Communication municipale

J’ai toujours été effaré par ce type de campagne de communication municipale, qui se pratique à Lille mais sûrement aussi un peu partout en France. Sous couvert de l’intention louable d’informer le public, on fait du budget municipal un véritable outil de communication, voire de propagande. Pas étonnant, dans ces conditions, que les maires soient souvent réélus…

A Lille, la communication a une place très importante dans le dispositif de la majorité pilotée par Martine Aubry, qui, on l’a vu il y a quelques mois, entretient un véritable rapport de force avec les médias locaux. L’équipe qui entoure le maire manie à merveille cet outil de mise en valeur de l’action municipale. Une tendance générale que l’on n’observe pas seulement dans la capitale des Flandres, mais dans toutes les collectivités jusqu’à l’État lui-même. Entre l’opacité et l’auto-célébration permanente, il y aurait sans doute un juste milieu à trouver.

En l’espèce, une campagne de communication destinée à faire la promotion du bilan de mi-mandat auquel se livre la majorité en ce moment. Comme lors du mandat précédent, Martine Aubry vient expliquer où en est son action et où en sont les réalisations par rapport aux promesses faites en 2008. Des réunions publiques sont organisées dans chaque quartier. Les habitants peuvent poser des questions, énoncer des doléances… Le tout est abondamment couvert par la presse locale, qui lors du précédent mandat avait même été invitée à constater lors de visites commentées les formidables réalisations effectuées dans tous les quartiers de la ville.

L’intention n’est pas mauvaise. Il est plutôt sain de pouvoir tenir les électeurs au courant de ce qui se fait. Et il n’y a pas de risque d’unanimisme : l’opposition a les moyens de se faire entendre dans les médias locaux. Et la parole n’est pas censurée en réunion publique. Mais tout de même, l’équipe en place dispose d’une capacité de communication qui lui laisse une énorme longueur d’avance. Depuis plusieurs semaines, des affiches sont placardées dans toute la ville. Le slogan est partisan puisqu’il assure que les promesses ont été tenues. Pourquoi pas, après tout… sauf que la campagne est financée par le budget de la collectivité. Et qu’on imagine le coût de l’opération. Qui inclut un site internet très bien fait réalisé pour l’occasion.

C’est comme pour les vœux, en débuts d’année. Si les cérémonies organisées à cette période peuvent avoir un intérêt pour le lien social, on cherche vainement la justification de l’affichage sur tous les panneaux publicitaires de la ville de messages nous informant des bons vœux du maire.

L’absence de communication ou la mauvaise communication sont certainement tout aussi critiquables – voire davantage, mais l’omniprésence de la communication est devenue fatigante. Tout se passe comme si on n’imaginait pas de faire sans dire, si possible avec encens et tambours, sans expliquer, avec force « pédagogie », cette expression devenue insultante pour le citoyen, ainsi considéré comme un élève à qui il faudrait expliquer en quoi la politique menée est admirable à tous points de vue.

Reste à espérer que ce dernier ne soit pas dupe de la supercherie. Ce qui n’est pas garanti…

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3 Commentaires

Classé dans Lille, Politique

3 réponses à “Communication municipale

  1. jgf36

    Bonjour les moutons,…

    Allez, on avance, on avance,… mais non, pas vers la droite !!!

    Nous, à Amiens, le maire Gilles Demailly PS qui a succédé à Gilles de Robien (centre droite) a réussit à dire que ce qui l’intéressait, c’était les quartiers Nord (populaire), et qu’il se foutait pas mal (dans le texte…) des quartiers Sud (Henriville, etc), plus riche… Rendez-vous en 2014 !

    Ce qui est rigolo, c’est qu’il est arrivé au poste de maire, presque par erreur : la gauche pensait tellement perdre face à De Robien qu’elle a laissé un bras-cassé aller au casse-pipe, sans y croire, à tel point qu’elle a réussit à s’unir avec l’extreme gauche (c’est dire !). Avec une politique de travaux pendant les élections, une désaffection de l’électorat de droite traditionnelle (lorsqu’il était ministre) et un clientélisme dramatique de la gauche, Demailly est passé…

    Il s’ensuit des aberrations politiques : le prix du stationnement en ville a été augmenté. Pour quelle raison ? Parce qu’il ne l’avait pas été depuis 10 ans !!! Cool ! Vive la gauche !!! C’était pas une raison de l’augmenter !!! Et même justification pour les impôts locaux !!!

    Pour ce que je sais de la politique à Lille (par amis et famille), le clientélisme populaire est très développé…

    Bon courage !

  2. jacq

    Et le principal probleme avec Aubry, c’est quelle ne connait pas la ville… Et je me demande combien de temps elle y passe par an.

  3. Là, vous êtes injuste. Elle connaît très bien la ville. Et figurez-vous qu’on lui fait le même reproche à Paris, d’être trop souvent à Lille…

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