Pas de cantine pour les enfants de ces fainéants de chômeurs

Quand l’argent vient à manquer et que l’heure de faire des sacrifices arrive, la tentation est grande pour un groupe de se retourner contre les plus faibles ou de procéder à des discriminations. A Epône (Yvelines) et Thonon-les-Bains (Haute-Savoie), pour faire face à l’afflux dans les cantines scolaires municipales, les maires ont décidé de restreindre leur accès aux enfants des parents qui travaillent. A contrario, les enfants de chômeurs, eux, devront rentrer manger à la maison. Une mesure qui en plus d’être injuste, discriminatoire et probablement illégale, illustre le regard caricatural que la droite porte sur les bénéficiaires des prestations sociales.

Haro sur les bénéficiaires des prestations sociales! Après le « cancer » de l’assistanat, dénoncé par Laurent Wauquiez, l’heure est à réserver des avantages sociaux aux vrais Français, ceux qui travaillent. Deux municipalités – Epône en Ile-de-France puis Thonon-les-Bains en Haute-Savoie – viennent en effet de réserver l’accès à la cantine scolaire aux enfants des parents qui ont un emploi. Ce qui revient a contrario à exclure ceux dont au moins un parent ne travaille pas : parent à la maison (en congé parental par exemple?) ou au chômage.

Justification donnée par les élus de ces deux communes : le manque de place. Une mesure qualifiée d’ « exceptionnelle » à Epône, puisqu’elle en sera appliquée qu’en cas de forte affluence à la cantine. « Avant, il n’y avait aucun règlement, c’était l’anarchie. Ce texte nous permet d’encadrer des situations exceptionnelles. Soyez rassurés, cela n’arrivera jamais! », assure au Parisien un adjoint au maire. A Thonon, elle sera permanente, en vertu d’un nouveau règlement adopté en avril. « Nous ne voulons pas priver les enfants de chômeurs de cantine, mais donner la priorité aux familles qui travaillent et ne peuvent pas les garder. D’ailleurs, le premier mois de chômage, le temps pour le parent de s’adapter, les enfants sont accueillis normalement », scande le maire de la ville, Jean Denais (UMP). La générosité est sans bornes à Thonon.

D’après le Dauphiné Libéré, qui a révélé l’affaire,  le nombre d’inscriptions aurait pourtant chuté de 200 entre 2006 et 2011… La mairie affirme de son côté que les effectifs sont passés de 440 à 652 entre 2000 et 2010. Ce qui n’est pas forcément contradictoire. Toujours selon le même journal, la jurisprudence serait pourtant défavorable à cette mesure, contraire au principe d’égalité :

Plusieurs décisions de justice versent en effet en ce sens. L’arrêt du tribunal administratif de Versailles du 16 novembre 1993 a notamment sanctionné “l’atteinte au principe d’égalité des usagers (de la cantine scolaire, ndlr) en introduisant une discrimination entre les enfants suivant que leurs parents ont un emploi salarié ou non”.

Plus récemment, en 2010, le tribunal administratif (TA) de Lyon a condamné la mairie d’Oullins (Rhône) pour avoir instauré un règlement intérieur en tous points similaires à la mesure thononaise. Le TA avait conclu au caractère illégal – car discriminatoire – du dispositif, confirmant un jugement du Conseil d’État qui avait suspendu l’exécution du règlement dès l’automne 2009.

Au-delà de la question de la légalité de la mesure, on en imagine les conséquences sociales pour l’enfant et le parent. Pour ce dernier, il faudrait présenter un certificat de travail pour permettre à son fils ou sa fille de s’inscrire à la cantine. Et dans le cas contraire, affronter le regard de son enfant. « Il est difficile d’expliquer à un enfant que d’un seul coup, parce que son père est au chômage, il n’a plus le droit d’aller à la cantine. C’est une affaire d’adulte qui ne le regarde pas« , raconte le père d’un enfant d’une école de Thonon, qui n’a pu être admis à la cantine en vertu de ce règlement.

On imagine aussi le regard que porteront tous les autres enfants de l’école sur ceux qui ne seront pas admis à la cantine. A un âge où la cruauté des enfants est vive. Et où il n’est pas facile de ne pas être « un enfant comme les autres ». Le chômage d’un des parents est déjà une situation familiale difficile à vivre. Les municipalités doivent-elles vraiment en rajouter?

Et puis il y a la sociabilisation, l’intégration au groupe. La cantine n’est pas un droit de l’homme, on peut très bien s’en passer. Mais elle permet aussi aux enfants de créer des liens entre eux, le temps d’un repas et d’une « grosse récréation ». Sans vouloir faire de la psychologie de comptoir, je me souviens que petit enfant, j’étais parfois chagriné de rentrer déjeuner en famille, et de manquer le temps fort de la journée. Je prenais ainsi un gros retard dans la compétition de billes. Et dans le prestige associé aux premières places des chats perchés, balles aux prisonniers et autres éperviers. Celui qui rentre chez lui manque tout ça.

Sans compter que la cantine est parfois le seul repas équilibré que certains enfants vont manger dans la journée. Les Français ne sont pas égaux devant le surpoids et l’obésité : ces dernières années, l’écart s’est creusé en la matière entre les catégories socio-professionnelles.

Et il y a surtout, derrière cette mesure, le regard insupportable que beaucoup de nos concitoyens portent sur les chômeurs dans ce pays. Comme s’ils n’étaient qu’une bande de bons à rien, de parasites, qui passent leur temps à regarder le Tour de France, en jogging, avachis sur le canapé, une bière à la main. Il y a certainement des gens qui correspondent à ce cliché. Mais le chômeur, c’est aussi quelqu’un qui stresse à l’idée de ne pas retrouver d’emploi. Quelqu’un qui se doit de rester disponible et à l’écoute de tout offre, de tout entretien, de toute formation. Si lorsque celui-ci se présente, il doit préparer à manger à ses enfants…

A l’aube d’une campagne présidentielle incertaine, le climat est plus que jamais devenu délétère dans ce pays, où une partie de la majorité est partie à la chasse aux gaspillages sociaux, et une autre se met aux apéros saucisson-pinard. Face aux difficultés budgétaires, certains élus se croient obligés de dresser en permanence les Français les uns contre les autres. Gouverner dans ces conditions est désormais une gageure, puisqu’il faut bien trouver de l’argent quelque part, et que la tentation est grande de trouver des boucs émissaires : à droite, on dénonce l’assistanat, à gauche, le favoritisme envers les « riches »…

Pendant ce temps, rappelons que 67% des Français ne font confiance ni à la gauche, ni à la droite pour gouverner le pays. Et que la voie est royale pour le Front national. Si on pouvait éviter, en plus, de lui faire la courte échelle…

Ce billet a également été publié sur Atlantico.

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30 Commentaires

Classé dans Chafouinage

30 réponses à “Pas de cantine pour les enfants de ces fainéants de chômeurs

  1. Adrien

    Je sors un peu de ma « zone de confort » pour intervenir (brièvement) sur ce sujet (et en profiter pour surprendre notre hôte, qui, je suis sur, ne s’attendait pas à me voir commencer sur cette question 😉 )…

    J’ai une expérience du chômage très limitée. 6 mois après l’obtention de mon dernier diplôme, pas de famille à charge, logement appartenant à ma grand mère et prêté gracieusement, et surtout, la conviction de trouver rapidement (mes camarades de promotion trouvant tous un emploi les uns après les autres)… Une situation idéale, d’une certaine manière.

    Et pourtant, ce n’est pas facile. Les démarches administratives ne sont pas toujours évidentes, les entretiens tombent quand ils veulent, et surtout, le temps de l’entreprise n’est pas le temps des hommes : le « rapidement d’une entreprise » est un « avant un mois, si tout se passe bien », et pas du tout le « avant la fin de la semaine » qu’un chômeur pourrait espérer.

    Alors ajouter un enfant à s’occuper …

    (oui, chercher un emploi est un emploi à plein temps !)

    Je passe rapidement sur les autres points. La socialisation des enfants ? La récréation est essentielle, et les enfants qui mangent étaient, dans ma classe, nettement moins bien intégrés. C’est avec tristesse (réciproque) qu’on les voyait rentrer chez eux le midi, privé de ce temps fort de camaraderie.

    J’apprécie tout particulièrement cette phrase : « Ce texte nous permet d’encadrer des situations exceptionnelles. Soyez rassurés, cela n’arrivera jamais! « . Eh, si ça ne servira jamais, pourquoi le prévoir ? Par démagogie ?

    On ne rappellera jamais assez que le chômage n’est, dans la grande majorité des cas, pas la faute des chômeurs. Et que cela peut arriver à tout le monde. En France, nous avons choisi de traiter ce problème par la solidarité. On peut discuter ce principe (mais personnellement, j’y suis totalement favorable), en débattre, mais tant qu’il s’agit du système en place et accepté par la majorité de la population, il faut l’assumer jusqu’au bout ! Y compris dans les cantines des écoles !

  2. Quelle tristesse !
    Mais regardons les choses en face aussi : si les partis dits de droite classiques et les « autorités morales » s’étaient moins embourbés dans la négation des réalités décrites et/ou des « solutions » proposés par le front national depuis si longtemps en subissant le discours culturel de gauche ( en engageant par exemple une vraie politique familiale intégrant un vrai statut pour la mère de famille et le salaire qui va avec pour un choix de vie vraiment libre) sans nul doute qu’il y aurait moins de chômeurs !
    S’il ne faut pas tomber dans les pièges des fausses bonnes réponses et des discours réducteurs et simplistes, il ne faut pas non plus réduire les interventions de la droite populaire à la caricature qu’en fais Koz et que tu relaies, prêtant ainsi main forte à la courte échelle.

  3. cilia

    Chafouin,

    Bon. C’est acté. Je suis un dinosaure.

    Quand, il y a une vingtaine d’années, dans ma ville qui était peu ou prou de la taille de celle de Thonon, il nous était dit, ou suggéré, que la cantine, la garderie après la classe et le centre aéré le mercredi et les vacances étaient avant tout organisés pour les parents qui travaillent, tout le monde trouvait cela parfaitement normal, et même juste !

    En outre, le fait d’aller demander, de personne à personne, un traitement ponctuel différent nous semblait évident, sensé.
    Par exemple, je (parent) ne travaille pas actuellement mais dans deux jours, je serai dans l’impossibilité de prendre mon enfant pour la coupure de la mi-journée, voulez-vous bien l’inscrire à la cantine ?
    Oui, bien sûr Madame !
    Invariablement.

    Idem pour le centre aéré, idem pour la garderie d’après 16h30.
    (et idem, au passage, pour qu’une personne qui n’est ni le père ni la mère, vienne récupérer l’enfant, un jour dit. On prévient, on informe, on agit entre personnes adultes, quoi)

    Cela me semblait relever du bon sens…

    Tu nous dis, toi, aujourd’hui, que chaque patelin de France et de Navarre est dans l’obligation de dégager un budget suffisant pour que ces mesures de bon sens se transforment en mesures totalitaires et généralisées !
    Et qu’accessoirement, le traitement de l’obésité enfantine doit être réglé par la cantine (l’obésité enfantine actuelle n’est pourtant pas due au manque d’argent), ou qu’un parent en congé parental serait légitime à laisser son gamin à la crèche ou à la maternelle toute la journée ? ! ?

    Je l’avoue humblement, je suis larguée…

  4. non, là il faut arrêter!
    je suis habituellement d’accord avec toi,
    mais là, non!
    cette mesure est plus en faveur des enfants que des parents,
    et pour une fois, c’est vraiment une nécessité.
    Il y a des parents qui se débarrassent de leurs enfants alors qu’ils pourraient s’en occuper, et ce en comptant sur la solidarité financière des autres, ce n’est pas juste.
    les enfants ont le droit de voir leurs parents pour ce repas, et ce n’est pas parce que c’est malheureusement impossible à certains à cause d’horaires de travail excessifs qu’il faut en priver les autres.
    Il y a des mesures pour des repas à prix dérisoires pour les personnes en difficulté financière, donc les enfants qui ne mangeraient pas équilibré à la maison sont pris en charge, eux.
    Par contre, les parents qui ne travaillent pas mais préfèrent rester à discuter chez les copines plutôt que de s’occuper de leurs gosses, ou faire les boutiques, ou aller au SPA, à la gym, ou végéter devant la télé avec un pétard et un bouteille d’alcool, ou des neuroleptiques, ou juste ne pas réveiller le petit frère, issu d’une deuxième ou troisième union -et donc préféré par rapport à ceux dont le père ne plait plus et ne paie pas la pension alimentaire de très bon gré et qui sont devenus des « objets » trop encombrants- franchement, ces parents là sont de plus en plus nombreux.
    Et NON, ce n’est pas un privilège d’aller à la cantine et à la garderie jusqu’à 18h, et de se payer des journées de 9 à 10h dans du collectif sans aucun siège un peu confortable (acariens obligent) ni tapis, sur des chaises et des bancs en bois, des sols carrelés, sans pouvoir se poser 30 mn au calme loin du bruit.
    ça fait des enfants hyper agités, malheureux, et c’est TRES LOIN d’être un cadeau.
    alors non, ça c’est des arguments de parents, la chance d’aller jouer aux biles avec les copains. c’est des arguments de gens qui n’ont pas mangé à la cantine tout le primaire, c’est des arguments de gens qui ne voient pas la fatigue des enfants l’hiver, arrivés de nuit, repartis de nuit, et qui mangent dans du collectif, bruyant et impersonnel.
    NON, ce n’est pas une chance pur des enfants de manger à la cantine, ça n’arrange que les parents, et les directeurs connaissent très bien les parents, ils savent très bien qui a réellement besoin de ce temps . au besoin, on en discute, il y a des assistantes sociales qui interviennent, et on sait très bien inscrire les enfants qui sont plus malheureux chez eux qu’à l’école: on sait même contacter les services sociaux pur les faire enlever à leurs parents quand la situation est intenable (je pense à 3 enfants de CP, Grande Section et Petite section, le dernier étant partiellement handicapé, que la maman laissait le soir à 18h pour aller retrouver son « amoureux » et reprenait le matin à 8h pour les amener à l’école: l’enfant de CP lavait, habillait et faisait manger son petit frère et sa petite soeur: dans une école d’un quartier très chic: ce n’est pas un légende, ça arrive, que les parents démissionnent! les adultes sont capables d’être très égoïstes. ne rêvez pas.): ne croyez pas que les écoles ne se soucient pas de vos enfants, mais les cantines coûtent très cher à cause du prix du personnel, alors les gens qui peuvent faire le travail des « personnels » eux-mêmes et fournir à leurs enfants un repas paisible avec un encadrement de la meilleure qualité (les parents sont mille fois mieux pour un enfant qu’une étudiante qui gueule parce qu’ils sont 150 dans 5m²), il n’y a aucune raison de faire jouer la solidarité sur ce point là! ça devient débile d’assister les gens sur ce qu’ils peuvent parfaitement faire.
    (je suis instit, et non, franchement, arrêtez de faire pleurer les gens sur les pauvres enfants qui ne mangent pas à la cantine comme les copains: c’est trop le contraire!) (sinon, je mords, là!) (vous ne vous rendez pas compte de ce que c’est: c’est la cantine quotidienne pour ceux qui travaillent aussi, qui devrait être restreinte, pour que les enfants puissent avoir un temps de pause dans leur journée: les journées qu’ils ont, ces enfants, vous ne les feriez pas!)

  5. René de Sévérac

    Cilia, vous êtes vraiment larguée.
    Sans votre commentaire plein de bon sens, je n’aurais pas sorti le mien.
    Largué, je le suis. Dans une société où on ne parle que de droits (et jamais de devoirs !) d’épanouissement (vivre la cantine dans un tumulte d’enfer !) et de diversité (notre hôte n’a pas -merci mon Dieu- fait remarquer que les immigrés étaient visés car dans cette population le chômage y est endémique).

    Aïe, aïe … je suis allé trop loin.

  6. René de Sévérac

    @Do,
    On s’est croisé, mais je ne résiste pas :
    « … ou faire les boutiques, ou aller au SPA, à la gym, ou végéter devant la télé avec un pétard et un bouteille d’alcool, ou des neuroleptiques … »
    Là, faut pas pousser;
    Vous êtes plus aigrie que moi !

  7. Alors désolé mais aujourd’hui, j’avais du boulot.

    @Adrien

    « oui, chercher un emploi est un emploi à plein temps ! »

    Merci! Certains pensent que tous sont des glandeurs, il faut cesser avec cette vision des choses.

    Et merci aussi d’être sorti de votre zone de confort 🙂

    @Les Yeux Ouverts

    « si les partis dits de droite classiques et les « autorités morales » s’étaient moins embourbés dans la négation des réalités décrites et/ou des « solutions » proposés par le front national depuis si longtemps en subissant le discours culturel de gauche ( en engageant par exemple une vraie politique familiale intégrant un vrai statut pour la mère de famille et le salaire qui va avec pour un choix de vie vraiment libre) sans nul doute qu’il y aurait moins de chômeurs ! »

    On tombera sûrement d’accord sur la nécessité d’une vraie politique familiale, quoiqu’elle ne soit pas l’apanage du Front national. Mais il y aura toujours des chômeurs. En l’occurrence, personne dans les municipalités en question n’a dit qu’il y avait trop d’enfants de chômeurs à la cantine, juste qu’il n’y avait pas assez de place… Le fait qu’il y ait beaucoup de chômeurs rend le partage plus délicat. Mais je me rappelle de cette phrase de JP II qui disait que le degré de civilisation d’une société se mesure à l’aune de l’accueil qu’elle réserve aux blessés de la vie. No comment en ce qui concerne ces deux communes…

    « Il ne faut pas non plus réduire les interventions de la droite populaire à la caricature qu’en fait Koz et que tu relaies, prêtant ainsi main forte à la courte échelle. »

    Je ne relaie pas seulement : je suis en parfait accord avec son billet, qui n’est pas une caricature, mais une réaction à un fait précis. La droite populaire n’intervient pas que sur les thèmes de l’immigration, mais force est de constater que la mention de l’apéro saucisson-vin rouge, sur une invitation à fêter son anniversaire, montre quelles sont ses priorités : gonfler le torse en stigmatisant les musulmans.

    @Cilia

    « Tu nous dis, toi, aujourd’hui, que chaque patelin de France et de Navarre est dans l’obligation de dégager un budget suffisant pour que ces mesures de bon sens se transforment en mesures totalitaires et généralisées ! »

    Je n’ai pas dit ça, jamais. Je n’ai pas dit qu’il fallait obliger toutes les communes à prendre tous les enfants, j’ai dit que l’exclusion a priori des enfants de chômeurs laisse à entendre qu’au fond, ils n’ont pas grand-chose à faire de leur vie contrairement aux bons Français qui travaillent (et qui accessoirement, peuvent aussi rentrer déjeuner chez eux, mais c’est une autre histoire).

    Le problème, c’est qu’on a tout fait pour présenter les « services » étatiques ou municipaux comme des droits. Et on l’a fait aussi pour compenser le fait qu’on augmentait les impôts locaux qui servent à financer de plus en plus de services. Je pense aux crèches par exemple. Or quand on collectivise, cela suppose de ne laisser personne sur la touche. Est-ce qu’un chômeur paie moins d’impôts locaux que quelqu’un qui travaille? Ce n’est pas évident.

    On peut regretter cette collectivisation, mais dans le référentiel où nous nous trouvons, je trouve ces changements de règlements injustifiables.

    @Dominique

    « Il y a des parents qui se débarrassent de leurs enfants alors qu’ils pourraient s’en occuper, et ce en comptant sur la solidarité financière des autres, ce n’est pas juste. »

    Bien sûr! Je ne dis pas que tous les gens qui ne travaillent pas doivent mettre leurs enfants à la cantine, juste qu’interdire a priori à tous les enfants de chômeurs d’y aller peut mettre certains dans l’embarras alors qu’ils ne sont pas au chômage par plaisir… Bref, il est difficile de faire le tri. Ce qui devrait être une question de bon sens ne l’est plus à cause d’un changement des mentalités, cf ma réponse à Cilia.

    « Par contre, les parents qui ne travaillent pas mais préfèrent rester à discuter chez les copines plutôt que de s’occuper de leurs gosses, ou faire les boutiques, ou aller au SPA, à la gym, ou végéter devant la télé avec un pétard et un bouteille d’alcool, ou des neuroleptiques, ou juste ne pas réveiller le petit frère, issu d’une deuxième ou troisième union -et donc préféré par rapport à ceux dont le père ne plait plus et ne paie pas la pension alimentaire de très bon gré et qui sont devenus des « objets » trop encombrants- franchement, ces parents là sont de plus en plus nombreux. »

    Vous n’êtes pas un peu dans la caricature, là? Vous pensez vraiment dresser le portrait-type du chômeur? Et je regrette, mais si certains abusent, je ne vois pas pourquoi ça se retournerait contre ceux qui ont perdu leur emploi sans être des profiteurs pour autant. C’est justement ce que je dénonce dans ce billet : la caricature. C’est parce qu’ils pensent la même chose que vous que ces élus ont pris cette décision. Vous avez le droit de le penser, mais j’ose espérer que vous n’en faites pas une généralité, cela ne vous ressemblerait pas.

    « ça fait des enfants hyper agités, malheureux, et c’est TRES LOIN d’être un cadeau. »

    Ce n’est pas le souvenir que j’ai de la cantine…

    « alors non, ça c’est des arguments de parents, la chance d’aller jouer aux biles avec les copains. c’est des arguments de gens qui n’ont pas mangé à la cantine tout le primaire, c’est des arguments de gens qui ne voient pas la fatigue des enfants l’hiver, arrivés de nuit, repartis de nuit, et qui mangent dans du collectif, bruyant et impersonnel. »

    Je ne suis pas parent, c’est juste un argument personnel, d’un type qui se souvient de ses années de primaire et qui n’était pas mécontent de profiter (très rarement) de la cantine. On y allait un jour par semaine. Le reste du temps, ma mère qui était mère au foyer venait nous chercher pour déjeuner à la maison. Il y avait juste certaines fois où ce n’était pas possible. Mon père, lui, a été certaines années au chômage, mais il cherchait du travail, il n’était pas là pour nous préparer le repas.

    Et ce que vous nous décrivez, c’est tout surtout le lot des enfants dont les parents travaillent à outrance et font passer leur boulot avant leur progéniture, non?

    « au besoin, on en discute, il y a des assistantes sociales qui interviennent, et on sait très bien inscrire les enfants qui sont plus malheureux chez eux qu’à l’école »

    Ici il ne s’agit pas de mesures individuelles prises au coup par coup, mais d’un règlement. Il y a une différence de taille entrer les deux attitudes.

    « les journées qu’ils ont, ces enfants, vous ne les feriez pas! »

    Je suis parti au travail à 9h30 ce matin, j’en suis revenu à 23h30.

    @René

    Les droits et les devoirs? Mais c’est quoi, le devoir d’un chômeur? De chercher du travail. Pas de faire la nounou. S’il peut le faire, très bien. Mais le lui imposer…

  8. Juste un petit commentaire :
    La mesure de « Thonon » est scandaleuse parce qu’elle est stigmatisante et discriminatoire.
    M’enfin, sur certains points, Chafouin, vous me faites un peu rigoler, même pas jaune.
    Le coup de « la cantine, seul repas équilibré » pour lutter contre l’obésité infantile… La cantine, repas équilibré ? Certaines essaient sans doute de proposer des repas dits équilibrés… est-ce pour ça que les enfants mangent équilibré ? Et c’est bizarre… il y a beaucoup plus d’enfants obèses depuis la généralisation des « cantines pour tous », et non plus seulement pour les enfants dont les parents ne peuvent faire autrement (pour mille et une raisons qui ne sont pas que « le travail »… comme par exemple, Dominique, devoir s’occuper du nouveau-né correctement, même s’il n’est pas issu d’un troisième compagnon). La cantine, c’est quand même neuf fois sur dix de la restauration collective bas de gamme, comme dans les hôpitaux ou les prisons.
    La grande récré qui permet de s’amuser avec les copains… mouais ! Là, j’ai envie de vous répondre « on voit bien que vous n’étiez pas obligé d’y aller tous les jours ». C’est parce qu’elle était occasionnelle qu’elle était sympa, cette récré ! J’ai, moi, et la plupart des gens avec lesquels j’en ai discuté, le souvenir de loooooongues heures d’ennui, parfois glacé, parfois « serrées comme des sardines » sous le préau parce qu’il était interdit de jouer sous la pluie (et en Belgique, il pleut souvent !)
    Alors, oui, la cantine c’est bien, c’est utile, mais de là à la présenter comme agréable… bofff.

  9. @Lambertine

    Ce qui ne change rien à la démonstration, nous divergeons donc sur des détails 🙂

    Quand on voit comment ça se passe dans certains milieux, je pense que la cantine est un moindre mal. C’est toujours mieux qu’un paquet de chips devant la télé… Ceci dit je ne la présente absolument pas comme un rempart contre l’obésité. C’est une réflexion qui s’ajoute à la pyramide, c’est tout.

    Quant au plaisir de retrouver les copains… Peut-être, tout simplement, que j’ai eu une enfance très heureuse. Que j’adorais jouer aux billes 🙂 Et que chez nous, il ne pleut pas tous les jours. Je me doute qu’un enfant isolé doit trouver ça nettement moins drôle…

  10. En complément, un billet que j’ai publié récemment sur mon blog et qui traite du même sujet dans des termes très proches http://wp.me/p1peJJ-3N

  11. On tombera sûrement d’accord sur la nécessité d’une vraie politique familiale, quoiqu’elle ne soit pas l’apanage du Front national
    Tu peux me dire où est en ce cas l’apanage dans l’offre politique aujourd’hui et les décisions d’hier ?

    Mais je me rappelle de cette phrase de JP II qui disait que le degré de civilisation d’une société se mesure à l’aune de l’accueil qu’elle réserve aux blessés de la vie. No comment en ce qui concerne ces deux communes…
    J’ai pas écrit « Quelle tristesse » ?

    Je ne relaie pas seulement : je suis en parfait accord avec son billet, qui n’est pas une caricature, mais une réaction à un fait précis. La droite populaire n’intervient pas que sur les thèmes de l’immigration, mais force est de constater que la mention de l’apéro saucisson-vin rouge, sur une invitation à fêter son anniversaire, montre quelles sont ses priorités : gonfler le torse en stigmatisant les musulmans

    Une réaction qui jette un regard pudique , c’est le moins que l’on puisse écrire, et quelque peu politico-culturellement correct sur l’islam et les menaces qu’il représente ! Une réaction qui aurait pu servir à éclairer sur le fond en chrétien sur le sens des mots nation, patrie, politique, culture et engagement pour le bien commun et qui ne le fait pas. Une réaction qui aurait pu indiquer aussi la référence au travers de laquelle les chrétiens sont appelés à « faire de la politique » à savoir l’enseignement social de l’église et qui ne le fait pas. Une réaction qui manifeste bien plus une aversion épidermique envers le FN que d’une réponse argumentée à l’aune de la dse.

  12. @Les yeux ouverts

    Je ne crois pas que la DSE demande de discriminer des personnes. il y a une nuance entre être informé des dangers que peut représenter une certaine forme de l’islam, et afficher un rejet des musulmans. Il me semble.

    Si appeler au respect des musulmans est une forme de compromission avec l’islamisme, on marche sur la tête! En quoi Lionel Lucca nous informe-t-il sur les dangers de l’islam? En aucun cas il ne fait une telle démarche. Il exacerbe juste les tensions et les peurs, sans rien nous apprendre. Et je ne vois pas en quoi afficher sa « francitude » – et entre nous, saucisson pinard, c’est plus beauf que français, mais bon – permet de lutter contre les dangers de l’islam.

    La vérité, c’est que les jusqu’au boutistes de la droite populaire (qui irritent même au sein de ce mouvement, c’est dire, cf. ce lien : http://www.lepoint.fr/politique/l-ump-debordee-a-sa-droite-par-un-apero-saucisson-vin-rouge-11-07-2011-1351471_20.php) font juste de la provocation pour exister et essayer de piquer des voix au FN. La référence à l’apéro saucisson vin rouge est claire : on fait des clins d’œil aux identitaires, qui je le rappelle, sont le plus souvent des païens amateurs de dieux antiques et bien plus défenseurs de la « chrétienté » que de la DSE. Or chrétienté sans christ, cela ne veut rien dire.

    Sur la politique familiale : il n’y a pas que le FN qui en propose une. Bien d’autres mouvements défendent cette nécessité, entre le MPF, le parti de Christine Boutin, par exemple. Ce que je veux dire, c’est que cette politique « n’appartient » pas au FN.

  13. Gwynfrid

    @ Les yeux ouverts: à l’aune de la DSE, j’aimerais bien que vous nous expliquiez quelle réponse argumentée est concevable, autre que celle de Koz.

    Autrement, pour en revenir au fond du sujet: si la mairie propose un service public financé par le contribuable, il n’y a pas lieu de le refuser à un contribuable plutôt qu’à un autre sous prétexte qu’il n’en aurait pas besoin. Ce n’est pas à la mairie de déterminer qui a besoin d’un service qui par principe s’adresse à tous.

    Par ailleurs, si la mairie manque d’argent pour assurer le service, il est possible de moduler les tarifs en fonction de critères de ressources.

    Quant aux considérations sur une expérience personnelle plus ou moins heureuse, l’hypothétique rapport entre cantine sur l’obésité juvénile, les parents démissionnaires (qui existent, je ne dis pas le contraire), etc., j’espère ne vexer personne en estimant qu’elles ne sont pas tellement pertinentes ici. Ce qui est intéressant dans ces commentaires, c’est de constater la charge émotionnelle du débat. On est bien en France: toute question d’ordre alimentaire, si mineure soit-elle, touche au plus profond de l’âme de chacun. En cela, on rejoint les affaires de saucisson !

  14. cilia

    Chafouin,

    « Le problème, c’est qu’on a tout fait pour présenter les « services » étatiques ou municipaux comme des droits »

    Eh ben voilà !
    Avec cette merveilleuse mentalité, nous en sommes à 1 650 milliards de dettes nationales, et je ne parle pas des déficits locaux.
    Et si ce n’était qu’une question de fric, encore, nous pourrions relativiser !

    Sauf que pas du tout puisqu’il il est aussi question d’égalité, de non stigmatisation, d’écologie, de bonheur…

    Au final, nous nous endettons allègrement, et donc nous mettons nous-mêmes dans la gueule du loup, mais, cerise sur le gâteau, nous nous rendons malheureux !

    A passer notre temps à surveiller si nous ne serions pas, par hasard, discriminés, nous nous rendons malheureux !
    Et je te l’assure, bien plus malheureux que lorsque nous pensions, dans mon patelin, qu’il était normal et juste de donner la priorité aux parents qui travaillent (les impôts locaux et le chômage de masse, sévissaient hélas déjà, il y a vingt ans…)

    Notre référentiel actuel va dans le mur.
    Donc ?
    Que faisons-nous ?
    Pour nous, et pour le coup, vraiment pour nos gosses ?

    PS : hmm… pour ce qui est d’une certaine droite pop, pourquoi ne pas laisser couler ?
    N’en restera que ce qui compte vraiment, et sera évacué ce qui n’est que de la provoc, non ?

  15. Je crois qu’il y a dans ce débat une vision très « française » ce la « cantine » que j’ai difficile à appréhender « en tant que Belge » (bon, des tas de choses vont mal chez nous, et nous n’avons de leçons à donner à personne, hein…). La « cantine » semble être chez vous une institution incontournable. J’ai même l’impression qu’elle est « sentimentalement » incontournable. D’où ces arguments concernant la camaraderie, les souvenirs nostalgiques de l’enfance etc… Je ne nie pas qu’ils puissent être valables pour certains adultes qui ont eu une enfance « sociale » particulièrement épanouie, mais pas pour tous. Pour beaucoup d’autres, les longues journées scolaires sans coupure, suivie d’étude et/ou de garderie, c’est ou c’était très pénible.
    Il y a aussi cette idée que « pour que les enfants mangent équilibré, l’Etat doit s’en occuper ». Cette suprématie de l’Etat qui « sait mieux que nous ce qui est bon pour nous », elle me dérange quelque peu. D’autant que l’Etat n’empêchera pas le gamin de manger ce qu’il veut parmi ce qu’on lui propose (et, bon, le repas constitué d’un paquet de chips devant la TV, ça existe, mais c’est quand même une situation extrême et caricaturale).
    Finalement, je préfère la situation à la belge : les enfants peuvent, au choix, rentrer chez eux, apporter leur casse-croûte (ce qui est l’option habituellement choisie) ou s’inscrire au « repas chaud » (en général, pas cher, et avec possibilité d’intervention financière de l’école pour les enfants pauvres). Que le repas de midi des enfants soit considéré comme un « service public » au même titre que la Poste ou le ramassage des ordures, ça me fait bizarre chaque fois que je lis un article sur le sujet.

  16. Claribelle

    Pour avoir vécu ce cas dans ma commune il y a quelques années… et de l’intérieur (c’est moi qui avait décidé ah ah !), je pense pouvoir apporter mon témoignage.
    Notre commune ayant connu une grosse arrivée de jeunes couples avec jeunes enfants dans des lotissements haut de gamme où il faut en général 2 salaires pour rembourser le crédit et la municipalité précédente n’ayant pas anticipé l’augmentation pourtant prévisible de l’affluence à la cantine, il a bien fallu limiter l’accès de celle-ci à tous ceux qui pouvaient « en théorie » faire autrement (parent qui ne travaille pas ou chômeur…) à une seule fois par semaine, voire 2 pour les chômeurs (et plus sur justificatifs) et de même le portage de repas aux personnes âgées a été sous-traité. Tout simplement parce que dans certaines écoles, la cantine était trop petite pour en accueillir plus (en maternelle notamment) et surtout parce que la cuisine centrale saturait et qu’au-delà de 10% de sa capacité « normale » (ce qui a été parfois dépassé) les services vétérinaires pouvaient la fermer sans préavis !
    Bien sûr, ça a râlé dans les chaumière, bien sûr des travaux ont été effectués pour agrandir un peu la capacité de la cuisine, le temps de cantine a même été augmenté d’une demi-heure pour permettre de faire 2 services en maternelle et accueillir plus d’enfants (et du coup les mêmes parents ont râlé que la récré du midi était trop longue !), bien sûr un nouveau projet de cuisine plus grande a été lancé… mais en attendant, la mesure a été prise et respectée.

  17. je ne décrivais pas le profil général des chômeurs en disant que des gens se débarrassent de leurs enfants, vont au SPA (là, c’est les mamans chômeuses ou femmes au foyer …qui ont un mari qui gagne des sous) ou vont faire les boutiques (il y en a des pas chères),, mais je décris le quotidien des instits, ce qu’on voit, et franchement, les parents qui démissionnent, c’est loin d’être rare, surtout dans les couches défavorisées de la population: les parents qui ne travaillent pas peuvent garder leurs enfants: s’ils ne le font pas, c’est qu’ils ont envie de faire autre chose, c’est PAS pour faire plaisir à leurs enfants. ne soyez pas naïfs. ce qui ne veut pas dire qu’ils ne désirent pas le meilleur pour leurs enfants, mais de là à s’impliquer pour le faire, il y a toute l’épaisseur de notre faiblesse humaine, et c’est pas si facile de résister.

    Mais donner de l’interdiction de cantine ou de garderie une image de discrimination, vraiment, c’est passer à côté de l’essentiel: le droit des enfants à voir un peu plus leurs parents. et c’est pas ceux qui sont interdits de cantine qui auront le plus de problèmes avec leurs psys plus tard, croyez moi. je travaille actuellement dans le « Versailles » de Clermont, avec des enfants favorisés, eh bien, on fait vite la différence entre ceux qui mangent à la cantine et restent à la garderie tous les jours et ceux qui rentrent chez eux, avec maman ou une nounou. c’est incroyable, mais les enfants dont je répète le nom toute la journée parce qu’ils ne tiennent pas en place, défient les adultes, etc, c’est les mêmes dont je redis le nom le soir, à la garderie: c’est ceux qui restent dans le collectif toute la journée (et au centre aéré pendant les vacances, hein!). c’est des pauvres gosses. si riches soient leurs parents. et les gamins issus de l’immigration, dont la maman vient à 11h30 avec la poussette, à 16h30 avec le pain au chocolat et deux cousins, ceux-là, ils sont paisibles et attentifs (là, c’est un autre quartier où j’étais avant).
    je ne veux pas caricaturer, je fais juste une description de ce qu’on voir en général. le SPA (bon, la salle de sport, plus fréquemment), c’est pas les RMIstes, mais c’est le quotidien de femmes qui ont un mari qui travaille, mais qui peu à peu démissionnent de l’éducation de leurs gosses. parce que c’est tellement tentant!!
    Pour les gens qui sont vraiment dans le besoin, il y a des mesures, avec un repas pratiquement gratuit, c’est bien.
    Pour les autres, je crois que les gens sur le terrain que j’ai vu refuser des cantines ou des garderies (ici, à Clermont, ça se fait depuis longtemps), c’était en connaissance de cause, et pour des raisons orientées enfants. C’est les directrices d’écoles, le plus souvent, qui en parlent avec les familles, et elles sont humaines. mais elles ne sont pas dupes des parents. je vous assure que vous ne vous rendez pas compte à quel point les enfants sont des poids pour leurs parents, de nos jours, avec les divorces, les remariages, et toutes les sollicitations. On ne leur rend pas service en allant dans ce sens. même si je trouve qu’un jour par semaine, c’est quand même pas inutile.

    bon, là, je parle des primaires, le collège, je ne sais pas.

    mais franchement, 10h dans du bruit non-stop, c’est pas 10h dans un bureau d’adultes. je vous assure que c’est trop pour eux. on devrait même faire des horaires de travail spéciaux pour les mères d’enfants de moins de 5 ans, pour qu’elles puissent les récupérer toutes entre 11h30 et 13h30. moi, j’avais de la chance, je pouvais le prendre après le repas, de 12h30 à 13h30: c’est idéal pour un horaire de travail, et c’est pas compliqué pour les cantines. Il faudrait militer pour ça, mais là, je vois pas beaucoup de parents réclamer!

    et, oui, quand on est allé très rarement à la cantine, on en garde un bon souvenir. mais quand on y va tous les jours depuis ses 3 ans, c’est une véritable blessure, je vous assure.

    ensuite, une solution que je trouve faisable, c’est d’autoriser la cantine un seul jour par semaine pour les parents dont un ne travaille pas, pour libérer une journée, car 8h30-11h30-13h30-16h30 tous les jours, c’est vrai, c’est chiant.

    enfin, ici, si on agrandit la cantine, c’est de l’argent, du personnel en plus, des coûts, et les parents râlent déjà à tous les conseils d’écoles (où ce n’est pas le lieu, je le rappelle ici, nous on n’y peut absolument rien!) que c’est trop cher et qu’il n’y a pas assez de personnel, d’autant que beaucoup ne mangent rien à la cantine car c’est jamais à leur goût,
    …sachant que la cantine est déjà un gouffre pour la commune avec des repas à plus de 5€, alors c’est insoluble si plus d’enfants y vont.
    On peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.

    la cantine, c’est déjà une solidarité pour les parents qui travaillent, ok, ceux qui ne travaillent pas ne le font pas exprès, ça, on est bien d’accord, loin de moi de dire autre chose, j’ai assez d’amis au RSA, je le sais, mais ils touchent déjà le chômage, on va pas en plus garder leurs gamins gratos et leur faire leurs courses, quand même: ça, quand on travaille pas, on peut le faire, vu le peu d’entretiens qu’on décroche. et si on a un entretien, ça suffit pour avoir le droit à la cantine et un billet de train pour y aller.
    je ne fais pas de mauvais esprit, mais un chômeur, c’est quelqu’un qui est en déficit d’argent, on lui donne un peu d’argent. ça, c’est bien. c’est la solidarité.
    MAIS il n’est pas en déficit de temps, alors on n’a pas à payer quelqu’un pour lui faire gagner plus de temps. sinon, c’est dégueulasse pour les autres, qui se lèvent à 6h, rentrent à 18h, et payent pour tout le monde. parce que c’est dur aussi, à 45, 50, 55 ans, d’aller travailler pour 1500€/mois, et de lourder 900€/an de taxe d’habitation et 1900€/an de taxe foncière si on a réussi à s’acheter son F3, et 400€/trimestre de syndic, et 1400€/mois d’essence: il n’y a pas que pour les chômeurs que c’est dur.
    Alors s’il faut payer plus pour le déficit et l’agrandissement de la cantine, pour qu’il y ait encore plus de bruit et que les gosses soient encore plus mal servis, sans véritable raison, zut!

  18. alix

    je lis:
    « Il est difficile d’expliquer à un enfant que d’un seul coup, parce que son père est au chômage, il n’a plus le droit d’aller à la cantine. C’est une affaire d’adulte qui ne le regarde pas« , raconte le père d’un enfant d’une école de Thonon, qui n’a pu être admis à la cantine en vertu de ce règlement.

    On imagine aussi le regard que porteront tous les autres enfants de l’école sur ceux qui ne seront pas admis à la cantine. »

    Mais les fils « de riche » ne mangent pas à la cantine, si?
    Alors comment les enfants font-ils la différence entre ceux qui « sont refusés » à la cantine et ceux qui « refusent » la cantine?
    Pourquoi parler de « droit d’aller à la cantine »?
    Quand j’étais petit, fils de fonctionnaire moyennement aisé, ne pas « être obligé » de manger à la cantine me semblait un « honneur »…
    Comme quoi…

  19. amusé

    Il est amusant de constater que le débat est animé autour de « la cantine pour tous ». En revanche (j’ai zapé quelques lignes de commentaire) Je ne vois personne s’inquiéter du fait qu’il y ai un problème de place a la cantine quand on connais le nombre d’enfants.

    Les exemple et concepts d’il y a 20 / 30 ans exposés ici sont fort valable mais la population a augmenté, les us et coutumes ont changées depuis (très vite de plus) et progressivement ce que nous concevions comme un service est devenu un minimum qui ne suffit plu. Les « restos du coeur » sont apparu pour épauler un système social défaillant, peut être verrons nous les « cantines du coeur » bientôt pour faire face a la démission, non pas de certains cas (genre chômeur glandeur), mais de l’état glandeur qui est lui aussi très loin de l’age adulte.

    Il serait peut être bon de ne pas stigmatiser ces chômeurs désoeuvrés (je pense qu’il y en a mais que ce n’est pas une généralité) pour enfin mettre en place une vrai éducation civique et civile a la vie (c’est pas les supports qui manquent), il serait peut être temps aussi d’ouvrir les yeux pour se rendre compte que si les cantines sont surpeuplées, les classes le sont aussi et que derrière ces mesures de dépeuplement c’est aussi a un dépeuplement des actif de ce secteur (enseignants entre autre) que nous avons affaire.

    Le problème n’est pas la cantine, le problème est que le système que nous essayons de soutenir ne suis plu et que nous n’avons peut être pas les moyens de le soutenir. Alors de deux choses l’une, soit nous allons chercher l’argent où il se trouve pour le répartir intelligemment en vue de l’avenir (éducation formation), soit on continu de laisser le système du riche qui s’enrichit sur le dos des pauvres et on ne se plain pas de voir la qualité disparaître.

    J’ai 45 ans, un CV grand comme le bras dans le secteur du BTP et un autre identique dans l’informatique, 2 enfants et une épouse au smic, je n’ai pas de travail, pas de chômage (depuis presque 6 ans maintenant), je vis de petits travaux sous forme de stage que mes employeurs (qui parlent souvent de CDI) glanent auprès de la région ou l’état qui assume alors leurs charges pendant X mois et qui ne me conduisent jamais a un contrat de travail et encore moins a l’ouverture de droits (mais qui les arrangent bien pour une mission précise). J’ai aussi quelques vertèbres qui ne me permettent plu de travailler dans le BTP (c’est dommage les travaux de « bon a rien bon a tout » ne manquent pas même si il ne sont pas légion)

    Bref ma famille rentre dans le cadre de cette mesure et je trouve cela bien triste qu’on ai pas pris le chemin d’une cantine rationalisé par l’extension avec l’embauche du personnel nécessaire. Je note qu’il est fort probable que je doive gérer en plus les cours de mes gamins dans les années a venir quand on se rendra compte que j’ai le temps de leur apprendre a compter.

    Pour ceux qui pensent aussi que chômer (ou plu généralement ne pas bosser) c’est avoir le temps de faire ce que l’on veux, je voudrais simplement qu’il s’imagine deux secondes au travail avec leur enfants qui jouent autour de leur bureau. Un coup de téléphone important (genre prise de contact suite a CV) et autour de vous c’est « qui c’est », « papa ceci », « papa cela », « ouin ouin mon frère il m’a pris le jouet », « regarde papa … », … bref. votre interlocuteur qui n’a que faire de vos enfants aura les oreilles en compteur électrique en moins d’une minute et posera un regard type classement vertical sur votre candidature au profit d’une prise de contact qui se sera passé dans de bonnes conditions. Et puis il est vrai que ce coup de téléphone va forcement tomber dans vos moments de disponibilité CAD quand vous n’êtes pas sur le chemin de l’école (4 fois par jour), en course pour choper les médicaments du petits qui a décidé de vous sortir la roséole ce jour là, a la poste pour ce putain de recommandé annonciateur d’un truc que vous avez du mal a payer, etc etc …

    Il est vrai que les chômeurs n’ont que ça a foutre après tout, il serait stupide de se dire qu’un parent au foyer c’est grandement différent de toutes ces mères au foyer qui ont passées des années a ramer dans tous les sens sans une minute pour elle.

    C’est promis dans mes prochaines lettres de motivation je ne manquerai pas de préciser d’appeler entre 10h00 et 11h00 sans faute histoire que j’ai une chance que l’appel m’arrive a l’heure de vider mes 6 canettes quotidiennes et de fumer mes 12 pétards qui m’auront couté plus que je gagne en une semaine en moyenne.

  20. Aline

    A Dominique.

    Ce que je trouve plutôt inquiétant dans vos propos, c’est qu’on peut en faire quelques conclusions qui me semblent vraiment ahurissantes!!!
    – Si certains parents démissionnent (ce qui est certes parfois le cas), et que de surcroit ils ont l’audace d’être au chômage, ce genre de mesure (de non droit à la cantine) permettrait donc aux enfants de pouvoir profiter de leurs parents le temps de midi. Alors là, ça frise le ridicule, vous pensez vraiment que ces enfants seront plus heureux à la maison avec des parents qui ont justement démissionné?? Parfois pour certains enfants, le fait d’être coupé de leur famille, et accueillis dans un endroit où il est considéré, où il a sa place, est salutaire, bien plus que d’être dans leur propre famille. Certains parents ont besoin de cette bouffée d’air! Croire que contraindre les parents à garder leur enfant pour le temps de midi vont les aider à régler leur problème et prendre conscience de leur rôle, est vraiment illusoire…Ce n’est pas de la sorte qu’on accompagne la parentalité, ce n’est pas par le forcing…
    – 2nde conclusion, à vous lire, les enfants dont les deux parents travaillent sont donc tout aussi malheureux que les autres! Les « actifs » ont souvent des emplois du temps chargés, 5 vacances de semaine par an + quelques RTT (combien de vacances scolaires au total pour les enfants?), et mettent donc leur enfant en garderie, à la cantine, voire même, comble de l’horreur, en centre aéré!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Faudrait-il donc aussi interdire la cantine à ces bourreaux d’enfants (dont je fais partie…) afin que ceux-ci puissent aussi s’occuper de leur enfant meurtri par tant de violences?
    Voilà, c’est ce qui me gêne dans votre raisonnement….

    Cela dit, je suis tout à fait d’accord avec vous sur un point, j’estime aussi que trop de collectif est usant pour les enfants, qu’il faudrait pouvoir aménager des moments individuels, plus calmes, plus personnels, avec un personnel formé, accueillant et rassurant (ce qui souvent est loin d’être le cas! Je parle en connaissance de cause)…mais assurément, ce ne sera pas en privant une partie de la population de l’accès à la cantine que nous pourrons faire avancer cela!

  21. théo

    R E V O L T A N T ne serait ce que d’avoir imaginé cette idée complètement honteuse. Rappelons qu’en france, ( pays ou les habitants cotisent pendant leurs périodes d’emplois pour être protégés en cas de perte d’emploi ), les gens sont protégés par un systeme social et certains sans emplois ne sont pas responsables de leurs situations. De plus il est inadmissible qu’un maire ait la fonction de décider de telles mesures. Ce maire n’a pas compris qu’une période de chômage peut être un tremplin pour évoluer ( formation…).
    Mr le maire faites preuve de bon sens, aller réclamer de l’argent aux industriels automobiles français, et autres responsables de licenciements économiques de masse suite à la chute des marchés.
    Habitants de …, n’oubliez pas de voter !

  22. GAUTIER

    OUI, c’est normal que priorité se fasse pour les familles dont les parents travaillent.
    Les enfants de chômeurs peuvent prendre leur repas à la maison (sauf, bien sûr, exceptionnellement, si le chômeur a un entretien d’embauche).
    J’ai lu dans un des commentaires qu’on y impliquait les immigrés.
    J’ai appris que des étrangers n’ayant jamais travaillé en France, bénéficiaient d’une retraite à 60 ans (au SMIC) ? Est-ce normal ? Est-ce que les autres pays nous font bénéficier de leurs avantages ?
    Alors, concluez !

    Il y a chômeur et chômeur ! Ex. : je suis chômeur mais je cherche tous les jours un emploi (Internet).
    Ne me dites pas qu’un chômeur emprunte tous les jours un véhicule ou un moyen de transport (impossible, c’est trop cher).
    De plus, je connais des chômeurs qui n’en « rament » pas une, comptant sur la CMU, les aides, et ne voulant pas emprunter les transports (alors que Pôle Emploi les aide – subventions).
    Non, vous avez les « fainéants » de naissance et d’autres (les quinquagénaires qui ont travaillé toute leur vie et perdu leur emploi) qui se « décarcassent ».
    N.B. : certains jeunes préfèrent attendre que « cela tombe tout cuit », ne voulant pas se « décarcasser », préférant faire des mômes ou comptant sur la « générosité » de leurs parents. C’est une catastrophe !
    Sur les anciennes monnaies, étaient inscrits : « Famille, Honneur, Patrie » : où en est ce bel adage, à présent !
    « Sécu », « Alloc », « Etat nounou », voilà ce qu’il faut inscrire !

  23. GAUTIER

    Aline,

    Au lieu de parler des fils de « riches », pensons aux catégories moyennes qui n’ont droit à « rien » alors qu’elles cotisent.
    Les cotisations des classes riches et moyennes servent à « aider » les pauvres. Où est la reconnaissance ?
    Le jour où l’on perd un emploi, la classe moyenne n’a que les yeux pour pleurer.
    Personnellement, je préconise qu’en cas de « coup dur », l’aide est proportionnelle aux cotisations payées.
    Cela empêcherait certains « glandeurs » de profiter du système.
    Il faut se dire que les politiques n’en ont que faire de notre situation. L’essentiel pour eux est de rassembler des voix électorales, c’est tout !
    « Aide-toi, le Ciel t’aidera » est la meilleure formule.
    Et « ne compte sur les pigeons ! »

  24. @Gautier

    SI l’aide devenait proportionnelle aux cotisations payées, ce serait de l’assurance privée, pas de la solidarité…

  25. jeannot

    Suffit, la solidarité. Quand on est charge de famille on doit être responsable!

  26. leretraite

    les enfants de chomeurs peuvent quand même prendre leurs repas chez eux, non?du moment que les parents sont disponibles.

  27. louis

    Les enfants de chomeurs n’ont qu’a prendre leurs repas chez eux et s’ils habitent un peu loin de leur domicile, aux parents de prevoir le panier du dejeuner! On ne va quand même pas tout leur payer,non?
    Il faudra le payer aux enfants de Roms aussi?

  28. jicepe

    Le CANCER de l’assistanat! Les parents au chômage peuvent quand même nourrir leurs enfants a domicile au lieu de profiter des aides qui sont dispensees. Alors, je pense qu’il y a du menage a faire!Suffit la solidarité, place à la responsabilité!

  29. lestymo

    La plupart des commentaires, sont affligeants de connerie. La plupart sont des caricatures du chômeur, du chômage et d’un manque d’information sur ces fameuses aides que tous croient être obtenues par magie. On ne lit dans ces commentaires que d’affligeants manque de réflexion, d’information et surtout une autruchite préalable à un réveil violent. A bientôt à Pole Emploi, le pays où à la vie est forcément plus belle !

  30. Schydlowsky Alain

    Sans commentaire.

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