Evitons de punir les collégiens pour ne pas exacerber leur virilité!

C’est la thèse étonnante d’une enseignante-chercheuse, membre de l’Observatoire de la violence à l’école (ça ne s’invente pas!). Sylvie Ayral estime, ni plus ni moins, qu’il est inutile de punir les garçons au collège, parce que ceux-ci profiteraient de l’affrontement suscité par la punition pour affirmer leur virilité!

En gros, son idée est que les garçons, qui cumulent 83% des sanctions pour insolence et 91% des élèves punis pour dégradations ou violences au collège, rechercheraient inconsciemment ces punitions pour affirmer leur identité masculine et se construire par la provocation. « Ces élèves sont dans la transgression. Cela a forcément des conséquences sur leur réussite. Et la sanction est contre-productive, car elle ne fait que les conforter » dans cette posture, d’après Sylvie Ayral, d’autant que le corps enseignant étant selon elle surtout féminin, les petits garçons chercheraient à se construire en opposition à ce « genre »! Au final, « les garçons s’emparent du système de sanctions pour se donner à voir ».

Là où certains auraient peut-être proposé, qui sait, d’adapter les sanctions, d’éviter la mise en scène de celle-ci pour ne pas faire le jeu du puni, cette dame a une solution radicale : supprimons les punitions! Comme ça, c’est plus simple : qui dit abandon des punitions, dit moins de virilité, et donc moins de violence! Et donc, à terme, plus de méchanceté du tout de la part des garçons! On se demande comment on a pu ne pas songer plus tôt à cette solution miraculeuse. C’est un peu comme si on proposait de supprimer tous les thermomètres pour faire disparaître la grippe. Génial!

Les articles parus sur ce sujet concluent sur le projet de cette grande psychologue de la « violence scolaire » :

Que faire ? La chercheuse préconise de travailler, dès la maternelle, sur la construction de l’identité masculine. Et de prolonger cette approche, au collège, par des ateliers avec les élèves qui prendraient en compte des éléments de sociologie. Pour Sylvie Ayral, « la problématique du genre devrait être intégrée à la formation initiale et continue des enseignants et des éducateurs. Il serait bon que cette problèmatique soit placée au coeur de la gestion des conflits en classe. »

Travailler sur la construction de l’identité masculine. Je croyais qu’on avait mieux à faire à l’école, je ne sais pas, par exemple, travailler à faire lire et écrire les enfants, leur apprendre les sciences, l’histoire, le calcul. Non, transformer les garçons en filles sages du premier rang paraît sûrement plus urgent à certains. Les caractéristiques de l’identité masculine ne nous plaisent pas? Supprimons cette identité, voilà tout.

On ne sait pas exactement ce qu’entend cette dame par « sanction », si elle parle de punition corporelle ou de sanction quelconque. Mais justement, les enfants ne se construisent-ils pas en cherchant sans cesse la limite entre ce qui est autorisé et ce qui ne l’est pas? La sanction ne sert-elle pas à faire comprendre à l’enfant où est cette limite? N’est-il pas anti-pédagogique de laisser une faute d’un enfant ou d’un adolescent sans réaction?

Depuis des années, on nous exaspère avec ces thèses à la noix conduisant à vouloir donner toujours plus de liberté à l’élève au détriment de l’autorité. Où sont les résultats de cette politique désastreuse? On la cherche en vain. La violence scolaire ne cesse d’augmenter. Il y a sûrement eu du positif dans le souhait de prendre en compte l’épanouissement de l’enfant et non seul apprentissage pur et dur du savoir, et de s’adapter à lui pour que le système soit construit selon ses possibilités. De là à se croire dans un monde de bisounours, il n’y a qu’un pas que Sylvie Ayral a franchi allègrement…

 

7 Commentaires

Classé dans Chafouinage

7 réponses à “Evitons de punir les collégiens pour ne pas exacerber leur virilité!

  1. Claribelle

    « Mais justement, les enfants ne se construisent-ils pas en cherchant sans cesse la limite entre ce qui est autorisé et ce qui ne l’est pas?  »

    Ben oui ! mais visiblement, cette dame ne le sait pas. Soit elle n’a pas d’enfant elle-même (car elle ne peut être prof avec des idées pareilles) soit elle les a fait élever par quelqu’un d’autre…
    L’enfant a besoin d’être encadré (littéralement dans un cadre) et cherche à déterminer les limites de celui-ci en les transgressant jusqu’à se faire recadrer (punir ou sermonner). Il faut simplement faire évoluer le cadre en fonction de l’âge ou de la maturité de l’enfant pour ne pas le brimer . Ne pas mettre de limites est extrêmement déstabilisant pour les enfants qui ne savent plus s’arrêter (bref ils ne sont pas mal élevés mais carrément pas élevés !).

    Par contre, elle a sans doute raison quand elle dit que la féminisation de la profession aggrave le pb, non pas parce que le garçon s’affirmerait par opposition de genre mais parce que l’homme, de tous temps représente l’autorité et la loi quand la femme représente l’amour et la protection (je sais, dire cela le jour consacré aux femmes n’est pas bien malin de ma part, mais c’est ainsi): l’égalité réelle n’est pas encore ancré franchement dans l’inconscient collectif de notre société.

  2. René de Sévérac

    Claribelle :
    « l’homme, de tous temps représente l’autorité et la loi quand la femme représente l’amour et la protection » … un jour de la FEMME, c’est fort !
    Ou plutôt clairvoyant.

    D’une manière générale, notre société s’aligne sur la faible (à protéger); afin de ne pas discriminer, on établit des règles « protectrices » visant à aligner tout un chacun vers le bas : l’orthographe traumatise les uns, donc plus de dictée, idem l’Histoire …
    L’exemple que vous citez participe du même principe. Votre article, comme tous ceux qui pourrait être sous titrés ÉCRASEZ L’INFÂME sont de nécessité pour notre santé morale !

  3. Frison

    Déjà la suppresion de « sexe » par « genre » dans le langage de la psychologue est problématique, en ce qu’elle induit que les identités de la femme et de l’homme ne sont pas données, mais entièrement à construire. Selon cette conception, il serait effectivement possible de « transformer les garçons en filles sages du premier rang. » Puisque les filles sont dans l’ensembre plus sages, voilà le modèle à suivre!

  4. josépha

    je crois qu’il y a cela dit une très bonne idée de départ, mal compris par toi je crois Chafouin : travailler à la construction de l’identité masculine n’est-il pas une bonne chose? On se pose beaucoup la question en ce moment de la place des hommes, la place des pères etc, dans une société qui devient hyperféminisée, ce qui est encore plus le cas à l’école, où le corps enseignant est essentiellement féminin (en particulier dans les petites classes) et où mes filles réussissent mieux que les garçons. Etre vigilant à mettre en valeur ce qui relève de la nature sexuée à l’école, oui et re-oui! après, je ne me fais pas d’illusions sur les capacités de ces gens-là à réfléchir à la question et à proposer des idées intelligentes: tout devient tellement idéologisé…
    Un pavé dans la mare pour conclure: et si une des pistes pour mieux construire sa nature sexuée était de supprimer la mixité au moins dans les petites classes? Mais cela, c’est aux profs et aux parents d’élèves à en parler (avec l’appui de pédopsys etc.), pas aux idéologues de tout poil!

  5. josépha

    pardon: ne pas lire dans mon post précédent « mes filles », mais « les filles »😉
    (je n’ai qu’une fille, et elle ne va pas à l’école)

  6. Je pensais que les théories un peu fumeuses des psychologues étaient passées de mode…C’est fatigant tout ça.

  7. La question de la construction de l’identité masculine est intéressante, mais on reconnaît bien là la patte de ce que Dany-Robert Dufour appelle « l’indifférenciation démocratique »: la volonté des sociologue de gommer toute distinction existante entre êtres humains, et notamment la différence des sexes, au nom d’un principe égalitaire (pour le moins vicié et perverti dans cet exemple).

    Il est fou de constater que des gens censément responsables, une enseignante-chercheuse tout de même, à force sans doute de lavage de cerveau sociologique, en arrivent à oublier complétement la valeur formatrice de la sanction, la nécessité d’imposer des barrière, etc. Et quel mal y a-t-il à susciter des réactions viriles par les sanctions? Cela fait partie de la construction psychologique du jeune mâle, et cette construction est non seulement inévitable mais souhaitable.

    Cela étant, vouloir produire des individus purement dociles et travailleurs (en un mot féminins si l’on suit jusqu’au bout le raisonnement de Sylvie Ayral), c’est un projet de société comme un autre.

    Qui a dit point Godwin?

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