Brèves d’outre-comptoir (2) : Sarkozy et le planning familial

Hier, j’ai pris le temps, étant de repos, de regarder sur LCP/PS le discours de Nicolas Sarkozy devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles. Pour la première fois depuis l’avènement de la IIIe République, un président était autorisé à s’adresser en personne aux députés et sénateurs, autrement que par un message lu par un tiers. Donc voilà, Sarkozy a fait un grand discours de campagne pour annoncer ce qu’il allait faire lors de la deuxième partie de son mandat. On va faire ci, on va faire ça, un grand emprunt, et la croissance va reprendre. Ben oui, on n’est pas déjà assez endettés! Par contre, arrêter de faire des lois pour tout, et de créer des nouvelles dépenses tous les mois,ça, pas question! C’est la base du métier d’élu, le clientélisme, non? Mais attention, on ne fera plus jamais comme avant, hein? Pas question, une fois la sortie de crise arrivée, de recommencer les mêmes erreurs, hein?

Sacré Sarkozy.

Je ne vois pas bien l’intérêt d’avoir modifié la Constitution pour faire un tel discours, qui aurait très bien convenu dans un stade de foot, un zénit ou un spécial 20h. A moins que le président tienne absolument à s’exprimer sous fond rouge? Cette nouveauté, à mon sens, ne fait qu’entériner, quoi qu’en dise M. Sarkozy, qui sans cesse, prétend le contraire en dépit de la simple évidence, la vassalisation du parlement à l’exécutif. Le président a décidé de changer la constitution. C’est également lui qui décide quand il veut s’exprimer devant les assemblées, en fonction de son agenda, de son actualité, de son intérêt politique (ici : un remaniement proche). L’égalité des institutions, au contraire, exigerait que le discours soit tenu à date fixe. Il arrive, tout le monde se lève. Il prononce son discours. Il repart. A aucun moment, les députés et sénateurs ne servent à quoi que ce soit, sinon à l’écouter. A servir de faire-valoir. Et ils ne peuvent pas, à l’issue de son discours, voter pour décider ce qu’ils en ont pensé, par exemple. Ni lui poser des questions, lui adresser des reproches, voire même des félicitations. N’est-ce pas le signe d’un profond déséquilibre entre les institutions? De deux choses l’une. Soit le président veut avoir un poids sur le parlement, et dans ce cas, il met sa responsabilité en jeu devant lui, soit il veut être irresponsable, et il laisse à son premier ministre, qui lui, dépend à la fois du chef de l’Etat et de l’Assemblée, le soin de faire le lien avec les élus de la Nation…

N.B. : pour autant, l’attitude des socialistes est un peu pathétique dans cette histoire : ils écoutent le discours, et ils partent lors du débat… Une position entre-deux, entre le boycott et l’acceptation de la réforme, qui est tout sauf compréhensible. A l’image de ce que font les socialistes depuis sept ans : brasser du vent.

– Hier (vous voyez, j’ai mis à profit mon temps de repos…) j’ai aussi lu un très bon billet, que je vous recommande chaudement. Il pose une question, et même, y répond : qui a dit « l’acte le plus charitable que puissent faire les parents d’une famille nombreuse à l’un de ses nourrissons est de le tuer»? Allez, je vous donne un petit indice : ça a un rapport avec le Planning familial, cette grande institution française qui a l’autorisation de distribuer des pilules abortives et d’éclairer les femmes qui s’interrogent sur un l’avortement. Bonne lecture.

1 commentaire

Classé dans Brèves d'outre-comptoir

Une réponse à “Brèves d’outre-comptoir (2) : Sarkozy et le planning familial

  1. h16

    Merci pour ce billet et le lien vers koz. J’ai appris des choses.

Un petit commentaire?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s