n’est pas de savoir qui doit prendre en charge la culture, mais vise plutôt à s’interroger sur les besoins qui existent. A-t-on vraiment besoin de multiplier par 1/3 le budget de la culture?

  12. Tout dépend de ce qu’on veut. Si on estime que développer l’émancipation et a pensée des gens, leurs capacités critiques, c’est inutile, si on estime que l’art n’est qu’un gaspillage d’argent et d’énergie dans une société, on peut continuer à baisser les budgets culturels. Ou les confier au bon vouloir des mécènes, qui n’ont qu’un objectif: s’en servir pour leur image et gagner des cadeaux fiscaux. Donc,les choix artistiques seront toujours financés par le contribuable,s mais laissés à la discrétion des marques pour leur promo. Qui bien évidemment préfère le patrimoine (consensuelle) ou les grands événements à des actions artistiques plus discrètes mais au plus prés des gens, dans les quartiers populaires par exemple.

  13. @Valdo

    « on peut continuer à baisser les budgets culturels »

    Qui parle de baisser les budgets culturels?

    Et vous croyez que les collectivités ne se servent pas de la culture pour leur image? Il faut arrêter avec le manichéisme. Il n’y a pas d’un côté la BONNE culture qui consiste à aller s’adresser aux quartiers populaires et la MAUVAISE culture qui consiste à rénover le château de Chambord. Donc l’intervention du privé via le mécénat (qui de fait, est financé en partie par l’État via les déductions fiscales) est une bonne chose, nécessaire.

  14. Pas de manichéisme, juste des convictions de gauche qui font que la culture vivante me parait prioritaire vis à vis du patrimoine de prestige, et les dépenses de service public prioritaires face aux cadeaux fiscaux faits aux mécènes. c’est ce qu’on appelle le clivage gauche/droite ou socialiste/libéral et j’ai choisi mon camp.

  15. Ah ok, pardon, alors si il faut augmenter le budget de 1 milliard sans autre justification que des « convictions de gauche », désolé, alors. En effet, cela permet de couper court à tout débat.

  16. P.S : qui vous dit que le « bon peuple » préfère du théâtre de proximité au fait de visiter Versailles ou Chambord? Parce que le prestige, ce n’est que pour les riches, peut-être?

  17. Loko

    amha, il ne s’agit pas de vouloir mais de pouvoir. Chambord, c’est loin et c’est cher. le théatre de proximité est plus accessible.

    C’est un peu comme une prime à l’achat d’une Ferrari : le « bon peuple » s’en ficherait un peu …

  18. Loko

    Il faut savoir relativiser.
    1 milliard de plus par rapport aux 286 totaux programmés en 2011, ca ne fait que …0.3% en plus.
    De plus rien ne dit qu’il s’agit d’1 milliard à perte, il est peut etre pris sur d’autres budgets

  19. Gwynfrid

    @ Loko:

    1 milliard de plus par rapport aux 286 totaux programmés en 2011, ca ne fait que …0.3% en plus.

    Chaque lobby raisonne exactement de la même façon que vous, et ils sont fort nombreux. Voilà qui aide à comprendre le niveau monstrueux de notre dette !

    2,7 milliards d’euros, cela représente pour le secteur culturel: 300000 emplois directs

    Encore faut-il démontrer que ces emplois sont dépendants des 2.7 milliards. Encore plus fort: démontrer qu’avec 1 milliard de plus, on devrait générer 30% d’emplois supplémentaires… bonne chance.

  20. Que ces emplois soient dépendants des 2,7 milliards, c’est prouvé par plusieurs études dont celle de Bernard Latarjet sur l’emploi culturel. il s’agit d’emplois artistiques directement financés par l’argent des subventions. Ça ne prend donc pas en compte les emplois induits générés par les dépenses culturelles d’investissement (Rénover ou construire, c’est aussi des emplois dans le bâtiment et l’artisanat!) ni les retombées économiques des festivals (nuits d’hôtel, restaus, commerçants locaux.) demandez aux municipalités qui ont de grands festivals ce qu’elles y gagnent!
    Par ailleurs, un chiffre et trés précis: 2,7 milliards de cadeau de TVA aux gargotiers, ça a péniblement créé 20000 emplois…
    Et en effet, la politique, c’est des arbitrages entre des lobbies et des dépenses. Alors une politique de gauche pourrait supprimer la baisse de TVA aux restaus, supprimer la vidéo surveillance dont la cour des comptes a prouvé qu’elle ne sert à rien, supprimer le financement des écoles religieuses, supprimer les allègements de charges aux entreprises dont il est prouvé que ça ne crée pas d’emplois et imposer à 70% au moins les hauts revenus, ça dégagerait des marges…

  21. Gwynfrid

    Que ces emplois soient dépendants des 2,7 milliards, c’est prouvé par plusieurs études dont celle de Bernard Latarjet sur l’emploi culturel.

    Je vous prie de citer la source avec un lien. Notamment, j’aimerais bien savoir ce que recouvre le chiffre de 300000. Sont-ce des emplois à temps plein, par exemple ? Et d’ailleurs, quelle est la définition de l' »emploi culturel » ?

    Le reste de votre commentaire confirme simplement que votre point de vue est plus idéologique qu’économique… À cette aune, je me demande pourquoi vous vous satisferiez d’un modeste petit milliard.

  22. Je n’ai pas de comptes à vous rendre ni d’ordres à recevoir. Ça fait quinze ans que les politiques culturelles sont mon métier, je sais ce que j’avance, et si vous voulez des chiffres, allez chercher du côté de l’UFISC, googlelisez le rapport Latarjet, regardez le département études et prospectives du ministère de la Culture. Quant à l’idéologie, étant de gauche et le revendiquant, je l’assume totalement. N’étant pas de ceux qui ont envie de sacrifier les choix politiques à l’antienne TINA et aux rabâchages sur la dette et les déficits qui eux aussi relèvent de l’idéologie néolibérale. L’Islande s’est assise sur sa dette et c’est le pays qui s’en tire le mieux.

  23. Gwynfrid

    Voilà qui clôt la discussion. Je vous remercie.

  24. Loko

    Bonjour
    Moi je trouve quand même dommage cette ironie de votre part, raillant 1 milliard de dépenses en plus uniquement au nom de « valeurs de gauche ». On sent que cela vous horripile, du coup ca donne moins de valeur à vos billets à cause de leur subjectivité.
    Le propos n’est pas d’augmenter les dépenses, mais de les répartir différemment. Ce milliard en plus à la culture serait pris ailleurs, Valdo en a donné de bons exemples.
    Faire de la politique consiste principalement à faire des choix. On a un budget, on choisit de répartir les dépenses plus ou moins dans tel domaine, selon ce que chacun pense être le mieux. Selon la répartition globale, certaines répartitions seront dites plutôt « de gauche » ou plutôt « de droite ». A partir du moment où il est justifié, et ne consiste pas par exemple à faire des cadeaux « gratis » aux restaurateurs sans engagements en contrepartie, chaque choix, chaque répartition est respectable, il n’y a pas d’ironie à faire dessus, qu’il soit au nom de valeurs « de gauche » ou « de droite ».

  25. « Ce milliard en plus à la culture serait pris ailleurs, Valdo en a donné de bons exemples. »

    La réponse a déjà été donnée : la culture n’est pas prioritaire. Envoyez des troupes de théâtre dans le Sahel, vous verrez que ça ne changera pas leur vie. Sauf s’ils les bouffent.

    Dans un contexte de crise, où de plus en plus de gens ont du mal à se nourrir et à nourrir leur famille, prendre du fric au vital pour le rebalancer dans l’accessoire, qu’on soit de gauche ou de droite, c’est absurde.

    Et c’est un artiste qui parle.

  26. Loko

    @Fikmonskov : je ne suis pas persuadé qu’il y a besoin de dépenser autant de milliards dans une armée de terre (par exemple) pour assurer notre sécurité, si c’est de cela que vous parlez en terme de « vital ».
    Ou bien vous parlez des restaurateurs : je les trouve moins vitaux que la culture, on peut manger chez soi, et faire des cadeaux fiscaux qui ne profitent qu’aux patrons de restaus sans respecter leurs obligations, ca ne me semble pas « vital » du tout.

  27. Gwynfrid

    @ Loko: qu’il faille revenir sur l’énorme cadeau fiscal accordé au lobby de la restauration me semble une évidence. Qu’il faille aussi sec profiter de l’argent récupéré pour faire des cadeaux à d’autres lobbys est déjà nettement plus hasardeux.

    Pour plusieurs raisons: d’abord, il y a beaucoup de candidats pour réclamer un ou deux milliards de plus. Vous allez voir que les restaurateurs vont être cités par tous ceux qui souhaitent profiter de la campagne de 2012 pour présenter leurs revendications à Maman Élysée.

    Ensuite, Sarkozy a fait ce cadeau (de même que la fameuse TEPA) avec de l’argent qu’il n’avait pas: ces mesures sont directement allées grossir le déficit. Dans l’intervalle, la crise a réduit les recettes fiscales, donc rien n’est venu compenser cette perte volontaire de recettes, bien au contraire.

    Bien sûr on peut faire comme la Grèce et demander aux banques allemandes, françaises et anglaises de financer nos déficits. Elles seront heureuses de le faire, jusqu’au jour où soudainement elles se rendront compte du risque pris. Ce jour-là, notre indépendance sera fortement remise en cause. Ça, c’est beaucoup plus vital que la culture ou les restaurants.

  28. Loko, ce n’est pas parce qu’on ne cautionne pas une décision abrutie à venir qu’on est forcément fana d’autres décisions abruties passées, hein…

    Rien à rajouter à Gwynfrid.

  29. @Loko

    Entièrement d’accord avec Fiksmonskov et Gwynfrid. ça plus ça plus ça, et on se retrouve à aggraver le déficit, non pas pour améliorer les choses mais juste pour faire plaisir à des castes électorales. C’est du clientélisme.

    Il faut faire des efforts. Et je doute qu’on fasse forcément toujours mieux avec plus d’argent.

    Donc je n’ironise pas, je conteste le bien-fondé de la mesure, avec beaucoup de sérieux.

  30. Pingback: Hashtable » Juillet 2011 en condensé, gras, sans serif

  31. Panda Bourré

    Concernant le cadeau fait aux restaurateurs, c’était un marché de dupes : on a baissé la TVA, la belle affaire ! La TVA va dans la poche des commerçants, maintenant ?
    En échange d’une baisse sur de l’argent qu’ils ne touchaient pas de toutes façons, ils ont consenti à se couvrir de tout un tas d’obligations diverses dont certaines m’ont semblé un peu scabreuses (l’obligation d’assurer tout le personnel de la branche à une mutuelle dirigée par Guillaume Sarkozy, par exemple…), se sont fait pourrir dans les merdias à tous les temps et à tous les modes, et la disparition progressive de la progression n’a pas ralenti pour autant : tant que l’Etat s’acharnera à dépouiller les clients tant et plus, ils iront moins au restaurant, quel que soit le taux de TVA…

  32. Panda Bourré

    edit : il fallait comprendre « profession » au lieu de « progression »…

  33. Théo31

    Certains commentateurs n’ont pas lu Bastiat, en particulier Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas. Et ce sont les mêmes qui viennent nous faire des grands discours sur la culture.

  34. bruno

    madame aubry j’espere que dans son projet pour la culture ell favorisera la recherche de nouvlle star genre djamel debouze et tout cs noir qui dans l’eur rap de merde dise quil faut bruler la france et niquer les francais.

  35. Pingback: Marc Vasseur | « La mondialisation porte en elle la probable catastrophe, elle porte aussi l'improbable espérance » — E. Morin

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