Tuer ses enfants à défaut de contraception

Ce qu’il sera convenu d’appeler l’affaire Cottrez n’est pas seulement hors norme : huit bébés étouffés à la naissance, cachés dans la maison et dans le jardin, ça dépasse tellement l’entendement que les journalistes du monde entier s’en mêlent. Non, cette affaire est surtout absolument stupéfiante : même si le déni de grossesse est démenti pour le moment par l’accusation, il semble bien qu’on soit, comme dans l’affaire Courjault, dans une situation où l’infanticide est utilisé comme mode de contraception. Voilà qui fait froid dans le dos.

Comment pourrait-on juger cette femme qui doit être au trente-sixième dessous, voire plus? Pour son mari, c’est la même chose : le procureur de la République de Douai, Eric Vaillant, a expliqué hier que le ciel lui était « tombé sur la tête ». C’est tout à fait ça : quelle horreur, de découvrir qu’on a été aveugle tout ce temps! Qu’à côté de soi, en soi, dans son propre foyer, se déroulait un drame dont on ignorait tout… et qu’on découvre de manière brutale, par une garde à vue et une razzia médiatique infernale.

Coup de tonnerre dans une vie. Mais pour la mère de famille, ce coup de tonnerre a été permanent. Huit fois! Tout de même, c’est difficile d’appréhender ce que ça représente exactement. On est juste soufflé par l’énormité de ce « record ». Les explications de Mme Cottrez nous aident à essayer de comprendre, mais on peine à trouver un sens à tout cela. A huit reprises, elle se serait aperçue de sa grossesse, et à huit reprises, elle aurait étouffé le bébé à la naissance. Comment nier de façon plus évidente l’humanité de ce qui vient de sortir de soi? J’ai trouvé très intéressantes les explications à ce sujet du docteur Félix Navarro, président de l’association pour la reconnaissance du déni de grossesse : pour lui, il faut distinguer soigneusement le déni de la grossesse cachée, car dans le premier cas, on ne comprend pas ce qui se passe lors de l’accouchement, on découvre neuf mois de grossesse en un instant, et on a toutes les peines du monde à l’accepter (ce qui arrive) : le meurtre est comme une suite logique de la négation de la grossesse. Même si dans le cas de la grossesse caché, il n’y a rien de tout cela (on sait très bien qu’on est enceinte), ce spécialiste estime que ce comportement révèle aussi, sans doute, un trouble psychologique grave.

En l’occurrence, d’après ce que dit le Parquet de Douai, on est face à une mère de famille qui après deux accouchements rendus très délicats en raison de sa corpulence – on imagine ce qui doit se passer dans la tête des deux filles du couple, qui doivent se poser cette question lancinante : « pourquoi pas moi? » – a décidé non seulement de ne plus enfanter, mais en plus, de ne plus jamais voir de gynécologue. Ce qui est très curieux, puisqu’à moins de pratiquer l’abstinence sexuelle, la seconde proposition rendait totalement impossible la première.

Paradoxalement, elle est supposée avoir, du coup, accouché huit fois en vingt ans. Sa méthode de contraception à elle, donc, c’était bien l’infanticide. Pour elle, on peut supposer que ces bébés n’existaient pas, n’avaient pas de consistance, parce qu’ils n’étaient pas désirés. Et dans le même temps, elle n’a pas voulu s’en séparer puisqu’elle les a gardés à proximité…

Quand on voit cette funeste réalité, quand on voit le nombre de filles-mères ou même le nombre d’avortements pratiquée chaque année en France (plus de 200 000), on se dit que la politique en matière de contraception montre une nouvelle fois toutes ses lacunes. Je m’interroge : sachant qu’on ne peut pas parler de défaut d’information (il faudrait être aveugle ou sourd pour manquer le matraquage permanent en faveur de la contraception), comment interpréter ce refus d’utiliser ces méthodes?

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35 Commentaires

Classé dans Société

35 réponses à “Tuer ses enfants à défaut de contraception

  1. cherea

    Je suis littéralement effondré par cette affaire. Huit gamins sans nom et sans sépulture…
    Ainsi décide-je de les nommer:
    Paul, Henri, Louise, Marc, Chloé, Marie, Inès et Jean…

    Reposez en paix…

  2. Koz

    Tu poses le problème de façon plus posée que je ne l’aurais fait. Peut-on vraiment placer son choix de ne pas recourir à une méthode de contraception sur le compte d’une décision raisonnée ? Ne doit-on pas considérer qu’une femme qui tue 8 de ses enfants à la naissance fait un usage… particulier de sa raison ? N’a-t-elle pas plutôt répondu à un traumatisme ? Tu écris qu’elle ne voulait plus voir de gynécologues après ses accouchements. Ne faut-il pas plutôt chercher par là ? Le fait de ne pas prendre de pilule ne découlerait-il pas plutôt du refus de voir celui qui pouvait lui en prescrire plutôt que du refus de prendre la pilule elle-même ?

  3. Bonjour,

    Pourquoi rentrer dans des histoires de déni de grossesse, « d’enfants qui n’existent pas dans la tête » de cette dame ?
    Les affaires d’infanticide en cas de grossesse non désirée ont toujours été monnaie courante – raison pour laquelle les femmes étaient obligées par la législation royale en France, à la déclaration de grossesse.
    Ces femmes qui assassinent leurs enfants, le font parce qu’elles n’en veulent pas, pour des tas de raisons (économiques, etc). Bien sûr, comme dans tout acte criminel, il y a une part de folie, de monstruosité.

  4. Mais, sinon, elle a tué huit personnes, non ?

    Tu oublies la question du meurtre, il me semble.

  5. @cherea
    Bravo, c’était la première chose à faire : nommer ces enfants. Ensuite les confier à Marie et prier pour eux.

    Ensuite, à défaut de les nommer tous et toutes, prions pour tous les enfants qui ont connu le même sort mais dont nous n’avons jamais entendu parler aussi précisément :
    – ceux et celles dont parle @Artémise
    – celles que les mères chinoises tuent encore pour ne pas/plus avoir de filles
    – ceux et celles qui dans notre passé terrestre, mais dans le temps de Dieu, ont été aussi tués à la naissance pour toutes les raisons que des parents peuvent trouver pour tuer leurs enfants
    – les 200.000 enfants avortés légalement en France tous les ans depuis tant d’années
    – les millions d’enfants avortés légalement partout ailleurs.

    @Chafouin et à @Koz : que vient faire cette histoire de gynéco là-dedans ? J’ai beau chercher, je ne comprends pas.

    Ce n’est pas de ne plus voir de gynécologue qui rend enceinte : c’est d’avoir des relations sexuelles ! Et il n’y a pas que la pilule ou le stérilet comme moyens de contraception….

  6. Encore une fois de bonnes interrogations, chafouin !

    La politique de contraception est en effet un échec total puisque l’avortement est devenu au fil des ans la « contraception par excellence ».
    Pourquoi cet échec ? Sans doute en grande partie par le mensonge et/ou les non-dits véhiculés concernant l’effet non pas contraceptif de la pilule mais son effet abortif.
    http://www.citeetculture.com/article-contraception-avortement-des-liens-etroits-49858646.html

    Sans doute aussi par les discours officiels concernant sexualité, procréation, amour, fidélité.
    Il n’y a qu’à se rendre ne serait-ce qu’une fois dans un centre de planification ou de planning familial pour se rendre compte de l’imprégnation de la culture de mort de ces institutions que de nombreux jeunes consultent.
    http://www.citeetculture.com/article-planning-familial-la-culture-de-mort-43995604.html

    Sans doute aussi par le manque de structures d’écoute et de dialogue vers les femmes enceintes en difficulté qui face à leur souffrance n’entendent le plus souvent que le message délivré par le planning familial.

    Quid par ailleurs de l’éducation sexuelle dans les écoles, éducation bien souvent au niveau exclusif de la ceinture si des parents responsables n’interviennent pas pour témoigner du bonheur qu’ils connaissent en tant que personne dans leur relation affective et sexuelle fondée sur l’amour exclusif et définitif de son conjoint, tournée vers le don et l’accueil de la vie ? Et ce malgré toutes les difficultés et les choix pas toujours faciles à poser mais qui ne sont rendus possible et surmontables que parce-qu’il y a d’abords l’Amour.

    Quid de l’éducation aux méthodes naturelles et écologiques de contraception ?
    http://www.citeetculture.com/article-la-pilule-amere-aussi-pour-l-environnement-47435841.html

    Bref, beaucoup de chantiers ! Un vrai enjeu culturel !

  7. Carine

    J’ai probablement très mauvais esprit, mais si je peux concevoir (hum) que les voisins n’aient pas vu ses grossesses vu la corpulence de la dame, je ne comprends pas comment le mari n’a rien vu.
    Ca se voit quand une femme a ses menstruations, non? Donc également quand elle ne les a plus. Ou alors ils ne se rapprochent qu’une fois par an?
    Je peux comprendre aussi que la pilule fasse peur à de pauvres gens ignorants (et ça coûte cher…et il faut se les faire prescrire, pas forcément par un gynécologue), mais ça existe, le stérilet! C’est pour les femmes qui ne veulent pas ou plus d’enfant, pas pour les chiens!
    Mais bien sûr, il exige une surveillance médicale (qui peut se faire par le médecin traitant).

  8. @Koz

    « Peut-on vraiment placer son choix de ne pas recourir à une méthode de contraception sur le compte d’une décision raisonnée ? »

    C’est tout le fond du problème, en effet… Je ne pense pas que pendant neuf mois elle se disait « de toutes façons au bout du compte je le tuerai… »

    L’avocat de cette femme, Me Berton, est intervenu hier pour dire qu’il était un peu hâtif de dire qu’il n’y a pas eu de déni.

    Comme tu le dis, il y a certainement un refus de voir le gynécologue en tant que médecin spécialiste, et non pas un refus de la contraception en tant que telle. Et peut-être aussi un traumatisme né de ses deux premiers accouchements. Mais en l’état actuel, et face à la complexité et l’énormité de cette affaire, on ne peut que poser des questions, c’est sûr…

    Mais comme le dit PSCLV, le couple aurait pu recourir à d’autres méthodes sans forcément passer par un gynécologue… Non, vraiment, c’est très mystérieux!

    @Mathieu

    Oui, bien sûr, mais en faire un monstre ne me paraît pas la meilleure des choses à faire… On a du mal à y croire, à comprendre, mais on n’est pas face à un serial killer… Je ne sais pas pourquoi, mais j’éprouve une empathie très forte avec ces femmes. Je le sens tellement fragiles, vulnérables, perdues. Comment être certain qu’il s’agit d’un meurtre conscient?

    Et ceux qui avortent à huit mois de grossesse d’enfants trisomiques, on ne les traite pas de meurtriers.

    @Artémise

    Huit fois, tout de même… je veux bien qu’on n’explique pas tout par la psychologie mais là… Vivre avec ça, comment est-ce possible?

    Et puis quand on ne veut vraiment pas d’enfant, il existe des moyens plus simple que l’infanticide, non? C’est ça qui est étrange. D’utiliser le meurtre comme contraceptif.

    @PSCLV et Cherea

    Merci pour vos prières.

    @PSCLV

    Eh bien le gynéco, c’est elle qui en aurait parlé lors de ses auditions visiblement… je ne sais pas, peut-être qu’elle a fait un blocage? Le gynéco offre des moyens pour en pas être enceinte : peut-être qu’elle n’en voulait pas? mais à ce moment là, pourquoi n’avoir pas agi autrement, je n’en sais rien.

    @Carine

    « J’ai probablement très mauvais esprit, mais si je peux concevoir (hum) que les voisins n’aient pas vu ses grossesses vu la corpulence de la dame, je ne comprends pas comment le mari n’a rien vu. »

    C’est malheureusement une constante dans ce genre d’affaire. Et puis, combien d’hommes se soucient du corps de leur femme et de ses menstruations?

    « Je peux comprendre aussi que la pilule fasse peur à de pauvres gens ignorants  »

    Ici je n’ai pas le sentiment qu’on soit dans un milieu intellectuellement pauvre. Et puis, on peut ne pas vouloir recourir à la pilule sans être un idiot ignorant 🙂 Quoi qu’il en soit, même en refusant les méthodes de contraception artificielles, on peut très bien éviter d’avoir des enfants sans passer par l’avortement ou pire, l’infanticide. Savez-vous qu’il existe aussi des méthodes naturelles?

  9. Carine

    @le chafouin
    Le stérilet, c’est naturel et provisoire. Quand la femme est surveillée médicalement, il n’y a aucun risque. Et c’est sûr à 99,90 %.
    Encore faut-il se souvenir qu’on en porte un et ne pas le garder 90 ans…

  10. @ Le Chafouin : attendons les résultats de l’enquête et du procès pour estimer les circonstances atténuantes ou aggravantes.

    Cependant, huit meurtres, cela ressemble bien à une série, et donc, cela pourrait aussi être une serial killeuse.

    Je n’ai aucune sympathie personnellement.

  11. @Carine

    Oui mais visiblement elle ne voulait pas qu’on la touche… Et quan dje parle de méthodes naturelles le stérilet n’en fait pas partie puisqu’on ajoute un matériel extérieur.

    Je parlais plutôt des méthodes basées sur l’observation du corps de la femme.

    @Mathieu L

    Oui, on n’en sait pas encore assez. Il y a trop de questions en suspens. Mais je trouve que pour une société qui sans cesse nous explique que le corps de la femme lui appartient et que les bébés n’existent et ne sont humains que dans la mesure où on les désire, on est particulièrement durs avec ces femmes qui commettent des infanticides.

  12. à « pourquoi se compliquer »

    je ne vous connais pas mais j’avance que vous êtes un homme. Voilà, pour vous la faire courte, si vous faites vraiment un « blocage » au niveau sexuel (accouchements qui se sont mal passés, etc), ce n’est pas très étonnant de faire un blocage sur le passage chez le gynécologue.
    Le RDV annuel chez le gynécologue est loin d’être un moment agréable. Certaines dont je fais partie s’en fichent plus ou moins. Mais pour certaines, c’est carrément douloureux. Pour d’autres très pudiques, c’est vécu comme humiliant.

    Or le gynécologue, c’est la personne la plus à même pour prescrire une contraception, comprendre la personne qu’il a en face, et évaluer ce qui lui conviendra le mieux. Par exemple, pour une femme qui ne voudra pas prendre la pilule (ou qui n’y arrive pas, qui l’oublie tout le temps), il proposera d’autres solutions.
    Assurément le médecin traitant peut le faire, mais il est moins équipé.

  13. @Artémise

    Je lui laise le soin de répondre mais d’après ce que je sais, PSCLV n’est pas un homme… 😉

  14. Le chafouin,

    autant pour moi ! je m’excuse d’avance.

  15. @Artémise

    C’est pas grave… Au fait, je découvre votre blog qui me paraît tout à fait intéressant et fort bien écrit. Hop! Un flux rss de plus dans mon agrégateur.

    Et ce malgré votre erreur sur le génocide vendéen! 🙂

  16. Carine

    Le problème avec les gynécologues, c’est qu’il y en a de moins en moins. Donc il vous faut attendre pas mal de temps pour obtenir un RV. Surtout quand vous exigez que ce gynéco soit une femme (pudeur, blocage, religion hum…).
    Le paysage médical français est en voie de désertification, comme le reste.

  17. Carine,

    à Paris, y’en a plein. Heureusement – sinon ce serait trop facile – ils sont affreusement chers, facilement 60-80 euros la consultation. Ouf, on a cru qu’on pouvait être soignés convenablement…

    Le chafouin,

    merci ! (mais je maintiens mes idées sur le génocide vendéen, et toc – quel sens de la répartie 🙂 )

  18. @Chafouin : merci 😉

    @Artémise : oui je suis une femme 🙂 Aller chez le gynéco n’est effectivement pas très agréable mais ce n’est à mon avis pas la question.
    Le gynéco n’est un passage obligé que pour des contraceptions lourdes (pilules ou stérilet). Restent les autres contraceptions.

    C’est pourquoi je ne comprenais pas le rapport entre l’absence de gynéco et les enfants tués.

    Mais je dois être sotte. 😉

  19. > Pourquoisecompliquer…

    Ben c’est-à-dire, quand on refuse catégoriquement d’aller chez le gynéco, c’est qu’on a un petit problème à ce niveau, je pense.
    Ensuite, pour ma part, j’ai un gynéco tout à fait ouvert aux questions de contraception naturelle, mais même la contraception naturelle n’est pas chose évidente et c’est pas mal que quelqu’un de « l’art » en parle.

    Enfin, j’imagine que huit grossesses, ça doit se voir, au bout d’un moment. Le rdv chez un gynécologue aurait peut-être permis de mettre au jour ces grossesses…

    Après, je ne fais que supposer !

  20. Rin

    A propos de méthodes naturelles et d’éducation des jeunes :
    http://www.methode-billings.com/
    http://teenstar.fr/

  21. @chafouin
    « Quand on voit cette funeste réalité, quand on voit le nombre de filles-mères ou même le nombre d’avortements pratiquée chaque année en France (plus de 200 000)…
    Un déni en quelque sorte ?

    Voici ce qu’en dit Jeanne Smits :

    « L’affaire n’aurait choqué personne, n’aurait même pas été évoquée par la presse […] si elle avait avorté de ces huit enfants ou davantage. Que son mari l’ait su ou non. On l’a même entendu à la radio ou à la télévision : les journalistes se demandent comment cette tragédie a pu se produire alors que l’IVG est légale et accessible à tous, cela aurait « évité » le problème… Mais en enterrant les huit enfants « de trop » d’une autre manière. Dans le ventre, ce sont des « encombrants » sans visage et sans âme – c’est ce que l’on prétend, du moins –, à peine nés ce sont nos semblables et la compassion naturelle peut enfin se manifester.

    On parlera, gageons-le, des problèmes psychologiques, voire psychiatriques de cette mère dénaturée, si sa culpabilité est établie. On ira peut-être jusqu’à parler d’un couple diabolique, si la complicité du mari devait être mise au jour. Mais la vraie schizophrénie est déjà là, dans cette incohérence qui impose le silence face au massacre des petits d’homme que l’on tue à raison de 200 000 et plus par an dans le ventre de leurs mères – « droit » des femmes – et les titres « à la une » pour huit nouveau-nés achevés un peu plus tard. Incohérence, et infantilisme : ici on est bien dans le cadre du déni de ce que l’on ne voit pas et ne touche pas de ses yeux ! »
    Source : http://lesalonbeige.blogs.com/

  22. Bashô

    Cité & Cultures> Puis-je vous faire remarquer que l’infanticide existe en tous temps et en tous lieu?

  23. Cité & Culture

    @ Bashô,
    Plus ou moins sans doute, je n’ai pas de stats à ce sujet. Ce serait intéressant d’en savoir plus et notamment par rapport à la politique du respect de la vie. Je ne serai pas surpris si demain l’on m’apprenait que les cas d’infanticide sont plus fréquents dans les sociétés banalisant l’avortement et/ou l’eugénisme.
    Ce que je sais par contre, c’est que les pères avaient droit de vie et de mort sur leurs enfants du temps de l’empire romain et que l’expansion du christianisme a joué un grand rôle civilisateur de ce point de vue.

  24. Cité et Culture,

    Non, les infanticides étaient probablement tout aussi nombreux dans les siècles passés. Mais comme le principe, c’est justement de les dissimuler, les statistiques sont bien évidemment difficiles.

    Cela dit, une chose permet d’évaluer le phénomène. Quand on se penche sur les archives des justices locales d’Ancien Régime, on est frappé par la manière plutôt musclée employée pour surveiller les filles seules enceintes. La police débarque même régulièrement chez elles pour vérifier qu’elles sont soit toujours enceintes, soit que l’enfant est né et pas supprimé.
    Si la surveillance était aussi forte, c’est bien parce qu’il y avait une raison.

    L’infanticide n’a rien à voir avec l’autorisation de l’avortement. Lisez Maupassant, pour avoir une idée de la pression sociale sur les filles-mères… Ces dernières, souvent pauvres et isolées, préféraient soit avorter discrètement, soit se débarasser du nourrisson, plutôt que de perdre leur travail ou d’être chassées de chez elles.

  25. Cité & Culture

    @Artémise,
    « Non, les infanticides étaient probablement tout aussi nombreux dans les siècles passés »
    Rien ne permet de l’affirmer donc !

    L’infanticide n’a rien à voir avec l’autorisation de l’avortement. »
    L’un est l’autre des gestes, s’ils sont différents, conduisent au même résultat : la mort et la soufrance. Je pense que la banalisation de l’avortement est un facteur négatif et je pense aussi souvent à cette réflexion de Mère Thérésa disant que  » L’avortement est à la source de toutes les violences ».

    En essayant d’en savoir plus, j’ai découvert ceci :

    « Auparavant, le triste record était détenu par l’affaire de Valognes (Manche) avec un sextuple infanticide. Toujours est-il que l’histoire de la mère triplement infanticide de Savoie, Virginie Leboyer, qui avait reconnu avoir auparavant avorté à plusieurs reprises, n’a nullement été médiatisée, et est restée quasiment inconnue du grand public. Il est bien préférable d’incriminer le manque d’information sur la contraception, les non-dits familiaux, ou bien sûr la famille nombreuse.
    Et surtout ne jamais laisser suggérer que le respect de la vie constitue un tout et donc que l’avortement peut conduire au déni de grossesse et à l’infanticide »
    Source : http://e-deo.typepad.fr/mon_weblog/2010/07/le-respect-de-la-vie-constitue-un-tout.html

    Ce que je viens aussi d’apprendre en surfant sur le net , c’est que 20% des tribus du Brésil pratiquent encore l’infanticide ! Pour raison de pression sociale.

    http://cozop.com/le_blog_de_jeanne_smits/tribus_indigenes_justifier_infanticide_au_nom_de_avortement

    Une pression sociale qui en France aujourd’hui s’exerce sur les femmes et les filles mères pour lesquelles la grossesse tombe mal et pour lesquelles la seule alternative proposée est l’avortement.

  26. @ Cité et Culture,

    Sortez un peu du Salon Beige et lisez.

    ça par exemple :

    http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre14240-chapitre67367.html

    ça vous fera prendre conscience que l’infanticide n’a rien à voir avec l’autorisation de l’avortement par l’État. Au XIXe siècle, c’était quasiment monnaie courante pour les filles mères dont l’avortement ratait ou qui cédaient à la panique au moment de la naissance.

  27. @Cité et culture

    Je vois mal le lien entre les deux. J’ai du mal à croire que certaines femmes puissent tuer leur enfant à la naissance pour ne pas avorter…

  28. Cité & Culture

    @chafouin,

    Ce que j’ai souligné, c’est que la banalisation de l’avortement peut conduire à l’infanticide et en est en tous cas un facteur non améliorant. Tout comme cette banalisation conduit à la pratique de l’IMG dont, curieusement, on ne parle pas, qui pourtant fait de plus en plus de ravages et qui enfin se rapproche méchamment de l’infanticide.
    Ce que je comprends de ce que dit Mère Thérésa, c’est que le non respect de la vie dès la conception est tellement contre nature que ses conséquences ne peuvent être que contre nature.
    Le lien dont je parle, c’est de celui-ci.

  29. pourquoisecompliquerlavie

    @Cité & Culture

    Dieu sait que je ne suis pas pour l’avortement. Il m’est même arrivé de manifester contre le RUtruc… Et pour que je sois bien claire, personnellement, je ne fais aucun différence entre un infanticide et un avortement, les deux sont des crimes d’autant plus ignobles qu’ils s’attaquent à des faibles que nous devrions tous protéger. Je le pense aussi de ceux qui sont faibles car malades de souffrances, physiques et psychiques qui justifient chez certains l’idée d’euthanasie.

    En revanche, je ne suis absolument pas d’accord avec vous : vous ne pouvez pas croire sérieusement que la légalisation de l’avortement favorise l’infanticide et la violence.

    La violence, sous toutes ses formes, date de la nuit des temps (Caïn et Abel par exemple). Les peuples qui ne savaient pas avorter savaient très bien tuer leurs enfants. Les romains les tuaient d’abord juridiquement : ni liberté ni autonomie tant que le pater familias vit. Pareil pour les femmes d’ailleurs. Et pour les esclaves bien sûr. J’imagine qu’ Artémise confirmera ces points et en trouvera d’autres.

    Cette mère a tué 8 enfants. D’autres en ont fait autant et on n’a probablement pas encore trouvé les corps.

    Rien qu’en France, deux fois par semaine, un homme tue sa compagne/femme ou ex compagne/femme. Sauf qu’eux n’ont pas été avortés avant, je ne vois pas le rapport entre leur violence et l’autorisation de l’avortement. (OK, c’est une mauvaise plaisanterie).

    Mais sérieusement, toutes ces violences, tous les meurtres n’ont absolument rien à voir avec l’avortement.

    L’avortement, comme l’infanticide, comme les meurtres, comme les violences sont les conséquences d’un terrifiant égoïsme qui fait que certains d’entre nous ne supportent pas … les autres, les frustrations de la vie, les conséquences de leurs actes, leurs désirs insatisfaits, etc., brefs des gens très doués pour le MOI D’ABORD et LES AUTRES PEUVENT CREVER.

    Bref, faut pas tout mélanger : on peut être contre l’avortement mais non, l’avortement n’est pas la cause de cette violence, ce n’en est qu’un avatar de plus.

    @Le Chafouin : merci pour cet article et vos commentaires. J’aime votre compassion et votre capacité à savoir séparer la justesse de vos convictions et l’ouverture de votre coeur.

  30. Sancelrien

    Vu le matraquage permanent à propos de la contraception que vous mentionnez très justement, pour moi cette femme n’a pas la moindre excuse.
    Le mari aussi est sans excuses. On ne me fera pas croire, à moi qui suis un homme, que sa femme a pu être enceinte huit fois sans qu’il ne remarque rien.
    Pour moi ce sont deux ignobles criminels. Point barre.

  31. @Artemise,
    « Sortez du salon beige »
    C’est d’une part la première fois que je le mentionne sur ce blog et d’autre part ce n’est pas ma seule source d’infos : voir mes précédentes contributions, les liens sur notre blog et enfin nos posts sur notre blog. Et puis, en quoi ça vous gêne une info provenant du salon beige ?
    Est-ce que je vous ai dis de « sortir de Maupassant » qui n’est d’ailleurs pas le seul témoin de son époque ?
    Etant engagé dans l’action auprès des femmes enceintes en difficulté, dont des filles mères bien évidemment, je ne suis pas moins bien placé que vous pour comprendre…

    @pouquoisecompliquerlavie,
    Je n’ai rien écrit d’autre que : « la banalisation de l’avortement peut conduire… »
    J’ai bien conscience d’aller peut-être à contre courant mais pour fréquenter à la fois des personnes confrontées aux IMG et/ou à l’accompagnement des femmes enceintes en détresse, pré ou post-avortement, je constate que bien souvent le climat abortif règnant en France, pour les personnes dont je parle, est évoqué face à la banalisation d’autres transgressions/respect de la vie.
    Je vous retourne mon interrogation : pourquoi la banalisation de l’avortement ne peut-elle pas conduire à l’infanticide dont l’IMG ? Ne serait-ce que pour le débat et la réflexion, c’est pas une question à se poser ou est-ce une éventualité à ne surtout pas envisager ?
    Mère Thérésa a connu la souffrance et traversé une épreuve spirituelle hors du commun. Quand une personne de cette dimension fait ce genre de réflexion, vous me permettrez de la prendre au sérieux

  32. René de Sévérac

    Vous résumez parfaitement la question :
     » ces bébés n’existaient pas, n’avaient pas de consistance, parce qu’ils n’étaient pas désirés. »

    Le Droit à l’avortement ou droit de la femme à disposer de son corps procède du même principe; il est vrai que je suis mâle.

    En 1970, j’ai vécu une période difficile (c’est bien de s’exprimer caché derrière un pseudo !); cette année, un jeune officier américain (Lt Colley) qui avait fait la sale besogne dans un village vietnamien s’est vu condamné par la justice US alors que ses collègues qui utilisaient le napalm (à distance) pour le même résultat (que dis-je, j’ai encore en mémoire cette séquence où une petite fille en flammes court sur un chemin en bordure du village. Br…) étaient décorés pour valeur au combat.
    Cette contradiction entre l’acte odieux, caché et officiel, et l’acte aussi odieux mais « les yeux ouverts » m’a donné le sentiment que le second était moins lâche.
    L’action de Madame Cottrez me semble de même nature.

  33. Ce qui m’interpelle, c’est le « huit fois ». Huit fois ! Et je serais tout autant interpellée par le « huit fois » s’il s’agissait d’avortements plutôt que d’infanticides. Tomber enceinte une fois, et supprimer l’enfant, j’ai du mal, mais je peux le concevoir, et même le comprendre. Mais tomber enceinte huit fois, et tuer huit fois ? Je crois qu’il n’est plus question, là, d’égoïsme, ou de tolérance à la violence, ou de réactions aux difficultés de la vie, mais de maladie mentale grave.

  34. do

    ou alors il y a encore ça: mother murdered for refusing to kill newborn baby girl
    http://www.catholicculture.org/news/headlines/index.cfm?storyid=7164&utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed:+CatholicWorldNewsFeatureStories+(Catholic+World+News+(on+CatholicCulture.org))

    On n’arrête pas le progrès: ça valait le coup de vivre des tas de milliers d’années, d’apprendre à écrire et à lire, et tout, pour en arriver là, vraiment.

  35. do

    mince, désolée: le lien ci dessus pouvait être plus court (si tu peux changer, ça fera moins bizarre):
    http://www.catholicculture.org/news/headlines/index.cfm?storyid=7164

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