No Sarkozy Day : the yes needs the no to win against the no…

Bref! Le titre paraît alambiqué, mais cela définit bien la démarche de nos confrères blogueurs de gauche. Ah pardon : et du centre, puisqu’il faut des alibis. Une soixantaine d’entre eux viennent donc de signer un appel à l’organisation d’un « No Sarkozy Day » le 27 mars prochain. Mais ce qui est comique, c’est qu’un certain nombre d’entre eux avaient dit non au même NSD, il y a trois semaines. Parce qu’ils n’en étaient pas à l’origine?

Bien d’accord avec Seb, grâce à qui j’ai appris cette nouvelle hilarante : une soixantaine de blogeurs ont diffusé hier un appel à l’organisation d’un No Sarkozy Day le 27 mars prochain. Passons rapidement sur le fait qu’ils auraient pu franciser ce nom, pour se concentrer sur l’essentiel : bizarrement, un précédent appel, lancé début janvier, avait profondément divisé la blogosphère de gauche.

Un certain nombre de blogs parmi les plus importants à gauche avaient en effet signé, avec d’autres blogueurs de droite ou du centre, une tribune légèrement pompeuse, mais assez claire : ils ne participeraient pas à une initiative qui était trop centrée sur la personne de Sarkozy et qui, cerise sur le gateau, exigeait sa démission. Le résumé de leur position était : le NSD, c’est en 2012!

J’ai donc failli tomber de ma chaise ce matin, en lisant que Nicolas (de PMA) ou Juan (de Sarkofrance) soutenaient désormais le NSD nouveau. L’appel est quasiment identique au précédent, moins l’ambition révolutionnaire et moins l’exigence de la démission du Président de la République. Pour le reste, le fond est exactement le même.

Je rappelle d’ailleurs ici ces quelques phrases signées début janvier par Nicolas et Juan, entre autres : « Le problème du « No Sarkozy Day », c’est que le nom de Sarkozy soit l’unique vecteur de mobilisation. L’antisarkozysme primaire ne fera pas évoluer les mentalités, elle les confortera. Plutôt que de se focaliser sur l’homme, nous préférons nous concentrer sur le bilan désastreux de son action politique. (…) Nous pensons que cette opération se révélera contre-productive. Nous ne souhaitons pas être associés à cette initiative lancée sans concertation et qui relève plus du buzz marketing que de l’action politique. »

Versatiles, les blogueurs? Ce n’est pas le cas de tous, puisque Maxime Pisano, Dagrouik ou encore Marc Vasseur ne font pas partie des signataires du nouvel appel.

Bref, on ne se moquerait pas aujourd’hui de leur initiative si une partie des participants n’avaient pas mis cette forme assez ridicule pour défendre l’inverse il y a trois semaines. En lui donnant un écho solennel, ils avaient condamné sans nuance le No Sarkozy Day.

La réalité, c’est surtout qu’ils doutaient de l’efficacité de l’opération (Dagrouik explique très bien les raisons du fiasco certain de l’affaire). Et qu’ils avaient été agacés de ne pas en être à l’origine, de ne servir que de faire-valoir à une opération sur laquelle ils n’avaient pas de prise. Mais dans ce cas, pourquoi n’avoir pas attendu de négocier sur le texte de l’appel, plutôt que de balancer un texte tonitruant pour se renier trois semaines plus tard? Le pire dans tout cela, c’est donc que leur tribune n’était pas sincère. Elle condamnait l’antisarkozysme primaire, mais était signée par des blogueurs dont certains, tous les jours, font de l’antisarkozysme primaire. Et s’en vantent.

Nul n’est parfait. Et nul ne peut prétendre n’être jamais incohérent. Mais là, on a un bel exemple de retournement de veste en un temps record!

J’ai mon lot d’incohérences, comme tout le monde. Mais même si je reste opposé au sens général (y’en a-t-il un, d’ailleurs?) de la politique de ce gouvernement, je ne vais pas aller faire l’idiot devant une sous-préfecture avec un conglomérat de mécontents dont l’initiative n’a aucun sens. Et qui n’ont même pas de revendications communes, si ce n’est de râler et de dire « non » (et encore, ils le disent en anglais). D’ailleurs, cette journée de débouchera sur rien de plus que sur – éventuellement – un sujet au 20h. Alors à quoi bon?

42 Commentaires

Classé dans Blogs, Chafouinage

42 réponses à “No Sarkozy Day : the yes needs the no to win against the no…

  1. h16

    Super titre🙂 (lol)

  2. h16

    (et bon billet aussi, bien sûr)

  3. lediazec

    Douce France, cher pays de mon enfance. Dans la joie et la douleur…

  4. Ce texte est suffisamment différent du précédent pour me faire changer d’avis. En outre, et contrairement au précédent, il est issu d’un compromis.

    Les gens gauchent refusent souvent les compromis. Ils restent dans l’opposition.

    « Mais dans ce cas, pourquoi n’avoir pas attendu de négocier sur le texte de l’appel, plutôt que de balancer un texte tonitruant pour se renier trois semaines plus tard? »

    C’est justement parce qu’on a ronchonné, qu’on s’est totalement opposé au truc, qu’on a pu négocier le texte de l’appel !

  5. Ce texte, meilleur sur sa forme, ne change rien sur le fond. Donc toujours sans moi. Marre de taper sur Sarko. Critiquons précisément son action et surtout… proposons.

  6. polluxe

    Tout à fait d’accord avec Seb ! On frise le ridicule…

  7. Adrien

    « D’ailleurs, cette journée de débouchera sur rien de plus que sur – éventuellement – un sujet au 20h.  »

    Donc une manière indirecte de parler de Sarkozy au 20h, en abordant le sujet du No Sarkozy Day.
    Quand on aime les paradoxes …

  8. Ashar

    @ Adrien => Pas sur que ça plaise pour autant à l’intéressé.
    Une chose m’étonne cependant, après lecture de ton billet, je suis allé faire un tour chez notre CSP national (et oui, pourquoi tant de haine ?), et quelle ne fût pas ma surprise de voir qu’il n’en parlait même pas …?

    Bref, comme Chafouin le précise si bien dans cet excellent billet, je ne suis pas convaincu qu’un rassemblement de « Pas contents! » avec une organisation aussi déplorable aboutisse vraiment à quelque chose. Wait and see…

  9. Obi-Wan Kenobi

    « Nul n’est parfait. Et nul ne peut prétendre n’être jamais incohérent. Mais là, on a un bel exemple de retournement de veste en un temps record ! »
    Désolé, mais ce record est détenu par Eric Besson en 2007. Et sans péter aucune couture !

    OK, je sors…

  10. @adrien

    Il ne s’agit pas de cela, je parle du 20h qui suivra le NSD. Ce billet n’a absolument aucun lien avec la prestation presidentielle d’hier soir.

    @obiwan

    Je ne parle pas de record, juste d’un bel exemple! L’histoire en regorge. Besson en est aussi une illustration illustre, si j’ose dire. Mais il y ena plein d’autres…

    @ashar

    Je ne crois pas que le buzz soit dans les actions politiques que csp affectionne…

    @nicolas

    Vous vous etes reniés sur l’aspect obsessionnel de cette journèe…

  11. Le Chafouin,

    Non, c’est toi qui y accorde de l’importance, pas moi.

  12. @nicolas

    Non, c’est toi qui il y a trois semaines, a signé un texte qui reprouvait le NSD Notamment au motif qu’il etait vain de se concentrer ainsi sur la personne de Sarkozy.

  13. Le Chafouin,

    « de se concentrer ainsi sur la personne » tu as oublié « en exigeant la démission tout en étant à peu près incapable de sortir un programme de remplacement ».

    Je n’ai pas « signé un texte », j’ai fait un billet dans mon blog personnel et j’en ai fait 43 autres depuis.

  14. @nicolas je n’ai rien oublié, c’est le sens du mot notamment.

    Et si tu consideres que signer ce texte n’a pas d’importance…alors cela nous fait relativiser l’intérêt et la pertinence de tes prises de position!:-(

  15. Le Chafouin,

    Je n’aime pas quand on mégote, pendant ce temps-là, on n’est pas au bistro.

    Je ne doute pas de la pertinence de mes prises de position par contre, effectivement, elle n’ont de l’intérêt que pour ceux qui m’accordent de l’intérêt ! Elles ne vont pas changer la face du monde.

    C’est l’éternelle discussion sur l’égo des blogueurs…

    Bref, le premier texte contenait exactement : « Notre mobilisation n’est rattachée à aucun parti à aucun syndicat à aucune association. Nous voulons simplement la démission de Nicolas Sarkozy. » Pas le second.

  16. Adrien

    @Chafouin
    « Il ne s’agit pas de cela, je parle du 20h qui suivra le NSD.  »

    C’est également de cela que je parle. L’expression « No Sarkozy Day » peut être interprété comme le souhait d’une journée où on ne parle pas du président. Ce qui ne risque pas d’arriver si un « No Sarkozy Day » a effectivement lieu, le fait de parler de l’action amenant à parler indirectement du président. D’où le paradoxe.

  17. Vois-tu, ce n’est qu’à droite qu’on adopte des postures rigides où naissent cette sorte d’incapacité à apprécier le sens de la nuance.

    Ce n’est alors pas une surprise que tu ne puisses appréhender ce qu’il y a d’appréciable dans le fait d’être en mouvement.

  18. C’est bien comme salon, pour papoter ici.

    Dedalus,

    Cet esprit rigide leur permet d’afficher une certaine unité lors des élections et de gagner. Alors qu’à gauche, heu…

  19. D’accord avec toi, Nicolas.

    Mais la gauche doit-elle en venir à se structurer quasi-militairement pour espérer l’emporter ou bien trouver des moyens plus en cohérence avec ses valeurs ?

  20. Obi-Wan Kenobi

    @ dedalus et nicolas:
    Je croyais que le mouvement perpétuel était une constante du sarkozysme (« J’ai changé », plusieurs fois par an). Je constate que les blogueurs de gauche le revendique. Diantre, que vais-je pouvoir voter aux prochaines élections ?

  21. Obi-Wan Kenobi

    Tu confonds mouvement et agitation. La gauche va de l’avant, la droite fait la toupie sur elle-même. Les forces de progrès d’un côté, les conservatismes, voire la réaction (qui propulse vers l’arrière), de l’autre.

  22. Oui, en résumé, la gauche c’est bien, et la droite, c’est mal. Vive le sens de la nuance en effet.

  23. Ashar

    dedalus

    Il n’est pas question de ne pas être capable d’appréhender l’appréciabilité du mouvement.
    « La gauche va de l’avant, la droite fait la toupie sur elle-même. » => Je ne me considère pas encore suffisamment instruit pour me faire une opinion politique correcte, mais c’est pas un peu cliché ça ?

  24. non, xerbias : la gauche c’est la gauche et la droite c’est la droite – mais il est utile d’être de gauche pour comprendre ce que cela signifie…

    Ashar, voir xerbias🙂

  25. @Dedalus

    1/ tu n’étais pas concerné par ce billet. Tu n’avais pas signé le texte publié par Marianne. Tu étais dès le début dans les ultras qui voulaient coûte que coûte d’une journée antisarkozyste. Donc ne viens pas nous parler de mouvement. La rigidité est de ton côté sur ce coup-là.

    2/ Et ne viens pas non plus faire ici du raccolage, en espérant nous faire croire que gauche = mouvement. C’est pitoyable et tu le sais. Cela dépend des sujets. Et sur les sujets socio-économiques, la gauche est conservatrice. Et ça aussi tu le sais…

    Moralité : n’emploie pas de grandes phrases, cela te va mal. Sarko non merci, par contre, ça, tu sais faire. Contente toi de ça pour le moment.

    « Mais la gauche doit-elle en venir à se structurer quasi-militairement pour espérer l’emporter ou bien trouver des moyens plus en cohérence avec ses valeurs ? »

    Ses « valeurs »… Je ris! C’est marrant, ça me refait penser au tripatouillage qui a permis à votre première secrétaire d’être élue à son poste. Et d’un coup, là, tes valeurs de gauche, elles ne convainquent plus grand-monde.

    Xerbias, Ashar et ObiWan (je vous salue au passage) t’ont parfaitement répondu sur ta définition idiote du clivage gauche-droite. En séparant bien-mal de la sorte en fonction de la capacité au mouvement (ce qui en plus, est faux…), tu incarnes juste un espèce de Torquemada moderne. Sauf que lui, il y avait des naïfs pour l’écouter. Toi, tu parles dans le vide.

    @Nicolas

    On mégote, on mégote.. Disons qu’on a prouvé par A+B que vous aviez changé d’avis sur un des trois points qui justifiaient votre non-participation la fois dernière, mais en effet, ce n’est pas dramatique. Dans une semaine on aura déjà oublié. De même que votre NSD qui ne servira à rien.

    @Adrien

    Pardon, en effet, ça se comprend beaucoup mieux ainsi! Ceci dit le « No Sarkozy » signifie davantage « non à sarkozy » que « pas de sarkozy ». Mais ce que tu soulignes est un des paradoxes de l’affaire, et une des raisons avancées par certains blogueurs de gauche pour ne pas participer à la chose.

  26. Le Chafouin,

    Tu n’as rien prouvé. Ta mauvaise foi est à gerber.

  27. @nicolas

    Je comprends que ca t’enerve. Mais relis le passage que j’ai mis en exergue et regarde ta propre mauvaise foi.

    Au finale, ton outrance verbale ne convainc pas grand-monde. Je suis loin d’etre le seul a etre surpris de votre volte face.

  28. Le Chafouin,

    Ce n’est pas de l’outrance verbale, je ne peux pas parler avec un mec qui me dit « on a démontrer » sans rien prouver…

    Salut.

  29. @nicolas

    Tu t obstines a fuir le sujet du passage visé… A ta guise.

  30. Chafouin, tu vois comme tu es type de droite, tu t’efforces encore de croire que droite / gauche ç’est pas si clair au fond. mais ça l’est. mais tu ne comprends pas.

    Alors tu racontes des bêtises, tu fantasmes :

    1- J’étais depuis le début un ultra du no sarkozy dat, affirmes-tu. C’est un fantasme et tu n’as rien qui puisse aller dans ce sens. Parce que c’est tout simplement faux.

    2- Sur l’économie, tu ne sais pas de quoi tu parles – tu penses toujours que le libéralisme a un fondement scientifique alors que ce n’est plus rien d’autre qu’une idéologie.

    Sur le social, tu es de ceux qui pense qu’une exonération de droit s de succession est une mesure sociale. Mais c’est normal, tu es de droite.

    Sur les questions socio-économiques, donc, la gauche est de toute évidence dans un mouvement vers l’avant depuis toujours, qui la conduit à courir après le temps, à se renouveler toujours, et la met systématiquement dans cette difficulté politique face à une droite qui a toujours solution à tout et depuis toujours les mêmes.

    Je sais, ça fait pas plaisir, mais vous êtes les forces du conservatisme et de la réaction. C’est le camp que tu as choisi. C’est pas facile, surtout pour un jeune homme, choisir de participer au grand frein de l’histoire.

    D’ailleurs, puisque tu vas encore dire que je donne dans la caricature (je te l’ai dit, c’est exprès), cite-moi une période de l’Histoire et un lieu dans le Monde où la droite a activement contribué au progrès, c’est-à-dire à l’émancipation des hommes.

  31. Obi-Wan Kenobi

    Bon ben, je vais voir ailleurs. J’ai l’impression de regarder Mots croisés, ça me fatigue.

  32. Ashar

    Dans un souci d’objectivité, je dois avouer que dedalus n’a pas tort sur toute le ligne, même s’il force un peu le trait. Le libéralisme a un fondement mathématique, mais uniquement si on est accord avec une certaine idéologie.

    Il est par contre vrai que tu ne sembles toujours pas avoir lu le passage cité par Chafouin.

    Pour finir, le clivage gauche / droite est effectivement assez clair, mais n’autorise pas pour autant le fait de tomber dans le cliché droite = mal, et gauche = bien ou inversement.

  33. @dedalus

    Je ne rêve pas. J’ai bien cru lire sur ton blog il y a trois semaines que tu étais pour le NSD, et que tu contestais le texte des blogueurs qui avaient refusé de s’y joindre. J’ai lu les « social-traître » qui pleuvaient sur twitter.

    Maintenant, si c’est faux, si je me suis trompé, je te présenterai mes excuses. C’est juste ce dont je crois me souvenir.

    Maintenant, sur le clivage droite-gauche, ce n’est pas vraiment le sujet mais je ne peux pas ne pas te répondre, pusique tu me provoques.

    Donc si je critique ce clivage, si je le nie, je suis de droite, et donc un méchant suppôt du Kapital et un ennemi de l’Homme, c’est bien cela? Et tu voudrais qu’on ne te prenne pas pour un type caricatural?

    Si tu prenais le temps de lire avant de juger, tu saurais qu’il est écrit dans mon à propos (il te suffisait juste d’un clic) que je goûte très peu au libéralisme (autant en tant qu’idéologie et que philosophie), que je place au même titre que le collectivisme dans la liste des trucs dont il faut se débarrasser de toute urgence. ça me vaut les critiques régulières des libéraux, d’ailleurs.

    Donc oui, je condamne ce clivage car il ne signifie rien pour moi. Certains types de gauche me disent de droite, certains types de droite me trouvent de gauche. Certaines idées de gauche me plaisent, certaines idées de droite me séduisent. Cela dépend des sujets. Dois-je me ranger dans une case, et défendre toutes les propositions faites dans cette case?

    Je vais te dire : en tant que catholique – mais rien que ça, rien que ce mot, te fait hérisser le poil – l’humain est au centre de mes pensées. C’est toujours le critère des positions que j’ai. Après, je peux me tromper. Ou ne pas être cohérent, ça m’arrive. Mais je suis toujours sincère. Et j’en ai ras le bol des dogmatiques de ton espèce, qui passent leur temps à jeter des étiquettes à la figure des autres. Et à faire des jugements péremptoires, tels que : « Sur le social, tu es de ceux qui pense qu’une exonération de droits de succession est une mesure sociale. Mais c’est normal, tu es de droite. »

    Qu’en sais-tu? Où ai-je parlé des exonérations de droit de succession?

    De même cette phrase : « C’est le camp que tu as choisi. C’est pas facile, surtout pour un jeune homme, choisir de participer au grand frein de l’histoire. »

    Mais la droite n’est nullement mon camp, si tu as bien compris, ce dont je doute, ce que j’ai écrit plus haut, et je ne me sens aucune obligation de la défendre. Je ne suis pas non plus redevable de son bilan, de ses idées. D’ailleurs, je te mets au défi de trouver un seul billet, sur ce blog, qui défende la droite par principe, contre la gauche. Cherche, si tu veux. Tu perdras ton temps car tu ne trouveras pas.

    Pour autant, je ne considère pas les gens qui se revendiquent de droite et l’assument, pas plus que leurs homologues de gauche, comme des types à abattre. En revanche, les sectaires, les petits despotes en herbe de ton espèce, oui, je serai toujours leur adversaire résolu. Qu’ils soient de gauche ou de droite.

    Et puisque tu le demande, je te citerai juste les réformes adoptées grâce aux catholiques sociaux de la fin du XIXe, plutôt classés à droite. Tiens, lis moi ça, et on en reparle. http://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_de_Mun

    Et puis rien que la Sécu, c’est de Gaulle. Et puis le RSA, c’est Hirsch et Sarkozy. Bref. Cette énumération n’a en fait aucun sens.

    Sur l’économie, désolé, mais je ne sais pas où est le « sens » de l’histoire, ou s’il y en a un, mais l’économie de marché et le capitalisme ont gagné. Aujourd’hui, qui défend les acquis sociaux et défend le statu-quo : la gauche. Qui cherche à la démanteler pour favoriser l’unification (et le nivellement par le bas) des législations : la droite.

    Qui donc est « conservateur » sur le sujet : la gauche, puisqu’elle va à rebours de ce qui se fait.

    Le problème, c’est que comme pour toi, « conservateur » signifie « caca boudin », tu refuses d’avoir cette étiquette. Moi je le dis : sur le travail dominical, je suis contre. Voilà, c’est tout, là dessus je suis conservateur, point barre.

    Tu le vois, j’ai tâché – et pris le temps – de te répondre sans m’énerver. ça a été dur, je l’avoue, tant ta mauvaise foi est flagrante. J’ai tâché de te prendre pour un interlocuteur valable. Essaie de jouer le jeu, un peu. Et de sortir des jugements à l’emporte-pièce.

    @Ashar

    Non, en effet, cela n’autorise rien du tout. Et d’ailleurs, on ne donne pas la permission à dedalus😉

  34. Chafouin c’est ici ton blog et je ne l’ai déjà que trop encombré. Alors je vais faire court :

    1- tu ne m’as jamais pris à parler en terme de bien / mal de manière générale ;

    2- en revanche, si on parle politique, de mov point de vue d’homme de gauche, la droite c’est mal et la gauche c’est bien ;

    3- quand je dis que tu es un type de droite, c’est n’est pas toi que je vise, pas ta personne, juste ton positionnement politique de démocrate chrétien (pour faire court) ;

    4- en politique, il y a des adversaires, qu’il faut identifier et ne jamais épargner (politiquement) ;

    5- mais si tu préfères, nous pouvons avoir des échanges tout à fait amicaux sur quantité d’autres sujets – mais il me semble que tu tiens un blog politique…

    6- la politique, dans la vraie vie, c’est on écharpe l’adversaire tant qu’on est dans le cadre politique (une discussion, un débat…) puis on va boire un verre ensemble en se tapant dans le dos ;

    7- la politique molle qui cherche le consensus mou avant même d’avoir vu les idées s’affronter, a toujours été, est et restera une vaste entourloupe – et qui a toujours joué pour le plus grand profit de la droite ;

    8- il est démontré que j’ai grandes difficultés à faire court🙂

  35. Je ne te parle pas de consensus mou, il ne s’agit pas de ça.. mais ne me parle pas de droit de succession si je n’ai pas pris position là dessus… Et démocrate chrétien, ce n’est pas droite, c’est démocrate chrétien. Pour moi, pour paraphraser Bayrou, il faut dépasser le gauche-droite. Mais le dépasser vraiment, pas en faisant comme lui le fait, c’est-à-dire en paroles et pas en actes.

    Le problème dans ton jugement bien-mal, c’est que tu occultes le fait qu’il puisse y avoir du bien et du mal dans les deux « camps ». Car il y a dans ces camps des gens divers qui ne pensent pas tous la même chose, et des gens qui ne se sentent pas appartenir à un des deux camps mais parfois à l’un, parfois à l’autre.

    Et je n’irai pas insulter un type sur un sujet politique avant d’aller boire un verre avec lui pour parler de foot. Comme dit Obiwan, on se croirait dans Mots croisés à ce compte là.

  36. Quelles insultes ?!

    Sinon, si, les démocrates chrétiens sont à droite. mais c’est pas grave. C’est juste que c’est pas avec eux que la gauche saurait mener une politique de gauche, une politique de transformation sociale, une politique où égalité des chances et redistribution ne sont pas de vains mots, par exemple…

  37. Je dis « insultes », parce que tu dis qu’on peut s’invectiver politique avant de se taper dans le dos. Pour moi, on ne peut pas à la fois plaider l’émancipation de l’homme et ne pas respecter une personne avec qui on discute. Or tu pratiques l’amalgame et des procédés d’argumentation qui à mon sens ne respectent pas l’interlocuteur.

    « redistribution », « égalité des chances », « transformation sociale »… mais tu serais pas militant pas hasard? Sérieux, ces mots me gavent, à force. Commençons par chacun se transformer, redistribuer autour de soi et pratiquer l’égalité autour de soi, dans sa vie, plutôt que de vouloir forcer la société à le faire à notre place.

  38. Je n’ai à aucun moment parler d’invectiver. En politique, on s’engueule, voilà tout. Inutile de chercher à me faire dire ce que je n’ai pas dit.

    « redistribution , égalité des chances , transformation sociale […] ces mots me gavent »

    « Commençons par chacun de transformer, redistribuer autour de soi et pratiquer l’égalité autour de soi, dans sa vie, plutôt que de vouloir forcer la société à le faire à notre place. »

    Voilà très précisément, en deux phrases, ce qui fait de toi un homme de droite. Ce n’est pas une insulte, juste un constat politique d’un clivage profond, essentiel, irréductible.

  39. do

    je m’immisce, mais il y a une façon de penser droite gauche qui est fausse:
    droite = sécurité, conservatisme, libéralisme, autoritarisme, et donc = vieux et égoïstes et rigides,
    gauche = solidarité, social, sécurité de l’emploi, liberté de pensée, liberté sexuelle, et donc = jeunes et altruistes et progressistes.

    En fait, chaque « camp » a ses recherches de sécurité: les uns, majoritairement plus vieux, et souvent, donc, plus riches aussi, recherchent une sécurité physique, matérielle et financière, et réclament plus de policiers, par exemple, et moins de taxes. Mais les autres, majoritairement plus jeunes et moins riches, qui recherchent la sécurité de l’emploi ne réclament pas autre chose!
    et chaque « camp » a ses recherches de liberté: pour les plus jeunes, la liberté d’expression, et la liberté sexuelle, qui correspond à l’affranchissement de l’adolescence par rapport à l’autorité parentale (dont Ségolène Royal est le symbole accompli, mais qu’elle n’a pas encore réussi à vraiment dépasser…), et pour les plus vieux, la liberté d’entreprendre, et de gérer leurs biens et leur transmission à leur famille: là encore, chacun réclame une liberté sur les points où il est le plus sensible, mais au fond, c’est le même combat!

    Ne pourrait-on pas arrêter de se quereller indéfiniment comme le souhaitent les médias et les politiques qui en vivent, et se mettre autour d’une table pour enfin reconnaître les besoins légitimes des uns et des autres, riches ou pauvres ou classes moyennes, vieux ou jeunes ou médians, et équilibrer les libertés et les sécurités des uns et des autres, qui sont effectivement parfois en étroite dépendance mathématique (ou psychologique)?

    Je crois qu’on le peut si on adopte une façon de débattre à la manière chrétienne, c’est à dire pas en s’invectivant obligatoirement parce que les uns sont bons et les autres sont mauvais, ce qui est d’un mépris absolu, mais en s’écoutant avec respect. Des gens le font, et ça se passe très bien. On critique beaucoup les chrétiens, comme s’ils étaient obligatoirement idiots et bornés, mais on ne cherche pas à comprendre comment ils ont résisté 2000 ans à toutes sortes d’attaques le plus souvent désarmés! En fait, dans l’Eglise, on organise régulièrement des synodes, où tout le monde est invité à donner son avis sur des questions précises, puis on classe les réponses, et on compte les avis dans chaque catégorie, ensuite on élit des représentants, qui écoutent des experts dans chaque domaine, et ces représentants votent (il faut 66% pour adopter un truc) et l’évêque prend acte: il n’y a aucun parti, personne ne vote pour lui même, pas de questions de personnes -sauf l’ordinaire tendance de tout un chacun, non augmentée par le système (et c’est tellement difficile d’être prêtre que personne ne se bouscule au portillon)-, et quand on sort de ces assemblées, on a l’impression d’avoir tout voté à la quasi unanimité tellement tout avait été préparé dans le calme et le bon sens au préalable pour construire non pas des consensus mous, mais des réformes adéquates, tout simplement.

    ça existe, ça marche, et c’est paisible: moi, je préfère.

    Maintenant, si certains préfèrent l’adrénaline des débats interminables où on s’énerve dans son fauteuil en parlant à sa télé, et où on ne change dramatiquement rien à cause de l’agressivité qui a été déclenchée et qui est le principal frein aux réformes, je trouve ça plutôt triste, parce que des gens attendent un mieux vivre, et souffrent en attendant.

  40. @do

    Si je puis me permettre, vieux- = droite et jeunes = gauche me paraît un raccourci un peu hâtif!😉

    « Ne pourrait-on pas arrêter de se quereller indéfiniment comme le souhaitent les médias et les politiques qui en vivent, et se mettre autour d’une table pour enfin reconnaître les besoins légitimes des uns et des autres, riches ou pauvres ou classes moyennes, vieux ou jeunes ou médians, et équilibrer les libertés et les sécurités des uns et des autres, qui sont effectivement parfois en étroite dépendance mathématique (ou psychologique)? »

    Mais je crois que c’est ce à quoi s’attellent les politiques! Le problème, c’est que les désirs des uns et des autres entrent souvent en conflit, pour tenter un petit euphémisme… Si c’était simple, on y serait parvenu…

    On note souvent que ce « bon sens » et ce « pragmatisme » (j’aime pas non plus bcp ces deux mtos là, mais bon…) sont beaucoup plsu aisés au niveau local. Dès que degrands enjuex sont là (tiens, au hasard, les retraites), on en revient au bon vieux jeu partisan. Parce que derrière, il y a les élections. La façon dont Martine Aubry a fait volte-face hier soir après avoir osé commettre un sacrilège, la semaine dernière, en concédant qu’il n’était pas anormal de travailler après 60 ans, en dit long sur cet état de fait. Mais ils ne sont souvent pas mieux à droite.

    @dedalus

    Mais c’est cela que notamment je n’aime pas à gauche : une propension à vouloir faire en sorte que la politique et l’Etat règlent tout. Or l’homme (je n’aime pas la notion d’individu) doit se changer avant de prétendre changer les autres et la société! ça me paraît une évidence.

    Après, à droite, certains ont tendance à aller vers l’excès inverse : l’individualisme. Ce n’est pas mieux non plus.

  41. Je reste fidèle au premier texte. Le retournement de veste de certains est de toute beauté, en effet…

  42. do

    En fait, je crois que c’était quand même le cas quand la gauche s’est formée; depuis, forcément, ça a complètement éclaté! Mais les valeurs sont restées, et c’est peut-être tout le problème de la gauche actuelle: comment les jeunes de 2010 et les vieux de 68 peuvent ils être encore d’accord sur des valeurs de jeunes de 68?

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