Ceci est un journal

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, vous n’êtes pas en présence d’une pochette surprise, d’un tract immobilier, d’un torchon publicitaire, d’un guide des cadeaux de Noël ou toute autre publication éphémère, mais bien d’un organe d’information. Un organe de presse. Un journal, quoi.

Je ne sais pas pour vous, mais moi je trouve que le service de « Une » est diablement compétent chez celui-là. C’est vendeur comme première page. Et très informatif.

Si Magritte était encore en vie, il aurait sans doute titré ce billet « Ceci n’est pas un journal ». Mais contrairement à son précédent tableau, cette fois, on l’aurait cru… le surréalisme n’est finalement pas où on pourrait le croire.

23 Commentaires

Classé dans Chafouinage, Médias/journalistes

23 réponses à “Ceci est un journal

  1. C’est plutôt, « ceci n’est pas un journal mais un torche c** » distribué a la population pour y dispenser toute sorte d’âneries »

    D’ailleurs, il finit souvent sa vie par terre, piétiné. C’est finalement là qu’est sa meilleure place.

  2. Nicolas Proix

    … ou parfois dans une poubelle, d’où certaines personnes vont l’extirper, aggravant la ressemblance dudit journal avec un déchet.

    Ce qui est atterrant, ce n’est pas tant la piètre qualité du journal en question que le monopole de l’information qu’il délivre ainsi à une population qui, forcément, a alors plus de mal a entendre un autre son de cloche.

    Et de surcroît, cette cloche-là, elle est fêlée.

  3. personne

    Je ne vois pas trop le propos ici. Que reproche-t-on à 20 minutes? Une pub en première page? Et puis? C’est un fait acquis et connu de tous que 20 minutes et un journal financé par la pub, pourquoi trouver alors étonnant que la pub y soit si présente? Et que reprocher aux informations que délivre ce quotidien ? Pour ce que j’en ai lu, on est loin d’une quelconque propagande que véhiculerait en solitaire une presse aux mains de quelques hommes de l’ombre. On n’y trouve que « ce qui se dit un peu partout ». C’est un journal qui fait le minimum, mais qui pourrait s’attendre à mieux ?

  4. @personne

    Le propos est ici un simple coup de gueule…

    Si vous ne trouvez pas problematique qu’un journal ne soit financé que par la publicité, c’est votre droit.

    En attendant, les medias payants, ceux qui font le travail de terrain, se cassent la figure.

    Et c’est en partie a cause de ces gratuits. Je crains le jour ou il n’y aura plus que ca. Plus qu’un truc enrobé par une pub en guise de couverture…

    Les journalistes creusent leur propre tombe…

  5. laplumedaliocha

    Je dirais plutôt que ce sont les éditeurs de presse qui creusent leur tombe, les journalistes n’y sont pour rien, mais c’est vrai qu’on les enterrera aussi…

  6. @Chafouin :

    « En attendant, les medias payants, ceux qui font le travail de terrain, se cassent la figure. »

    Comme Libé qui met aussi de la pub en première page, par exemple ? Ou peut-être comme LeMonde qui batonne des dépêches de manière incroyable, et a pour habitude de mettre des titres en contradiction directe avec le contenu (je pourrais ajouter une incompétence chronique en matière de sciences) ? Ou peut-être comme Le Figaro qui se rapproche jour après jour de la Pravda ?

    Allons, cher chafouin…

  7. laplumedaliocha

    @moktarama : vous n’en avez pas assez d’entonner toujours le même refrain éculé ? A part les journalistes, je ne connais aucune profession dont les erreurs sont instantanément diffusées à des dizaines, des centaines, voire des millions d’exemplaires. Alors forcément, ces erreurs, fautes, médiocrités diverses et variées ont un impact énorme sur l’image de la profession. J’aimerais bien qu’on parle de toutes les autres professions, celles qui font des conneries bien à l’abri dans le secret de leur bureau, lequelles ne seront aperçues au pire que par leurs collègues, clients, ou supérieurs hiérarchiques. Par ailleurs, je ne connais pas une seule profession qui fasse son mea culpa comme nous le faisons depuis quelques années. Il suffit pour s’en convaincre d’observer les étals des librairies au rayon médias. Alors arrêtons 5 minutes ce procès qui finit par être lassant. J’ajoute qu’il n’est pas neuf, Balzac en son temps a pondu un petit livre pour exprimer sa haine des journalistes. Zola aussi y a été de son couplet. Ce qui signifie que l’activité journalistique est intrinsèquement irritante, jamais au niveau que l’on souhaite, toujours critiquable quelque soit les époques. On n’y peut rien, sauf une chose : du côté du public sélectionner les médias de qualité au lieu de se complaire dans le refrain « tous nuls, tous pourris » et du côté des journalistes, s’employer à faire toujours mieux. A condition bien sûr que les éditeurs nous en donnent la possibilité.

  8. personne

    @chafouin

    Personnellement, j’aurais tendance à penser que si ce genre de presse vole de la clientèle à de vrais journaux, c’est aussi parce que beaucoup de ceux qui lisait de vrais journaux n’en parcourait que les gros titres, s’attardant uniquement sur le contenu d’un ou deux articles suscitant leur intérêt.
    Aujourd’hui on peut se contenter de lire ces gros titres dans un journal gratuit et se documenter sur le sujet qui nous intéresse à travers internet… Et j’ai tendance à penser que si cette approche est dommageable pour le journalisme, elle est certainement profitable à l’information.

  9. @Aliocha :

    « Vous n’en avez pas assez d’entonner toujours le même refrain éculé ? « 

    Si le refrain est « non, les journalistes ne sont pas supérieurs au reste de l’humanité, et ne détiennent pas plus un (très virtuel) monopole de l’objectivité » , je pense que non, je n’ai pas fini. Désolé, mais quand je lis ce billet du Chafouin, j’ai bien l’impression qu’il met sur le compte des gratuits le déclin des payants. Ca ne me semble pas être le cas, ou alors à la marge. Ce n’est pas de la faute de 20 minutes si les articles sont de plus en plus courts et de moins en moins fouillés dans la grande presse. Ni si la pub envahit également les titres payants.

    « A part les journalistes, je ne connais aucune profession dont les erreurs sont instantanément diffusées à des dizaines, des centaines, voire des millions d’exemplaires. »

    Les chercheurs sont également dans ce cas, et la communauté qu’ils touchent est extrêmement large (même si différente sociologiquement des lecteurs de la grande presse) . Seulement, la différence est qu’un chercheur qui écrit des conneries manifestes et de manière volontaire dans une revue se fait exclure de cette communauté de manière brutale et souvent définitive.

    « J’aimerais bien qu’on parle de toutes les autres professions, celles qui font des conneries bien à l’abri dans le secret de leur bureau, lesquelles ne seront aperçues au pire que par leurs collègues, clients, ou supérieurs hiérarchiques. »

    Les « autres professions » ne prétendent pas représenter un quatrième pouvoir. Les secteurs politiques et judiciaires connaissent aussi cette sévérité extrême du grand public. « A grand pouvoir, grandes responsabilités » pour citer un célèbre film hollywoodien.

    « Par ailleurs, je ne connais pas une seule profession qui fasse son mea culpa comme nous le faisons depuis quelques années. Il suffit pour s’en convaincre d’observer les étals des librairies au rayon médias. Alors arrêtons 5 minutes ce procès qui finit par être lassant. »

    Quel mea culpa ? Celui de Joffrin pour qui tout va bien ? Là, je suis désolé, mais la critique du journalisme (et non du journaliste, comme vous semblez me l’attribuer) est quasi-systématiquement l’oeuvre de journalistes considérés comme « déviants » , et je ne vous ferai pas l’affront de vous rappeler le peu d’estime de la profession pour un Schneidermann par ex.

    « J’ajoute qu’il n’est pas neuf, Balzac en son temps a pondu un petit livre pour exprimer sa haine des journalistes. Zola aussi y a été de son couplet. Ce qui signifie que l’activité journalistique est intrinsèquement irritante, jamais au niveau que l’on souhaite, toujours critiquable quelque soit les époques. »

    Ca ne signifie rien du tout, à part la victoire philosophique absolue de Hegel sur Schopenhauer. Sans Hegel, personne ne pourrait prétendre au Vrai. C’est ce magistère de l’Objectivité qui est critiquable et auquel les patrons de presse prétendent pourtant pour la plupart.

    Je signale par ailleurs que Zola avait une certaine légitimité à critiquer le journalisme (tel qu’il se conçoit à son époque comme à la nôtre) , vu son application dans les recherches préparatoires à son écriture, recherches dont les résultats (les notes préparatoires, pas les romans) n’ont rien à envier aux plus belles enquêtes journalistiques.

    Ce n’est pas un problème de niveau mais de conception philosophique de la chose. Quand à XXI (car je sais que vous l’appréciez) , ils demandent explicitement à leurs auteurs d’inclure leur subjectivité propre dans les enquêtes, ça ne change rien au « niveau » (qui dépendra toujours des qualités intrinsèques des auteurs) mais ça change tout à la conception philosophique qui sous-tendent lesdites enquêtes. XXI prétend apporter une vision quand la grande presse prétend apporter la Vérité.

    « On n’y peut rien, sauf une chose : du côté du public sélectionner les médias de qualité au lieu de se complaire dans le refrain “tous nuls, tous pourris” et du côté des journalistes, s’employer à faire toujours mieux. »

    C’est bien ce que le public fait, il sélectionne ses médias (et ne se contente pas d’une critique que vous réduisez ici à « les journalistes c’est le mal » ), et il se trouve que la façon de procéder de la grande presse la met à des kilomètres de cette sélection. Ce qui se ressent dans les chiffres de vente. Les bons journalistes existeront toujours, seulement tant que le cadre du journalisme (qui a beaucoup à voir avec les conceptions philosophiques de notre temps) restera tel qu’il est conçu, le journaliste « normal » n’aura aucune chance de produire autre chose que ce qui est fait actuellement en moyenne.

    « A condition bien sûr que les éditeurs nous en donnent la possibilité. »

    Je ne peux qu’être d’accord avec ça, et vous savez très bien que je suis on ne peut plus partisan d’une déontologie contraignante et appliquée (comme de la création éventuelle d’un Ordre pour réguler le bouzin) .

    En attendant, je suis désolé mais on a l’impression que les éditeurs passent plus de temps à bousiller le travail des journalistes de terrain qu’à réfléchir sur leur métier. J’en prends pour exemple le salopage quasi-systématique des articles faits par les pigistes, entre coupures sauvages et changements de titre pour vendre plus (avec un résultats le plus souvent effroyable quand on s’aperçoit que ce qui était un morceau ciselé et compréhensible est devenu un morceau avec des trous de compréhension et un titre inverse du sens de l’article) .

    Aliocha, ne me prenez pas pour ce que je ne suis pas. C’est bien parce que j’ai une haute estime de ce métier que je me désole que la philosophie qui le sous-tende soit aussi éloignée de ce qu’est l’être humain. Ca fonctionne aussi pour la philosophie et pour la domination absolue des conceptions hegeliennes dans celle-ci.

    @Chafouin :

    Pardon de squatter avec mes gros pavés😉

  10. laplumedaliocha

    Ok, je vous ai répondu un peu vivement et je vous prie de m’en excuser, je suis un peu lasse de lire toujours les mêmes critiques. Je ne sais pas ce qui vous permet de penser que les journalistes se croient supérieurs au reste de l’humanité.
    Les vrais, les grands, sont des gens humbles, discrets qui ne se vantent de rien du tout, bien au contraire. Ce n’est pas parce que notre profession compte quelques mickeys très voyants dont la renommée est généralement inversement proportionnelle au talent, qu’il faut en déduire que tous les journalistes sont prétentieux. Maintenant, qu’ils revendiquent un certain savoir-faire en matière d’information et qu’ils en aient assez de se faire botter le train sur internet par les internautes et les blogueurs, c’est possible. Je n’y vois pas d’arrogance mais simplement le revendication d’un certain professionnalisme. Prenons l’exemple des blogueurs qui tentent de vivre de leur plume, et acceptent les billets sponsorisés. Ils réfléchissent à longueur de billet sur les questions que cela pose vis à vis du lectorat, on aurait pu leur expliquer s’ils nous avaient écoutés, c’est un sujet qu’on connait par coeur.

    Sur le mea culpa de la presse, je passe une fois par semaine à la FNAC et je trouve généralement un nouveau livre de journaliste racontant comment le métier a dérivé et va mourir. Schneidermann est certes le meilleur, mais ce n’est pas le seul. Philippe Cohen et Elisabeth Levy ont publié sur le sujet « Notre métier a mal tourné », sans compter le fameux « la face cachée du monde » de Péan et Cohen, il y « Bien entendu c’est off » dont j’ai oublié l’auteur, « L’information responsable » de Lagardette et d’autres que je regarde même plus tant ce mea culpa collectif me parait aujourd’hui devoir être dépassé pour, forts de ces constats, construire du neuf et du meilleur.
    Sur Zola, il disait aussi dans un très beau texte, que quoiqu’on pense du journalisme, on y revenait toujours parce que c’était un métier passionnant, malgré tous ses travers. Ce que je veux signifier avec ces exemples du 19ème, c’est que le journalisme est un métier irritant, parce qu’il annonce souvent des mauvaises nouvelles, parce qu’il n’a jamais un discours aussi précis que celui d’un spécialiste, parce que pour vendre il racole, ou semble racoler, parce qu’il provoque, dérange, agace, critique, attaque, dénonce etc. Donc il y a, indépendamment de la crise et des dérives actuelles, une part irréductible d’énervement contre le journalisme qui traverse les époques parce qu’elle est consubstantielle au métier.
    Pour le reste, nous sommes d’accord😉

    @chafouin : toutes mes excuses également pour cet emportement et ces quelques observations qui, je l’espère, ne vous paraîtront pas trop contestables ou déplacées😉

  11. @Aliocha :

    Ne vous excusez pas, je suis moi-même suffisamment virulent et péremptoire lorsque j’écris pour ne jamais (ou alors très rarement) me vexer. Je préfère une discussion animée qui parfois déborde, que la même avec des propos toujours mesurés😉

    Je voulais exprimer que l’affirmation du journalisme en tant que quatrième pouvoir ne peut se concevoir qu’avec l’humilité dont vous parlez. Humilité dont bien des journalistes (et la quasi-totalité des éditeurs) manquent cruellement. Et en particulier les zozos en vue.

    Pour ce qui est des blogueurs, je vous signale que jamais je n’ai exprimé leur supériorité sur les journalistes. Je considère que blogueurs et journalistes font partie du monde médiatique, et que ces exercices connaissent l’un comme l’autre exactement les mêmes travers, à la différence peut-être que la possibilité intrinsèque de discussion avec le lecteur tend à rendre les blogueurs (un peu) plus humbles que les journalistes.

    L’exemple des billets sponsorisés est très bien choisi car il montre avec acuité les failles médiatiques. C’est du publi-rédactionnel, purement et simplement, et que ce soit dans un journal ou sur un blog, sa présence est juste inacceptable. Pour le truc de « Courrier-International » , ça peut se discuter, comme lorsqu’un journal permet aux annonceurs de choisir en face de quel article mettre sa pub. Et il ne me semble pas que les journalistes soient plus conscients que les blogueurs sur le sujet (les deux en tant que groupe social, il est évident que j’opère ici une réduction, il existe de bons blogueurs comme de bons journalistes) .

    Vous citez les auteurs critiques. Franchement, vous estimez qu’un livre par an tout au plus, c’est « beaucoup » ? A cette aune, les blogueurs se chient perpétuellement dessus, comme par exemple à propos du publi-rédactionnel ou du Post.

    Et encore une fois, Péan et Cohen se sont littéralement fait chier dessus par l’ensemble de la profession lors de la sortie de la « face cachée » (qui avait certes des défauts) quand ce n’était pas le black-out pur et simple. Et PERSONNE n’a osé moufter quand Schneidermann s’est fait virer comme une merde pour avoir osé le mentionner dans les pages TV du Monde. Et PERSONNE n’a protesté quand Pean & Cohen se sont fait imposer un black-out sur de nouveaux tirages. Je sais qu’il y a d’excellents journalistes, mais il me semble que la conception actuelle de la profession rend ces choses logiques. Un Ordre aurait pu gueuler, alors que les journalistes en tant que groupe social n’ont pas les couilles (ou les ovaires, pas de favoritisme) de protester quand on leur marche dessus.

    Je plussoie😉 Zola infiniment, le journalisme est un très beau métier. Ce qui ne veut pas dire qu’on est en accord avec la manière dont celui-ci est majoritairement pratiqué. Et on l’aime quand même quand il est bien fait (ou plutôt : fait en accord avec notre conception de la chose) .

  12. Je n’ai rien contre les débats sur le journalisme et les commentaires sont aussi là pour aborder ces sujets, chers Aliocha et Moktarama. Je ne vous en veux donc pas de débattre, je trouve ça plutôt chouette😉

    Mais franchement, qui a prétendu ici faire l’apologie du journalisme? A mon sens, le vrai débat ici est celui du rapport du payant et du gratuit dans l’information.

    Moktarama, ce n’est pas parce que je critique la presse gratuite que je vénère la presse payante. Disons que j’en fais partie, de ces ouvriers de la presse payante, et j’ai le sentiment de faire un (tout petit) peu mieux mon travail que la presse gratuite. Est-ce que ça veut dire que je suis parfait? non. je fais des erreurs, tout le monde en fait, mais je travaille honnêtement, du moins je tente de le faire. Mais est-ce que parce que mon média accepte la pub, je dois me taire quand les gratuits ne dépendent que d’elle?

    Donc non, les journalistes ne se prétendent pas parfaits ou exempts de critiques, loin de là. D’ailleurs, on passe notre temps à se faire critiquer non pas seulement par les blogueurs, qui se croient sortis de la cuisse de Jupiter alors qu’ils ne font bien souvent qu’exploiter le MATERIAU fourni par les journalistes (l’information), mais ausi quotidiennement, car chaque article déplaît à quantité de monde. Ceux à qui ça plaît sont généralement discrets. C’est naturel.

    Tout ça pour dire que les infos ramenées par l’action seule des gratuits se comptent sur les doigts de la main. Souvent, ils ne font qu’exploiter (et là j’inclus les télés et radios) les infos ramenées par le réseau patiemment noué par les médias payants (en gros, presse nationale et régionale, qu’ele soit quotidienne ou pas).

    C’est ce danger que je pointe, et là je m’adresse aussi à « personne » (ce pseudo me fait penser à un western avec un certain Grégory Peck…) : si on avait seulement les gratuits et les « informations » founries par le web, on serait très très mal. Car le réseau de terrain, ces sources d’info ne l’ont pas. Sans vouloir faire l’autopromotion de ce blog, j’en avais fait un billet un peu plus fouillé il y a quelque temps.

    Ne comptez pas sur mediapart, slate et rue89 pour couvrir toute l’info. Ne comptez pas non plus pour 20 minutes et Metro pour faire de l’investigation.

    Après, ça n’empêche pas de faire une critique des formats de plus en plus court, etc. Mais ce n’est pas le sujet ici, me semble-t-il…

    @Aliocha

    « J’ajoute qu’il n’est pas neuf, Balzac en son temps a pondu un petit livre pour exprimer sa haine des journalistes »

    Pensez-vous à Illusions perdues?😉 Je suis en train de le relire, c’est terrible, mais pas seulement contre les journalistes…

    « Je n’y vois pas d’arrogance mais simplement le revendication d’un certain professionnalisme. »

    Ben ouais… Comme le fait de recouper une info avant de la publier par exemple. Obligation à laquelle ne s’astreignent nullement les blogueurs, par exemple…

    Sinon, « Bien entendu, c’est off », c’est de Daniel Carton. Un très bon livre, d’ailleurs.

    @Moktarama

    « Seulement, la différence est qu’un chercheur qui écrit des conneries manifestes et de manière volontaire dans une revue se fait exclure de cette communauté de manière brutale et souvent définitive »
    Ben je sais pas, rien que l’exemple de Florence Shall montre qu’on peut aussi se faire virer quand on fait une boulette énorme… Après, des incompétents laissés à leur poste, ce n’est vraiment pas propre à la presse… Regardez l’équipe de France de football…😉

  13. Barbara

    En ce qui concerne les articles de plus en plus courts -et donc de moins en moins fouillés-, il paraît que ce sont les lecteurs qui le demandent, parce qu’ils n’ont plus le temps de lire.
    Personnellement, je ne connais que des gens qui ne lisent jamais de journal (pas d’argent ou pas de temps à y consacrer) ou qui lisent régulièrement le journal mais se plaignent que celui-ci ne leur donne plus autant d’info qu’avant.
    Les lecteurs devraient peut-être faire une pétition, ou envoyer des courriers, pour retrouver dans leur journal le contenu qui les intéresse ?

  14. laplumedaliocha

    @Le Chafouin : Je n’aurais pas qualifié les Illusions perdues de « petit livre »😉 Non, je songeais à un opuscule intitulé « Les journalistes » (Seuil) dans lequel Balzac dénonce la toute-puissance des journalistes et leur vanité. Les critiques y sont étrangement actuelles…

    @Moktarama : je n’ai pas dit un par an mais un par semaine, et je forçais à peine le trait. Toujours est-il qu’il y a « Journalistes à la niche » de Masure, « Faut-il croire les journalistes ? » de la bande à Plenel, « la fabrication de l’information » de Florence Aubenas, « Les journalistes sont-ils si mauvais ? » de François Dufour, « Bévues de presse » de Jean-Pierre Tailleur, « La barbarie journalistique » d’Antoine Perraud, « Le vrai canard » de Carl Laske, « les éditocrates » qui vient de sortir, etc, etc….Sans compter évidemment toute la critique sociologique des médias….Allez me dire ensuite que la profession ne fait pas son mea culpa, elle ne fait que cela !
    Sur l’absence d’esprit collectif, je vous rejoins entièrement, c’est dû je crois au fait que nous n’avons pas en effet de représentants officiels en dehors des syndicats de journalistes et des éditeurs, lesquels sont comme partout en situation d’opposition. Par conséquent, les journalistes sont concurrents plutôt que solidaires. C’est regrettable.

  15. @Chafouin :

    « Disons que j’en fais partie, de ces ouvriers de la presse payante, et j’ai le sentiment de faire un (tout petit) peu mieux mon travail que la presse gratuite. »

    Je vous l’accorde😉

    « Mais est-ce que parce que mon média accepte la pub, je dois me taire quand les gratuits ne dépendent que d’elle? »

    Non, effectivement. Mais ça tend à vous mettre en porte-à-faux.

    « Ben je sais pas, rien que l’exemple de Florence Shall montre qu’on peut aussi se faire virer quand on fait une boulette énorme »

    Il y a quand même une proportion hallucinante de crackpots dans le milieu journalistique. Ca fonctionne aussi pour les blogueurs.

    « Ben ouais… Comme le fait de recouper une info avant de la publier par exemple. Obligation à laquelle ne s’astreignent nullement les blogueurs, par exemple… »

    Je vais ramener ma fraise : quand on est blogueur, il est quasiment impossible d’avoir quelqu’un à l’autre bout du fil, quand on ne se fait pas purement et simplement raccrocher à la gueule (et les mails se perdent dans le vent) . Je sais, ça fait 2 ans que je pratique. Après, je reconnais que je suis un OVNI, mais je tenais à l’écrire. Limite, il est plus facile d’avoir un interlocuteur en se présentant comme simple citoyen.

    Ensuite, sur le captage primaire de l’info censé être l’apanage des journalistes : en dehors des dépêches d’agence (qui sont indispensables, pas de doute là-dessus) , il m’arrive de moins en moins souvent de me reposer sur des sources journalistiques, et sur certains sujets (genre : le budget de la justice 2010, certaines actu américaines) je suis souvent le seul à en faire mention sur le web francophone (et c’est souvent une contrainte que je me pose, pour ne pas rentrer dans ce jeu) . Mais je suis bien conscient que je ne suis pas représentatif d’une blogosphère qui a élevé la circularité de l’info (déjà bien pratiquée auparavant) au rang de discipline de compétition.

    Enfin, il me semble qu’un domaine est sinistré aussi bien chez les blogueurs que chez les journalistes : la citation des sources primaires. Les journalistes le pratiquent en général pour se protéger (« selon tel journal/homme politique, … ») , et ne lient que rarement celles-ci dans les articles web. Les blogueurs, eux… ben ça dépend des blogueurs, mais il est clair que ce n’est pas une habitude.

    @Aliocha :

    « Sur l’absence d’esprit collectif, je vous rejoins entièrement, c’est dû je crois au fait que nous n’avons pas en effet de représentants officiels en dehors des syndicats de journalistes et des éditeurs, lesquels sont comme partout en situation d’opposition. Par conséquent, les journalistes sont concurrents plutôt que solidaires. C’est regrettable. »

    Rien à ajouter. Mais je trouve ça quand même hallucinant, surtout compte tenu du fait que vous avez infiniment plus de leviers que, mettons, des blogueurs.

  16. Je me suis foiré dans l’usage de l’italique😉

  17. Honnêtement, de tous les journaux gratuits, 20 minutes, c’est quand même celui où il y a le plus de choses à lire. Les informations locales notamment y sont pas mal… et le rapport qualité/prix imbattable.

    Quant à sa qualité intrinsèque… Difficile en effet de ne pas se lancer dans le débat sur l’ensemble de la presse. L’argument de l’unique dépendance aux annonceurs ferait qu’à la télévision, parmi les chaînes privées, seule LCI pourrait sortir du lot, étant la seule à être en partie payée par ses téléspectateurs. Contrairement à TF1, M6, iTélé, BFM TV, etc.

  18. Ben, il est ou le problème ? 20mn a toujours affiché le truc: il ne vit que par la pub, c’est un choix. Il fait juste un peu plus dans les pubs que les autres journaux »classiques ». Et en plus , il est gratuit. Moi ce format me va bien: gratuit, pas de commentaires journalistiques débiles, une info brute que le lecteur appréciera ou non, ..
    Si les journalistes et les éditeurs/financiers des Fig, Libé,Le Monde et cie faisaient bien leurs boulots, 20mn Direct matin et consorts n ‘auraient pas eu leurs places.
    biz

  19. Rom1

    « En attendant, les medias payants, ceux qui font le travail de terrain, se cassent la figure.

    Et c’est en partie a cause de ces gratuits. »

    Ou à cause de ces salauds de lecteurs, qui lisent des gratuits au lieu d’acheter des payants (ou qui lisent les éditions internet)…

    La question n’est pas de comment on paie (publicité, abonnement, à la consultation), mais quel prix on met dans l’info, et comment son indépendance est garantie.

    L’écrasante majorité des télévisions est financée par la publicité, et pourtant elles continuent à employer des journalistes et à produire des reportages. Sans-doute pas de la meilleure qualité qui soit, mais le journalisme télévisuel (et même une forme d’investigation subsiste).

    20 minutes (qui, quand même, emploie des journalistes), à priori, ne pille que les dépêches AFP, dont je suppose qu’il les paie.
    Je ne dis pas que le gratuit est le modèle ultime (il ne l’est manifestement pas), mais il peut trouver sa place pour autant, dans la presse quotidienne notamment.

    En tous cas, la presse payante française a autant de chances de se redresser en râlant sur les gratuits, qu’Universal d’augmenter ses ventes en tapant sur les internautes (enfin, peut-être un peu plus de chances quand même).

  20. @Aliocha

    « Nous n’avons pas en effet de représentants officiels en dehors des syndicats de journalistes et des éditeurs, lesquels sont comme partout en situation d’opposition. »

    Il existe quand même des quotidiens dans lesquels existent des sociétés ou associations de journalistes, qui défendent le statut de journaliste et ont un rôle institutionnel dans l’entreprise (Le Monde, par exemple). Mais je reconnais que c’est rare.

    @Moktarama

    « Je vais ramener ma fraise : quand on est blogueur, il est quasiment impossible d’avoir quelqu’un à l’autre bout du fil, quand on ne se fait pas purement et simplement raccrocher à la gueule »

    ça, c’est clair! Mais n’empêche : la prudence qui doit être de mise quand on est journaliste, le fait d’attendre un peu avant de balancer, le fait d’être mesuré quand on n’a pas de confirmation, ou peu de confirmations, tout cela n’existe que très peu chez les blogueurs. On voit une info sur lemonde.fr qui dit que Sarkozy a mal fait ceci ou cela? Pan sur Sarkozy! Y’a une dépêche AFP qui dit que Morano elle a dit un truc pas bien sur les musulmans? Facho! Avant même toute forme de recul.

    Bon, ceci dit, je vous l’accorde, ce n’est pas le sujet.

    @Corto

    « 20mn a toujours affiché le truc: il ne vit que par la pub, c’est un choix. »

    Et c’est un choix que l’on peut critiquer, non?

    « Si les journalistes et les éditeurs/financiers des Fig, Libé,Le Monde et cie faisaient bien leurs boulots, 20mn Direct matin et consorts n ‘auraient pas eu leurs places. »

    Raisonnement hautement vicié à mon sens! Vous croyez que si les gens se précipitent vers les sites de téléchargements, c’est parce que les majors du cinéma ou de la musique n’ont pas fait leur job? Peut-être qu’ils auraient dû accepter un peu plus tôt de diminuer leurs bénéfices, ça d’accord. Mais le fait est là, le fait de société : les gens veulent du gratuit. Qu’ils ne s’étonnent pas, ensuite, d’avoir le minimum, emballé dans une pub galeries lafayette.

    Sauf que lorsque vous n’aurez plus que ça…

    @Rom1

    Ou à cause de ces salauds de lecteurs, qui lisent des gratuits au lieu d’acheter des payants (ou qui lisent les éditions internet)

    Eh bien figure toi que je ne suis pas loin de le penser, même si c’est évidemment ironiquement que vous formulez cette phrase. Le lecteur, comme le consommateur, a une responsabilité. Si par ces faits et gestes, il tend à faire disparaître un modèle de presse, et qu’il se retrouve avec quelque chose de pire, et bien ma foi, ce sera partiellement de sa faute. Je le vois bien : les gens passent leur temps à nous critiquer, mais ne nous achètent jamais, ou si peu. Et bien qu’ils ne se plaignent pas, ensuite!

    Et je le répète : le fond de l’info qu’ils obtiennent, dans les gratuits, que ce soit radio, télé ou journaux gratuits, ce sont les médias payants qui le créent. Donc l’arnaque est double.

    Et non, 20 minutes ne pille pas que l’AFP. Ils produisent aussi un contenu original, mais sont souvent à la remorque des médias payants.

    Quoique pour être tout à fait honnête, et comme l’a dit Xerbias, le pire c’est que 20 Minutes est certainement le meilleur des gratuits. Métro et Direct, n’en parlons pas… 20 Minutes, lui, a des scoops, fait un peu d’investigation, a un ton qui se veut irrévérencieux (ou en tout cas spirituel)… Mais la règle, c’est quand même le pillage.

    En tous cas, la presse payante française a autant de chances de se redresser en râlant sur les gratuits

    Je ne dis pas qu’il faut faire que cela, et ce billet n’a pas pour vocation de relever la presse française😉

    Mais l’info gratuite est un cancer pour l’info payante, qu’on le veuille ou non. Maintenant, il est clair qu’on doit se réformer. mais j’avoue être très sceptique sur les chances d’évolutions positives du modèle payant. On tend partout vers un raccourcissement des articles, à chaque fois on nous dit, à chaque nouvelle formule, que les « panels lecteurs » sont super-mégas contents, mais partout, les ventes chutent chaque année.

    Conclusion : peut-être que les gens aiment bien, mais s’il y a peu ou prou la même chose ailleurs, même en moins précis ou complet, mais sans dépenser un centime…

  21. laplumedaliocha

    @Le Chafouin : certes, mais les sociétés de journalistes ne représentent que leurs membres. C’est déjà ça me direz-vous. En effet, mais on est loin d’une représentation professionnelle collective, comme peuvent en avoir les professions réglementées par exemple. Non que je sois pour un ordre des journalistes, simplement je trouve que nous manquons d’une institution représentative générale qui serait la gardienne de nos valeurs, un interlocuteur pour les pouvoirs publics, une voix dans les débats qui touchent de près ou de loin à la profession.

  22. @Aliocha

    Eh bien si vous lanciez l’idée, nous serions déjà deux… Je pense pouvoir convaincre au moins deux ou trois autres collègues😉

  23. Obi-Wan Kenobi

    @ Chafouin et Aliocha :

    il me semble que cette institution existe, le rôle que vous décrivez pourrait être tenu par la commission nationale de la carte de presse. Il me semble que de temps en temps, nous votons pour nos représentants…
    Mais bon, c’est vrai que pour l’heure, elle donne des cartes de presse aux journalistes des gratuits et aux journalistes subventionnés.

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