Merci Paul!

Ne boudons pas notre plaisir. Hier à Bercy pour une unique date en France, Paul Mc Cartney a ravi son public avec un show magique et une set-list généreuse. Près de deux heures et demi de concert ont été offert à trois générations différentes venues écouter l’ex-Beatle. Et quand on est fan, forcément on adore.

Pour un peu, on se serait cru au Shea Stadium, hier vers 21h15. Dans un Bercy surchauffé et bondé de fans de tous âges, Mc Cartney se faisait désirer. Et tout à coup, devant 18 000 spectateurs, la star apparaît, avec la petite veste noire à col mao qui fait aussitôt penser au mythique concert des Fab Four. « Bonsoir Paris mon petit chou! », et l’audience est dans la poche. On n’en croit pas ses yeux. Bercé depuis l’enfance par les titres du groupe de Liverpool, on se pince pour le croire : on y est, ça commence, il est là. En quelques minutes, on redevient adolescent, les boutons en moins.

Aujourd’hui, pas de beatlemania ou de groupies qui s’évanouissent. Il est un peu seul, le Paul. Mais c’est bien le Beatle que le public est venu voir. Il ne s’est pas trompé, pour la seule date française de la tournée européenne de Sir Paul. Les places se sont venues comme des petits pains, en une poignée d’heures. Il se murmurait que ce pouvait être le dernier concert en France de Mc Cartney, donc c’était le moment ou jamais…

En bon fan des Beatles, c’est donc le frisson d’entrée. On se pince, on a les cheveux qui se dressent sur la tête, mais oui, c’est bien lui. Magical Mystery Tour en entrée, suivi d’une version endiablée de Drive My Car, et c’est parti pour un spectacle très généreux de plus de 2h30.

Devant nous, un couple de quinquagénaires applaudissent sagement l’idole de leur jeunesse. A leurs côtés, des ados dansent furieusement sur Jet ou Got to get you into my life

Et puis on a peur. La sono crache un son trop Wings, la voix du maître est couverte par les choeurs de ses deux guitaristes, au look un peu trop cowboy à notre goût. Ils jouent juste, mais en font des tonnes en oubliant qu’ils ne s’appellent ni Lennon, ni Harrison. La set-list défile, avec des extraits des précédents albums de Mc Cartney. Band on the Run, My Love en hommage à Linda… mais aucune trace du magistral Chaos and creation at the backyard.

Mc Cartney joue la carte de la nostalgie, avec des allusions au passé, une reprise furtive de Foxy Lady en prélude à une petite anecdote sur le défunt Jimi Hendrix. Une chanson en hommage à John Lennon, Here Today, et une autre en l’honneur de George Harrison, Something, reprise en mode ukulélé pour une version inédite… Pendant ce temps, les photos du temps béni ou le couple de géants Lennon/Mc Cartney sortait des tubes à la pelle défilent sur les écrans géants. Souvenirs, souvenirs…

Les craintes sont levées dès que le répertoire des Fab Four revient à la charge. La version très émouvante, au piano, de The long and winding road sonne la charge : ce concert sera véritablement unique, qu’on se le dise. Le son de Bercy n’est franchement pas si mauvais, et Mc Cartney alterne les chansons seul à la guitare (Blackbird, Yesterday, Michelle), les hymnes maccartneyiennes au piano (Let it be, Hey Jude), et les bons vieux succès rythmés à la Day Tripper, Obladi Oblada, I’ve got a feeling, Get Back ou Lady Madonna. On aura même, chose rare, droit à un petit A day in the life en guise de trou normand.

Mc Cartney ne s’économise pas. A 67 ans et avec un joli pantalon à bretelles, il tient le coup, enchaînant trois séries de rappel. Il ne se la joue pas star lointaine, comme peuvent le faire les Bob Dylan ou les Roger Waters. On sent qu’il prend son pied, passant du banjo au ukulélé, du piano à la basse ou de la guitare rythmique à la guitare solo… Il communique avec le public, lit des phrases préparées en français, multiplie les « mon petit chou » et précise, l’air sérieux : « It’s french ». La magie se prolonge avec les délicieux Helter Skelter et Sergent pepper’s lonely hearts club band, avant un finish des plus classiques avec la dernière chanson enregistrée par les Beatles, The end.

Mais visiblement, ce n’est pas la fin. En prenant la poudre d’escampette au terme de deux heures et demie magiques, Mc Cartney n’a pas dit adieu, mais à bientôt. Dans une interview exclusive accordée à RTL, Macca l’a clairement dit : « I’ll be back ».Tant mieux pour nous : dès que ce sera possible, on y retourne sans hésistation, et quel que soit le prix.

7 Commentaires

Classé dans Musique, Nombril

7 réponses à “Merci Paul!

  1. Je m’apprêtais à commettre un billet sur ce concert génial, mais je ne peux que m’incliner devant celui-ci qui résume parfaitement ce que j’ai pu ressentir et vivre.

    Merci Chafouin, et merci Paul!

    PAUL IS LIVE !!!

  2. s1ned

    Chanceux va🙂

  3. JP Nazon

    Il n’a pas repris la Marseillaise en reggae?
    Dommage…
    Radiohead a Nîmes l’avait reprise…

  4. Et toujours un appel à une journée sans manger de la viande! C’est dingue, non?

  5. J’ai l’impression qu’il ne manquait que la mythique C-Moon ! Non ? 🙂

  6. @franck

    Oui et puis aussi too much rain!:-)

    @didier

    Ce n’est pas la coté que je préfêre chez Mc Cartney…

    @nazon

    J’ai en effet un grand souvenir de cette reprise a nimes… Ouh le medef!

    @sined

    Il repassera!

    @laloose

    Merci! On attedn tous ton billet!:-)

  7. Cochise

    Excellent, ton article, môssieu Chafouin! @+

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