Quick halal de Roubaix : qu’en penser?

Depuis quelques jours, le restaurant Quick de Roubaix est au centre d’une polémique aux accents électoraux : impossible en effet, dans ce fast-food, de manger autre chose que de la viande dite halal. Comme sept autres Quick en France, celui de Roubaix teste pour six mois ce concept dans une ville où les musulmans représentent une clientèle importante. Est-on dans le registre du marketing, ou s’agit-il d’un problème dont le politique doit se saisir?Faut-il y voir une simple logique commerciale, comme le souhaite Amar Lasfar, recteur de la mosquée de Lille-sud, ou est-on en présence d’une pratique honteusement discriminatoire, comme le suggère le maire PS de Roubaix, René Vandierendonck? Difficile de trancher la question et d’avoir un avis définitif.

Les faits sont ceux-ci : depuis la fin novembre, comme l’a révélé en décembre le Parisien, huit restaurants Quick en France, dont celui de Roubaix, testent pour six mois la vente exclusive de hamburgers confectionnés avec de la viande halal, c’est-à-dire répondant aux préceptes islamiques : l’animal doit être égorgé conscient, tête tournée vers la Mecque, par un sacrificateur agréé. Dans le Nord, les médias locaux avaient repris l’information à la mi-décembre, mais aucune polémique n’avait alors éclaté. Ce restaurant rapide est pourtant situé à un endroit stratégique de Roubaix : à l’entrée du centre commercial McArthurGlen, qui draîne chaque jour des milliers et des milliers de clients…

L’information est ressortie du chapeau, samedi dernier dans la Voix du Nord : le journaliste qui s’est penché sur la question a découvert qu’aucun hamburger non-halal n’était disponible dans le fast-food. Et que, cerise sur le gateau, le bacon était désormais remplacée par de la dinde. Forcément, puisque le bacon, c’est du porc. Il n’y avait là rien de nouveau par rapport au mois de novembre, mais cette fois, le politique a embrayé…

Car Marine Le Pen s’est évidemment aussitôt saisie de l’affaire, ouvrant la voie à une polémique qui tombe à pic pour le Front national, à un moins des élections régionales. Celle qui est candidate dans le Nord-Pas-de-Calais n’a pas mâché ses mots sur Canal +, jugeant « inadmissible qu’on oblige les clients à verser une taxe aux organisations islamiques de certification », et réclamant que « les musulmans expriment leur désir de vivre leur foi personnelle dans la sphère privée sans empiéter dans la sphère publique ». Et ce n’est pas tout : désireux de montrer qu’il n’était pas indifférent à ses électeurs non-musulmans, et affirmant que les musulmans eux-mêmes n’étaient pas forcément favorables à cette politique commerciale exclusive, et ne l’avaient pas forcément demandée, le maire de Roubaix lui-même, le PS René Vandierendonck, a décidé de déposer plainte au pénal pour discrimination, et a saisi la Halde. Richard Mallié, député des Bouches-du-Rhône, a déclaré s’associer au « combat républicain » de l’élu roubaisien, arguant que « quand on veut faire une expérience pour une partie de la clientèle, il est incohérent de prendre toute la clientèle en otage ».

Il y a deux questions dans ce débat : la place des interdits religieux dans la sphère publique, d’abord, et ensuite, la communautarisation de notre société. Sur la première question, la plus élémentaire sagesse doit nous conduire à essayer de tolérer les interdits des autres. Faut-il pour autant les imposer à ceux qui ne croient pas? C’est une autre question. Quand j’étais au lycée, dans le public, la cantine proposait du poisson le vendredi. Mais également de la viande. Comme ça, tout le monde était content. Ici, c’est un peu différent, puisqu’on impose un interdit religieux à tout le monde. Un peu comme dans les écoles où l’on tranche la question du hallal en délivrant des repas sans viande. A la différence près que le poisson le vendredi, c’est aussi culturel, puisque quoi qu’on en dise, notre pays tire une grande partie de ses racines du christianisme. Pas de l’islam. Cet état de fait peut changer, et on est en train d’assister à cette mutation, tout bonnement.

D’un autre côté, on pourrait aisément répliquer que personne n’est obligé de déjeuner au Quick de Roubaix. Et que la viande halal n’a pas un goût différent, ne rendra personne malade. Un argument qui s’entend, mais qui est inopérant en ce qui concerne le bacon, purement et simplement rayé de la carte.

Au-delà, c’est la question de la communautarisation de la société qui se pose. Faut-il que dans les quartiers à dominante musulmane, tout soit musulman? Doit-on abandonner le modèle français au profit du modèle anglo-saxon? Au fond, la question ne se pose que parce que la population musulmane est nombreuse. Personne ne s’offusque que dans certains quartiers, il y ait des boucheries polonaises ou des épiceries italiennes. Parce que cela reste marginal, et que les Italiens ou les Polonais n’ont jamais été à ce point nombreux qu’on puisse avoir des craintes sur une éventuelle dilution de notre identité. D’où les inquiétudes de voir la société se diviser en communautés qui vivraient les unes à côté des autres, sans constituer un groupe commun.

En revanche, la question de la discrimination ne me paraît nullement pertinente ici. D’abord, on peut se demander s’il est nécessaire de trancher tous les débats par la voie judiciaire. Ensuite, on voit mal comment on peut reprocher à un commerce privé de chercher à s’adapter à sa clientèle majoritaire. Encore une fois, personne n’ets obligé d’aller dans ce fast-food! Visiblement, le Quick de Roubaix a bénéficié d’un bon coup de pub avec cette histoire, qui aurait dopé ses ventes. Pendant ce temps, KFC continue de vendre de la viande qu’il présente comme halal, sans que ça n’émeuve qui que ce soit… Idem pour tous les kebabs qui fournissent de la viande certifiée islamique.

32 Commentaires

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32 réponses à “Quick halal de Roubaix : qu’en penser?

  1. pourquoisecompliquerlavie

    Apparemment, nous avons réagi en même temps à la même question ….. http://bit.ly/cieghv

    Avec au moins une idée forte commune : personne n’est obligé d’aller chez Quick !

    Mais comme d’habitude, vous êtes plus consciencieux que moi dans vos démonstrations 😉

  2. Bonjour, effectivement personne n’est obligé d’aller chez Quick. Une chose me gène néanmoins : Quick n’a pas averti ses clients de son repositionnement stratégique. Personnellement, j’ai déjà mangé de la viande halal maintes fois, ça ne me fait ni chaud ni froid (sauf si on me démontre qu’au niveau de l’abattage des bêtes c’est pas top). En revanche, j’ai été averti par voie de presse et de blogs :

    Que la viande est halal
    Qu’il n’y a plus de porc
    Que donc forcément il y a une contribution financière à des autorités religieuses.

    La différence est là, Quick a tout fait dans le dos de ses clients. Je n’ai plus confiance et n’irais donc plus dans cette chaine de fast-food.

  3. Pingback: Quick sonne-t-il « l’halali  du hamburger traditionnel ? « Media, High-Tech, Sport… Mon chien et moi!

  4. la femme des steppes

    Non, bien sûr, cela ne me dérange pas de manger de la viande hallal, ou de la viande kacher ou toute autre viande préparées selon les rites d’une religion qui n’est pas la mienne.

    Ce qui me dérange, c’est, ainsi que vous le notez fort justement, qu’une communauté religieuse, pourtant minoritaire chez nous, IMPOSE ses rites dans un endroit commercial qui n’est pas issu de sa culture.

    IMPOSER signifiant ici supprimant tout choix…

    Cette communauté arguera qu’elle n’est pour rien dans le choix de la direction de Quick, qu’elle n’a rien demandé, qu’elle regrette la polémique, etc., mais c’est justement ceci qui est grave. On leur déroule le tapis rouge pour les séduire, ou pour obéir ?

    Préfiguration de ce qui nous attend dans tous les domaines, malheureusement, j’en suis persuadée 😦

  5. Qu’en pensez ?
    A la fois que le communautarisme prend de l’ampleur avec tous les dangers qu’il représente, que l’islamisation de notre culture progresse et qu’avant d’être religieux, l’enjeu est culturel et qu’enfin nous sommes tous concernés.
    A propos de l’islam :
    http://www.citeetculture.com/categorie-11298767.html

  6. René de Sévérac

    Personnellement je ne vais jamais dans les « fastfood ».
    S’il n’y avait pas subvention de l’Islam, le fait de quitter un univers américain pour un univers moyen-oriental ne semble plutôt un épiphénomène.

    Je serais tenté de penser qu’au fond, puisque telle est notre « nouvelle identité », autant s’y préparer en douceur. Les français (j’allais dire « de souche », mais j’ai appris qu’ils n’existent pas !) sont très flexibles et semblent disposés à s’adapter; autant les préparer progressivement.

    René de Roubaix est un archaïque.

  7. Claribelle

    A priori, le fait qu’il y ait des restaurants halal ne me choque pas (surtout si ce sont des « couscous » ou des « kebab »). Ce qui me gêne dans cette histoire, c’est qu’il s’agit d’un « Quick ». Or, les Quick, comme les Macdo, c’est plus qu’un restaurant, c’est un concept. Que tu ailles au Quick à Paris, Roubaix ou Marseille, en principe, tu dois avoir la même carte ! Passer en douce un Quick au halal (et changer la carte pour le bacon), c’est déroger à cette règle et finalement tromper le consommateur (j’exagère à peine).
    Les Quick halal s’appelleraient « quick’al », ça ne ferait pas polémique…

  8. polonisation

    Mais alors que penser des restaurants qui ne servent que de la nourriture casher ??

  9. lesset

    Je suis d’accord avec Claribelle : quand je rentre dans un Quick ou un Mcdo, je ne regarde pas s’il est écrit en tout petit « viande halal » ou « ici, il n’y a pas de bacon », mais je m’attends à y trouver la même carte que dans les autres Quick ou Mcdo. C’est d’ailleurs pour ça, parce que j’y ai mes petites habitudes (mon confort petit bourgeois diront certains), que je m’y rends.
    Autre remarque : élevé dans la religion catholique mais me considérant comme agnostique depuis que je suis en âge de penser par moi-même, je me refuse depuis lors à communier les rares fois où j’assiste à la messe. Ce n’est pas pour ne pas avoir d’autre choix que de manger de la viande sacrifiée au nom d’Allah (ou de n’importe quel autre dieu d’ailleurs, je ne suis pas sectaire sur ce point !) quand je vais au fastfood du coin.
    Dernier point, et non des moindres : étant Roubaisien, je ne peux profiter de l’offre actuelle Strong bacon ! Va me falloir prendre la voiture pour aller jusqu’à Auchan Leers…

  10. Bravo pour cet article très documenté et très juste. Je souscris à ton argument final : chacun est libre d’aller manger où il veut. Chacun est donc libre, selon ses convictions, de boycotter Quick ou pas, ou d’aller dans les restos non-hallal.

    à bientôt

  11. Pingback: Expression Libre

  12. @Lomig

    Exactement!

    @PSCLV

    Très bon, votre billet. ça ne gêne personne que de nombreux autres restaurants proposent des produits halal et uniquement des produits halal.

    @Vlad

    Dans le dos? Mais les clients sont avertis par un affichage sur la vitrine du magasin. Il n’y a pas eu de publicité organisée par le groupe Quick, puisqu’il s’agit d’un test. Mais l’info avait malgré tout filtré en septembre. La polémique ressurgit alors qu’il n’y a absolument aucun élément nouveau par rapport à décembre.

    @lafemmedessteppes

    La communauté musulmane n’impose rien… c’est le commerce, c’est tout! Il y a une boucherie hallal à côté de chez moi, le type fait ça parce qu’il a une clientèle. C’est tout… Ce qui est dommage, c’est qu’on ait besoin de manger une viande préparée dans certaines circonstances, personnellement, je trouve ça navrant et tout à fait inutile.

    Les chrétiens, actuellement en carême, ne se fixent pas d’interdits clairs. L’idée est que chacun cherche à se priver de ce qu’il a de plus cher, cherche à renoncer à soi-même. Tuer un boeuf en criant « c’est pour dieu » me paraît tout à fait superficiel. C’est comme ces juifs orthodoxes qui ne téléphonent pas ou ne peuvent appuyer sur leur digicode le samedi.

    Ceci dit, je suis d’accord avec votre chute. Je n’ai absolument aucune confiance en la capacité de tolérance des musulmans, pour le jour où ils seront plus nombreux que les autres. Je regrette comme vous qu’on prive les gens du choix de manger du bacon, je l’ai écrit : c’est du communautarisme, et je déteste cette fragmentation de la société, qui devrait être un groupe uni.

    Mais que faire? C’et la direction vers laquelle on se dirige. Ce fait n’est qu’un épiphénomène.

    @Cité et culture

    On est tous concernés, ok, mais on fait quoi? De toutes façons, moi, je ne vais jamais chez Quick. J’ai toujours préféré le Mc Do 😉

    @René

    Défaitiste 😉

    @Claribelle

    Tu vas dans certains mc do, tu as le Deluxe, dans l’autre tu ne l’as pas… Franchement, je trouve que baser une argumentation sur le fait que tu ne puisses pas avoir ton quick’n toast ou ton Long Bacon, je trouve ça un peu léger… A partir du moment où ils font du halal, il est très difficile de cuisiner dans le même espace du porc à côté de la viande considérée comme « pure ». Donc une fois qu’on a mis le doigt dans l’engrenage, cela impose d’aller au bout. Je ne dis pas que je suis pour, mais je trouve le raisonnement de Quick logique.

    J’ai lu ce matin, au passage, que le CA du Quick de Roubaix avait été dopé de 30% depuis décembre.

    @polonisation

    Eh bien que je n’irai pas y manger 😉

    @lesset

    Je le répète : nul n’est obligé d’aller manger au Quick. Personne ne râle contre les KFC et autres kebabs qui fournissent du halal (ou prétendu halal), si tu vas te faire un kebab tu ne vas pas pouvoir exiger d’avoir du boeuf ou du veau « normal ».

    Mais je suis comme toi : si je rentrais dans un fast food dans lequel j’ai mes habitudes, et que je ne pouvais pas avoir mon hamburger favori, je me sentirais rejetté. Agacé. Enervé. C’est un pari que fait Quick : ils estiment qu’ils ont plus à gagner qu’à perdre en faisant cela. Peut-on y faire quoi que ce soit?

  13. lesset

    @Chafouin
    Nul n’est en effet obligé de se rendre chez Quick, mais je trouve regrettable (je ne vais pas jusqu’à dire discriminant !) de devoir prendre ma voiture pour manger un strong bacon – alléché que je suis par la campagne publicitaire du moment – au Quick de Leers alors que je peux me rendre à pied à celui du centre de Roubaix. Mais tu as raison dans le fond, je ne rentre sûrement pas dans la cible commerciale roubaisienne des dirigeants de Quick.

  14. S1ned

    @ Chafouin

    « Personne ne râle contre les KFC et autres kebabs qui fournissent du halal (ou prétendu halal), si tu vas te faire un kebab tu ne vas pas pouvoir exiger d’avoir du boeuf ou du veau « normal ». »

    C’est vrai, mais le kebabs ne sont pas considérés en tant que chaînes ( à part quelques groupes peu nombreux ), et le KFC est une chaîne dont le principe de la viande est d’être halal. Seulement le principe du Quick ( ou du McDo c’est la même chose) c’est d’être justement de la viande « normale », bien grasse avec plein d’ajouts dégoûtants. On peut dire que c’est pas juste, qu’il n’y a pas de chaînes de fastfood de type Quick, McDo etc… Mais la communauté musulmane est libre d’en créer une, rien ne lui interdit puisqu’on est dans un système libéraliste. Une fois qu’une chaîne est créée, tu changes pas le principe de fonctionnement comme ça. Tu lèses les autres utilisateurs. Evidemment en parlant de viande c’est peut-être un peu léger, mais n’empêche. Si l’utilisateur trouve ca injuste, il aura raison. Si t’es OBLIGE d’aller a 20km comme le dit lesset pour aller te faire ton Strong Bacon, ou ton Deluxe, t’es vert. C’est sûr, personne n’a de « droit » au Strong Bacon ni au Deluxe 😉 Mais on peut considérer que ce communautarisme nuit aux autres utilisateurs de cette chaîne.

    De plus, les dirigeants ont annoncés que c’était un test. Le test à l’air de marcher puisque le CA a augmenté de 30%. Alors à mon avis, un test qui augmente de 30% le chiffre d’affaire, c’est un test ( plutôt positif).

    Ce test positif, si les dirigeants sont des capitalistes (opportunistes, mais est-ce vraiment la peine de faire la distinction ? 🙂 ) normalement constitués, ils risquent de l’étendre à d’autre Quicks.

  15. Que faire ? Et oui, que faire… Je suis assez adepte du laissez-faire, en règle générale, tant que les conséquences ne gènent personne.

    Chacun s’installe, prend ses marques, créé ses petites habitudes, mange comme au pays, prie selon sa religion… ça ne devrait poser aucun problème. Sauf quand, justement, une communauté, au nom de ses règles, prend le pas sur une autre…

    Vous dites que c’est une logique commerciale. Bien entendu, tout comme il n’y a plus de jambon à vendre dans certains supermarchés implantés dans des zones à forte représentation musulmane. Mais c’est bien là ce qui pose problème : au nom d’une stratégie commerciale, certaines marques propagent des produits connotés religieusement (et donc une culture, car l’un ne va plus sans l’autre). Et surtout reprend à son compte les interdits religieux ! Sans même laisser un choix…

  16. rapatrie

    bonjour
    ____ c’est bien ! celà hâtera la rebellion des français qui sont lents à comprendre ……..
    __________________________abrutis par des médias corrompus , et des gouvernements appatrides , et les pourris des labos pharmaceutiques , les vendeurs d’armes ..
    __________________

    notre mise sous dhimitude , fait plaisir à l’état , sa vengeance sur la population française , se délecte de nous rabaisser et de nous écraser!!

    le retour du baton un jour se fera ; c’est une loi naturelle …….
    http://rapatrie.wordpress.com
    http://europafree.wordpress.com
    jean-jacques

  17. Chitah

    Tiens, j’en profite pour donner mon avis : la question du Quick montre le niveau catastrophique du débat public.
    http://mondodingo.blogspot.com/2010/02/les-affaires-quick-illustration-de.html

  18. @sined

    Si tu regardes bien, tu t’aperçois que Roubaix n’a pas été choisi au hasard. Quick s’adapte à la population, et il faut être aveugle poru en pas voir que Roubaix est une ville qui compte beaucoup de musulmans, et qui s’islamise dans certains quartiers. Voir l’article que j’ai mis en lien dans la revue de web, et qui parle de ce boucher obligé de fermer parce qu’il faisait l’objet de multiple brimades parce qu’il ne vendait pas du halal mais de la viande traditionnelle. Normale, quoi.

    Il est là, le vrai scandale!

    Après, Quick ne fera jamais ça dans le restaurant de Lille. Il y perdrait à coup sûr plus qu’il ne gagne.

    « le KFC est une chaîne dont le principe de la viande est d’être halal »

    Mais non! KFC est une chaîne, Quick est une autre chaîne, et ils font ce qu’ils veulent, et n’ont aucun compte à rendre au consommateur sur leur stratégie commerciale : leur but est de séduire le plus de clients possibles. Si demain Levi’s veut arrêter de faire des jeans, et faire des baskets, va-t-on crier au scandale?

    On verra si cela leur nuit au final, mais franchement je ne le crois pas.

    @rapatrie

    Dimhitude, carrément! Franchement, sortir les grands mots pour une histoire de… hamburger, c’est franchement pathétique.

    @Lesset

    Je suis bien d’accord sur le fait que c’est dérangeant et désagréable pour celui qui du coup, ne peut plus avoir son bacon. Je n’ai pas dit que je soutenais cette idée, je trouve juste que la polémique est grotesque et que cela ne vaut peut-être pas d’en faire autant de foin…

    @femme des steppes

    « Sauf quand, justement, une communauté, au nom de ses règles, prend le pas sur une autre… « 

    Et vous croyez qu’il y a cinq cent ans, c’était bien vu de manger du sanglier rôti sur la place du village le vendredi saint? Les habitudes culturelles, sur lesquelles se calquent les stratégies commerciales, changent, ne sont pas acquises. Croit-on que dans des communes où les musulmans deviennent peu à peu majoritaires, cela ne va pas avoir de conséquences sur les non-musulmans? C’est assez naïf de le croire, je trouve.

    De tout cela, il fallait réfléchir avant, malheureusement ça n’a pas été fait…

    Je suis allé l’autre jour faire un tour dans un supermarché d’un quartier populaire de la métropole lilloise, dans lequel habitent nombre de musulmans, eh bien l’alcool était beaucoup moins en évidence que dans d’autres supermarchés du même type. Tout est question de nombre, je crois. C’est la même histoire pour les repas sans viande dans les écoles…

    Moralité : fallait-il laisser des populations immigrées être ghettoïsées dans des quartiers où elles n’avaient aucune chance de s’intégrer, et où elles ont été naturellement tentées par un repli identitaire et un repli sur soi, tentées par la réislamisation? Je crains qu’à ce niveau il soit déjà trop tard.

    @Chitah

    Non, vous n’en profitez pas pour donner votre avis, mais pour faire de la pub pour votre blogue 😉

  19. S1ned

    @ Chafouin
    « Levi’s veut arrêter de faire des jeans, et faire des baskets, va-t-on crier au scandale? »

    Euh, c’est quand même différent là, tu crois pas ;)? Je sais pas s’il existe des gens qui vont tout les jours acheter un Jean chez Levi’s. Et là, ce serait un phénomène marketing PUR, sans lésion pour personne, et en même temps pour tout le monde. Ca serait : « maintenant vous la fermez je vends ça et c’est tout ». L’affaire du Quick est différent. En effet, quand un animal est tué de façon halal, un bénéfice est rapporté à des assoc islamiques. Ca veut dire que si tu vas au Quick de Roubaix, non seulement tu peux pas manger ton Burger avec du bacon, mais en plus tu sais que une part de l’argent que tu mets est reversé à une communauté dont tu ne fait pas partie. Et ça, Quick ne l’affiche pas sur sa vitrine je suppose.

    Encore une fois, par rapport à l’histoire du boucher, la c’est dégueulasse. Ce mec est libre de vendre ce qu’il veut non?
    Quick c’est une multinationale. C’est à dire qu’ils ne sont pas libres de faire ce qu’ils veulent. Ils ont toute une clientèle, très souvent une clientèle habituée, et qui peut évidemment se plaindre que le fonctionnement externe de l’entreprise change à leur dépend, et au profit d’une minorité. Ça me semble logique, mais peut-être suis-je le seul o_O.

  20. pourquoisecompliquerlavie

    Faut laisser tout ça à sa place :
    – tout abattoir touche de l’argent pour abattre des animaux. Et je ne crois pas que le Quick halal soit plus cher que le pas halal
    – qu’une entreprise de commerce choisisse sa cible de clientèle, c’est son boulot
    – quant aux multinationales, quand Renault a arrêté de fabriquer la 4L, personne, même les gendarmes n’y ont rien pu
    – @lesset : vous savez qu’on peut vivre sans les hamburgers Quick
    – il y a un quartier à Paris où il n’y a que des chinois, des boutiques chinoises et om il est impossible à un français (musulman, catho oou juif) d’y lire la moindre étiquette. Et Monsieur Delanoe n’a pas porté plainte…
    – il y a un autre quartier à Paris, où on ne trouve que des produits d’Afrique noire. Monsieur Delanoe n’a pas non plus porté plainte.
    – il y a aussi un quartier traditionnellement juif où on trouve des produits cachers.

    Alors, à Roubaix, ceux qui ne veulent pas manger halal ne vont plus chez Quick, ceux qui veulent Quick mangent halal. Et je rappelle qu’il y a énormément de villes en France sans Quick, que ces habitants vivent certes mal (<- sarcasme), mais y arrivent quand même que que le droit à Quick n'est pas dans la déclaration universelle des droits de l'homme.

    Comme l'a dit Blogue qui peut c’est une polémique dérisoire

  21. Et qu’en pense BHL?

  22. cilia

    Elle n’est pas inintéressante cette polémique.

    D’abord elle m’a fait passer un bon moment en pensant qu’on pourrait saisir la Halde ; un p’tit retour à l’envoyeur histoire d’ouvrir quelques yeux parmi ceux qui pensent que ce machin est un progrès…
    Ensuite, elle nous fait découvrir (encore que je n’ai pas encore bien tout compris) qu’une chaîne de fast food peut avoir été achetée par la CDC…
    Enfin, elle nous apprend que l’abattage hallal officiel (si j’ai bien suivi, ce ne serait pas le cas chez Quick) est taxé et que le produit revient à une organisation religieuse…

    Au-delà, il y a évidemment la question du pouvoir de la Ville de lutter contre un basculement de sa population, y compris à l’échelle d’un seul quartier.
    Valls s’est prononcé contre un Franprix qui s’était mis au hallal (donc plus de viande porcine et plus d’alcool).
    Il y a les histoires singulières, toutes avec leurs justifications, et puis, il y a la réalité qu’un quartier qui bascule dans la non mixité sociale et ethnique ne sera jamais rattrapé, quel que soit le nombre de millions d’euros que l’état donnera au fil des successifs plans banlieues.
    Alors, que doit faire un maire ?
    Quel rôle devrions-nous accepter qu’il endosse ? Sans hypocrisie…

  23. @sined et cilia

    Les mosquées de Lyon, Paris et Evry touchent des subsides des abattoirs certifiés, justement parce qu’elles les certifient. Leur donnent un label d’authenticité… C’est logique que concernant un rite religieux, les autorités religieuses contrôlent. Sinon, les musulmans n’auraient pas confiance. D’ailleurs, il suffit de jeter un oeil sur Alkanz pour constater qu’il y a énormément de doutes sur ce qui est halal et ce qui ne l’est pas.

    @eric

    Il en pense que Botul ne serait pas content, car il adore le bacon…

    @cilia

    René Vandierendonck est gentil, mais en l’occurrence, le rôle d’un maire est un rôle purement d’influence. Il y a très peu de chances que le recours aboutisse et que la plainte en discrimination prospère (voir le blog de Pascal Cobert sur ce point : http://pascal.cobert.over-blog.com/article-quick-couic-45267282.html). Donc s’agiter peut juste être un moyen de démontrer aux gens qu’on sert à quelque chose.

  24. cilia

    Chafouin,

    Je me suis mal exprimée. Je ne parlais pas de cette affaire de Quick et de ce maire-là.
    Je m’interrogeais plus généralement sur le rôle et le pouvoir d’un maire.
    Une ville, c’est vivant, ça peut évoluer dans un sens de prospérité, de qualité de vie, dans celui de la paupérisation, de l’image de marque d’un ghetto où il fait bon ne pas vivre, dans celui d’un boboïsme qui chasse littéralement les classes populaires etc…

    Quand tu écoutes des maires de villes ‘difficiles’ (je ne trouve pas l’adjectif qui convient), ce qu’ils disent tous, de droite comme de gauche, c’est que la disparition de la mixité sociale, ethnique, religieuse est la vraie plaie.

    Donc, les suspicions permanentes envers les maires qui ‘font rien d’autre que se faire mousser parce que c’est rien que des pourris de politiques’, c’est bien mignon, mais ça ne fait pas beaucoup avancer le schmilblick. 😉

  25. Ma position est la suivante : l’évolution des mentalités et le recul de l’influence de la religion (catholique en France) a permis à chacun de pouvoir vivre comme il l’entend, sans craindre les foudres des tenants des traditions religieuses. Ceci concerne tous les domaines, que ce soit alimentaires (poisson le vendredi), social (concubinage), sexualité etc.
    Chacun fait c’qu’il lui plaît, comme le dit la chanson, et c’est très bien. Les choses ont évolué depuis 500 ans et on ne peut que s’en féliciter.
    Mais avec des histoires comme celle dont nous parlons, voici un bond en arrière : une communauté religieuse (mais plus la même) impose au plus grand nombre ses rituels, en supprimant le choix dont chacun serait en doit de bénéficier.
    On peut arguer qu’il s’agit d’une stratégie commerciale, mais on ne peut pas dénier que cette stratégie est dictée par des obligations religieuses, et que cette communauté est donc, même si c’est indirectement, l’instigatrice de cette stratégie.
    Me fiche pas mal que les cantines proposent de la viande hallal aux enfants musulman, si, par principe, elles proposent aux enfants chrétiens du poisson le vendredi. Que chacun soit sur un plan d’égalité.

  26. Barbara

    Le problème, c’est que ce fast food fait partie d’une chaîne, et que donc on s’attend à trouver la même chose dans tous les établissements de la même chaîne. Il suffit que ce magasin devienne le premier d’une nouvelle chaîne qui pourrait s’appeler Quick Hallal, et ainsi les choses seront claires.
    Personnellement, je n’irai pas manger de viande hallal, parce que le mode d’abattage fait souffrir les animaux et que je n’ai pas envie de financer les mosquées via la somme qui doit être payée pour l’abattage rituel.

  27. pourquoisecompliquerlavie

    @Barbara

    Il y a beau temps que des mosquées sont financées par vous, enfin par des fonds publics : http://bit.ly/cJfwDY

    Alors…

  28. Barbara

    Raison de plus pour ne pas leur donner davantage d’argent.

  29. la différence entre KFC et Quick, c’est que KFC fait de la viande quasi-halal. Il fait du poulet en gros. Alors que Quick paie un imam pour certifier que ses burgers sont halal. Il subventionne donc une religion.
    Mais oui, la vraie question est : pourquoi y a-t-il un business du halal et qu’il n’y a pas de business du poisson le vendredi? Le pb n’est pas la montée de l’islam mais la chute de la pratique chrétienne…

  30. pourquoisecompliquerlavie

    Il y a un business du halal comme un business du cacher, comme un business de la fraicheur. Dès lors des aliments doivent être vérifiés comme répondant à certaines règles, vous avez un business du contrôle.

    Les services vétérinaires payés par nos impôts passent dans tous les abattoirs pour vérifier que les bêtes abattues sont saines (au sens laïc de la nourriture catho), s’y ajoutent un imam pour l’abbatage rituel halal et un représentant du Beth Din pour l’abattage rituel cacher.

    @Barbara Ne pensez pas que l’abattage non halal n’est pas douloureux pour les animaux. L’odeur et les phéromones de mort règnent à l’abord des abattoirs et les animaux qui y sont menés ne veulent pas y entrer. A défaut de savoir ce qui les y attend, ils craignent ces lieux et c’est terrifiés qu’on les contraint à y pénêtrer : http://bit.ly/9PqbyE.

  31. @Cilia

    Bien loin de moi l’idée de penser cela! Les maires sont sûrement les plus efficaces des élus. Et les plus dévoués.

    Mais sur ce coup là, je vois un peu le maire de Roubaix comme un type qui « découvre » la polémique et n’agit qu’une fois que le problème est étalé sur la place publique, dans le journal. Ses élans d’indignation n’en sont donc que plus risibles, je trouve.

    @lafemmedesteppes

    « Une communauté religieuse (mais plus la même) impose au plus grand nombre ses rituels, en supprimant le choix dont chacun serait en doit de bénéficier »

    Ben si les musulmans n’ont pas honte de l’être, c’est peut-être une bonne chose, non? Les catholiques, eux, se sont laissés bouffer.

    Pour moi, le problème est surtout culturel et sociétal. Le problème, c’est qu’on laisse des quartiers devenir des ghettos et qu’on laisse des populations d’origine étrangère rester ensemble sans chercher à les intégrer. Le fait que dans cet référentiel, dans cet état de fait, certains souhaitent que le resto du coin respecte les coutumes de cette population-ghetto me semble n’être qu’une conséquence des maux précédemment cités.

    @Barbara

    « Le problème, c’est que ce fast food fait partie d’une chaîne, et que donc on s’attend à trouver la même chose dans tous les établissements de la même chaîne »

    Une chaîne s’engage-t-elle à proposer les mêmes produits partout? On s’y attend, mais il n’y a aucun engagement. Que les gens râlent et estiment que dans ces conditions, ils n’iront plus chez Quick, je le comprends. Qu’ils mettent en cause Quick en disant que cette marque n’a pas le droit de faire ça, je trouve ça un peu plus contestable.

    Quant à la façon de tuer les animaux, oui, on peut considérer que laisser une bête mourir en se vidant de son sang, c’est pas très sympa… En même temps, c’est une bête. Le seul fait qu’on industrialise la création de viande conduit à ce genre de chose.

    Cela dit je suis assez d’accord avec vous sur le financement des mosquées.

    @beniouioui

    Manger halal, est-ce une pratique religieuse ou culturelle? Le fait-on par obligation religieuse ou par sentiment d’appartenance?

    Votre remarque sur les différences entre islam et christianimse est juste, sauf que la laïcité est ancrée dans le christianisme, à la base, alors qu’existe pas dans l’islam.

  32. Mulcey

    Quick relève du droit privé et non pas public.

    L’analogie avec la cantine scolaire tentant de tenir compte des obligations de certains est donc caduque.

    Quick n’a d’autres obligations légales quant à la composition de ses menus que celles qui pèsent sur n’importe quel service de restauration.
    Par contre Quick a une obligation de rentabilité.

    C’est la logique commerciale qui a amené Quick à prendre une telle décision et au même titre face à la levée des boucliers c’est encore la logique commerciale qui amène Quick à infléchir sa politique en ouvrant son menu à des repas non Halal.

    Une preuve que la liberté de choix et la liberté de l’offre sur un marché participe à la démocratie.

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