A quand 30% de rouquins au gouvernement?

Ils sont pas beaux avec leur uniforme, les X?

Le ton est monté entre le gouvernement et les grandes écoles françaises, qui se sont fendus d’un texte dans lequel elles refusent l’instauration de quotas de boursiers dans leurs établissements, au risque de « faire baisser le niveau ». C’est le danger évident quand on abandonne l’élitisme et la sélection, pour aller vers un égalitarisme forcené. La solution n’est-elle pas plutôt de tout faire pour aider les boursiers à réussir le même concours que les autres?Quand on voit les mots qui sont prononcés, on se demande vraiment quel crime a pu commettre le syndicat des grandes écoles. Une attitude « scandaleuse », selon Yazid Sabeg (1), commissaire à la diversité et à l’égalité des chances (tiens, on ignorait jusqu’à son existence, à celui-là. Un nouveau Azouz Begag?). Des propos « réactionnaires » qui ne tiennent pas compte du « grondement qui vient du fond de la société », selon une tribune cosignée par Alain Minc et François Pinault, qui eux, sont bien placés pour savoir ce qui se passe tout en bas de l’échelle sociale.

Rendez-vous compte : la conférence des grandes écoles (CGE) a osé rompre avec le discours ambiant, cette douce utopie, cette espèce de guimauve fluo rose-orangée, selon laquelle si on est tous gentils et mignons, le monde sera plus beau, et nous serons tous heureux. Selon ce dogme nouveau, il faut tout faire pour que tous puissent accéder aux meilleures études. Et pour lutter contre les inégalités sociales, rien de tel que d’abaisser le niveau. Ne surtout pas établir de classement, pour ne pas blesser les derniers de la classe. La preuve : c’est avec ce raisonnement que tout le monde se retrouve en terminale S, que tout le monde passe le bac, mais qu’ensuite, les jeunes se retrouvent massivement au chômage. Ils vont tous en fac plutôt qu’en apprentissage, mais ensuite, ils ne trouvent pas de boulot. A quoi bon?

Les grandes écoles, elles, ont annoncé qu’elle refusaient de se soumettre à de quelconques quotas de boursiers dans leurs rangs. Le texte de la CGE remonte au 23 décembre, mais n’a été révélé que lundi. Une initiative qui fait suite à un discours prononcé en novembre à Sciences Po Paris par Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur. Venue signer un protocole par lequel l’établissement s’engage à accueillir 30% de boursiers d’ici à 2012, la ministre avait notamment ouvertement appelé à ce que« nous puissions porter à 30 % le nombre de boursiers dans l’ensemble de nos grandes écoles. »

L’intention est louable, paraît bonne. En effet, un boursier est souvent issu d’un milieu défavorisé (2), dans lequel il n’est pas nécessairement « poussé » à aller très loin dans les études. Ce n’est pas un réflexe de « classe ». On est tenté de reproduire ce que font nos parents. Le milieu dan slequel on naît est important, parce que c’est lui qui va conditionner en partie notre accès à la culture. Il est donc certain qu’existe une inégalité à ce niveau, contre laquelle il faut lutter, cela va de soi.

Mais la CGE n’a visiblement pas la même vision des choses que Valérie Pécresse. Elle a donc riposté illico en rappelle que si « la démocratisation de l’enseignement supérieur est une exigence d’équité citoyenne » elle reste attachée au « véritable mérite républicain ». Selon elle, l’ouverture sociale ne peut se faire qu’à travers « des soutiens individualisés (…) apportés aux candidats issus de milieux défavorisés pour les aider à réussir des épreuves qui peuvent leur sembler plus difficiles parce que leur contexte familial ne les y a pas préparés ». Toute autre politique, et notamment une voie d’accès spécifique ou facilitée pour les boursiers, serait selon elle une façon d’abaisser le niveau.

Or que lit-on dans les médias, ou sur le blog du fameux Richard Descoings? Que les grandes écoles refusent l’ouverture sociale! Qu’elles font preuve de « conservatisme »! Forcément, le patron de Sciences Po voit dans le texte de la CGE une condamnation de ses propres pratiques, puisque c’est lui qui est à l’origine des « conventions ZEP » qui autorisent le recrutement à Sciences Po, par une voie d’accès réservée, des meilleurs élèves des lycées de banlieue. Que dit cet insupportable personnage, si prompt à donner des leçons au monde entier? « Attention les pauvres, trop nombreux vous feriez baisser le niveau ! », pour railler l’opinion des grandes écoles. C’est le même qui ose nous dire que le « concours d’entrée est par essence inégalitaire », alors que ce mode de recrutement est infiniment moins inégalitaire qu’une étude de dossier ou même que l’examen d’un CV.

Ce n’est d’ailleurs absolument pas ce que les écoles disent. Elles condamnent le fait de faciliter l’entrée pour les plus défavorisés, si cela doit passer par un sous-concours. Car sinon, autant supprimer le concours! Elles estiment, au fond, que c’est en amont qu’on doit jouer. Sciences Po Lille, par exemple, a créé un programme de préparation au concours d’entrée, pour les élèves de condition modeste. L’Essec fait la même chose avec son programme de tutorat intitulé « une prépa, une grande école, pourquoi pas toi, pourquoi pas moi? » lancé en 2003.

De toutes façons, avec l’augmentation du nombre de boursiers, certains estiment que mécaniquement, cet objectif de 30% sera atteint sans changer quoi que ce soit, puisque déjà, cette année, 30% des 42 000 élèves inscrit en première année de prépa sont boursiers. Alors que signifie cette attaque contre les grandes écoles? Est-ce une façon de leur mettre sur le dos l’incapacité de l’enseignement français à fournir la fameuse « égalité des chances »?

Au fond, cette « polémiquette » a le mérite de remettre sur la place publique le problème douloureux des difficultés d’ascension sociale pour les plus défavorisés. Mais n’oublions pas qu’il sera toujours plus difficile à un pauvre de réussir qu’à un riche. Il faut tout faire pour diminuer cette injustice, mais aucune législation ne supprimera cet état de fait. La nature est cruelle, mais c’est ainsi.

C’est comme les rouquins : ils ne seront jamais 30% à entrer au gouvernement. C’est cruel, mais c’est ainsi.

(1) Tellement actif dans sa fonction que son blog est inactif depuis le mois de septembre. Il point sur un rapport qui lui, remonte à mai 2009.

(2) Ce n’est pas forcément le cas : j’ai été boursier pendant toutes mes études, par exemple, parce qu’issu d’une famille nombreuse et peu fortunée. Je ne faisais pas pour autant partie d’un milieu « défavorisé », dans le sens où j’avais facilement accès à la culture, à l’ambition, et que mon entourage m’a toujours poussé à faire des études supérieures.

28 Commentaires

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28 réponses à “A quand 30% de rouquins au gouvernement?

  1. ils pourraient déja commencer par se poser des questions sur les modalités des concours.
    A sciences po l’épreuve langue étrangère est importante, elle est d’un très haut niveau et sélectionne très bien ceux qui ont eu les moyens d’aller faire de longs séjours à l’étranger et qui ne sont évidemment pas des boursiers.

  2. @olympe

    Donc baisser l’exigence sur ce point, n’est-ce pas baisser le niveau?

  3. lecontempteur

    Et comme j’arrête pas de le dire, il est des régions, (le Nord-pas-De-Calais pour ce qui me concerne) ou seul une petite moitié d’une classe d’âge (58 %) arrive au bac GENERAL (et un peu plus des deux tiers l’ont finalement).

    Comme disait Christian Baudelot dans Rue89 recemment, c’est dès le plus jeune âge qu’il faut prendre le taureau par les cornes. Peut être en rompant avec la disqualification de l’élève par la notation, la notion de faute. L’ecole est en effet un lieu où l’on juge, où l’on classe, au sens quasi marxiste du terme, plus qu’un lieu où on apprend, tranquillement, avec un droit à l’erreur. Eh ouais, les mecs, apprendre, c’est faire des erreurs… Et ca doit pas forcément être un drame.

    Revenir la dessus, c’est une petite révolution pédagogique, j’en conviens. ET ça demande infiniment plus de courage politique qu’une politique de quotas. Mais c’est, je crois, un bon moyen pour enrayer la mécanique de l’echec scolaire… Car encore une fois, pour ceux qui décrochent (et ils sont nombreux), les quotas à la Descoings sont, comment dire… un problème de riche…

  4. René de Sévérac

    Valérie Pécresse a annoncé qu’elle ferait tout pour favoriser l’accès aux GE sans passer par un système de quota. Bravo. Favoriser en particulier les ruraux me semble une exigence. Alors que le boursier est entendu comme enfant de l’immigration puisque inadapté aux concours car de milieu inculte.
    Le problème avec tout système de discrimination positive, c’est que ce n’est pas moins une discrimination.
    Le principe de parité aux élections a toute chance de dériver naturellement vers son élargissement aux cultures (10% de musulmans dévrait tout naturellement exiger 10% de représentants) quelle que soit la forme.

  5. Je m en fous de 30% de rouquins au gouvernement par contre, 30% d’hommes politiques, de droite comme de gauche, droits et honnêtes, je signe de suite
    biz

  6. Pfff que de politiques honteuses !! Contre les quotas dans quelques politiques que ce soient, je trouve vraiment lamentable que l’on puisse penser que cela pourrait baisser le niveau des diplômes.

    Il n’est pas question de promouvoir un égalitarisme forcené, mais en tout cas d’empêcher de laisser dire n’importe quoi, en laissant à penser, que le niveau social serait la cause d’une baisse de niveau.

    Les élites devraient en premier lieu être exemplaires dans leurs propos.

  7. Emmanuel M

    Mérite républicain contre solidarité citoyenne. Et si c’était la un vrai débat d’identité nationale ?

    Derrière ce débat semble t’il mineur ou du moins spécifique, c’est clairement une question de civilaisation qui est posée. République (française, méritocratique, unie ,indivisible, mettant en avant l’intéret de la nation) ou démocratie (multiethnique, participative, solidaire, basée sur un système de castes, mettant en avant les droit de l’individu).

    Le problème c’est que les deux partis dominants (UMP, PS) ont semble t’il renoncé à la République. Sans que cela ne fasse l’objet d’aucun vote, nous assistons à un changement de régime.

    Alors, un referendum sur les quotas d’accès aux grandes écoles ?

    Le problème c’est que ceux qui veulent casser le système ne lanceraient un tel referedum que s’ils étaient surs que le résultat leur serait favorable.

  8. @Stef

    Personne ne dit que la présence de boursiers ferait baisser le niveau. Ce qui est dit, c’est que 1/accepter des gens dans une école sans qu’ils aient passé le même concours que d’autres est une inégalité flagrante (ils prennent la place, dans ce cas, d’autres qui l’auraient peut-être mérité), et 2/dans ce cas précis, avec ce mode opératoire (recrutement de gens en focntion de leur statut et non de leur mérite) cela peut faire baisser la valeur du diplôme dans l’esprit de ceux qui embauchent.

    @René

    Et c’est tout à l’honneur de Valérie Pécresse de le dire. Tant mieux si c’est le cas. Je défends juste le raisonnement des grandes écoles, que je ne trouve pas injustifié.

    @lecontempteur

    Je suis plus pour un système d’émulation, où le classement, les notes, les prix, permettent au plus faible d’avoir envie de monter. Et aux plus forts de mener une compétition qui les oblige à l’excellence. Mettre tout le monde au même niveau, je pense que ça fait baisser le niveau global, et le niveau des meilleurs.

    C’est un peu comme si on paie tout le monde avec le même salaire, quels que soient les mérites. ça permet d’éviter les injustices, ou le salaire à la tête du client, mais ça ne pousse pas au travail…

    Et quand je dis « tous passent le bac », je ne pense bien sûr pas à toute une classe d’âge, on est d’accord, mais merci de le rappeler.

  9. Adrien

    @Chafouin

    Fichtre ! Je crois bien que c’est la première fois que je suis en tous points d’accord avec vous ! Champagne !😉

    Plus sérieusement, je suis moi même issu de classes préparatoire et grande école. Et je peux vous assurer que rien n’est plus « égalitaire » qu’un concours. Même épreuve pour tous, en même temps, programme défini pour tous, de manière identique. Les plus intelligents, les plus travailleurs sortiront du lot. Aucune surprise à l’arrivée. Une bonne classe, avec de l’entraide, de l’émulation, des profs qui poussent et font travailler dur ? La seule, dans ma classe, à s’être « plantée » (et j’insiste sur les guillemets, j’y reviendrais plus tard) est celle qui n’a pas travaillé, était en retard absolument tous les jours, séchait les cours. Pour le reste, dans les grandes lignes, les meilleurs en classe sont les meilleurs aux concours.

    Par ailleurs, il y a des voies « alternatives » pour l’entrée dans les grandes écoles. Beaucoup prennent un certain nombre d’élèves issus de BTS, DUT, fac. Sur dossier. Ceux là, une fois en école, ont deux solutions : faire comme les autres (c’est à dire se laisser un peu aller, car après la prépa, l’école d’ingénieur, c’est une promenade), ou travailler. J’ai vu les deux. Ceux qui ne travaillent pas se cassent les dents, systématiquement. Un niveau est attendu en école, des connaissances acquises lors de la prépa, ou au moins des méthodes de travail. Des années « moins intenses » (mais qui n’ont pas moins de valeur, bien au contraire !) se compensent en travaillant plus dur une fois sur place. Et ceux qui s’y astreignent ont encore largement le temps de profiter de la vie étudiante, et peuvent réussir même mieux que les autres. Les autres… Disons que mon binôme de 2e année, issu de la fac, a été invité à y retourner après seulement une année…

    Alors oui, les grandes écoles, c’est de l’élitisme. Mais c’est une sélection saine, basé sur un mélange d’intelligence et de capacité de travail. Car (et c’est là que je reviens sur les guillemets précédents) dans les classes préparatoires « math sup/math spé » (filières MP, PC, PSI, et dans une moindre mesure PT, pour les connaisseurs), il faut savoir que TOUS CEUX QUI PASSENT LES CONCOURS INTEGRENT UNE ECOLE. A quelques exceptions près, naturellement. Mais une personne qui tient les 2 à 3 ans de prépa, travaille, suit le rythme, est sure d’entrer dans une école d’ingénieur. Et une fois l’école intégrée, c’est plus de 95% de diplômés. Elle est pas belle, la vie ?

    Alors oui, clairement, le système marche, produit des ingénieurs de qualité. Il coute cher, c’est vrai, mais vaut-il mieux dépenser 20k€/éleve/an pour quelqu’un qui sera a coup sur diplomé bac+5 et trouvera du travail au plus tard dans les 6 mois suivant sont diplome, ou 8k€/éleve/an pour des élèves qui vont s’entasser sur les bancs de la fac, se chercher dans 3 filières différentes, finir avec une licence après 6 ans, et ne pas trouver de travail parce que psycho, socio et autres sont des filières complètement saturées ?

    Maintenant, pour ce qui est d’accéder aux classes prépa, forcément, je suis biaisé. Mais encore une fois, un concours sain, un fondement méritocratique, il n’y a pas plus égalitaire. Et clairement, je suis pour que tous les élèves brillants aient une chance d’entrée. Mais la même chance que les autres, basée sur leur mérite. Sortez les plus doués de leurs banlieux, faites leur faire des prépa différentes, plus adaptées, plus longues si il faut, mais a la fin, chacun doit être égal aux autres devant sa copie. Les même règles pour tous. C’est ça, l’égalité.

    Un détail … les concours sont évidement anonymes. Un élève est corrigé par quelqu’un qu’il ne connait pas, la note est attribuée selon la copie et rien d’autre. L’oral reste un peu plus subjectif, mais le principe reste le même. Quand il s’agit d’un dossier … allez savoir qui y a accès, qui peut faire pression, influencer les choix … Un petit coup de pouce d’une connaissance par ci … Un petit chèque par là ? je ne remet pas du tout en cause la probité des personnes faisant cette sélection, mais reconnaissons le : les possibilités de dérives sont bien supérieures.

    Bref, levons tous le poing, tous unis avec le CGE !

    @lecontempteur

    Ne pas noté, certains ont essayé … bienvenu dans l’une des plus grandes catastrophes pédagogiques de la dernière décénie. Pas de note, pas de faute, pas d’encouragement a faire mieux, pas d’encouragement a travailler et a apprendre. Autant arrêter l’école, ça fera des économies … Pour un adulte ayant travaillé à l’école, voire ayant fait des études, a posteriori, il est évident qu’on a eu raison de travailler. Mais quand on est jeune, on ne se rend pas compte de ce qu’on a a gagner à travailler, et sur le moment, quelle torture !
    Alors oui, c’est peut etre dommage, mais noter, juger, sanctionner, c’est important, d’une part parce que c’est comme ça que ca se passe dans la vie professionnelle aussi, mais aussi pour forcer les gens a apprendre contre leur inclination naturelle. Les contraindre pour leur bien.
    Sinon, si vous voulez arrêter les notes tout en étant efficace … direction le pays des bisounours …

  10. Claribelle

    D’accord avec Adrien !

    Et pour en rajouter une couche sur la non-notation, tout est fait actuellement pour que la notation qui reste soit « non-traumatisante » (ce qui permet aussi de faire passer tout le monde dans la classe supérieure, même avec 8 ou 9 de moyenne). Résultat, j’essaie actuellement de faire comprendre à ma fille qui a pourtant entre 11 et 12 de moyenne générale au 1er trimestre de 3ème qu’elle me semble mal partie pour aller en 2nde. Ben oui, quand toutes les notes ont le même poids, une bonne note en « vie de classe » (= comportement : et elle est sage) + une bonne note en dessin et en musique, et on ne voit plus le 7 en maths et le 9 en français !

  11. Gwynfrid

    @ Chafouin:

    « accepter des gens dans une école sans qu’ils aient passé le même concours que d’autres est une inégalité flagrante (ils prennent la place, dans ce cas, d’autres qui l’auraient peut-être mérité) »

    Comme le fait remarquer Adrien, il existe diverses voies d’admission sur titres, et ce depuis plus de 20 ans. J’ai moi-même pu vérifier que ces voies parallèles fournissent des étudiants de valeur équivalente, même s’ils n’ont pas la mentalité un peu particulière qu’il faut pour passer le cap de la prépa.

    Par contre, bien entendu, ce qu’il ne faut pas faire, c’est bidouiller les concours avec des quotas; cela leur ferait perdre toute crédibilité. Mais je ne crois pas que cela soit dans les intentions de qui que ce soit: l’article du Monde mis en lien dans le billet contient un démenti du ministère sur ce point.

    Toute cette affaire me semble donc une mayonnaise montée un peu vite sur la base de quelques déclarations enflammées, avec pour origine une communication maladroite de la Conférence des Grandes Écoles. Tout ceci fait que chacun monte sur ses grands chevaux… peut-être bien pour pas grand-chose. Une polémique à la française bien classique, donc.

  12. do

    de toutes façons, les concours prennent les meilleurs, par définition, donc si on leur impose d’en prendre d’autres qu’ils n’auraient pas pris, ils vont forcément prendre des moins bons! C’est complètement idiot de dire qu’en prenant un quota de boursiers ou de n’importe quoi, ça ne ferait pas baisser le niveau! la règle actuelle c’est de prendre les n premiers, si on change quoi que ce soit, on laisse des personnes parmi ces n premiers et on en accepte d’autres qui sont plus loin au classement.

    Mais pourquoi on ne riposterait pas en réclamant 30% de smicards à l’assemblée nationale? C’est vrai, l’assemblée nationale, elle, elle a justement pour mission d’être représentative du peuple français, et c’est plus que loin d’être le cas, alors que les ingénieurs, eux, doivent plutôt être une élite pour inventer de trucs nouveaux compétitifs sur les marchés internationaux!

    ça devrait être une mesure à réclamer!

  13. J’ai hésité à faire un billet sur le sujet, mais celui-ci me parait trop fouillis. A priori la ministre n’a pas réclamé de quota, les grandes écoles se sont effarouchées un peu vite, et deux trois nazes type Descoings ou Minc profitent de l’occasion pour lancer leurs anathèmes en forme de politiquement correct…
    Sur le fond le « débat » n’est pas réellement clair : parle-t-on de quotas d’admission aux écoles ou de quotas d’admission en prépa? Les deux sont nettement différents…
    Quant à la parfaite égalité des concours soulignée par quelques commentateursn j’y apporterai un bémol. Primo n’importe qui ne peut pas passer un concours, car n’importe qui ne peut pas accéder à une prépa. Ou du moins à une prépa présentant des possibilités d’admission vers des « grandes » écoles. L’admission se fait le plus souvent sur dossier, et la provenance de l’élève et son lycée d’origine joue pas mal.
    Ensuite, si le concours écrit est lui parfaitement égalitaire, l’oral l’est nettement moins. L’anonymat (invoqué par Adrien) n’existe plus, et cet oral est primordial pour l’entrée en école de commerce (pour parler de ce que je connais). La présentation, l’aisance oratoire, la culture jouent énormément, le « savoir » brut ne suffit pas. Dans ces conditions, le milieu d’origine compte énormément : ceux ayant eu la chance de provenir d’un milieu pas forcément fortuné comme le souligne fort justement le Chafouin, mais porté sur la culture au sens large, partent clairement avec une très large longueur d’avance. C’est idiot à dire également, mais à l’oral on repère très facilement quelqu’un n’ayant pas l’habitude de porter un costard par exemple, ou mal à l’aise dans une discussion avec des gens « importants ».
    Attention, je ne dis pas que les examinateurs à l’oral font une ségrégation : mais la tentation doit être forte de privilégier instinctivement ou inconsciemment ceux qui font partie du « sérail » quand on doit choisir qui seront les futurs représentants de l’école qui recrute, surtout quand fait rage la bataille pour les classements des grandes écoles…

  14. Adrien

    @LaLoose

    « Primo n’importe qui ne peut pas passer un concours, car n’importe qui ne peut pas accéder à une prépa.  »
    => Bossons la dessus, alors ! Aidons les gens a aller en prépa ! Ils seront à égalité avec les autres devant leur copie, le jour J, et ça, ça me va très bien. Ou aidons même avant la prépa, en « sortant » les « espoirs » de banlieu, des « minorités » et autres et en les envoyant dans des lycées prestigieux faire leur lycée, et la suite. Ou d’autres solutions de ce style …

    « Ensuite, si le concours écrit est lui parfaitement égalitaire, l’oral l’est nettement moins.  »
    Ca, c’est malheureusement inévitable. Mais le problème est moins présent, je pense, dans les filières « sciences dures ». En commençant par le fait qu’on ne porte pas de costard😉 Mais la encore, les khôles sont faites pour ça, c’est l’entrainement aux oraux par excellence. Si après 2 ans (voire 3) avec 2 khôles par semaine, les élèves ne sont pas à l’aise, on ne peut rien pour eux …

    @Gwynfrid

    « Comme le fait remarquer Adrien, il existe diverses voies d’admission sur titres, et ce depuis plus de 20 ans. J’ai moi-même pu vérifier que ces voies parallèles fournissent des étudiants de valeur équivalente, même s’ils n’ont pas la mentalité un peu particulière qu’il faut pour passer le cap de la prépa. »
    Je ne suis pas entièrement d’accord. La proportion de gens n’allant pas jusqu’au diplôme est plus importante chez les admis sur titres que chez les gens issus de prépa (du moins, pour ce que j’ai vu). Mais effectivement, ceux qui restent sont souvent très bons.

  15. Adrien,
    > Ca me choque de dire « sortons les espoirs de banlieue » : je ne vois pas pourquoi on les sortirait, ou alors uniquement provisoirement. Ce qui est scandaleux, c’est qu’on soit obligé de les sortir pour qu’ils puissent aller dans des écoles de qualité. Là est à mon avis le vrai problème. En sortant les espoirs de banlieue, ceux qui restent se voient doublement rejetés : non seulement ils sont nés dans la m… mais en plus ils ne font pas partie de ceux qui ont été « sauvés ».
    Il est quand même scandaleux qu’on ait laissé l’école se déliter lentement, au point d’avoir des zones completement sinistrées, et d’autant plus sinistrées que dans le même temps les parents ne sopnt pas forcément là pour compenser. Alors on glose et on palabre pour en sauver quelques uns, quelques %, sans se poser la question du pourquoi on en est arrivé là… Hallucinant.

    > Oui les filière scientifiques sont à mon avis plus égalitaires car plus centrées sur de la « technique ». Cela dit pour les écoles prestigieuses, je ne suis pas sûr que les travers des ecoles de commerce ne s’y retrouvent pas.
    Quand je parlais d’être à l’aise, ce n’est pas pour que de l’oral pur, être devant un examinateur et répondre à une question « technique ». C’est être à l’aise devant un chef d’entreprise par exemple (il y en a dans les jurys sup de co’), avoir suffisamment de culture générale pour développer un mini sujet avec seulement quelques minutes de réflexion, paraitre naturel en costard… Et ça une khôle ne l’apprend pas. On l’a ou on ne l’a pas…

  16. Cf JP Brighelli sur Marianne2 (http://www.marianne2.fr/Descoings-Minc-Sebag,-le-triangle-infernal-de-la-diversite_a183400.html)
    « Cela fait des années qu’une certaine Droite veut briser l’Education nationale, cela fait des années qu’une certaine Gauche fait chorus. Le collège unique, contre lequel s’insurge aujourd’hui Luc Ferry, qui l’a pourtant laissé prospérer lorsqu’il était ministre, est l’exemple le plus frappant de cette massification uniformisante dont on espérait une école égalitaire et qui, à force d’égalitarisme, a eu l’effet paradoxal, mais logique, non seulement de ne pas augmenter le nombre d’enfants issus du peuple dans les Grandes Ecoles, mais, souvent, de le diminuer notablement. D’où l’idée loufoque, mais logique pour ces gens-là, de les réinsérer aujourd’hui — par passe-passe, par passe-droit, au lieu de leur donner, en amont, l’aliment intellectuel qu’ils pourraient réclamer. »

    Passe passe, passe droit, au lieu de régler le probleme de base…

  17. Gwynfrid

    @ Adrien: dans mon expérience, tout le monde va jusqu’au diplôme. L’entrée des admis sur titres est donc très sélective, même s’ils sont à peu près aussi nombreux que les admis sur concours. Cela dit, je ne peux parler que pour ma propre école, et cela il y a plus de 20 ans.

    @ Laloose et Adrien: l’expression « sortir de banlieue » est malheureuse, mais il y a un point sur laquelle Adrien a raison, c’est que le problème ne se pose pas au niveau du concours mais bien sur l’ensemble de la scolarité. Il ne s’agit pas ici de « sauver quelques % » mais de sélectionner les meilleurs futurs ingénieurs, financiers, managers etc. C’est donc normal que cela ne concerne que quelques %. Ce qui est anormal, c’est que ceux-là se recrutent parmi les enfants des quelques % de la génération précédente.

    Encore une fois, trafiquer le concours revient à casser le thermomètre. Mais je ne crois toujours pas que ce soit là l’intention de la ministre. À ce stade on est encore dans la polémiquette pour se faire plaisir.

    Voir le billet de Guillermo, pas mal énervé mais qui tape juste sur plusieurs points: http://www.radical-chic.com/?2010/01/08/963-le-debat-sur-les-grandes-ecoles

  18. do

    Il faudrait aussi dissocier les objectifs, et dire clairement lequel on choisit:

    égalité? OK, alors tout le monde en prépa et en grandes écoles, pas de notes, et le diplôme à tout le monde à la sortie. Pourquoi seulement 30% ou les jeunes des banlieues? tout le monde ou rien!

    efficacité? On laisse le concours comme il est et on prend ceux qui y arrivent le mieux. libre à eux de s’y préparer: l’école est gratuite de la maternelle jusqu’à la fin de la prépa, quand même! dans les autres pays, elle est payante. il faudrait pas exagérer. En 18 ans, on a le temps d’être égaux. Si on ne l’est pas, c’est peut-être parce que ça prend du temps, ou peut-être bien parce qu’on a déraciné ce qui nous rendait égaux, aussi…

    Mais si on veut faire croire que les deux sont compatibles, on ment. soit c’est tout le monde pareil, soit c’est pas égalitaire.

    Ensuite, pragmatisme, on a besoin d’environ 15%-20% de cadres en France, donc de fait, malgré les 80% de bacheliers, il y aura des gens qui ne seront pas « cadres » (ça n’existe qu’en France, en plus). On aura beau leur donner des beaux diplômes, ils ne trouveront pas tous un travail de patron, à moins d’aller à l’étranger prendre la place des gens là bas, mais c’est pas plus juste. La vie est inégalitaire. On ne peut pas tous être président.

    C’est encore un mensonge de faire croire aux jeunes que tout le monde a droit à un métier qu’il aime et où il s’épanouit. Il suffit de regarder le prix qu’on paie une maison ou un appart et le prix de la journée de travail -harassant- d’un maçon, on voit bien que ça ne peut pas être à la fois pas cher et cool et bien payé. Elle est là, l’inégalité, dans le partage des tâches et dans la rémunération de certains métiers: si les gens qui ont un travail indispensable et dur comme les agriculteurs et les maçons (etc) étaient bien payés, il s’en trouverait qui feraient ce métier par choix et avec plaisir, quitte à y passer moins d’heures par jour pour que ce soit plus agréable. idem pour les chirurgiens : il n’y a plus de français qui veulent le faire, à cause des conditions de travail: on embauche des étrangers pour leur apprendre ce qu’on sait, et on en manque, pourtant, on a besoin d’eux! idem pour les infirmières: durée moyenne de la carrière d’une infirmière: 10 ans! pour ~4 ans d’études. à cause des conditions de travail. beau gachis!

    Si on commençait par expliquer aux jeunes que pour vivre il faut travailler à un truc utile et que quand on achète quelque chose, il faut en payer le prix; si on commençait par expliquer aux parents que de laisser leur enfant de 5 ans aller jouer au pied de l’immeuble jusqu’à 22h avec les grands, au milieu des descentes de police (vécu), ça va pas l’aider dans la vie, si on arrêtait de taper sur des systèmes qui n’ont pas les moyens de réparer toutes les bêtises de tout le monde, et si on arrêtait de mentir aux gens pour se faire élire, enfin, si ceux qui nous gouvernent avaient un tant soi peu souci du bien commun, on avancerait ensemble vers plus de tout pour tout le monde, plus de richesse, plus de partage, plus de culture, plus de travail, plus d’égalité, et surtout moins de haine.

    au lieu de distribuer la pilule aux filles de 13 ans, ils feraient mieux de les aider à se concentrer sur leurs études! comment peut-on espérer qu’un fille de 13-15 ans engagée amoureusement avec un garçon (ou des) et avec une vie sexuelle va avoir du goût à bosser ses maths le soir et rentrer sagement chez ses parents?

    Ceux qui réussissent, ce n’est pas avant tout une question de fric, c’est avant tout une question d’éducation globale, éducation à l’obéissance aux adultes quand on est petit , ce qui aidera à s’obéir à soi-même quand on grandira et donc à atteindre ses objectifs; éducation à l’effort, au travail bien fait, au respect de soi et des autres, dans la tenue vestimentaire comme dans les paroles.

    Mais si on parle de ça, on est un réac.

    Il ne faut parler que de ce qu’on ressent, de nos émotions, de nos rêves, de notre imaginaire (regardez les programmes de l’E.N.): ben c’est pas avec ça qu’on va bouffer. Les chinois, eux, c’est pas du rêve, qu’ils vendent, c’est des objets, des voitures, de la nourriture, de la technologie; et l’argent qu’on gagne, c’est à eux qu’on le donne, parce qu’ils nous vendent des choses qu’ils ont fabriquées de leurs mains, pas du vent. Alors c’est bien gentil, de rêver à une société imaginaire où tout le monde serait miss France (tiens, et pourquoi pas 30% de moches et d’obèses, à Miss France? c’est vrai, quoi, on accuse la discrimination par le fric, mais la discrimination par la beauté ou par l’intelligence, elle est aussi inégalitaire: allez hop: et 30% d’illettrés au concours de profs!), ou président de la république (tiens, et 30% de RMIstes présidents?) , mais dans la réalité, on a aussi besoin de monde dans les autres filières. Il faudrait juste les valoriser en arrêtant de faire travailler les gens n’importe comment même le dimanche à des cadences infernales pour un salaire de misère: elle est là d’abord, l’égalité, dans la qualité de la vie de tous. Et que chacun mette ce qu’il sait faire au service de tous, comme ça tout le monde est gagnant. la caissière qui va travailler en voiture, elle profite du travail de l’ingénieur, chaque jour, c’est pas rien non plus.

    Et comme ça avait été proposé par Bayrou (dsl pour ceux qui l’aiment pas), faire des filières d’excellence dans TOUS les lycées et collèges, (mais sans passe droit), pour que ceux qui n’ont pas les moyens de se payer un internat ou un appart à Paris puissent avancer à leur rythme eux aussi, parce que franchement, les élèves qui passent 5h par jour à attendre que les autres aient fini, c’est pas optimal, comme éducation. (Il y en a qui réussissent mieux que d’autres! on ne le dit pas, parce que c’est très inégalitaire, mais il paraîtrait que les notes observées dans plusieurs établissements scolaires aillent dans ce sens.😉 ) Et on ficherait la paix aux éternels cancres, qui finissent par avoir une estime d’eux mêmes épouvantable: ils pourraient enfin avancer à leur rythme.

    Si on contraint le système des concours, ce sont d’autres types d’inégalités qu’on va promouvoir, et basés sur des lois que tel ou tel voudra manipuler: c’est hyper glissant.

  19. do

    désolée pour la longueur Et pour la succession d’arguments de nature différente.

  20. Bashô

    Pour dire le fond de ma pensée ; c’est une mauvaise réponse à une mauvaise question. La vraie question serait plutôt de s’interroger sur la place (excessive?) des grandes écoles. Je précise tout de suite que je ne suis pas un aigri du système, bien au contraire, on pourrait dire que je suis un des « grands gagnants » car après une de ces grandes écoles, je suis entré dans un grand corps de l’Etat ce qui fait qu’à moins de trente ans, ma carrière est assurée.

    Il y a quelques temps, j’ai rencontré un ami d’un de mes collègues qui est historien à Oxford et très bon connaisseur de notre beau pays. Il nous a dit assez rapidement (c’était une discussion de café) que le système des grandes écoles lui paraissait plus élitiste qu’Oxford-Cambridge. Mais je me doutais déjà de cela.

    Le problème de notre système est qu’il est conçu comme un jardin à la française. Tout doit être bien taillé, bien droit, bien rectiligne. Tout signe de désordre est jugé impropre. Si nous n’avons pas ceci à l’esprit, nous ne pouvons nous rendre compte du caractère ambigüe de « l’égalité des chances » ou du « mérite républicain ». On a égalité des chances… mais à condition d’avoir eu la bonne trajectoire antérieure.

    Je l’ai compris lors d’un séjour à Oxford, il y a quatre ans de cela, au St John’s College. Les profils étaient considérablement plus diversifiés que dans mon école. Pas seulement en terme de classe sociale, mais aussi en terme de mentalités, d’âges, de parcours antérieurs. Par exemple, un de mes très bons amis est un jeune irlandais d’origine populaire, amoureux de la littérature anglaise. Après l’équivalent du bac irlandais, il a fait le tour de l’Europe sans un sous en poche, quitte à jouer le violon dans le métro. Après cela, il eut une bourse pour Oxford. Un tel esprit bohème eût été très mal vu dans nos écoles pour lesquelles on doit, en dévotion, sacrifier deux-trois années de vie. Je pourrai aussi parler de cette jeune anglaise, presque look gothic, qui faisait de brilliantes études en théologie-philosophie, de cette trentenaire portugaise excellente mathématicienne…

    Les anglo-saxons concoivent leur système comme un jardin à l’anglaise, la diversité des parcours ne leur fait pas peur. Bien au contraire, une trajectoire qui dénote de la volonté et de l’originalité comme mon ami irlandais est un plus. Et cela marche tout autant après: on peut entrer dans une banque après avoir fait une thèse en littérature maya (je connais de tels cas même si ce n’est pas dans ce domaine bien précis) car avoir réussi une thèse est signe de persévérance, de travail et d’originalité. Un signe que j’estime plus sûr que deux années de bachotage. Dans notre beau pays, avoir fait une thèse est presque une tare car signe de… bohème, même si les choses commencent à bouger un peu.

    Un des commentateurs a évoqué les voies parallèles d’entrée aux grandes écoles. Elles existent, mais de proportion ridicule par rapport aux universités anglo-saxonnes.

    Je ne préconise pas la suppression des grandes écoles. En fait, je suis surtout attaché à une réelle valorisation de nos universités, quitte à rabaisser un peu nos Grandes-Ecoles-dont-le-monde-nous-envie.

  21. Bon, je crois que tout à été dit sur le sujet, donc je ne vais pas en rajouter !😀
    Juste une chose à l’intention d’Olympe. Ancienne élève de prépa (maths sup, maths spé), grande école, boursière, tout ça… Je n’ai jamais mis les pieds dans un pays anglophone, mais au moment de passer les concours, j’étais tout à fait bilingue (quasiment trilingue), accent inclus.

  22. Ancilla, idem pour moi, sauf que je ne suis toujours pas bilingue🙂

  23. C’était juste pour faire remarquer que, même en langues étrangères, la qualité n’est pas forcément proportionnelle au nombre d’années passées à l’étranger.😉

  24. @Gwynfrid

    J’ai failli inclure l’exemple des candidats venant de fac, mais la différence c’est que ces candidats sont recherchés (parce qu’ils apportent justement quelque chose de différent) de par leur statut. Un boursier, c’est juste un étudiant comme un autre, mais moins fortuné.

    Arès, faut voir ce que pensent les recruteurs d’un diplôme obtenu en admission parallèle… De toute façon c’est inscrit également sur le CV. J eme dis que ce qui séduit chez un Polytechnicien, ce n’est pas le fait qu’il ait suivi les cours de Polytechnique, mais qu’il ait été assez brillant pour être recruté, non?

    Vous l’avez dit : ce qu’on peut craindre, c’est un bidouillage du concours.

    La polémique me paraît malgré totu intéressante. Ce qui me fait réagir, ce n’est pas l’objectif fixé par Pécresse, mais plutôt les déclarations enflammées de Descoings, qui est un idéologue anti-élitiste alors qu’il est à la tête de Sciences Po Paris. Peut-être est-il juste peiné que celle-ci ne fasse pas partie des grandes écoles?

    @Adrien

    Je suis plutôt pour ça : tout faire poru que tous aient les mêmes chances de passer les mêmes concours que les autres…

    @laloose

    L’expression est choquante, enfin pastant que ça. Sortir les espoirs de banlieue, ça permet aussi à ceux qui y naissent de se dire qu’ils ont leur chance s’ils bossent. Quand l’horizon est bouché, tu peux te dire « à quoi bon? »

    Ceci dit, quand on pense aux boursiers, on a tort de ne penser qu’aux banlieues. Il s’agit des milieux populaires en général, et par exemple les milieux populaires ruraux. Il n’y a pas que les descendants d’immigrés récents qui soient dans la panade.

    @Bashô

    Vous voulez dire que c’est la façon dont fonctionnent les grandes écoles qui est problématique, pas leur place!😉

    @Ancilla

    Il faut quand même reconnaître que le niveau d’anglais est vraiment exécrable en France… Mais à ce niveau, je dois dire que tous mes amis qui ont fait des prépas ont un bien meilleur niveau que moi qui suis allé en faculté… dans laquelle l’enseignement de l’anglais est une vaste blague.

  25. Bashô

    Chafouin> Les deux, mon général. Les Grandes Ecoles, excepté les ENS (qui sont plus proches des universités du fait même qu’elles sont censées former une partie de l’élite universitaire), forment plus à la technique et à l’administration qu’à la recherche et sont moins encline à une certaine fantaisie. Chez nous, les docteurs ne sont guère estimés à leur juste valeur alors que l’obtention d’une thèse en dit au moins autant qu’une prépa couronnée de succès sur la persévérance et l’ardeur au travail…

    Il est à remarquer que les Grands Corps de la fonction publique diversifient de plus en plus le recrutement, par exemple le Corps des Ponts & Chaussées vient de mettre sur pied un concours pour docteurs.

    Mais je m’arrête, ce débat nous entraînerait trop loin.🙂

  26. Bashô

    Je réagis à une de vos réponses: « tout faire pour que tous aient les mêmes chances de passer les mêmes concours que les autres… »

    Imaginons une loterie dont un seul billet est gagnant. Si elle n’est pas truquée, chaque participant a une chance égale de gagner. Pourquoi ne pas organiser une loterie plutôt qu’un concours puisque les chances seraient parfaitement égales?

    Ce que je voulais juste dire par là est qu’il ne faut pas se focaliser sur l’égalité des chances à un moment donné. Tout concours, tout examen a une part d’aléatoire. Je ne parle pas d’accidents le jour de l’examen mais du fait même du parcours. Par exemple, les concours de l’ENS en littéraire nécessitent une grande culture que deux trois ans de préparation ne peut donner. Naître dans une famille aisée et cultivée (tel est mon cas) donne bien plus de chances de réussir que d’être né dans une famille peu aisée et fan de Cauet.

    Ce n’est pas une course où chacun part de la même position et avec le même entraînement (d’ailleurs à votre avis, pourquoi le nombre de médailles récoltées aux JO
    est corrélée au PIB des pays?)

    Dans les universités anglo-saxonnes, le parcours antérieur est examiné avec soin. Si il part de loin, on s’attend bien sûr à ce qu’il n’ait pas la même aisance en français qu’un fils de bonne famille dont la nourrice venait de notre beau pays. Mais s’il a malgré cela une bonne aisance, cela veut dire qu’il est doué et a beaucoup travaillé.

  27. do

    et puis on met e tout sous le terme d’égalité: égalité de quoi? de chances: ça veut dire quoi, ça change quoi? de dignité: qu’est-ce qu’on en fait? d’argent: mais alors, où serait la motivation? de bonheur: mais comment on maîtrise ça, quand même les riches ou les puissants peuvent être malheureux?

    finalement, est-ce que le bonheur est réellement dans l’égalité? je serais plutôt partisan(t)e de donner « le maximum » à chacun, et non pas « la même chose » à chacun. le maximum de chances grâce au maximum d’éducation, et tant mieux si certains peuvent en retenir beaucoup.

    Je crois même qu’on en est pas si loin, et que la limite qui empêche d’atteindre ce maximum pour chacun n’est pas l’inégalité, mais le gaspillage.
    tout de même, les enseignants de toutes les villes de tous les établissements publics (et + ou – privés sous contrat), jusqu’au bac, sont recrutés et payés de la même façon: comment peut on être plus égalitaire?

  28. pierre-jacques

    Lorsqu’on parle d’égalité aux concours (ou en prépa ou même après), je pense que la seule chose à prendre en compte c’est de s’assurer que les boursiers n’aient pas à se préoccuper de contingences matérielles insurmontables (logement, nourriture, transports…). Par contre, on peut souhaiter remédier avant cela (au lycée) au manque de motivation, d’intérêt, de culture du travail ou d’information sur les études supérieures (j’inclus l’université dedans). Les trucs type GEPPM de l’ESSEC et l’X visent à ça, (re)donner à des gens comme vous et moi l’envie d’avoir envie (merci Johnny pour cette grande poésie).

    J’inclus l’université dans mon propos car certes la licence est ouverte à tous, mais en master et ensuite en doctorat on filtre.

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