Sidération collective

Photo AFP

Le mot « sidération », qu’a employé Roselyne Bachelot cet après-midi, est vraiment adéquat pour définir l’ambiance qui règne autour de cette affaire DSK. Il y a deux semaines, on nous montrait des images d’un DSK triomphant, au faîte de sa puissance, sûr de lui-même et de sa destinée, et d’ailleurs sur le point d’annoncer, à la fin du mois, sa candidature à l’élection présidentielle française. Rien ne semblait devoir entraver la marche triomphale que lui prédisaient l’ensemble des sondeurs, nos oracles de Delphes. Enfin, rien, ou presque.

Car ces images, ces vidéos diffusées ce matin, montrant DSK sortant du commissariat de Harlem, où il avait été inculpé pour tentative de viol, nous dévoilent un homme hagard, abattu, épuisé, dépouillé de tous les attributs de la puissance. On est loin de l’image du technicien surdoué, du ministre brillant, du sérieux directeur général du FMI. Sans tous ces atours, on nous a présenté l’homme, et rien que l’homme DSK. Et un homme qui se trouve en très fâcheuse posture.

Malgré les nouvelles diffusées dans la matinée sur RMC, qui évoquaient un alibi en béton pour le DG du FMI, cet homme est sorti laminé de ces deux jours de garde à vue puis de comparution, qui s’achèvent par la case détention provisoire, en attente d’une prochaine audience vendredi. DSK va dormir en prison.

Les informations qui paraissent les unes après les autres fragilisent en outre de plus en plus sa ligne de défense, qui est de nier tout contact avec cette femme de chambre. Or des tas d’éléments concordent avec la version de cette dernière, par exemple cet enregistrement vidéo montrant la plaignante sortir paniquée de la chambre de DSK. Le Figaro croit savoir que l’ex-futur candidat à la primaire socialiste pourrait avoir intérêt à admettre une relation « consentie ».

Et de nouveau, cet après-midi, sur les images retransmises sur les chaînes d’info continue, DSK baissait la tête. De nouveau, on ne voyait pas le patron du FMI, mais le citoyen Dominique Strauss-Kahn. On a assisté à la mort de l’homme public. Tué en direct. En mondovision. Urbi et orbi, comme dirait l’autre. C’est la sidération : qu’a de commun DSK-le-superbe avec cet homme inquiet, impuissant, désarmé que nous aperçu au pied d’un tribunal? Images terribles. Collègues scotchés devant l’écran, éberlués. Sidérés.

Comme l’a écrit krstv dans un billet mémorable, « le truc inédit, c’est ce traitement US d’une affaire française. (…) L’ambiance NY Unité spéciale, c’est marrant sur TF1, mais quand ça concerne quelqu’un qu’on connaît, ça fait pas tout à fait pareil ». On découvre une mise en scène complètement différente de celle à laquelle on est habitué. Pas de parquet prudent et de justice discrète. Ici, le procureur pilonne l’ennemi et le juge préside l’audience en direct à la télévision. Et puis, nos médias n’ont aucun moyen d’enquête. Ils comblent les vides entre deux révélations de la presse américaine, et au passage, se dispensent allègrement de respecter les règles françaises interdisant de diffuser l’image d’un prévenu entravé.

Bah. Tout le monde le fait…

Et au fait. La plaignante, et présumée victime, elle, est en « état de choc » d’après son voisinage.

Et au fait. La séquence risque d’être incroyablement longue à supporter pour le PS. Le débat sur le projet risque fort d’être écrasé par le poids de cette incroyable affaire. Pour tout dire, on se croirait dans une série. Sauf que là, on n’a pas des acteurs mais un vrai accusé et une vraie plaignante.

8 Commentaires

Classé dans Chafouinage, International, Politique

8 réponses à “Sidération collective

  1. jgf36

    Il y a quand même un truc bizarre : comme tu le décris, c’est un homme au sommet de sa gloire, et qui vole pour monter encore… Que lui est-il alors passé par la tête si il a réellement essayé de la violer !!? Il savait très bien les conséquences… Tout cela me semble un peu trop. Ou alors, il a vraiment des problèmes psy, auquel cas Mr Debré a raison dans son analyse…

  2. Pingback: DSK@NYC. Non, ce n’est pas l’original qui ressemble à la copie. « Le crépuscule des consentants

  3. @jgf36

    Difficile d’entrer dans le fond des faits, puisqu’on n’a pas les éléments pour juger. Mais on ne peut pas exclure la pulsion, qui par définition, dépasse la réflexion rationnelle à laquelle chacun se soumet avant d’engager une action.

  4. Pierre

    On ne peut pas non plus exclure qu’il pensait pouvoir s’en sortir…

  5. Et on ne peut pas exclure qu’il s’en sorte🙂 Ceci dit s’il est coupable, il est très détendu voire désinvolte : après un tel acte, il va déjeuner avec sa fille et appelle l’hôtel pour signaler l’oubli d’un téléphone…

  6. Pingback: Y a-t-il vraiment besoin de mettre un titre ? « L'Osservatore Gabbiano

  7. Pingback: Revue de blogs : DSKgate, mais pas que…, le pape et les vocations ! « Lemessin

  8. KASPER

    Bravo la Justice américaine, Par ou les scandales arrivent
    Etre inculpé de viol, d’agression sexuelle, c’est trop facile, je suis outrée par les commentaires des médias qui organisent un lynchage médiatique sur DSK sans avoir les éléments pour apprécier la situation. Surtout par la réaction des gens qui ont trouvé dans cet évènement le moyen de décharger leur agressivité, voici un commentaire que j’ai relevé sur un cite on voie bien le racisme et la jalousie en France « Qu’il demande aussi à sa grande famille et à la diaspora juive car un jour il a dit que tout juif de la diaspora devait aider l’état d’Israël …. Et il voulait être président de la république française … pourquoi faire ? Aider Israël »
    Manipulation, mensonges, pièges, mise en scène, et j’en passe, voyant voir ce que nous dit les médias, un employé de l’hôtel ce trouver dans la chambre de DSK pour débarrassait le petit déjeuner qu’il pensait êtres inoccupée, et que la femme de chambre (Ophélia) à simplement pousser la porte, et qu’elle est entrée sans vérifier que Monsieur DSK était bien partie.
    Autre version, qui pourrait expliquer pourquoi la femme de chambre est entrée dans la chambre sans vérifier que DSK est bien sorti, et que l’employé de l’hôtel était déjà samedi dans la chambre occupée par DSK, qui la agressée
    Version de la police, la femme de chambre a constaté que la porte était entrouverte, elle Poussé la porte, et qu’un employé était en train de débarrasser le petit-déjeuner, et lui a dit qu’elle pouvait nettoyer la chambre, ensuite elle est revenue dans la chambre avec son chariot et l’autre employé est parti. (Source proche de l’hôtel Sofitel)
    Selon un enquêteur américain, la femme de chambre (la victime) était entrée samedi dans la suite, croyant qu’elle était vide, pendant que DSK prenait une douche dans la salle-de-bain à l’autre bout de la suite.
    « Soit disant être le frère de la « victime » ce n’est n’a pas son frère mais un ami? »
    6 000 000 $ DE DOLLARS ! De caution c’est sa l’AMERIQUE !!!
    La JUSTICE AMERICAINE, C’EST LE FRIC.
    Quand aux mauvaises langues, il sort son fric pour sa caution de son travaille bien mériter, ne pas oublier qu’il a été le grand patron du FMI, pendant que certain dorment, et touche le chaumage.
    Maintenant laissons la justice faire son travail, et arrêter de baver, que ferez-vous si il est blanchi, des excuses, vous aurez détruit un homme, si il est coupable il paiera, qui êtes vous pour le juger, tous ceux qui se permettent ces propos je leur souhaite d’être un jour confronté à la justice.
    A, j’oublier de dire que les américains aiment les grandes mises en scènes en cinémascope.

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