Si t’es contre l’homoparentalité, t’es rien qu’un homophobe

homophobieAlors qu’une enseignante vient de voir le tribunal administratif de Besançon annuler le refus d’agrément d’adoption que lui avait opposé le conseil général du Jura au motif qu’elle vivait en couple avec une autre femme, son avocate affirme qu’il s’agit là d’une vraie victoire contre l’homophobie. Questions : n’être pas d’accord et refuser de céder aux revendications des gays, lesbiens, et trans, c’est être homophobe? Croire profondément qu’un enfant a besoin d’un papa et d’une maman, est-ce être homophobe? Finalement, être en désaccord avec l’autre, est-ce être autrophobe?

Ainsi donc, Emmanuelle B. pourra recevoir d’ici quinze jours, sous peine d’astreinte, son agrément en vue de l’adoption (1). Jusqu’ici, et depuis dix ans, le conseil général du Jura lui avait toujours refusé ce droit, car Emmanuelle B., aujourd’hui âgée de 48 ans, qui a formulé sa demande en tant que célibataire légal, comme la loi l’y autorise, n’avait pas caché son homosexualité. Comme en matière d’agrément, les services départementaux enquêtent sur la personne qui dépose une demande, pour s’assurer selon la loi « que les conditions d’accueil offertes par le demandeur sur les plans familial, éducatif et psychologique correspondent aux besoins et à l’intérêt d’un enfant adopté », ceux-ci ont constaté qu’Emmanuelle vivait en couple avec une femme. Et ont refusé de répondre favorablement à sa demande à ce motif, considérant qu’il manquerait à l’enfant un « référent paternel ».

Jusqu’ici, la jurisprudence habituelle du Conseil d’Etat donnait plutôt raison à cette manière de faire, en estimant que la relation homosexuelle stable du demandeur pouvait être un critère pour refuser l’agrément. Ce qui, somme toute, semble dans l’esprit de la loi.

Mais depuis, cette situation a entraîné la condamnation de la France par la CEDH, en janvier 2008, ce que votre serviteur n’avait pas manqué de relever à l’époque. La cour européenne des droits de l’homme avait ainsi relevé que « le droit français autorise l’adoption d’un enfant par un célibataire (…), ouvrant ainsi la voie à l’adoption par une personne célibataire homosexuelle, ce qui n’est pas contesté. Compte tenu de cette réalité du régime légal interne, elle considère que les raisons avancées par le Gouvernement ne sauraient être qualifiées de particulièrement graves et convaincantes pour justifier le refus d’agrément opposé à la requérante ». Le tribunal de Besançon (qui en 2000, avait déjà donné raison à l’enseignante) n’a donc fait qu’appliquer cette nouvelle jurisprudence en validant la requête d’Emmanuelle B., qui consistait à demander l’annulation du refus d’agrément. Le tribunal considère même que « les conditions d’accueil offertes par la requérante sur les plans familial, éducatif et psychologique correspondent aux besoins et à l’intérêt d’un enfant adopté ». Cette fois, il n’y aura vraisemblablement pas d’appel de la part du Conseil général ou de l’Etat.

Là est toute l’ambiguïté de la loi française, toute l’hypocrisie du droit français en matière d’adoption. On clame de grands principes à l’Elysée, et concrètement, rien ne s’oppose à ce qu’un(e) homosexuel(le) dépose une demande à titre personnel, en tant que célibataire. Manifestement, le fait que cette personne soit célibataire en droit mais pas en faits ne change pas la donne : il est illégal et discriminatoire, a noté la CEDH, qu’on tienne compte de ce « détail ». Au passage, Maître Eolas se trompe : non, la justice ne reconnaît pas l’adoption à un couple homosexuel, mais bien à un célibataire, ce qui n’est pas la même chose… Pour être cynique, on pourrait même en conclure que la Cour, et le Tribunal, ne reconnaissent rien de tout cela, mais considèrent juste qu’on ne peut se fonder sur l’homosexualité du demandeur pour refuser un agrément : a contrario, rien n’interdirait donc d’utiliser un autre argument, qui ne serait alors qu’un prétexte…

De la même manière, on pourrait considérer qu’il est discriminatoire qu’une personne célibataire et hétérosexuelle soit privée du droit d’adopter parce qu’elle serait en couple avec un individu sur lequel les services départementaux auraient des doutes sur la capacité à être un bon parent. A partir du moment où on considère l’enfant non pas comme un personne à part entière, qui a un intérêt propre, mais comme un droit ou un caprice, il n’est pas étonnant qu’on en arrive là. C’est la conséquence directe de la judiciarisation de notre cadre de vie.

Mais le pire dans tout cela, c’est la réaction de l’avocate d’Emmanuelle B., Maître Caroline Mécary, qui voit dans cette décision du tribunal de Besançon une « belle victoire contre l’homophobie, alors que les propos et les comportements homophobes demeurent vivaces dans notre société ». Les bras m’en tombent, ce qui n’est pas pratique pour écrire un billet.

D’une part, le tribunal ne se prononce pas du tout, mais absolument pas sur l’homophobie, mais ne fait qu’appliquer la jurisprudence de la CEDH, et le principe – regrettable, certes, lorsqu’il est appliqué à tort et à travers – d’égalité. D’autre part, il serait vraiment temps qu’on cesse de qualifier d’homophobes tous ceux qui ne souhaitent pas céder aux revendications consistant à réclamer que les homosexuels soient dans une situation de parfaite égalité par rapport aux hétérosexuels.

Qu’on cesse de penser qu’on est homophobe quand on veut rechercher avant tout l’intérêt de l’enfant et qu’on croit dur comme fer que celui-ci a besoin d’un papa et d’une maman pour se développer. C’est une opinion, pas une agression.

En grec, le mot phobie désigne la peur, l’angoisse. Ainsi, l’agoraphobie consiste à ne pouvoir supporter la présence de la foule, c’est une forme de claustrophobie : on a peur de ne pouvoir sortir de là, en cas de danger. Peur de rester coincé. De même, l’arachnophobe désigne celui qui ne peut supporter la présence des araignées.

Personnellement, je n’ai pas peur des homosexuels. Je ne les considère pas comme inférieurs. Je ne m’écarte pas s’ils veulent me serrer la main ou me serrer dans leurs bras. Je ne montre aucune hostilité à leur égard, et les traite comme tout le monde. Et je ne porte aucun jugement de valeur sur leur façon d’être.

En revanche, je considère qu’en tant que citoyen, j’ai le droit, et le devoir, d’avoir un avis sur l’organisation de la Cité et des conséquences sociales des textes qui sont adoptées par les pouvoirs publics. Je considère que les conséquences sociales de l’adoption homosexuelle seraient négatives. Point barre.

Suis-je homophobe pour autant? Le dire, c’est juste vouloir me clouer le bec. C’est juste vouloir disqualifier l’opinion adverse. On a l’habitude, mais il faudrait vraiment que ça change.

Ou sinon, je crois bien que je vais créer le concept d’hétérophobie, moi. A chaque fois qu’on critiquerait quelqu’un qui n’est pas homo, j’attaquerais en justice…

(1) En revanche il lui sera probablement très difficile de passer le cap de l’adoption.

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81 Commentaires

Classé dans Société

81 réponses à “Si t’es contre l’homoparentalité, t’es rien qu’un homophobe

  1. Pingback: A propos de l’adoption par une femme seule « Thomas More

  2. NM

    Excellent !
    Bravo notamment pour l’analyse des faits et la correction fraternelle de Me Eolas.
    Le grief d’homophobie est une technique (parmi d’autres) pour clore le débat à peu de frais. C’est une forme de point Godwin.

  3. Oui c’est bien cela, une forme de point godwin…

    Quant à Eolas je suis assez surpris de son titre car il est le premier à reprocher aux médias de n’être pas rigoureux juridiquement. là, pour le coup, il se plante dans les grandes largeurs. A moins que ce ne soit voulu, car si juridiquement il a tort, de facto, il a raison : implicitement, on reconnaît que l’adoption par un couple homosexuel n’est pas contraire à l’intérêt de l’enfant.

    Dites donc, votre trackback a été très très rapide…

  4. Paul

    Bien entendu, une personne contre le mariage homosexuel n’est pas homophobe. Était-il nécessaire de faire un billet là-dessus ? C’est donner trop d’importance à quelques extrémistes LGBT et, finalement, rentrer dans leur jeu en laissant apparaître en filigrane qu’à l’inverse, les défenseurs des droits des homos sont des excités communautaristes.

  5. @Paul

    C’est l’avocate qui le dit haut et fort, et c’est une opinion assez communément répandue ; si tu ne dis pas amen à tout, tu es homophobe… Donc, non, je ne trouve pas ça inutile.

    Il faut préserver la liberté de parole et d’expression : Vanneste a finalement été blanchi, et à raison.

  6. Je ne suis pas un égalitariste acharné. Je préfère la justice et l’équité à une égalité abstraite. Néanmoins, dans le cas des couples homosexuels qui souhaitent adopter, il me semble que la stricte égalité vis-à-vis du mariage me semble la solution la plus simple, à la fois pour les couples homosexuels, pour leurs enfants présents ou à venir et pour la société.

    D’abord, de nombreuses personnes homosexuelles ont eu des relations hétérosexuelles « avant ». Il me semble assez normal de permettre le partage de l’autorité parentale dans ces familles recomposées, donc au nouveau conjoint d’adopter (si besoin bien sûr). Du simple point de vue de la sécurité juridique et matérielle des enfants, cela me semble nécessaire.

    En ce qui concerne les couples homosexuels qui n’ont pas d’enfant et qui souhaitent en adopter ou faire reconnaître le partage de l’autorité parentale sur un enfant conçu par insémination, les bénéfices me semblent identiques.

    Le fait qu’un enfant ait absolument besoin d’un papa (avec des vraies testicules) et une maman (avec des vraies ovaires) me semble assez douteux. De nombreux enfants sont élevés par des familles hétérosexuelles dysfonctionnelles pour le plus grand profit des psys. De nombreux couples homosexuels réclament simplement le droit d’élever leurs enfants aussi mal que tout un chacun. (je plaisante)

    Plus sérieusement, selon que vous soyez pour ou contre ce que je considère n’être qu’une hypothèse, vous trouverez des études très sérieuses pour dire le contraire. La solution la plus simple, c’est d’ouvrir pleinement le mariage et tous les droits afférents aux couples homosexuels. Cela aura le mérite de la simplicité et d’améliorer concrètement la situation de milliers de familles.

  7. Il faut bien évidemment être étroit du carafon pour traiter d’homophobe toute personne n’étant pas d’accord avec les aspirations des personnes homosexuelles…
    Sans vouloir me faire de la pub, j ‘invite néanmoins Le Chafouin et ses lecteurs a lire le billet que j ai écrit sur mon blog ainsi que quelques commentaires qui s’y trouvent.
    Biz

  8. do

    Je ne suis pas sûre que Me Eolas aie tort; il parle de chiffres: c’est apparemment la première fois qu’un agrément d’adoption est accordé à une femme célibataire « malgré » le fait qu’elle vive en couple homosexuel: jusque là, à cause du grand nombre de demandes d’agrément, les services sociaux devaient laisser de côté de préférence les couples trop jeunes, trop vieux, instables etc, et donc, les célibataires femmes ne devaient pas souvent avoir l’agrément, les célibataires hommes encore moins, et les célibataires vivant en couple homosexuel ne devaient pas en avoir du tout. De ce que j’ai compris de son article, c’est en cela que c’est le premier agrément accordé à un couple homo; mais en effet, l’agrément n’est pas accordé au couple mais à une célibataire.

    en passant, Bayrou avait proposé un aménagement de la loi sur l’adoption simple (au lieu de plénière) pour le deuxième parent, afin de préserver la parentalité père-mère ou mère-père inconnu: c’était pas idiot, et ça résolvait complètement les problèmes. Mais je ne crois pas que les LGBT cherchent à résoudre un problème lié à l’adoption: ils veulent avant tout forcer tout le monde à dire qu’ils sont la norme. Qu’ils respectent ce que pensent les autres si ils veulent que les autres respectent aussi ce qu’ils pensent. …Et qu’ils ne prennent pas des enfants en otage.

    Quel enfant donnera-t-on quand il s’agira de couples homosexuels hommes, sachant leur attirance sexuelle avouée pour les jeunes garçons ( http://didierlestrade.blogspot.com/2009/10/le-chapitre-11.html )? un petit garçon marocain? une petite fille thaïlandaise? je serais au service des agréments, ça m’empêcherait un peu de dormir si j’étais obligée de faire courir ce risque à un enfant, sachant que certains homos disent que la pulsion homosexuelle est extrêmement forte et difficilement contrôlable!

    Moi, je vais demander une loi contre les moi-phobes: dès que quelqu’un dira quelque chose avec lequel je ne suis pas d’accord, il ira en prison. et aussi un point de Moi-Win: dès que quelqu’un dénoncera des atrocités dont je serai l’auteur pour me demander de au moins ne pas recommencer, je lui jetterai un Point de Moi-Win, et il sera discrédité aux yeux de tous. Et je serai le maître du monde. Trop cool.

  9. @do

    Je ne suis pas d’accord avec vous. Un homosexuel n’est pas un pédophile.

    Et je maintiens : Eolas dit que c’est la première adoption reconnue pour un couple, or ce n’est pas le cas.

    @Franc belge

    « Le fait qu’un enfant ait absolument besoin d’un papa (avec des vraies testicules) et une maman (avec des vraies ovaires) me semble assez douteux. »

    Et pourquoi donc?

    « Plus sérieusement, selon que vous soyez pour ou contre ce que je considère n’être qu’une hypothèse, vous trouverez des études très sérieuses pour dire le contraire. La solution la plus simple, c’est d’ouvrir pleinement le mariage et tous les droits afférents aux couples homosexuels. »

    Ce que vous dites, c’est : « dans le doute, faisons-le ».

  10. @do: »sachant leur attirance sexuelle avouée pour les jeunes garçons ! » Le moins que l on puisse dire c’est que les préjugés débiles on la vie dure… Sous ente dre que les homos sont des pédophiles en puissance… nous voila revenus 50 ans en arrière!

    J’ai parfois honte de certaines pensées humaines. Quant à Didier Lestrade, fondateur d’Act-Up, personnage très contesté et contreversé par les homos, merci de ne pas l’ériger en penseur homosexuel, ce serait avoir le bout du nez très , très court et une vision bien étroite du problème.

  11. @corto

    Merci de rappeler que les activistes ne sont pas forcément représentatifs de ceux qu’ils sont censés défendre…

  12. pourquoisecompliquerlavie

    En théorie, l’idéal serait que les enfants soient élevés par des parents normaux, père et mère, avec les organes génitaux qui vont avec leur sexe mais aussi avec la psychologie qui va avec leur sexe.
    Mais dans la réalité, même les parents hétéros ne sont pas forcément de bons parents.

    Et puis surtout, s’il est certain que théoriquement les enfants ont besoin d’un référent masculin et féminin, à la DDASS, c’est quoi le référent ? DD pour l’homme et ASS pour la femme ?

    Il y a aussi un problème fondamental avec la DDASS, c’est qu’elle n’a d’obligation que jusqu’à la majorité des enfants qui lui sont confiés. A 18 ans et un jour, elle n’en est plus responsable : elle ne leur doit plus ni subsides, ni toit, ni soins, ni éducation.

    Probablement que des parents adoptifs homos poursuivront leur engagement au delà des 18 ans de l’adopté. Je le crois. Et ce sera toujours mieux.

    Quant au référent, des gays ont des mères qui peuvent servir de référent féminin et les lesbiennes ont des pères.

    Je comprend que vous soyez choqué par l’adoption homo, mais je ne crois pas qu’il faille la condamner. Ce n’est pas la perfection mais je ne crois pas que ce soit pire que de ne pas être adopté, pour l’enfant.

  13. do

    je ne dis pas que ce sont des pédophiles. je suppose qu’il y a autant de pédophiles hétéros qu’homos, ce n’est pas le sujet;

    vous n’avez pas lu l’article que je mets en lien:
    c’est Didier Lestrade lui même, fondateur d’Act’Up, qui dit ceci (à propos des « gays », et « des destinations touristiques choisies en fonction des possibilités de sexe commercial qu’elles offrent. ») :

    « Toutes les modes successives ayant bénéficié des faveurs du tourisme gay ont pour base le tourisme sexuel (…) Et le tourisme sexuel, il faut vraiment insister sur ce point, ne concerne pas uniquement les mineurs. Je suis persuadé que (…) n’est pas pédophile, mais je me doute qu’il est comme beaucoup d’homosexuels de sa génération, et de ma génération : émerveillé par la beauté des hommes jeunes. « ;

    Je souligne juste les propos du fondateur d’Act’Up, qui sont surprenants en ceci qu’ils rappellent la communauté gay à ses responsabilités, mais qui sont aussi beaucoup moins édulcorés que ce qu’on entend de la part des hétéros, quant aux pratiques sexuelles parfois irresponsables des gays, qu’il dénonce d’ailleurs.

    Bref, ce n’est pas moi qui le dit. C’est lui qui rappelle à sa communauté qu’il y a beaucoup trop d’abus dans ce sens (et il n’est pas le seul à le dire), et moi, je dis juste qu’il y a un attrait vers les jeunes qui peut poser un dilemme à un fonctionnaire qui doit choisir de confier un enfant à un couple plutôt qu’à un autre.

  14. @pourquoisecompliquerlavie

    « Je comprend que vous soyez choqué par l’adoption homo, mais je ne crois pas qu’il faille la condamner. »

    Je ne suis pas choqué, je la crains… Et franchement. Franchement. Les enfants de la ddass ne sont pas ceux qui sont adoptés, le plus souvent… Les petits Cambodgiens ont bien plus de succès. Vous pourriez aussi me citer les enfants de veufs, qui n’ont qu’un parent, mais tout cela, ce sont des accidents, pas des exemples à mettre en exergue.

    J’ai toujours du mal avec cet argument selon lequel il faut voir s’il vaut mieux être adopté par un homo que pas du tout, ou que par des hétéros méchants. Moi, je m’intéresse aux principes, et à cette histoire de différenciation des sexes.

    Mais en effet, peut-être qu’on peut trouver un référent en-dehors du couple parental, ou qu’un homme peut jouer le rôle de femme. Mais peut-être pas. Et c’est bien cette forte incertitude qui m’inquiète.

    @Do

    Mais moi aussi j’ai entendu parler de cette inclination des homos vers les jeunes. Mais jeune, ça ne veut pas dire enfant, d’uen part. Et ce n’est pas parce qu’on est attiré par la jeunesse qu’on va être tenté par son propre enfant, tout de même!

  15. @do: bien sur que j ai lu et relu l article de Lestrade, j en ai même fait une critique sur mon blog il y a une dizaine de jours:
    http://corto74.unblog.fr/2009/10/12/la-communaute-gay-memmerde-folie-passagere-199/

  16. NM

    Il y a des problèmes d’offres et de demandes en matière d’adoption… Tous les enfants adoptables pourraient l’être si les adoptant acceptaient de ne pas avoir l’enfant de leurs rêves. Il n’est pas nécessaire de confier un enfant à un ‘couple’ homo pour éviter de laisser des enfants à la DDASS…
    C’est d’ailleurs pour cela, ainsi que le relève justement Le Chafouin, que l’adoption internationale a plus de succès de ce point de vue. Il reste que beaucoup de pays n’acceptent pas de confier leurs enfants à des couples non mariés (ce qui ouvre sur un autre problème et peut expliquer aussi l’obstination à revenir sur la question du prétendu mariage homo).
    C’est pour cela que Mme E.B. n’adoptera peut-être pas en définitive (en plus, elle commence à se faire un peu vieille après 11 ans de procédure !).

  17. do

    et excusez moi si mes propos comportent quelque chose de blessant, je suis un peu acerbe je le reconnais, car une de mes amies a vu son fils de 16 ans se faire « recruter » par un homosexuel (il était assez fragile psychologiquement, comme peuvent l’être certains ados), puis il s’est retrouvé à faire des spectacles habillé en femme, maquillé, les nuits (il a abandonné ses études à cause de ça), ne mangeant rien parce qu’il fallait pour cela qu’il soit aussi maigre que possible, et il a maintenant une sexualité homo qu’il n’a pas choisie, qui le fait souffrir, il a été utilisé par des personnes que je trouve infectes;

    aujourd’hui, il a un ami de son âge, stable, il n’a pas attrapé le sida (il ne se protégeait pas au début, ça veut dire que ses partenaires non plus!), et il vit un peu mieux, mais il commence à comprendre qu’on a abusé de sa fragilité, et moi, je suis convaincue que si on lui avait laissé le temps de grandir, il aurait peut-être eu une autre sexualité. Je connais nombre de personnes très proches qui sont tombées amoureuses vers 16 ans de personnes du même sexe et qui ont changé vers 18-20 ans. On ne saura jamais pour lui, mais je trouve que de rechercher des très jeunes adultes, et d’influencer quelque chose d’aussi important que leur sexualité, c’est dégueulasse. Hommes ou femmes, hétéro ou homo. Car c’est asymétrique. Et à mon avis, une fois qu’on est passé à l’acte, c’est très difficile de changer.

    Mais c’est mon expérience, et mon avis, et je vous laisse le droit d’être d’un autre avis. simplement, je suis en colère contre tous ces quadra (ou plus) qui ont un creux dans leur vie sexuelle et qui recherchent de la chair fraiche pour pimenter leurs orgasmes, en instrumentalisant des personnes fragiles. Je ne dis pas que tous sont comme ça, mais je crains qu’il n’y ait une culture de la transgression qui fasse tomber des barrières naturelles chez certains.

  18. pourquoisecompliquerlavie

    @Le Chafouin
    L’incertirude sur la répartition des sexes est la même dans une famille hétéro. Nous connaissons tous des couples où Madame (je ne dirai pas porte la culotte) n’a pas forcément l’affectivité qu’on attend d’une mère aimante et où Monsieur n’a pas nécessairement la colonne vertébrale siffisamment droite.
    Et si justement, les petits cambodgiens sont « réservés » aux couples hétéros, alors il reste les couples homos pour les petits de la DDASS…. Et vous apportez de l’eau à mon moulin.

  19. le chafouin : « Et je maintiens : Eolas dit que c’est la première adoption reconnue pour un couple, or ce n’est pas le cas. »

    Vous jouez sur les mots. Juridiquement elle est considérée comme célibataire, mais factuellement c’est bel et bien un couple qui s’occupera de cet enfant.

  20. @cariboo

    Je joue sur les mots, mais c’est justement parce qu’Eolas raille fréquemment les approximations de la presse en matière juridique… C’est l’arroseur arrosé!

    @do

    Je comprends et je ne vous en veux pas 😉

    C’est juste que je ne veux pas que certaines limites soient franchies dans le débat. Je suis donc heureux que vous ayiez précisé votre pensée.

    @pourquoisecompliquerlavie AVEC UN PSEUDO AUSSI LONG? 😉

    Parce que vous croyez que les homos, eux, voudront d’un gamin de la DDASS? Souvent, quand on adopte, on veut un tout petit… Mais bon.

    Ne chipotez pas, une femme peut être partiellement masculine, et vice-versa, mais ne le sera jamais complètement!

  21. NM

    @cariboo : ce n’est pas jouer sur les mots. L’enfant sera (ou ne sera pas d’ailleurs) élevé par le couple mais la filiation ne sera établie qu’à l’égard d’une des deux. Pour le reste, il faudra recourir aux acrobaties des autorisations, de la délégation d’autorité parentale. Si c’était joué sur les mots, les associations ne diraient pas qu’il s’agit d’un pas vers l’adoption par les couples homo… ce serait le grand soir!
    @pourquoisecompliquerlavie : lisez bien ce que l’on écrit… les enfants de la DDASS malheureusement même les homos (surtout?) n’en veulent pas. Ils veulent leur petit (moins de deux ans… en bonne santé sans passé trop lourd etc.). Mais Le Chafouin vient de vous le redire alors je n’insiste pas.

  22. Flam

    Ce que je ne comprends pas bien, personnellement, c’est depuis quand et pourquoi l’adoption est acceptée pour les célibataires ? J’avoue que c’est cela qui me choque, avant toute autre considération. Il semblerait légitime qu’en donnant à un enfant une filiation légale, on lui en offre une complète !

  23. Louve

    Quelque chose m’échappe dans cette affaire.
    Dites-moi si je me trompe:
    Il n’est pas possible pour un couple hétéro non marié d’adopter un enfant.
    Mais comme il est possible pour un célibataire (qui se dit tel, mais qui, factuellement est peut être en couple sans être marié) d’adopter un enfant, alors cet enfant peut se retrouver accueilli dans un foyer où l’un des deux n’a pas spécialement demandé sa présence…. ? (C’est d’ailleurs le cas, semble-t-il, de la compagne de Mme E.)

    ça ne vous fait pas tout bizarre à vous cette situation ?

  24. NM

    @Flam C’est possible depuis la réforme de 1966. Il semble que ni le Gal De Gaulle, ni le doyen Carbonnier (grand juriste protestant inspirateur des principales réformes du droit de la famille des années 60-70) n’approuvait ce point de la réforme.

    @Louve l’enfant n’aura de lien de filiation (ce qui est la question réglée par le droit quand on parle d’adoption) qu’à l’égard de l’adoptant (et pas de la personne qui habite avec lui sauf en cas d’adoption de l’enfant de cette personne).

  25. @Flam

    Si fait, l’adoption est ouverte aux célibataires.

    Personnellement ça me pose question et je n’ai jamais compris pourquoi on l’avait autorisé. NM a raison, le texte phare sur l’adoption date de 1966.

    D’ailleurs, certains flairent bien un problème puisque le député Hervé Mariton en particulier a demandé qu’on revienne là dessus… Il dit en particulier ceci, qui me semble fort intéressant : « Cette forme d’adoption est, selon moi, très contestable. Soit l’on considère que le fait d’avoir un enfant n’est pas lié à la vie en couple, et alors en ce cas, pourquoi interdire l’assistance médicale à la procréation (AMP) aux personnes seules ? Pourquoi interdire l’insémination et le transfert d’embryon post mortem ? Soit on considère que le projet d’enfant est l’expression d’un projet familial de couple, et alors il faut s’interroger sur la loi qui permet aux personnes seules d’adopter. »
    @Louve

    Il n’existe absolument aucun lien juridique de quelque nature que ce soit entre l’adopté et le conjoint de l’adoptant célibataire. Mais on imagine que si ce dernier est en couple, il va partager ce projet avec le conjoint et obtenir son accord, non?

    De toutes façons le conseil général tiendra compte de ce conjoint (dans le cas d’une adoption seul) puisqu’il est écrit sur le site gouvernemental que « les évaluations sociale et psychologique doivent attester que les conditions d’accueil offertes par le demandeur sur les plans familial, éducatif et psychologique correspondent aux besoins et à l’intérêt d’un enfant adopté et donc prendre en compte la composition du foyer où il sera accueilli. »

    D’ailleurs, ce site en question est assez bien fait, si ça vous intéresse.

  26. Eolas fait son mea culpa : « Des lecteurs m’ont signalé que mon billet précédent, rédigé un peu rapidement, était erroné dans son titre. C’est tout à fait exact, et je suis assez sévère avec les approximations des autres pour ne pas me pardonner les miennes, et je vous présente mes excuses. »

  27. Adrien

    « on croit dur comme fer que celui-ci a besoin d’un papa et d’une maman pour se développer. »

    En fait, la question se résume à la possibilité, où non, d’accorder l’agrément à une personne célibataire. Si on l’accepte, de fait, on considère que que la présence de parents des deux sexes n’est pas une absolue nécessité au bon développement de l’enfant. Et par conséquent, il n’y a rien a dire sur l’homosexualité.

    D’ailleurs, la question de l’adoption par célibataire pose aussi la suivante : si on considère comme néfaste le fait qu’un enfant soit élevé avec un parent unique, il convient de prendre les mesures qui s’imposent. Et pensez vous que ce soit une bonne option de « protéger » les enfants en les plaçant à la DDASS en cas de divorce, ou de décès d’un des parents ?

  28. @Adrien

    J’ai répondu à cette objection : le divorce, le veuvage, sotn des accidents, tandis que l’adoption est une mesure permise par la loi. Et donc la loi reconnaîtrait qu’il n’est pas mauvais qu’un enfant soit privé d’un des deux référents. Pour le divorce ou le veuvage, la loi ne dit rien de cela.

    Et c’est justemetn pour ça que je trouve l’adoption poru les célibataires peu justifiables. Ceci dit vous avez raison, et c’est la base du raisonnement du TA : si on l’autorise pour un célibataire, pourquoi pas pour un célibataire homo?

  29. Adrien

    @Chafouin

    Je sais bien que le veuvage et le divorce sont des accidents. Mais si on pousse le raisonnement du « tout pour le bien de l’enfant », alors l’étape qui suit immédiatement celle de la question de l’adoption par un célibataire me semble être celle du retrait des enfants aux parents célibataires. Car entre les deux, il n’y a qu’un pas …

    Et puis, je reconnais qu’il y avait aussi dans cette remarque une bonne dose de provocation 😉

  30. @adrien

    Retirer un enfant à quelqu’un, ou comme certains l’ont suggéré, stériliser les gens « indignes » d’être parents, me paraît inconcevable. Tu imagines, le gosse perd sa mère, et après, on le retire à son père? Le traumatisme.
    En revanche, empêcher quelqu’un qu’on ne juge pas apte d’adopter, me paraît beaucoup plus logique, et moins liberticide. C’est enlever el problème « à la source ».

  31. Félix

    L’argument pour refuser l’homoparentalité (qui est une déjà une réalité sociale pour quelques milliers d’enfants, comme cela a été signalé dans les médias à de multiples reprises) est celui de la nécessaire altérité sexuelle.

    Mais cet argument est sans valeur à partir du moment où l’on admet que les célibataires aient le droit d’adopter. Où est l’altérité en ce qui concerne les célibataires ? Je me pose la question.

    Car si l’on accepte de donner un droit aux célibataires et pas aux couples de même sexe, cela signifie que ce n’est pas l’altérité qui pose problème, c’est l’homosexualité.

    A ce point-ci du débat, j’aimerais savoir en quoi une orientation sexuelle empêche d’être un bon parent ? Les homosexuels ne sont pas plus « attirés par les jeunes » que les autres, ils n’influencent pas plus l’orientation sexuelle future de leurs enfants que les autres…

    En ce qui concerne la question de l’homophobie, je crois qu’il y a beaucoup d’incompréhensions sur ce mot. Il est perçu comme une condamnation violente et blessante, aussi on est obligé de le manier avec précaution. Mais le fait est que toute homophobie n’est pas « phobie », toute homophobie n’est pas extrême. L’homophobie, comme le racisme ou l’antisémitisme, c’est aussi de petits préjugés apparemment inoffensifs, de la part de gens qui peuvent être fort bien intentionnés envers leurs semblables homosexuels par ailleurs.

    Je crois que l’argument de l’altérité est un argument trop complexe pour être simplement qualifié d’homophobe. Par ailleurs, je suis d’accord pour dire que déprécier son adversaire ne fait pas avancer le débat.

    Je ne dirais pas que vous êtes homophobe…Simplement, je suis favorable à une acceptation par la loi de l’homoparentalité, et j’espère que le débat quittera bientôt la sphère juridique pour entrer dans la sphère démocratique – et j’espère vivement que ce sera un débat digne.

  32. Louve

    Oui, Adrien, un enfant qui perd son papa ou sa maman vivra toute sa vie avec cette plaie béante. Cela ne veut pas dire qu’il ne pourra pas se construire, mais cela veut dire qu’il part avec un sacré désavantage. Ce n’est pas la présence du papa ou de la maman seul qui est néfaste (au contraire!), mais l’absence de l’autre. Même le remplacement par un beau-parent ne pourra jamais vraiment combler ce vide. On ne peut y remédier, c’est ainsi.

    La raison pour laquelle l’adoption par un célibataire a été acceptée, c’est que l’on estimait qu’un parent seul c’était toujours mieux que l’orphelinat. L’enfant est déjà là (contrairement aux cas de FIV demandés par des célibataires qui, là, sont refusés).

    Toutefois, cela me pose question quand on observe le déséquilibre entre la demande des parents (en forte augmentation) et le nombre d’enfants adoptables (en France, il est quasi nul, et à l’étranger, il ne suffit pas à répondre à la forte demande). Le « renfort » des personnes célibataires est-il vraiment nécessaire ?
    De plus, je suis d’accord avec le Chafouin pour dire que la réflexion est faussée à la base et que « le projet d’enfant est l’expression d’un projet familial de couple ».
    Le cas où une personne vivant en couple pourrait adopter seul et accueillir cet enfant dans la quasi indifférence de son partenaire, me conforte dans cette idée.

  33. NM

    @Adrien il y a plus qu’un pas entre supprimer l’adoption pour les célibataires et retirer les enfants aux veufs… j’espère que vous le voyez. Non seulement ce sont leurs enfants et il n’est pas nécessaire de rajouter un drame à un drame mais il s’agit bien de questions d’ordre différent : dans un cas il s’agit de créer un lien de filiation (avec sa portée symbolique etc.). de l’autre de tenir compte des circonstances de fait dans lesquelles l’enfant est élevé…
    Bref, rien à voir !

  34. Voici une étude danoise qui semble conclure que les enfants adoptés par des homos se portent plutôt mieux que les autres :
    http://mondodingo.blogspot.com/2009/06/une-enquete-danoise-montre-que-les.html

    Qu’en pensez-vous?

    Je ne dis pas que cette étude est fiable, ou pas, je cherche juste à en proposer une, je n’en ai encore pas trouvé d’autres….

  35. Obi-Wan Kenobi

    @ Chafouin :
    Un billet aussi argumenté sur le plan juridique, ça fait plaisir à lire. Je suis entièrement d’accord sur ton propos initial : ne pas être favorable à l’adoption homosexuelle ne doit pas te valoir l’étiquette d’ « homophobe ». Non à tous les trucphobes brandis partout pour mettre fin à la discussion ! Je suis assez favorable au fait d’instituer pour cela l’équivalent du point Godwin.

    Par contre, je trouve que ton raisonnement juridique se contredit. Car tu rappelles la loi : « les conditions d’accueil offertes par le demandeur sur les plans familial, éducatif et psychologique correspondent aux besoins et à l’intérêt d’un enfant adopté ». Tu vois bien, dans ce texte, que l’enfant n’est pas considéré comme un « caprice » et que le législateur se soucie de ses intérêts. (Juste pour troller un peu : les exemples d’adoption par caprice ne manquent pas chez les people hétérosexuels).
    Telle qu’elle est écrite, cette loi semble bien faite. C’est sur son application qu’on pourrait discuter.

    Et quand tu dis « De la même manière, on pourrait considérer qu’il est discriminatoire qu’une personne célibataire et hétérosexuelle soit privée du droit d’adopter parce qu’elle serait en couple avec un individu sur lequel les services départementaux auraient des doutes sur la capacité à être un bon parent. », tu viens encore en contradiction avec la loi. Si une telle adoption était refusée – ce dont il faudrait se féliciter -, cela n’aurait rien de discriminatoire : les services sociaux n’auraient fait qu’appliquer le texte en « préservant l’intérêt de l’enfant », ce que tu défends à raison. Comparer un conjoint homosexuel et un conjoint sur lequel les services sociaux auraient des doutes est un amalgame… comment dire pour ne pas te taxer d’homphobe… délicat.

    Mais bon, dans les commentaires, tu précises ensuite que tu es également contre l’adoption par les célibataires (ce qui exclue les hétérosexuels vivant en concubinage, c’est bien ça ?). Une fois encore, je crains avoir une vision légèrement moins conservatrice de la famille. Je laisse néanmoins le soin à d’autres d’en débattre avec toi (on pourra m’attribuer le point « poildanslamain-wing »).

  36. NM

    Sur les études, la méfiance est de mise car toutes celles dont j’ai entendu parlé sont approximatives au plan méthodologique et commanditées par des associations homo.
    V. l’analyse critique de X. Lacroix dans liberté politique : http://www.libertepolitique.com/les-extraits-de-la-revue-liberte-politique/4719-le-mariage-institution-de-la-parent

  37. Louve

    @ Obi-Wan
    « Mais bon, dans les commentaires, tu précises ensuite que tu es également contre l’adoption par les célibataires (ce qui exclue les hétérosexuels vivant en concubinage, c’est bien ça ?). Une fois encore, je crains avoir une vision légèrement moins conservatrice de la famille. Je laisse néanmoins le soin à d’autres d’en débattre avec toi (on pourra m’attribuer le point “poildanslamain-wing”). »

    On s’éloigne de l’homoparentalité mais précise-moi quelque chose: tu es pour l’adoption par les célibataires ou pour l’adoption par un couple hétérosexuel vivant en concubinage ?

    La différence déjà est importante puisque dans le premier cas, l’avis du partenaire potentiel n’a pas vraiment de valeur alors que dans le deuxième, il s’agirait bel et bien d’une décision de couple (ce qui, à mes yeux, est essentiel, je l’ai déjà dit).

    Déjà mieux donc, mais alors pourquoi cela n’est-il pas autorisé ? Parce que dans le cas d’un couple non marié, il n’existe nulle part l’engagement écrit de fidélité, de soutien dans les épreuves et de partage des responsabilité quant à l’éducation des enfants. Cet engagement à la stabilité, qui on est d’accord, n’a rien d’absolu, a du moins le mérite d’exister et acte un « on va tout faire pour que ça marche et construire un foyer stable ».

    Ce n’est pas peu demander quand il s’agit de confier un enfant à un couple, non ?

  38. @louve :
    « Parce que dans le cas d’un couple non marié, il n’existe nulle part l’engagement écrit de fidélité, de soutien dans les épreuves et de partage des responsabilité quant à l’éducation des enfants. Cet engagement à la stabilité, qui on est d’accord, n’a rien d’absolu, a du moins le mérite d’exister et acte un “on va tout faire pour que ça marche et construire un foyer stable”.

    Ce n’est pas peu demander quand il s’agit de confier un enfant à un couple, non ? »
    > il me semble que c’est très exactement le coeur du sujet. Cet engagement dans le mariage, s’il n’est effectivement pas absolu, a le mérite d’exister publiquement.
    Notons tout de même que les facilités à mettre fin à un mariage, facilités sans cesse agrandies, ne plaident pas forcément en faveur de cet engagement. Je crois qu’il serait bon de revitaliser et d’anoblir le mariage en complexifiant le divorce surtout quand il y a des enfants mineurs, voire en essayant de faire en sorte que les futurs mariés réfléchissent un peu plus avant de s’engager : 50% des mariages finissent pas un divorce, il faut croire qu’il y a un grave probleme de ce coté là.

  39. Louve

    Dans l’article dont NM a publié le lien, il y a une illustration de ce que je viens de dire:

    « Des statistiques sérieuses montrent que le taux de séparation, sur dix ans, entre concubins est six fois plus élevé qu’entre époux. L’arrivée de l’enfant divise ce taux par trois, ce qui veut dire qu’il reste deux fois plus élevé. »

    Bon, j’avoue que j’aimerais avoir la référence de ces stats, rien que pour savoir, déjà, si c’est dans le monde ou en France. Mais cela me paraît pas complètement farfelus comme résultats…

    La suite me semble également très juste : « il est très libérant pour lui [l’enfant] de sentir que le lien entre son père et sa mère repose sur d’autres bases, d’autres fondements que l’attachement qu’ils lui portent. Sur une parole antérieure, une parole d’alliance, c’est-à-dire un engagement dans la durée et dans la solidarité. « 

  40. @Félix

    « Mais cet argument est sans valeur à partir du moment où l’on admet que les célibataires aient le droit d’adopter. Où est l’altérité en ce qui concerne les célibataires ? Je me pose la question. »

    Mais c’est bien pour cela que l’adoption par un célibataire pose question de mon point de vue. De manière générale, il vaut mieux un couple qu’un célibataire, à tous points de vue. Pour l’équilibre de l’enfant mais aussi pour la disponibilité à son égard : gérer un enfant tout seul, c’est dur. C’est d’ailleurs le grand drame des familles monoparentales!

    « j’aimerais savoir en quoi une orientation sexuelle empêche d’être un bon parent  »

    Je ne l’ai jamais dit, écrit ou même pensé… Il ne s’agti pas de ça, je ne pense pas qu’un homo soit un moins bon parent qu’un hétéro…

    « L’homophobie, comme le racisme ou l’antisémitisme, c’est aussi de petits préjugés apparemment inoffensifs, de la part de gens qui peuvent être fort bien intentionnés envers leurs semblables homosexuels par ailleurs »

    Il ya débat sur le terme homophobie mais je trouve qu’on l’utilise dans un sens bien trop large. ici, je ne parle pas de préjugés mais d’intérêt de l’enfant, la question en doit pas être repoussée du revers de la main…

    @Chitah

    Je vais aller regarder ça. Mais j’avoue avoir le meêm a priori de départ que NM sur la quesiton de l’indépendance de ces études. A voir.

    @Obiwan

    D’abord, merci pour le compliment. Ensuite, je ne vois pas la contradiction entre mon propos et le texte que tu rapportes : la loi me semble très bien faite, mais c’est l’interprétation qu’on en fait et l’application en l’espèce que je trouve inadéquate.Une application, d’ailleurs, qui contredit la jurisprudence constante du conseil d’Etat, mais va dans le sens de celle de la CEDH…

    Et la jurisprudence de la CEDH ne tient pas compte de l’intérêt de l’enfant mais uniquement du caractère discriminatoire selon elle du refus d’agrément… Qui était lui-même motivé par l’intérêt de l’enfant! 😉

    Bref, je crois que mon point de vue n’est pas si contradictoire que ça.

    Ensuite, sur les célibataires : oui, quelqu’un qui est pacsé ou en concubinage ne peut pas adopter « en tant que couple », mais uniquement en tant que célibataire (ce qu’est juridiquement un pacsé ou un concubin). Je suis opposé à l’adoption par une personne seule, après, pour un couple non marié, en effet, cela peut se discuter.

    Là encore, c’est l’intérêt de l’enfant qu’il faut regarder : quelles garanties de pérennité du couple a-t-on? la question est vraiment loin d’être simple.

    Sinon, merci de sliens apportés par Louve, NM et laloose. J’ajouterais pour Louve qu ele concubin, du point de vuie de l’adoption, a exactement le même statut que le célibataire seul.

    Enfin, il est évident qu’un célibataire seul, s’il a théoriquement la possibilité d’adopter, n’aura en pratique que peu de chances d’y parvenir, car les services sociaux, confrontés à une demande bien supérieure à l’offre, lui préféreront toujorus le couplemarié et stable. C’est d’ailleurs la principale embuche pour ce qui est de l’homoparentalité (voir le lien vers La Croix, au bas du billet, qui explmique pourquoi Emmanuelle B a au final très peu de chances d’arriver à ses fins) : elle a peu de chance de propspérer pour les adoptions nationales, et également pour l’international (d’après ce que j’ai lu, de nombreux pays refusent de confier des enfants à des homos, et donc, exigent d’avoir « affaire » à des couples mariés).

  41. Louve

    @ Chafouin:
    Tu dis: « J’ajouterais pour Louve qu ele concubin, du point de vuie de l’adoption, a exactement le même statut que le célibataire seul. »
    Je ne comprends pas le sens de ta remarque… Peux-tu m’expliquer ce que tu veux dire ?

  42. Que l’adoption est permise soit pour un couple marié, soit pour un célibataire ( en couple non marié ou seul). On ne eput pas distinguer célibataire au sens juridique du célibataire au sens commun ( personne seule)…

  43. Louve

    Ben oui… Mais où ai-je dit le contraire ?
    Obiwan semblait regretter cet état de fait, j’essayais donc juste d’expliquer pourquoi la demande de deux célibataires, même s’ils vivent ensemble et ont un projet de couple, ne peut pas adopter en tant que couple.

  44. Pingback: L’adoption homoparentale « Pourquoi se compliquer la vie ?

  45. Au chafouin: Tu m’as bien compris. Je suis un odieux libéral (qui mange des enfants) et je suis donc pour permettre aux couples, quelle que soit leur composition, de se marier, d’adopter et de partager l’autorité parentale en cas de recomposition.

    Je suis aussi pour que tu es la liberté d’exprimer une opinion contraire. Quant au droit au mariage ou à l’adoption pour les homos, il m’intéresse personnellement assez peu. Libéral, c’est vraiment un sacerdoce. Je devrais rentrer dans les ordres… :-p

  46. Bashô

    Très peu de temps pour poster un commentaire donc je vais être succinct. J’ai déjà lu et entendu X. Lacroix ailleurs et je n’ai pas été frappé par sa rigueur intellectuelle. Il réfute les études psychologiques évoquées plus haut et chez embruns non sur sa méthodologie (ce que tout bon scientifique devrait faire) mais ad hominem du genre, c’est toujours le « lobby gay » qui est derrière. Bref, je vous conseillerais d’autres arguments d’autorité…

  47. NM

    @ Bashô
    ce ne sont pas des arguments d’autorité. Il les réfute aussi sur le terrain de la méthodologie. Le fait qu’elles soient commanditées par les lobbies, c’est déjà de la méthodo (qui croit aux études sur le bénéfice du tabac pour la santé ?). Ensuite, les populations statistiques sont tout à fait insuffisante pour tirer la moindre conclusion (leur implication voire leur militantisme en font des ‘sujets’ un peu particuliers).

  48. Bashô

    Enfin de retour!

    NM> Alors répondons plus en détail. Primo, tous les études n’ont pas été commandités par les lobbies, certaines l’ont été par des agences gouvernementales, d’autres par des fondations privés et enfin des psychologues l’ont fait de leur propre initiative car c’est un sujet très intéressant en soi. Mais évidement si on ne cite que celles financées par « la mafia rose »…
    Pour l’argument de la taille de la population statistique, ce n’est pas suffisant loin de là (et c’est un mathématicien qui parle). Les sondages publiés dans les journaux ont été réalisé auprès d’une population de moins de 500 personnes, à comparer avec les 60 millions d’habitants de notre beau pays. Avec un ratio aussi faible, on pourrait s’attendre à des erreurs importantes. Or ce n’est pas le cas! Pire, le taux d’erreur dépend très faiblement de la taille de la population sondée, il dépend surtout de l’échantillonnage réalisé (sous les graphiques, on peut souvent lire par exemple « sondage réalisée d’après la méthode des quotas etc »). Je vous invite à consulter n’importe quel bouquin de théorie des sondages ou de statistiques (un niveau master écrit par un ami statisticien va bientôt sortir à ce propos) pas trop daté. La raison profonde est que la probabilité d’existence d’un comportement décroit « beaucoup plus vite » que son écart par rapport au comportement moyen. Comme dernier exemple, j’évoquerai un ami sociologue qui fait une enquête sur les familles (hétéro!) en banlieue. Il touchera au maxi une centaine de personnes et pourtant ses résultats permettent aux pouvoirs publics de se faire une (très) bonne idée du comportement moyen de la famille en banlieue. Le truc est justement de donner les bons « coups de sonde » et d’exploiter rigoureusement les résultats.

  49. pourquoisecompliquerlavie

    Mon pseu, c’est une pétition de principe 🙂

    Je débutais dans la blogosphère et quand WP m’a demandé le nom du blog à créer, c’est ce qui m’est venu. Et il a grandi et c’est trop tard pour le changer.

    Mais je suis d’accord, c’est trop long, trop sujet à fautes de frappes, mais voilà, me reste plus qu’à assumer !

  50. pourquoisecompliquerlavie

    @Le Chafouin
    Même si on admet que les homos n’adopteront pas non plus les enfants de la DDASS française, ils adopteront d’autres enfants d’autres DDASS dont l’avenir n’est pas meilleur ailleurs, sans adoption.

  51. NM

    @Bashô Ok pour une partie mais ce n’est pas uniquement de la stat. Il s’agit plus d’une méthode sociologique que seulement statistique. Beaucoup de résultats sont biaisés ; un peu comme si on demandait à des catho ce qu’ils pensent de Dieu… (on en trouvera nécessairement plus qui y croient).
    Je veux dire par là que ces enquêtes sont plus complexes que les ‘simples’ sondages d’opinion. On trouvera assez rarement un couple homo pour dire que l’enfant élevé par eux a des troubles du comportement ou des problèmes psy…
    Pour les enquêtes commanditées par des agences gouvernementales, je prends ; si vous avez les sources cela m’intéresse.

  52. @Louve

    Je te répondais cela car tu as écris : « On s’éloigne de l’homoparentalité mais précise-moi quelque chose: tu es pour l’adoption par les célibataires ou pour l’adoption par un couple hétérosexuel vivant en concubinage ? » Je n’avais pas compris que tu avais compris 😉 Bref, je me comprends.

    @Chitah

    Après avoir lu l’étude dont tu parles (ou du moins ces résultats, je suis pas dingo non plus, et je ne comprends pas le danois), je partage tes conclusions : se contenter de l’angle psychiatrique me paraît étrange. Et surtout, j’ai l’impression qu’ils ont fait une étude quantitative au détriment du qualitatif. Leurs sujets sont par exemple adolescents, ce qui est une curieuse idée.

    @Bashô

    Je ne suis pas non plus un expert en études statistiques, mais comme vous, mon instinct me dit que si l’échantillon est représentatif… ceci dit X. Lacroix évoque des études avec un nombre de sondés très très restreint… J’ai lu aussi que certaines études se contentent d’interroger les parents, ce qui est une méthode de travail étonnante. Exemple ici : Stéphane Nadaud, pédopsychiatre, a réalisé, dans le cadre de sa thèse de médecine, la première étude française : Approche psychologique et comportementale des enfants vivant en milieu parental. 58 enfants, âgés de 4 à 16 ans, étaient concernés, mais les questionnaires utilisés ont été remplis par les parents homosexuels. Ici, l’échantillon paraît très très restreint. Et enfin, l’âge des personnes interrogées est important, (cf plus haut) et l’adolescence n’est sûrement pas le meilleur moment pour cela.

    @PSCLV (vous ne m’en voudrez pas de ce raccourci, j’espère)

    Ce que vous ne semblez pas comprendre, c’est qu’on n’a nul besoin d’élargir la demande, c’est l’offre qui manque en matière d’adoption… Regardez les chiffres !

  53. Bashô

    NM & Le Chafouin> Je vous proposer des références à la fin mais disons-le d’emblée, je pense que c’est inutile car vous n’avez pas les compétences pour une lecture réellement critique. Et j’ajoute tout de suite que je n’en ai pas plus que vous (excepté les statistiques mais ça n’ira pas très loin ici). Je m’explique.

    J’avais évoqué un peu trop rapidement un de mes amis qui est sociologue et qui est en train de mener une enquête sociologique. La taille restreinte de l’échantillon (une centaine) est la norme en sociologie. Le « truc » est que cet échantillon soit bien choisi (on peut faire l’analogie avec une carotte en géologie, il ne montre qu’une part infime du terrain mais donne une très bonne idée de ses propriétés géologiques sous des conditions de « régularité », comme en théorie des sondages) et que ce soit bien exploité (questions, traitement des réponses). Il m’a montré des articles de sociologie, et j’ai pu voir que l’analyse était extrêmement précis et détaillé… et complexe. La méthodologie sociologique nécessite de longues heures à l’amphi et un savoir-faire qui ne peut s’acquérir que dans la pratique pour éviter les pièges tant classiques (comme les mensonges, les réticences des gens étudiés) que subtils, plusieurs années donc. On peut parler d’art au sens propre du terme.

    Bien sûr vous et moi pouvons lire les articles en sociologie mais nous saurons pas le lire aussi bien que les praticiens. Nous ne pouvons rester qu’au niveau d’une critique superficielle. Nous verrons les points d’achoppement les plus grossiers mais pas les autres. Pire, ce qui nous sembleront rédhibitoire (comme le nom du commanditaire) pourraient être fortement relativés pour l’oeil averti grâce à des signes plus discrets mais plus sûrs (la réputation d’une signature, la rigueur du raisonnement, le souci des détails…)

    Si j’ai bien compris tout cela dans le cas de la sociologie, c’est parce que c’est pareil dans toutes les autres disciplines dont les mathématiques… et le droit. Nous aimons lire maître Eolas car il vulgarise très bien. Nous pourrions lire les arrêts nous-même, comprendre les grandes lignes mais les subtilités nous échapperont. Et c’est ces subtilités qu’il dévoile aux Mekeskidis. Par exemple cet arrêt de la CEDH qui avait condamné la France parce qu’elle ne respectait même pas sa propre législation en matière des adoptions.

    L’exigence d’un savoir-faire en sociologie est également valable donc en psychiatrie, psychologie et pédiatrie. Savoir-faire que vous et moi ne possédons pas. Pas plus que X. Lacroix d’ailleurs qui n’a eu qu’une formation en philosophie et en théologie. Et il est thérapeute, pas psychologue. Il peut lire avec les yeux d’un honnête homme, d’un philosophe ou d’un théologien mais pas avec les yeux du spécialiste rompu aux enquêtes et dépouillement des données. Les critiques qu’il fait sont justement des critiques grossières (au sens propre du terme), il ne voit que l’éléphant dans la pièce si on peut dire. A ce propos s’appuyer sur des études bâclés pour discréditer sans nuance l’ensemble des études dont les conclusions déplaisent fort ou hurler systématiquement au lobby gay ne sont pas des méthodes scientifiques et encore moins honnêtes d’où mon peu d’indulgence à son égard. Mais hélas c’est tout à fait typique de l’école française de théologie morale.

    Bon pour quelques références, il y a bien celui évoqué avec gourmandise par Embruns ( http://www.canada.com/theprovince/news/story.html?id=38cc20ce-7f14-44ea-b4d9-d4cd16d7a269 ) mais il vaudrait mieux partir des associations de psychiatres américains ( http://www.apa.org/pi/lgbc/policy/parents.html ) ou pédiatres américains ( http://aappolicy.aappublications.org/cgi/content/full/pediatrics;109/2/341 ) qui ont fait des « review » et fournissent donc pas mal de références. Personnellement, je ne les lirais pas car je n’ai ni le temps ni les compétences.

    Pour terminer, j’aimerais exprimer le voeu d’un débat beaucoup plus serein. Bien sûr ne pas soupçonne systématiquement d’homophobie celui qui s’oppose au mariage homosexuel ou à l’adoption homosexuel. Mais ça vaut aussi dans l’autre sens. Je viens de tomber sur le communiqué de Mgr Aillet qui ne brille pas par sa nuance: « cette manœuvre organisée par certains lobbys, qui, sous couvert d’altruisme, cache une volonté sournoise de briser les repères fondamentaux inscrits dans le cœur de tout être humain. » A comparer avec celui de l’archevêque de Portland apès le succès d’un référendum « contre » un projet de mariage homosexuel:

    “These past few months have served as a teaching opportunity to explain to parishioners and the wider community about how and why the Church views and values marriage as the union of one man and one woman. It has also been an opportunity for listening, and I trust that those who voted for such a radical change did so out of concern for our gay brothers and sisters. Respect and acceptance of all people regardless of sexual orientation is not a point of controversy — indeed, it is a teaching of the Church. While the Catholic Church will continue its commitment to work for the basic human rights to which all people are entitled, it remains devoted to preserving and strengthening the precious gift of marriage.”

  54. S1ned

    « “Le fait qu’un enfant ait absolument besoin d’un papa (avec des vraies testicules) et une maman (avec des vraies ovaires) me semble assez douteux.”

    Et pourquoi donc? »

    Beaucoup de mamans seules, ou, ce qui est plus rare, de papas seuls élèvent leurs enfants sans être en couple. Ils y arrivent très bien!

  55. Anatole

    Ayant moi-même adopté 3 enfants avec mon épouse, je me permets d’intervenir dans votre débat pour apporter 2 précisions.

    1/ La DDASS n’est pas « pleine d’enfants à adopter » comme on peut le lire entre les lignes de certains commentaires. Il y a actuellement en France bien plus de familles en attente d’enfants que d’enfants en attente d’une famille. La très grande majorité des enfants confiés à l’Aide Sociale à l’Enfance ne sont pas en situation juridique d’adoption.

    2/ De nombreux pays étrangers, parmi ceux qui confient le plus d’enfants à l’adoption internationale, refusent de confier des enfants à un(e) célibataire, encore moins à un couple de même sexe. La France pourrait accepter l’adoption par des couples homosexuels, ceux-ci auraient peu de chance de voir leur demande aboutir car « pénurie » (je n’aime pas ce mot…) d’enfants à adopter en France et refus de leur situation dans la plupart des pays étrangers.

    Enfin, n’oublions pas que l’adoption, dans le droit français, consiste à donner une famille à un enfant et non un enfant à une famille. Espérons que ce principe perdurera…

  56. @S1ned

    « Beaucoup de mamans seules, ou, ce qui est plus rare, de papas seuls élèvent leurs enfants sans être en couple. Ils y arrivent très bien! »

    Ils ont quand même plus de mal qu’un couple. Ils le font malgré tout, parce qu’il faut bien le faire. Chapeau à eux. Mais ce serait à mon sens idiot d’étendre cet état de fait.

    @Anatole

    Merci de confirmer ce que je disais, à savoir que le mythe des enfants de la ddass doit être brisé. On n’a absolument pas besoin de plus de demandeurs : ce serait plutôt l’inverse…

    J’aime beaucoup votre conclusion…

  57. NM

    “Beaucoup de mamans seules, ou, ce qui est plus rare, de papas seuls élèvent leurs enfants sans être en couple. Ils y arrivent très bien!”
    Là n’est pas le problème ! Que certaines personnes vivent très bien sans jambe ne rend pas souhaitable le raccourcissement de la population…
    Plus clairement : ce n’est pas parce qu’il y a, en fait, des cas dans lesquels cela peut bien se passer (combien de temps ? qu’en sait-on vraiment ? J’espère sincèrement que c’est durable) qu’il faut en faire une norme. Or la loi c’est la norme. Dans une société pluraliste, il y pluralité de normes (à mon avis trop mais c’est une autre question) mais elle reste des normes. Ouvrir l’adoption aux personnes seules et a fortiori aux personnes homosexuelles, c’est considérer que c’est une norme possible dans la société.
    PS : Bon courage au Chafouin…

  58. Pourquoi bon courage?:-)

  59. « “Beaucoup de mamans seules, ou, ce qui est plus rare, de papas seuls élèvent leurs enfants sans être en couple. Ils y arrivent très bien!”
    Là n’est pas le problème ! Que certaines personnes vivent très bien sans jambe ne rend pas souhaitable le raccourcissement de la population… »

    @NM

    😉 On est d’accord ! Mais ce que je voulais souligner, c’est que ce n’est donc pas un critère si pertinent que ça! De plus le problème d’étendre ce phénomène ne se pose pas, puisque comme Anatole le dit, il n’y a pas tant d’enfants que ça à la DDASS.

    Ce qu’il pourrait être fait, c’est un système de priorité pour les couples hétérosexuels, disposant d’un meilleur environnement..

  60. Rom1

    Beaucoup de choses intéressantes dans les commentaires…

    @Anatole (et autres):
    Le blog de J.L Rosenczveig, qui comporte maints billets intéressants et très informés sur l’adoption (et d’autres sujets), rappelle souvent ce principe.
    http://jprosen.blog.lemonde.fr/2008/02/26/dire-la-verite-sur-ladoption-243/

    Je fais assez confiance à l’administration française pour veiller au grain. Le danger me semble plutôt provenir de certains pays pauvres qui développent un trafic d’enfants, que la convention de La Haye est censée empêcher.

    @Chafouin: « En grec, le mot phobie désigne la peur, l’angoisse. » Vu le hiatus entre la signification du mot et son étymologie, je doute que son inventeur (américain) ait été expert en grec.

    L’homophobie désigne une aversion et une hostilité envers les personnes et pratiques homosexuelles (dixit la page que vous avez mise en lien).

    J’ajouterais que dans le langage courant, l’homophobie (à l’instar la xénophobie) relève bien plus de la haine que de la peur (il est vrai que la peur peut susciter la haine), et a un côté irrationnel (seul point commun avec les phobies au sens strict que vous citez).

    Je vous accorde que étymologiquement, ma définition est fausse, mais je doute que Mme Mécary ait voulu dire que certains Conseil(ler)s Généraux ont peur des homosexuelles.

    Sinon, la CEDH dans son arrêt a tenu compte de l’intérêt de l’enfant (si j’en crois le blog d’Eolas), du moins autant que la loi française:
    http://www.maitre-eolas.fr/post/2008/01/23/847-la-france-condamnee-pour-avoir-refuse-l-agrement-en-vue-de-l-adoption-a-une-personne-homosexuelle
    Elle renvoie la France à sa loi interne.

    Bref, ceci n’ôte rien au fait qu’effectivement, le mot est parfois galvaudé, ce qui d’ailleurs en amoindrit la portée.

    Dans la foulée, quand M. Nicolin (le président du club de foot de Montpellier) traite le capitaine de l’équipe adverse de « petite tarlouze », l’insulte n’est homophobe (il ne lui reprochait pas d’être gay, il lui reprochait… d’avoir gagné, si j’ai bien compris). L’emploi de termes homophobes comme insultes, bien que regrettable, ne me semble pas pour autant homophobe en soit.

    Souvent, les débats sur l’homoparentalité (dont celui sur l’adoption par les homosexuels) sont pollués par des arguments plus ou moins homophobes (l’amalgame avec la pédophilie, le narcissisme des homosexuels , l’instabilité des couples, « l’homosexualité est une psychopathie » –lu dans les commentaires de Me Eolas…) qui ouvrent autant le débat que le point Godwin (version homophobie ou pas) .
    Une fois ces arguments écartés, il en reste quelques uns qui méritent discussion, mais qui sont si liés aux convictions de chacun que le débat est rarement possible. Deux qui me semblent importants sont les suivants:

    -l’argument anthropologique :
    http://www.lemonde.fr/opinions/article/2007/06/21/l-homoparentalite-en-question-par-sylviane-agacinski_926550_3232.html
    aussi repris par Lacroix, que je trouve assez abstrait en l’espèce –après tout, les sociétés modernes ont dissocié la filiation du mariage, et personne ne regrette le statut de bâtard. L’analogie de structure persiste, mais fait-elle encore sens aujourd’hui ?

    -la redéfinition de la filiation légale et sociale (développé par Lacroix, de manière peu élégante je trouve, mais la question se pose): si la société change sa définition des liens parentaux (2 parents au lieu d’un père et une mère), où placer les nouvelles limites, et sur quoi les appuyer ?
    Au passage, J.L. Rocenczveig propose d’abandonner l’adoption plénière (qui efface l’histoire familiale de l’adopté) au profit de l’adoption simple (qui la maintient).

    -les référents masculins et féminins dans le foyer sont nécessaires au développement (psychologique) de l’enfant (l’argument du billet):
    Pour moi, c’est une pétition de principe (une hypothèse), qui ne peut être démontrée ou infirmée qu’en étudiant la réalité, pas avec des discussions philosophiques ou la théorie freudienne. Mais la prudence impose de la supposer vraie dans le doute (au moins pour les pupilles de la nation, qui partent souvent avec un handicap et envers lesquels l’État a une responsabilité particulière).

    Lacroix (de ce que j’ai du blog abandon-adoption, mais je ne retrouve plus les liens) s’appuie sur la philosophie (dont l’argument anthropologique) et sa pratique thérapeutique, mais si la sociologie n’est pas une science exacte, la psychologie non plus.
    Lacroix attaque l’approche sociologique et psycho-sociologique (les statistiques), en la qualifiant de scientisme, d’argument d’autorité, et en l’accusant de tuer la penser (elle empêche de « faire sens »). Ce n’est pas une critique méthodologique, mais philosophique (qui porte sur la démarche même et pas sur ses modalités). Il ne dit pas: les échantillons ne sont pas représentatifs, il dit: les chiffres sont totalitaires, ils ne permettent pas de penser.
    Mais l’inamovibilité quasi idéologique de sa position, qu’il justifie par le bon sens et par des éléments de théorie psychologique, clôt encore plus vite le débat.

    Or il me semble que ce les démarches des sociologues (qui font des études, en utilisant d’ailleurs des outils de la psychologie, enfin j’espère) d’une part et des psychologues (quand ils émettent des avis basés sur leur pratique) d’autre part, sont relativement similaires: observer la réalité du terrain (sous deux angles différents).
    C’est compliqué, c’est long et ça demande de la rigueur et de la nuance (ce dont la plupart des commentateurs manquent), et en plus c’est en partie inaccessible aux profanes comme vous et moi, ce qui est frustrant.
    Mais c’est le seul moyen d’obtenir une réponse pour ceux qui savent qu’ils croient –ceux qui croient savoir ont déjà une réponse qui leur suffit.
    Au passage, pas mal d’études citées s’intéressent plutôt aux enfants élevés par leurs un biologique (souvent la mère) engagé dans une relation homosexuelle après un divorce, qu’aux enfants adoptés ou issus d’une FIV (parce que c’est la question posée, le but de pas mal d’études étant de savoir si le juge peut confier la garde d’un enfant à sa mère lesbienne, ou doit la retirer, la réponse tendant vers le oui, à mon impression). Dans ces situations, le référent paternel est présent, contrairement aux FIV (sans parler des mères porteuses ou du co-parentage). Et l’adoption d’enfants abandonnés pose encore d’autres questions.

    Je dois bien reconnaître que ceux qui taxent d’homophobie leurs adversaires à tort et à travers sont parmi les plus figés sur leurs positions idéologiques.
    Pour paraphraser Desproges, on peut débattre de n’importe quoi, mais (hélas) pas avec n’importe qui.

    @Laloose:
    à mon avis, rétablir des obstacles juridiques et administratifs ne revitaliserait pas le mariage.
    La contrainte n’améliorera pas le fonctionnement des couples, et je pense personnellement qu’un environnement apaisé et serein, fût-ce au prix d’un divorce, est préférable à un environnement conflictuel et délétère, surtout si les adultes font sentir à l’enfant que c’est pour lui (donc à cause de lui) qu’ils restent ensemble.
    À mes yeux, l’engagement des époux l’un envers l’autre (sous les yeux de leur entourage social) prime sur celui qu’ils prennent face à l’État.
    D’autre part, le mariage institue 3 obligations pour les époux: (1)vie commune et fidélité, (2) solidarité, (3)contribution à l’éducation des enfants.
    Le divorce supprime la première obligation, mais pas les deux autres qui subsistent sous la forme de la prestation compensatoire (pour le conjoint ayant le moins de revenus) et de la pension alimentaire (pour l’éducation des enfants). Le divorce (ou la séparation de corps) n’annule pas le mariage.
    Je vous concède volontiers qu’un chèque mensuel ne remplace pas la présence d’un parent, mais je ne vois pas ce que le droit peut faire de plus, faute de pouvoir commander aux sentiments.
    Les services des conseils généraux demandent souvent aux célibataires vivant en concubinage (hétéro) de se marier et de présenter leur demande d’agrément en tant que couple, afin d’améliorer leur dossier (et la sécurité juridique de l’enfant accueilli).

  61. @S1ned

    « Mais ce que je voulais souligner, c’est que ce n’est donc pas un critère si pertinent que ça! »

    Si c’est un critère pertinent… Ce qui n’est pas pertinent, c’est de prendre une exception ou un accident regrettable en exergue pour montrer qu’on peut en faire une norme… Ou alors je ne’ai pas compris où tu voulais en venir…

    @rom1

    « À mes yeux, l’engagement des époux l’un envers l’autre (sous les yeux de leur entourage social) prime sur celui qu’ils prennent face à l’État. »

    Bien sûr, mais encore faut-il qu’on soutienne cet engagement, et que loi après loi, on ne fasse pas totu pour l’affaiblir, ce qui est le cas depuis vingt ou trente ans. On légitime une autre forme d’union sans engagement (le pacs) mais avec les mêmes avantages (ou presque), on facilite le divorce jusqu’à supprimer le divorce pour faute, (ce qui sous-entend que l’adultère n’en est plus une)… S’adapter à la société, oui, mais jusqu'(à quel point? Car il y a un moment où la société s’adapte aussi aux lois. Or l’intérêt général n’est jamais la somme des intérêts particuliers.

    Sur les études, c’est très compliqué, vous avez raison, et Bashô aussi. On n’est pas vraiment qualifié pour en discuter. Je suis également d’accord pour dire que l’importance d’avoir un père et un emère est chez moi une pétition de principes. Mais chacun a ses convictions, et ceux qui disent le contraire n’apportent pas non plus de preuves de ce qu’ils avancent. Si l’on met dans la balance la charge de la preuve, je crois que c’est plutôt à eux de démontrer ce qu’ils affirment.

  62. Ah.. Et sur la définition de l’homophobie, nous sommes donc d’accord. L’avocate l’utilise dans un sens large, ce qui est une tactique pour discréditer ceux qui ne sont pas d’accord avec elle. C’est bien joué, mais ça ne prend pas.

  63. do

    Les psychiatres lambda (c’est à dire ni engagés ni hostiles sur l’homosexualité) avec lesquels j’ai parlé des conséquences que pourrait avoir l’adoption homoparentale, ont toujours été défavorables. A cause de ce qu’ils voient dans leur métier, qui est expérimental ET théorique, quantitatif ET qualitatif.
    Quand on a un peu travaillé sur soi même et qu’on a vu les conséquences de toutes les absences du père, de la mère, (qualitatives ou quantit

  64. do

    (suite) -atives), on ne peut que demander le principe de précaution.

    Je suis toujours étonnée de voir que ce sont les mêmes personnes qui poussent des cris d’orfraie quand on veut mettre des OGM dans un champ, et qui militent pour qu’on puisse faire toutes sortes d’expérimentations sur l’embryon, des clonages pour permettre aux personnes homosexuelles de procréer, ou pour qu’on puisse jouer aux apprentis sorciers avec des enfants en les donnant à l’adoption à des couples monosexués sans nécessité (il n’y a pas assez d’enfants sur la planète pour tous les couples qui adoptent, et les plus jeunes et les plus vieux sont déjà écartés).

    Il existe l’adoption simple, et on recherche désespérément des familles d’accueil pour des enfants dont les parents sont déficients sur le point éducatif, mais là, curieusement, personne ne se presse au portillon; et je ne vois pas de familles d’accueil homoparentales. Alors l’intérêt de l’enfant, je n’en crois pas un mot. L’intérêt des enfants du centre de l’enfance que j’ai dans ma classe, ce serait de trouver une famille d’accueil, et il n’y en a aucune, pourtant, ils sont là, les formalités sont simples, ils ont 4 ans, 5 ans, et on pourrait leur donner un peu de chaleur.

    Mais là, il ne s’agit pas de donner: il s’agit de posséder!

  65. @Rom1 :
    « à mon avis, rétablir des obstacles juridiques et administratifs ne revitaliserait pas le mariage.
    La contrainte n’améliorera pas le fonctionnement des couples ».
    Mon propos était de souligner qu’on n’a pas cessé depuis quelques dizaines d’années d’affaiblir le mariage, notamment par la facilitation du divorce et la mise en place d’autres types de contrats. Conséquence, le mariage n’a plus qu’une valeur symbolique + quelques reliquats d’avantages pratiques, mais il a perdu la plus grande partie de sa valeur intrinsèque. Je souhaite personnellement que les personnes voulant s’engager dans cette voie exaltante mais difficile le fasse pleinement en connaissance de cause, et non à la va-vite en se disant que de toutes facons si ça marche pas on divorce. C’est l’esprit de ces « obstacles » dont je parle. Pas dans un sens coercitif, mais plus pour faire réfléchir.
    Quant à la complexification du divorce, j’assume. Comme vous le dites, un cheque ne remplace pas un parent. Et j’ai le sentiment que beaucoup de divorces pourraient être évités s’il ne suffisait pas d’envoyer un sms pour le faire (j’exagère volontairement, mais on pourrait y arriver).

    « un environnement apaisé et serein est préférable à un environnement conflictuel et délétère » : certes. Mais conserver un systeme où le divorce est « facile » ne contribue pas à essayer de changer le climat et à faire les efforts sur le fond plutot que sur la forme = on se sépare.

    « surtout si les adultes font sentir à l’enfant que c’est pour lui (donc à cause de lui) qu’ils restent ensemble. » : je ne sais pas, il faudrait demander à un expert. Mais on peut le voir aussi comme « grâce à lui ». Que préfère un enfant dans une situation sans drame particulier type violence, alcoolisme etc ? Voir ses parents rester ensemble pour lui, ou les voir se séparer malgré lui?

  66. Bashô

    Je viens de relire mon dernier commentaire. Je m’excuse pour l’orthographe et les fautes de grammaire. L’heure tardive…

    Do> Je suis désolé mais du moins aux US, des agences d’adoption ont confié à des couples homosexuels des gamins dont personne n’en voulait. Je ne suis pas favorable ni au mariage homosexuel, ni encore moins à l’adoption homosexuelle. Mais je n’apprécie pas du tout les généralisations à l’emporte-pièce. Je relève d’ailleurs que vous aviez déjà presque fait une autre plus haut à propos de la pédophilie. La prudence et le discernement sont extrêmement valorisés dans le christianisme…

    Le Chafouin> Je partage presque totalement votre réponse (en particulier sur le divorce, et pourtant je suis militant socialiste…) J’aimerais juste exprimer une réserve à propos du Pacs auquel j’étais et suis toujours favorable du moins dans son principe. A l’origine, il devait être plus contraignant mais on a décidé d’en faire un « pur » contrat, si on peut dire ainsi, justement pour éviter toute analogie avec le mariage. C’est assez triste surtout lorsque les adversaires du pacs lui reproche dans le même mouvement d’être un simili-mariage et d’être facilement « rompable. » Ceci étant dit, il y a heureusement quand même un minimum d’obligation telle que la vie commune.

    Il est bon de rappeler que le débat du Pacs est l’exemple même de tout ce qu’il ne fallait pas faire. La ferme volonté d’avancer sur la voie du Progrès (avec un P majuscule) contre les méchants, une opposition bête et méchante (ah les charmants slogans comme « le mariage avec [son] chien »), des excités de tous bords ont rapidement submergé toutes voix raisonnables. Et nous avons eu un résultat qui ne satisfait personne alors qu’il y avaient de réels besoins.

  67. jgf36

    Une parenthèse :
    Xavier Lacroix a écrit un très bon livre sur l’adoption homosexuelle, remettant les pendules à l’heure : “La Confusion des genres », Bayard, 2005, à recommander dans ce sujet.
    Ou comment démontrer que toutes les études sur les pseudo-bien-faits de l’adoption par des couples homo sont complètement biaisé par des erreurs méthodologiques énormes : par exemple et pour faire court, quel est le meilleur foyer entre un couple homosexuel et une famille détruite par un divorce, la précarité et un père en prison… Je ne sais pas si il faut rire ou pleurer…

  68. Bashô

    jgf36> Avez-vous lu les commentaires plus haut? Parce que X. Lacroix n’est pas vraiment l’expert à écouter…

  69. jgf36

    Oui, en effet. C’est pour cela que je me place du point de vue méthodologique : les études qu’il dénonce sont celles qui sont utilisé fréquemment par Stéphane Nadaud et les lobby. Pense-t-on sérieusement que des études sur quelques personnes, avec des groupes témoins non-significatif du point de vue de la population peuvent vraiment donner un résultat typique (au sens médical) ? Étant investigateur en essai clinique, je connais très bien les méthodologies, en particulier statistiques, et la façon de sélectionner les bras (les groupes) pour avoir des résultats significatif, et également comment on peut très facilement (parfois sans le vouloir), biaiser les résultats.
    Ensuite, ce que dit Xavier Lacroix, du point de vue anthropologique, et théologique, je ne suis pas expert, mais ma propre réflexion m’amène à partager son opinion.

  70. NM

    @Bashô si l’analyse statistique de X. Lacroix n’est pas parfaite (mais est-elle pour autant sans pertinence?) il n’est pas nécessairement disqualifié définitivement.
    Il lui reste son expertise (comme on dit) philosophique, anthropologique et théologique (ce qui n’est déjà pas mal).

  71. Bashô

    Jgf36> Visiblement, vous n’avez pas vraiment lu les commentaires. J’évoquais d’une part les subtilités des statistiques, comme la théorie des sondages, que je connais bien et d’autre part les faibles échantillons étant plutôt la norme en sociologie, et que malgré cela les sociologues expérimentés arrivaient à avoir une bonne « photographie » de la société qu’ils étudient. Bref toute critique rigoureuse des études (et non pas de quelques études bien choisies sur le principe de la brebis galeuse) exigeaient un grand savoir-faire en traitement des données et en recherche psychiatrique et/ou sociologique.

    NM> L’analyse statistique de X. Lacroix n’est pas totalement fausse mais elle est grossière au sens premier du terme. Pour caricaturer un peu, distinguer entre un Picasso et Velasquez n’est pas suffisant disons pour montrer comment Picasso s’est très longtemps inscrit dans Velasquez. Pour cela, il faut être un historien de l’art et connaître les deux oeuvres sur le bout des doigts.

    Mais je reconnais que je ne reproche pas seulement ceci à X. Lacroix. En tant que mathématicien et en tant que catholique, j’ai une profonde vénération pour la Vérité. Et j’ai appris et apprends toujours qu’elle n’est jamais donnée, qu’il faut un alliage rare d’exigence et d’humilité, alliage que j’essaie d’obtenir peu à peu et ne cesserai jamais d’approcher. Le poète Kipling, d’abord enthousiaste puis désabusé devant la guerre de 14-18 écrivait que la vérité était la première victime de toute guerre (et j’ajouterai que la charité est la seconde victime mais c’est une autre histoire.) Faut-il vous rappeler l’étymologie de la polémique? J’ai été très choqué en lisant pour la première fois X. Lacroix car il se plaçait d’emblée dans la polémique, il ne cherchait pas tant la vérité que d’avoir raison.

    Avoir raison est beaucoup plus agréable pour notre ego que chercher la Vérité. Nous avons tous cette tentation et devons donc être vigilants. X. Lacroix en tant que philosophe et théologien a une responsabilité particulière à cet égard. Mais hélas, d’après ce que j’ai lu, j’ai des doutes.

    Un exemple. D’un côté il faisait une analyse statistique et de l’autre côté, critique l’approche « scientiste » de la sociologie, qu’elle empêcher de penser ». Autrement dit, il tentait d’une part une critique méthologique et récusait en même temps le paradigme de la sociologie. Un spécialiste de la logique le verrait comme exemple de raisonnement inconsistent. Presque l’equivalent d’un prix Busiris excepté qu’on ne peut pas (encore) le soupçonner de mauvaise foi.

    Et puis un raisonnement inconsistent, c’est un péché mortel pour le mathématicien! 🙂

    Finissons sur un point tout à fait secondaire. Vous lui accordez en plus une expertise anthropologique. L’anthropologie est devenue une spécialité à part entière (et utilise de plus en plus les techniques de la sociologie!). Un philosophe est donc aussi frotté d’anthropologie qu’un privatiste de droit public. Il en sait certainement plus que moi en anthropologie mais sans doute moins qu’un chercheur en ce domaine. Mais peut-être parlez-vous « d’anthropologie chrétienne », dans ce cas, c’est de la théologie, pas de la science et il faudrait être sans équivoque sur ce point si on discute avec les « hommes de bonne volonté. »

  72. @Do

    « Je suis toujours étonnée de voir que ce sont les mêmes personnes qui poussent des cris d’orfraie quand on veut mettre des OGM dans un champ, et qui militent pour qu’on puisse faire toutes sortes d’expérimentations sur l’embryon, des clonages pour permettre aux personnes homosexuelles de procréer, ou pour qu’on puisse jouer aux apprentis sorciers avec des enfants en les donnant à l’adoption à des couples monosexués sans nécessité  »

    +1

    @Bashô

    Il est bon de rappeler que le débat du Pacs est l’exemple même de tout ce qu’il ne fallait pas faire.

    Le plus drôle, c’est que la droite craignait un mariage homo (qu’aujourd’hui, elle ne réprouve plus que timidement), et qu’on a en fait eu un contrat plébiscité par les hétéros 😉

    Cela dit, je trouve quand même que ça affaiblit le mariage car c’est un contrat qui n’est qu’un contrat, justement. Ce n’est pas du tout le même engagement public devant la société. Mais un arrangement – bien pratique, certes – de vie commune.

    P.S : Notez que même si je ne suis pas toujours avec vous, j’apprécie énormément l’apport positif que vous donnez aux commentaires ! Merci donc de votre présence ici.

  73. NM

    @Bâsho Je pensais effectivement plus à l’anthropologie chrétienne… part de la théologie et de la philosophie (la comparaison entre droit public et droit privé ne me paraît sans doute pas suffisante…).
    @ notre aimable Chafouin sur le PACS, il ne faut pas se faire d’illusion, le triste Juppé avait dans ses cartons un projet semblable que la Dissolution a stoppé net… L’opposition de la droite était purement politique (en réalité, dans l’ensemble, ils s’en tapent).
    Pour le bon courage, c’est uniquement parce qu’à certains moments, je suis un peu attristé par le tour que prennent les choses (v. aussi les échanges sur l’euthanasie chez Koz). Je tente de contribuer dans le fil de vos billets ou sur mon (très) modeste (pour l’instant) blog… mais surtout heureusement que vous êtes là… pour nous donner du courage (finalement c’est comme cela qu’il faut le comprendre : ayez du courage pour nous en donner).

  74. do

    je me demande si le Pacs affaiblit vraiment le mariage.
    au moins, ça peut permettre une réelle distinction, et en cela, le mariage devient un peu plus le mariage, et ce qui n’est pas un mariage n’en emprunte pas le nom.
    ce que ça affaiblit, c’est plutôt la famille et la stabilité des couples, donc la solidité affective des enfants.
    mais ça traduit aussi une réalité: le mariage est d’essence chrétienne au départ (enfin, sous sa forme monogame et indissoluble), et une population qui ne l’est plus ne peut pas désirer un engagement aussi exigeant.
    le vrai problème, comme pour beaucoup d’autres choses, c’est celui de la déchristianisation (de la France ou de l’Europe). c’est ça qui entraîne tout le reste, qui n’est qu’une mise en vérité, au fond.

    Mais aujourd’hui, à part pour les chrétiens, le seul mot « déchristianisation » a-t-il un sens? Quand on ne sait même pas ce que c’est ni ce que ça a été, peut-on regretter que ce ne soit plus?

    Je crois qu’il ne faut pas plus s’alarmer de l’affaiblissement du mariage ou du divorce ou de l’homoparentalité ou de l’avortement … que quand on arrivait sur un continent nouveau avec des mœurs qui nous semblaient étranges. les missionnaires trouvaient des peuples cannibales, ça ne les étonnait pas. Nous, on va bientôt faire des bébés-médicaments, (et j’en passe), ce qui est logique vu que la seule loi désormais est la loi du plus fort. Ce qui est inquiétant c’est que là, ça arrive après avoir été civilisés…

  75. bapcol

    En complément de cet article, je vous invite à regarder le podcast d’une émission à laquelle a participé Hervé Morin, président du Nouveau Centre, qui s’est prononcé pour l’adoption par des couples homosexuels : http://politoscope.tv/event/2/social-media/enjeux-et-droit-de-la-famille/legaliser-homoparentalite

  76. @bapcol

    Merci! Hervé Morin veut tout faire pour qu’on parle de lui 😉

  77. Cribier

    Le problème de l’homoparentalité, c’est qu’elle prive volontairement l’enfant de sa filiation. Les enfants adoptés sont effectivement, même quand ils sont adoptés par des couples hétérosexuels, privé de leur « vrai » filiation, mais c’est le résultat d’un « accident » de la vie (ex: mort des parents biologiques) or ici le couple homosexuel prive VOLONTAIREMENT l’enfant de sa filiation, ce qui est d’un point de vu moral très différent. De plus, les enfants adoptés normaux sont souvent en souffrance, leur souffrance quand à leur origine ne peut être que décuplé dans le cadre d’un couple homo.
    De plus l’un des ardents défenseur de l’Homoparentalité est Marcel Rufo, notre pédopsychatre national, qui nous a récement doctement expliqué qu’il faudrait suprimé les notes à l’école car cela « traumatiserait » les enfants, mais qui tente de nous faire croire par contre que privé un enfant de père, ça na pas d’importance…. On se moque de nous….

  78. Papaille

    Je suis assez en phase avec vôtre ras le bol, être taxé d’homophobie parce qu’on est contre la PMA et le « mariage pour tous » c’est insensé. En revanche je trouve ça assez incohérent d’être en défaveur d’un projet homoparental mais de ne pas être choqué par le projet monoparental, je m’étonne que vous le dénonciez pas sur un même pied d’égalité. Si on suit une logique claire, dans les deux cas c’est le même déni préalable à l’enfant de connaître une partie de son identité, de lui refuser en conscience une partie de son altérité, que cela émane d’un couple homosexuel ou d’une mère célibataire c’est la même violence pour l’enfant. C’est la dictature du désir parental dans lequel l’équilibre de l’enfant est relégué au deuxième plan. Dans le deux cas aussi c’est permettre une science fiction, coupée de la réalité biologique, grâce aux progrès scientifiques. Pouvez-vous éclaircir votre position quand au projet monoparental mais aussi votre avis sur la PMA avec Gestation pour autrui sur pour les couples homosexuels?

  79. I every time used to read post in news papers but
    now as I am a user of web so from now I am using net for articles or reviews, thanks to web.

  80. Rochard matthieu

    bande de pd jvou detestttttttttttttttttttttttttttez

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