Montée du FN : à qui la faute?

La classe politico-médiatique, tout au long de cette semaine, ne va cesser de s’émouvoir du score impressionnant réalisé par le FN, hier lors du premier tour des élections cantonales. Avec 2012 en ligne de mire… Evidemment, la gauche va fustiger la droite au pouvoir, accusée d’avoir joué avec le feu avec son débat sur l’islam. La droite, elle, va rester droit dans ses bottes et refuser tout front républicain. Ce jeu de guignols serait amusant si ce n’était pas précisément ce qui fait le lit du FN depuis des années. Finalement, qu’est-ce qui a réellement changé depuis 2002 et le « plus jamais ça »?

21 avril 2002. Le souvenir est encore très frais. Sur les plateaux de télévision, lors de la soirée électorale, les visages étaient pâles, tendus, graves. La sueur perlait sur le front de nos politiques, qui feignaient de retrouver des accents de concorde et de débat apaisé. On se souvient de toutes ces belles promesses de « renouveler la vie politique », d’insuffler un profond changement dans les pratiques politiciennes, pour que jamais, plus jamais, on ne se retrouve avec le FN au second tour de la présidentielle. On se souvient du « je vous ai compris » de Jacques Chirac, au soir du second tour. On se souvient des années qui ont suivi, et de la fuite en avant d’un certain Nicolas Sarkozy, pour qui on ne pouvait jamais en faire trop pour séduire le vulgum pecus.

Et puis il y eut 2007. Souvenons-nous, cette campagne avait réveillé un intérêt politique très fort en France. Au-delà de la passion du duel entre Royal et Sarkozy, la personnalité de ce dernier, son attitude, qui révélaient quelque chose de « différent », a suscité l’adhésion. De nombreuses personnes qui ne croyaient plus en la politique, se disaient : et si lui, il changeait les choses? Et si lui, il tenait ses promesses? Et si lui, il instaurait cette République irréprochable? Et si lui, il visait l’intérêt général?

On sait ce qu’il est advenu depuis.

Sarkozy a violé les promesses essentielles qu’il avait faites, replongeant dans le désespoir tous ceux qui avaient voté pour lui, et pas uniquement, comme la serine la gauche, pour sa politique de lutte contre l’insécurité ou l’immigration. Des cohortes d’électeurs du FN avaient voté pour le candidat de la droite, tout simplement, parce qu’il leur avait redonné espoir et goût en la politique. Sans oublier son couplet sur la revalorisation du travail et du pouvoir d’achat…

Quatre ans plus tard, le réveil est rude. Bien sûr, il y a eu la crise, bien sûr, il y a du chômage, de la précarité, des problèmes de logement, bien sûr, les matières premières sont chères. Mais ce n’est pas ça, qui a entraîné la chute vertigineuse de l’UMP au fil des scrutins, jusqu’à être hier soir au coude à coude avec le FN, qui après avoir quasi disparu de la carte politique, a peu à peu ressuscité d’entre les morts. C’est, purement et simplement, la rupture du pacte entre Sarkozy et les classes populaires et moyennes. Les histoires d’insécurité et d’immigration sont simplement des hochets que la droite agite pour faire illusion, et que la gauche récupère pour trouver matière à diaboliser l’adversaire et mobiliser son camp.

Depuis quatre ans, pardon si cela ressemble à un cliché, mais le président de la République apparaît surtout comme le porte-parole des nantis, qui ne cesse de défendre leurs intérêts. L’affaire Woerth-Bettencourt, dont on aurait tort de minimiser l’impact dans le scrutin d’hier et dans ceux à venir, n’a fait qu’enfoncer le clou d’une longue série entamée dès 2007, avec le triptyque magique soirée au Fouquet’s/yacht de Bolloré/loi sur le bouclier fiscal. Depuis quatre ans, celui-ci réussit le tour de force de ne pas diminuer les impôts tout en ne réduisant pas les déficits et en affaiblissant l’offre en services publics. Même lorsqu’il soumet une réforme courageuse et plutôt populaire dans son camp, au sujet des retraites, il mécontente en agissant avec brutalité et en refusant de prendre en compte des manifestations monstres.

Comment dans ces conditions continuer de séduire les classes populaires et moyennes?

Mais tout cela n’aurait peut-être pas fait le jeu du FN sans deux facteurs déterminants et conjugués : le talent de Marine Le Pen et la nullité du PS. Après tout, pourquoi l’échec de Sarkozy ne profite-t-il pas surtout à la gauche, au PS? C’est oublier que depuis 2002, on ne peut pas dire que le « plus jamais ça » ait débouché sur grand-chose de concret du côté du parti de la rose. Certes, Martine Aubry a pacifié son camp, a remobilisé ses troupes, mais à quel prix, et au terme de quelle bataille! On a vu dans quelles conditions et par quels procédés elle était accusée d’avoir « pris » le parti. On a vu aussi de quelle manière le PS n’hésitait pas à fermer les yeux sur les magouilles des siens, que ce soit dans le Languedoc-Roussillon, les Bouches-du-Rhône ou le Pas-de-Calais.

Il y a deux ans, on écrivait ici que le FN aurait du mal à survivre à Jean-Marie Le Pen, et que pour 2012, tout dépendrait des circonstances et du charisme de son successeur. On a aujourd’hui la réponse. Marine Le Pen a patiemment tissé sa toile en partant du local, à Hénin-Beaumont, au fin fond du Pas-de-Calais, une terre de souffrances gérée par le PS qui s’y comporte en potentat. Et depuis qu’elle a pris du poids au FN, et avant même d’en prendre la direction, elle prend soin de tirer des cartouches utiles : pas besoin de provoquer, comme son père. Il suffit de distiller les petites phrases qui font mouche et qui créent des polémiques qui lui profitent : on l’a vu dans l’affaire du Quick halal de Roubaix, ou encore dans celle des « occupations de rues » à Barbès. A chaque fois, Marine Le Pen joue avec la ligne jaune sans véritablement la franchir. A chaque fois, cela lui profite. Mais sauf à lui courir derrière et la doubler par sa droite, ses concurrents ne pourront pas rivaliser avec elle sur ce terrain…

Publicités

29 Commentaires

Classé dans Politique

29 réponses à “Montée du FN : à qui la faute?

  1. « Les histoires d’insécurité et d’immigration sont simplement des hochets que la droite agite pour faire illusion, et que la gauche récupère pour trouver matière à diaboliser l’adversaire et mobiliser son camp. »
    Bravo !

  2. Tout ce que tu dis est vrai mais il y a
    un point que tu n abordes quasiment pas ce sont les sujets dont s’est saisi le Fn et que ni la gauche ni la droite n’ont voulu traiter sereinement depuis 30 ans alors qu’ils préoccupent les français: l’immigration, la montée de la présence musulmane, les effets pervers de l’Europe… Le FN a su saisir l’occasion.

  3. René de Sévérac

    « qu’est-ce qui a réellement changé depuis 2002 et le « plus jamais ça »? » Le 21 juin, le cataclysme, c’est la disparition au premier tour de Lionel Jospin (j’en suis un peu responsable en votant Chevènement !).
    En 2012, ce sera différent puisqu’il s’agira de la disparition de Nicolas Sarkozy, et le résultat sera identique, les pleurs de jeunes filles hurlant « le fascisme ne passera pas » et un vote républicain sur DSK.

    Au fond, c’est un procédé impeccable.
    C’est une implémentation parfaite de l’alternance !

  4. @René de Sévérac
    Implémentation parfaite de l’alternance : exactement, je partage ce point de vue depuis quelque temps déjà.

  5. Pingback: Le front républicain : le tombeau des gauches !

  6. J’ai personnellement toujours été un chaud partisan de l’implémentation.

  7. René de Sévérac

    Sorry, dear didier, il est des habitudes qui ne se perdent pas, mais je ne vous fais pas le déshonneur de fournir une traduction. Que j’ai beaucoup de difficultés à réaliser. « Mise en oeuvre », ça vous va ?

  8. Pingback: Cantonales : quand la gauche comprendra.. – «L'optimisme est une fausse espérance à l'usage des lâches et des imbéciles» - G. Bernanos -

  9. do

    oui, Sarkozy a déçu, parce que, aussi, il ne représente pas ce qu’on attend de la droite quand on est de droite: la justice, l’honnêteté, un minimum de social, la prospérité, mais en dernier, du moins pour certains, une certaine liberté d’entreprendre.
    mais la droite n’est pas allée directement au FN, c’est partiel: les divers droite ont fait de bons scores, le centre s’est maintenu dans les 13% aussi, et surtout, les bulletins blancs et l’abstention ont récupéré beaucoup des voix de droite. le FN n’a récupéré que ce qu’il a d’habitude, si ce n’est que ses adhérents ne s’abstiennent jamais, eux: pourquoi serait-ils déçus? il n’a jamais été au pouvoir! alors quand 50% des gens ne votent pas, si eux ils votent, ils doublent leur score habituel! voilà tout. c’est à mon avis l’une des explication du succès des extrêmes: pas seulement un vote de mécontentement, mais un vote favorisé par l’abstention, qui est aussi un canal du mécontentement: la preuve, il y a eu moins d’abstention quand il y avait plusieurs candidats de droite. Le beau temps n’était pourtant pas différent!

    on peut analyser de plein de façons ces scores, mais il vaudrait mieux demander aux gens ce qu’ils veulent, d’ailleurs, ils le disent amplement sur internet: plus d’honnêteté et de justice. c’est pas compliqué, pourtant?

    Ah ben si, en fait, c’est très difficile …pour « ces gens-là », ces nantis qui nous mal-gouvernent, c’est au dessus de leurs moyens, ils ont besoin de notre argent, ils ont besoin de leurs petites « affaires », ils ont besoin de tout ce que la corruption et les compromissions leur apportent. Ils sont comme ça.

    La seule solution, c’est de changer le paysage, de changer les candidats, de prendre des personnes nouvelles qui sont déjà intègres au départ. Pour ça, il nous faudrait l’appui des médias: mais eux aussi, sont dans des compromissions jusqu’au cou.

    Peut-être internet nous aidera-t-il à faire émerger ceux qui jusque là n’ont jamais pu accéder à la politique à ce niveau. Les communications ont toujours été un moteur dans les changements politiques, elles le sont dans les pays arabes en ce moment, je crois que c’est le seul moyen pour nous de trouver les candidats pour lesquels on aimerait voter.
    La question, c’est : pourquoi attendre après 2012?!?
    J’aimerais tellement avoir à choisir entre des blogueurs reconnus, ni de droite ni de gauche!
    Allez, lancez vous, quoi!?

  10. René de Sévérac

    @ Do,
    « La seule solution, c’est de changer le paysage, de changer les candidats, de prendre des personnes nouvelles qui sont déjà intègres au départ. »
    Votre candeur vous honore : les autres étaient intègres, aussi, au départ.
    C’est la fonction qui crée l’organe.
    Amicalement.

  11. D’accord à 100%.
    En 2007, nous sortions d’une période de montée des extrêmes et de rejet de la politique et je m’étais dit que, si on ne voulait pas que le processus s’amplifie, et quel que soit le vainqueur de l’élection, il ne fallait pas qu’il (ou elle) déçoive, le niveau de la déceptions étant proportionnel à celui de l’espoir suscité …eh bien voilà !
    Cette réflexion, vaut également pour le prochain (la prochaine) président (e).

    Je rebondirais également sur qu’écrit Corto dans son commentaire.
    En étant incapables de débattre sereinement sur des sujets comme l’immigration ou l’intégration, on a laissé le FN les préempter et se présenter comme le seul parti capable de répondre aux inquiétudes de tous ceux qui pour une raison ou une autre et à tort ou à raison, se sentent « agressés » par l’étranger !
    La faute en revient autant à la Droite qu’à la Gauche et de manière générale à tous les ayatollahs de la bonne pensée anti raciste ! …dès que le MRAP ou SOS racisme fait un procès à un Zemmour ou à un Guéant, c’est quelques pourcentages en plus pour Le Pen.

  12. H.

    Un des meilleurs billets écrits sur ce sujet. Bravo.
    A chaque fois qu’un pilier de l’UMPS prend la parole, outre que j’ai le sentiment de voir la réalité du vide, j’ai l’impression qu’il souhaite au final que l’on vote pour dame Marine. Outre le bilan particulièrement nul de celui qui réside au château, c’est à celui qui sera le plus médiocre que ce soit dans la critique ou dans la proposition . Elle n’a plus qu’à se pencher pour ramasser les fruits de la bêtise de ses adversaires. Jusqu’à cette antienne éculée de front républicain, auquel s’ajoute des « valeurs républicaines », qui font que ce pays a plus accointance avec feu l’URSS qu’avec une démocratie moderne (pour ceux qui ont des enfants scolarisés, un coup d’œil sur les programmes d’histoire-géographie ou de SVT devrait suffire pour s’en convaincre) .
    Votre conclusion résume à elle seule l’ampleur du gouffre dans lequel nous sommes bel et bien tombés. A se poser la question si ces organismes ne sont pas financés par le FN vu les résultats qu’ils génèrent en matière de vote.

  13. H.

    Mon dernier paragraphe s’adresse à Nicolas007bis. Mille excuses.

  14. Pingback: Le coup de la majorité presidentielle | Flux de blogs de gauche

  15. Beau réquisitoire général.

    Sur Nicolas Sarkozy, je ne sais pas vraiment si les gens ont vraiment été séduits sur la promesse de République irréprochable. La possibilité de changements était un argument bien plus fort. Il a déçu, mais peu de candidats ne déçoivent pas. On me dit que même Obama, messie il y a deux ou trois ans, a déçu.

    Et pour Sarkozy, il peut paraître paradoxal de lui reprocher de ne pas tenir ses promesses ET d’avoir fait le bouclier fiscal (qui était une promesse électorale), de ne pas arriver à faire du changement ET de ne pas céder aux manifestations monstres… Pour faire simple, Sarkozy déçoit car il ne fait pas la politique que chacun voudrait : trop à gauche pour certains, trop à droite pour d’autres, en 2007 il a réussi à les réunir, mais la pratique est plus compliquée.

    Mais je reviens au titre du billet : « à qui la faute ? »
    Eh bien je réponds : à nous. De toute façon, les peuples ont les dirigeants qu’ils méritent. Si les nôtres ont les caractéristiques décrites dans le billet, c’est bien notre reflet. Nous ne sommes pas fichus de faire quoi que ce soit sans que chacun aille à la gorge de l’autre, on s’épuise en polémiques absurdes et en indignations théâtrales. On s’accommode des dysfonctionnements dont on est les rouages, mais on ne comprend pas pourquoi ça ne fonctionne pas comme on le souhaiterait. Et au bout d’un moment, on exprime sa colère malgré tout en votant pour un parti extrémiste, ou plus placidement, en s’abstenant.

    Il n’y a pas de classe politique. Il y a des citoyens élus par d’autres citoyens. Qui pense pouvoir mieux faire est libre de se présenter.

  16. @corto74

    Je suis partiellement d’accord avec toi, partiellement seulement car je suis persuadé que les sujets d’immigration ne sont pas ceux qui portent le plus le FN, qui à mon avis ne serait rien sans un dégoût profond d’une partie de la population pour la politique et les hommes qui la représentent. Mais en effet, ce dégoût vient aussi d’un sentiment qu’ils ne font rien dans certains domaines…

    En revanche, je trouve anormal que certains thèmes ne soient abordés que par le FN. Pendant des années, si tu aimais un peu trop ton pays et que tu le disais, tu te retrouvais vite accusé de fascisme! Cette période est heureusement révolue.

    @René

    Le front républicain me dégoûte en ce qu’il constitue en effet le meilleur argument pour le FN, qui peut ainsi répliquer que voter UMP ou PS, c’est du pareil au même…. Implémentation parfaite de l’alternance, je n’aime pas trop le terme mais sur le fond vous avez parfaitement raison.

    @Do

    Ajoutez à cela la vulgarité de Sarkozy et son côté bling-bling. Tout le contraire de ses prédécesseurs, même si Chirac n’était pas « chic-chic ».

    « La seule solution, c’est de changer le paysage, de changer les candidats, de prendre des personnes nouvelles qui sont déjà intègres au départ. »

    Mais la plupart son intègres! Quasi tous, mêmes! Le problème, c’est qu’ils sont sélectionnés par des partis et que ces partis jouent le rôle de moules déformants. Quand il n’y a pas déjà celui de l’ena ou de sciences po.

    Quant à me présenter aux élections… J’y ai déjà pensé, mais je n’en ai ni le temps, ni les moyens! ET je considère ne pas avoir une vision assez claire ou globale des choses pour demander leur suffrage à mes voisins.

    @Nicolas007

    « Cette réflexion, vaut également pour le prochain (la prochaine) président (e). »

    Je ne suis pas sûr que notre prochain président suscitera la même attente qu’en 2007… Les gens ne vont pas espérer tous les cinq ans non plus… ET je ne vois pas DSK (ou un autre socialiste) refaire le coup de Sarko, ni Sarko renouveler le même discours!

    @H

    « Elle n’a plus qu’à se pencher pour ramasser les fruits de la bêtise de ses adversaires.  »

    Je ne la crois pas plus maline, mais bien plus habile…

    Bon par ailleurs, sur l’URSS, vous exagérez un tantinet. Où sont nos goulags?

    @Xerbias

    Comme je le disais plus haut, se présenter, c’est bien, mais sans parti tu ne peux pas. Et t’intégrer à un parti, c’est te condamner à adopter son point de vue bêtement binaire sur les choses.

    Sarkozy a déçu, mais parce qu’il y avait plus d’attente que jamais. Enfin c’est du moins le sentiment que j’ai eu à l’époque. Il a déçu pour de multiples raisons, de même qu’il avait séduit pour de multiples raisons : tu sais bien que chez un candidat, on retient tous ce qui nous arrange.

    Je ne lui reproche rien : je constate les raisons qui l’ont rendu impopulaires et ont conduit une partie de son électorat vers le FN, qui lui fait le coup du siphonnage à l’envers…

    Par ailleurs, je ne me sens nullement responsable des polémiques, des indignations théâtrales, du harcèlement dont font l’objet les gouvernants de la part des journaux-à-scandales du type Le Canard enchaîné, dont c’est le fond de commerce, et qui doit chaque semaine trouver un os à ronger, si je puis dire…

    « On s’accommode des dysfonctionnements dont on est les rouages, mais on ne comprend pas pourquoi ça ne fonctionne pas comme on le souhaiterait. »

    Que veux-tu dire?

    « Il n’y a pas de classe politique. Il y a des citoyens élus par d’autres citoyens.  »

    Je ne crois pas. Il y a des citoyens qui s’érigent en classe politique qui se croit au-dessus du lot et qui pensent qu’ils n’ont pas de compte à rendre. D’ailleurs, n’es-tu pas frappé d’entendre les politiques dire « les Français »? Pourquoi ne disent-ils pas « nous »? Il y a eux, et il y a les Français. Ils font tous les mêmes écoles ou quasi, sont issus des mêmes moules, et sont tous canalisés par des partis. Si c’est pas une classe à part entière, ça…

  17. H.

    Bonjour,

    Où sont nos goulags? Pour le moment nulle part, j’en conviens mais les coups de canif aux libertés se multiplient: HADOPI, LOPPSI, loi sur l’internement psychiatrique en « discussion » actuellement à la chambre d’enregistrement, etc… La liste est très loin d’être exhaustive. Quand on entend des propos comme celui-ci: « La Hadopi ne doit pas se désarmer, elle ne doit pas se laisser affaiblir par une partie de l’opinion publique qui souhaite instaurer sur les réseaux une liberté qui va à l’encontre de ce que nous souhaitons, une trop grande liberté. » (http://aymericpontier.blogspot.com/2011/03/un-rapport-qui-oublie-de-rapporter.html), permettez-moi de frémir un tantinet. Quant au lessivage intellectuel et à la mise au pas idéologique, il est à l’œuvre au sein de l’EN avec la complicité active, ou passive, de tous les intervenants, enseignants, syndicats, ministère, pédagologues, etc…
    Sinon, Marine est très loin d’avoir mes faveurs mais je ne vois pas pourquoi l’extrême-gauche continue de bénéficier des yeux de Chimène alors qu’on refuse à un parti qui pèse près de 15% du corps électoral d’être représenté au nom d’un prisme idéologique aussi malsain que celui qu’il prétend combattre.
    Le fait est que la classe politique française est tellement déconsidérée qu’elle n’intéresse qu’elle même (http://h16free.com/2011/03/21/7459-sarkozy-sur-du-velours). Ce n’est pas en mettant la tête dans le sable qu’on changera la situation.

  18. « tu sais bien que chez un candidat, on retient tous ce qui nous arrange. »

    C’est fort possible, et une fois élu, on a tendance à retenir ce qui nous dérange.

    « D’ailleurs, n’es-tu pas frappé d’entendre les politiques dire « les Français »? Pourquoi ne disent-ils pas « nous »?  »

    Ah, c’est pas bête, je n’y avais jamais pensé.

    « On s’accommode des dysfonctionnements bla bla »

    Ce que je veux dire : par exemple, nous faisons le maximum pour préserver tel avantage fiscal dont on bénéficie, tel service public de proximité qui nous est cher, et on est (collectivement) prêt à mettre beaucoup d’énergie pour cela. Mais lorsqu’il faut en payer la facture, on a tendance à l’envoyer aux autres. Quelle est la part de ceux qui s’expriment en ayant l’intérêt général à cœur, et non leur intérêt particulier ? Cette caractéristique se retrouve ensuite dans le clientélisme des politiques publiques.

    « Par ailleurs, je ne me sens nullement responsable des polémiques, des indignations théâtrales, du harcèlement dont font l’objet les gouvernants de la part des journaux-à-scandales du type Le Canard enchaîné »

    Pas toi, peut-être pas moi non plus, mais je constate qu’il y a une clientèle pour tout cela, vu que ça empiète sur le reste.

    « Il y a des citoyens qui s’érigent en classe politique qui se croit au-dessus du lot et qui pensent qu’ils n’ont pas de compte à rendre. (…) Ils font tous les mêmes écoles ou quasi, sont issus des mêmes moules, et sont tous canalisés par des partis. »

    Je ne sais pas s’ils se croient au-dessus du lot, et ils rendent des comptes à chaque élection. Je suis également circonspect sur cette notion de « moules ». Les idées politiques ne dépendent pas de la formation supérieure que l’on a eue, et on pourrait longuement s’étendre sur cette notion. De même sur les partis : ils ne demandent qu’à être massivement envahis de citoyens désireux de changer les choses.

  19. Pingback: Entre les deux son coeur balance ? « Le crépuscule des consentants

  20. Le réel prend toujours le pas sur le virtuel.
    Le réel : la souffrance et le manque d’espérance de nombre de nos concitoyens, et pas seulement les plus faibles économiquement
    Le virtuel : les discours idéologiques de toute nature, qu’il s’appelle front républicain, ni-ni, valeurs de la république laïque, démocratie…et qui sont le plus souvent l’expression d’une position partisane et/ou d’intérêt et non celle du bien commun.
    Celui ou celle qui saura donner du soufle et proposer un vrai projet politique au centre duquel se trouvera la personne dans toute sa dignité et sa propre responsabilité, ne peut que recueillir un écho favorable.
    Martine le Pen est-elle cette personne ? Ses positions quant à la relation entre religion et politique ne sont pas pour me rassurer pas plus celles relatives à l’immigration et à la liberté religieuse.
    Mais force est de constater que l’UMP s’est révélé incapable de prendre ses distances avec l’idéologie du PS et de leurs amis assénant depuis des dizaines d’années : s’affirmer fier d’être français, c’est être xénophobe, raciste, extrèmiste…
    L’enjeu est culturel et concerne chacune et chacun. Nus sommes toutes et tous des héritiers et des bâtisseurs. L’important est de savoir « héritier de quoi ? » et pour « batir quoi ? »

  21. Pingback: Que la droite implose! | Pensées d'outre-politique

  22. A qui la « faute » ? Mais aux électeurs du FN, qui pour la majorité d’entre eux votent par conviction et pas par désespoir. Certains d’entre eux ont voté UMP en croyant (parce que Sarkozy et les siens le leur avait fait croire) que l’UMP mènerait une politique proche de celle qu’ils appelaient de leurs voeux. Ce n’est pas le cas : ils rentrent au bercail et votent pour l’héritière.

  23. @Lambertine

    Conviction? Je n’en suis pas si sûr… Et je ne suis pas sûr non plus qu’ils aient voté Sarko pour accomplir le programme du FN.

  24. Michel

    La monté du FN est un corollaire de l’idéologie capitaliste capitaliste du chacun pour soi.

  25. Michel

    La monté du FN est un corollaire de l’idéologie capitaliste du chacun pour soi.

  26. amen

    Il serait enfin temps de se réveiller.Vous avez d’un côté le Front National qui représente la droite traditionnelle et de l’autre côté l’UM PS. Pourtant un coup de semonce a eu lieu en 2002; ils n’en n’ont pas tenu compte.La FRANCE est devenue le trou à merde de la planète.Heureusement , ce n’était pas inscrit dans les astres.Islamisation rampante, insécurité, pauvreté,misère,chomage….Il faudra rendre des comptes le moment venu; identifiér ceux depuis 40 ans qui ont provoqué le déclin du pays.Les grands penseurs, moralistes et donneurs de leçons ne péseront pas lourd.A chacun son NUREMBERG ……

  27. NICOLINI Patrick

    J’entends souvent ce discours  » être abstentionniste ou voter blanc fait monter le front national …  » C’est statistiquement prouvé ?
    Quelqu’un peut il m’expliquer.

  28. Nous sommes à la coisée des chemins, le choix est celui-ci; maintien de notre civilisation ou son remplacement par l’islamisation rampante du pays.Si le 2 ém cas devait l’emporter , il sera trop tard pour regretter la défaite de l’ALLEMAGNE. Celle ci aurait garantie malgré tout l’identité de chaque pays.Tout le reste…..du baratin.

  29. Pingback: Marc Vasseur | « La mondialisation porte en elle la probable catastrophe, elle porte aussi l'improbable espérance » — E. Morin

Un petit commentaire?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s