La mauvaise foi des détracteurs israéliens du pape

AP- Le pape en compagnie du rabbin Meir lau et du président de la Knesset.

AP- Le pape en compagnie du rabbin Meir lau et du président de la Knesset.

Ils devraient avoir honte. Autour du pape, les polémiques se suivent et se ressemblent, avec à chaque fois, le disions-nous ce matin, ce zeste de mauvaise foi qui les rend insupportables. Certaines autorités et médias israéliens se croient donc autorisés, depuis hier, à critiquer vertement le chef de l’Eglise. Benoît XVI est accusé de froideur à l’égard de la Shoah, lui qui l’a dénoncée avec force hier soir, et qui a enchaîné les déclarations condamnant l’antisémitisme. On lui reproche également de ne pas avoir fait repentance au sujet de Williamson et de la responsabilité de l’Allemagne nazie, et pire, d’avoir été lui-même acteur de l’horreur en ayant été membre des Jeunesse hitlériennes. Autant d’initiatives qui n’ont qu’un seul but : décrédibiliser le pape à la veille de sa visite dans les territoires palestiniens, dont les Israéliens ne voulaient pas.

Jusqu’où ira-t-on dans cette folie consistant à scruter chaque mot du pape, pour le soupeser, y chercher la petite bête, et à y voir ce qu’il n’y a pas, à l’évidence? Dans le cas du voyage de Benoît XVI à Israël, qui aux dires des commentateurs français, est plutôt un succès jusqu’ici, on va carrément jusqu’à lui reprocher son absence de parole, voire même jusqu’à mentir délibérément.

Le président de la Knesset (l’assemblée israélienne) lui-même s’est prêté à ce petit jeu. Membre du Likoud, le parti au pouvoir, Reuven Rivlin a frôlé l’hystérie, ce matin sur une radio de l’Etat hébreu. Il reproche au pape sa froideur lors de sa visite au mémorial du Yad Vashem, la veille, alors que Benoît XVI y a vigoureusement condamné la Shoah et le négationnisme. C’est alors qu’il a littéralement franchi les bornes de l’acceptable :

« Avec tout le respect dû à Sa Sainteté, on ne peut ignorer le fardeau qu’il porte, en tant que jeune Allemand ayant rejoint les Jeunesses hitlériennes et en tant qu’adulte ayant rejoint l’armée d’Hitler, qui a été un instrument de l’extermination »

A l’évidence, et contrairement à ce qu’il laisse entendre, Reuven Rivli n’a aucun respect pour le pape. En pratique, cela s’appelle de la manipulation, et en droit, de la diffamation, puisque Reuven Rivli n’est pas loin d’accuser le pape d’avoir participé lui même à l’extermination.

Le porte-parole du Vatican, le père Lombardi, a dû remettre les pendules à l’heure et s’est emmêlé les pinceaux, niant l’adhésion du pape aux jeunesses hitlériennes. En réalité, le pape en a bien fait partie, mais y a été enrôlé contre son gré, puisqu’à partir de 1941, tous les jeunes Allemands étaient obligés d’y adhérer. Il est donc stupide de reprocher quoi que ce soit à Benoît XVI sur ce terrain là.

Sur rue89, l’auteur d’un livre d’entretien autobiographique avec le futur pape, paru en 1996, explique très bien le contexte :

 » Ce qui est très important de dire, car l’on voit fleurir partout des contre-vérités du genre “Ratzinger est un ancien nazi”, c’est qu’il n’en a jamais été membre de son plein gré.

Il y a été forcé, alors qu’il s’y refusait. Il faut absolument replacer cet épisode biographique dans son contexte historique : quand une famille mettait ses enfants aux Jeunesses hitlériennes, elle recevait une somme d’argent pour payer l’école. Les parents de Joseph Ratzinger étaient pauvres, mais ils ont assumé de ne pas envoyer leurs enfants aux Jeunesses hitériennes.

Les Ratzinger avaient une position très antinationale : le père, qui était policier, a abandonné son travail avant l’heure pour en marquer son opposition au régime d’Hitler. 

Puis une loi est passée, qui a rendu les Jeunesses hitlériennes obligatoires : les Ratzinger n’ont plus eu la possibilité de dire non. Mais il faut réaffirmer que le pape n’a jamais été volontaire. »

Le rabbin Meir Lau, qui préside le mémorial Yad Vashem, est entré lui-même dans la polémique, reprochant au pape de ne s’être pas repenti de l’attitude de Williamson, et de n’avoir pas exprimé aucun mot de regret pour la responsabilité de son pays dans l’extermination des juifs. Un éditorialiste s’est même permis d’écrire qu’ « on aurait pu attendre des cardinaux du Vatican qu’ils préparent un texte plus intelligent pour leur chef ».

Ce qui amène trois réponses/réflexions :

1/ Le pape a publiquement invité Williamson a retirer ses propos. Il ne va pas, à chaque fois, revenir sur le sujet. Et il n’a pas à se repentir pour les propos d’un autre. Benoît XVI n’est pas Ségolène Royal. Et la dictature de la repentance ne mène à rien.

2/ Chacun sait que les Nazis sont les auteurs de la Shoah. Il n’y a pas de responsabilité « collective » des Allemands dans le massacre des juifs, et Benoît XVI visite Israël en tant que pape, pas en tant qu’Allemand. Comme dit le père Lombardi, « le pape a déjà parlé à de nombreuses reprises de cette question, et du fait qu’il est allemand, notamment lors de sa visite à Auschwitz, il ne pense pas qu’il doit répéter cela à chaque fois. »

3/ Comme nous l’écrivions ce matin, le pape a multiplié les condamnations de l’antisémitisme et du négationnisme depuis son arrivée dans l’Etat hébreu. Et son discours au Yad Vashem ne comporte aucune ambiguïté! Dans une interview au Figaro, le rabbin Meir Lau parle d’un « très beau discours, très bien construit, où figuraient beaucoup de points positifs », tout en précisant qu’il aurait « préféré un discours plus émotionnel ». Sauf que Benoît XVI n’est pas Jean-Paul II. Il s’exprime avec son coeur d’intellectuel, son langage est moins direct, mais tout aussi profond. Chacun sa sensibilité : l’émotion, c’est bien, mais le fond est là dans le discours du pape.

En réalité, il semble évident que certains, en Israël, ne pardonnent pas au pape d’avoir appelé hier à la création d’un Etat palestinien, et n’apprécient pas non plus qu’il se rende demain dans les territoires palestiniens et rencontre Mahmoud Abbas. Tant pis pour eux!

Les spécialistes prédisaient que lors de ce voyage, chaque mot du pape serait scruté à la loupe et que l’exercice serait délicat. La belle affaire. La conclusion est la même que ce matin : la critique, oui, la mauvaise foi, non.

Evidemment, certains médias français ou internationaux, tels TF1, s’engouffrent dans la brèche et parlent désormais des « couacs » de la visite papale. Mais quels couacs? J’ai beau chercher la petite bête, je n’en vois aucun.

J’agrée donc à la remarque de Patrice de Plunkett : « L’obstination des commentateurs à tout ramener à leur standard minuscule a quelque chose de lassant. Mais nous ne nous lasserons pas. Nous expliquerons aussi souvent qu’il le faudra. Sans relâche. »

Eh oui. Sans relâche.

EDIT : d’autant que, comme l’écrit Toreador, si on était nous-mêmes un peu chafouins, on inviterait les Israéliens, qui viennent de détruire Gaza, à faire preuve d’un peu d’humilité. La repentance, c’est toujours dans le même sens, hein!

23 Commentaires

Classé dans Religion

23 réponses à “La mauvaise foi des détracteurs israéliens du pape

  1. va vraiment falloir que je me décide à changer mon blog pour qu’il ne ressemble plus au tien….
    des fois qu’on nous confonde ! mdr…

  2. Oui, j’aimerais assez qu’on ne nous confonde pas!😉
    En tout cas j’admire ton abnégation : te forcer toi-même à lire un contenu que tu détestes autant, chapeau.

  3. Sur une attitude critique d’une partie des Israéliens envers le pape pour des raisons de politique régionale et de reconnaissance du droit des Palestiniens, il est bien possible que cela soit.

    Par contre deux points où on ne peut pas te suivre. Ratzinger avait l’âge où d’autres ont fait d’autres choix quand il s’est engagé dans les Jeunesses hitlériennes. L’argument sur l’insu de son plein gré est un peu facile et il a à mon sens plus cédé à l’idéologie dominante et ambiante de son époque et au conformisme, ne sachant faire preuve d’indépendance ni d’esprit critique. Cela ne veut pas dire qu’il fut nazi, mais il suivit.

    Il y a une responsabilité collective et historique du peuple allemand. Il y a d’ailleurs eu un long travail en Allemagne-même de réflexion et de rupture avec ce qui avait rendu possible l’institutionnalisation de l’antisémitisme. Car c’est en Allemagne et pas ailleurs – où pourtant l’antisémitisme existait et existe – que le pouvoir a pu s’ériger sur cette base.

    Il est un fait c’est que Benito est plus qu’ambigü dans son appréhension de ces phénomènes. Et qu’il incarne une église rétrograde, lui-même étant mis en cause par de nombreux textes et observateurs. Cela dit c’est aux cathos de régler le problème s’ils considèrent que cela en est un, le reste des citoyens ayant plutôt vocation à écarter les tentatives du religieux ( de toute calotte) de revenir là où il n’a plus sa place…

  4. @Donjipez

    Merci de débattre, contrairement à l’autre.

    « Il a à mon sens plus cédé à l’idéologie dominante et ambiante de son époque et au conformisme, ne sachant faire preuve d’indépendance ni d’esprit critique. Cela ne veut pas dire qu’il fut nazi, mais il suivit. »

    Tu dis « à mon sens », mais tu te trompes : en 1941, on enrôle les gens de force dans les jeunesses hitlériennes, c’est un fait. Il n’y a donc rien de volontaire là dedans, pas plus que de suivisme. Relis le commentaire du journaliste qui a écrit le bouquin : il précise bien que son père, hostile au nazis, a quitté son poste de fonctionnaire en protestation. Cela explique dans quel contexte familial a grandi le jeune Ratzinger…

    « Benito est plus qu’ambigü dans son appréhension de ces phénomènes »

    j’insiste : le pape a déjà parlé de ses sentiments vis à vis de la Shoah quant au fait qu’il soit allemand : c’était lors de sa visite à Auschwitz, pour mémoire. Et iln’est absolument pas ambigu, quand il dit que l’antisémitisme est répugnant, je ne vois pas où est l’ambiguïté. A part dans le cerveau de ceux pour qui de toute façon, l’Eglise a toujours tort!

  5. 1941 : il a 14 ans. C’est certes un peu juste mais que ce soit vis-à-vis du STO ou tout simplement par choix patriotique, je connais des gens qui à 15 ou 16 ans sont partis dans la Résistance en France. Je ne sais d’ailleurs pas s’il est resté aux jeunesses hitélériennes jusqu’à la chute du régime et la dénazification du pays… ou s’il eut un sursaut avant. Cela en dirait peut être plus long.

    Je dois reconnaître que je suis à ranger dans le camp de ceux pour qui l’église – les églises d’ailleurs – ont toujours tort ne serait-ce que parce qu’elles donnent aux individus l’illusion d’un sens et les autorisent à s’affranchir de leurs choix et responsabilités individuelles au nom de l’obéissance à des règles et principes. Principes qui méritent largement d’être transgressés comme l’ont montré le temps et l’histoire🙂 Et sur lesquels on voudrait parfois nous faire revenir

  6. Il faudra qu’à l’occasion tu m’expliques pourquoi la plupart des catholiques que je connais – et qui ne sont pas des hérétiques, au pire de bons gallicans – m’ont dit récemment : « Ce pape, quel con ! » Or il se trouve que cette exclamation – certes choquante, mais venant de gens dont la foi est, crois-moi, sûre : encore une fois, ils ne sont certes pas des masses ultramontanistes, peut-être mais bon… la France est la fille aînée… non ça c’est un argument minable, désolé – a été causée par trois sujets récents, que je rappelle rapidement, en prenant le style vulgaire des anticatholiques à deux francs (0,30 €) :
    1. Le pape condamne le préservatif (c’est faux, il condamne la façon dont sont menées les campagnes pro-capotes, à la Jean-Paul II finalement)
    2. Il pense que « l’avortement est pire que le viol » (là ça se justifie dogmatiquement, mais médiatiquement c’est une connerie grosse comme la papomobile)
    3. Il réhabilite quelques négationnistes, qui le sont toujours et le restent (là c’est malheureusement oublier l’Eglise moderne – qui n’est en aucun cas européenne mais américaine (540 M. de cathos) – au profit de deux ou trois nazillons, et c’est ce que lui reprochent les chrétiens d’Eglise de France qui n’ont (a) pas d’origines polonaises ni (b) l’esprit critique en vacances, pour rester poli).
    Voilà donc ma question, et si c’est ton souhait je préciserai encore en entrant plus que ne me le permet cette petite fenêtre windows : 1. pourquoi certains catholiques trouvent que leur pape – restons polis – ressemble à un gros bulldozer, pour ne pas dire une panzerdivision ; 2. pourquoi, et cela m’intéresse plus, certaines personnes, agnostiques, qui lorgnent vers le catholicisme (mettons, plutôt que vers l’évangélisme) ne se trouvent pas satisfait par la « vraie » foi à cause très précisément – ratio ad hominem – du pape, qui est censé 1. être infaillible sur les questions de dogme, et 2. promouvoir la foi catholique ?????
    (Et crois-moi, je me pose vraiment la question ; c’est pas une pichenette d’athée).

  7. voilà, c’est fait… Mon blog a meilleur visage depuis qu’il ne ressemble plus au tien… Il fait beaucoup plus jeune !

    http://gauchedecombat.wordpress.com/

    Ps. Ce n’est pas de l’abnégation, mais de l’honneteté intellectuelle : comment critiquer ce que l’on ne connait point ? Et se démarquer intelligement de ce que l’on exècre, si on ne fait pas cet effort là ?

    Résistance !

  8. @baron-krank

    Tu sais, les mêmes se plaignaient de JP II et le portent aux nues maintenant. Donc bon. Si les gens avaient un peu plus de foi, cessaient d’écouter ce que racontent les médias – la plupart du temps sur ces sujets, des bêtises – et se renseignaient un peu avant de penser et de grommeler, il en serait peut-être autrement.

    Sinon, je ne pense pas que ce soit le lieu pour faire le procès global de B XVI. Sur ce sujet, que penses tu? Est-il bien raisonnable d’en vouloir toujours plus?

    Sinon, eh bien :
    1/le pape a condamné la façon dont on mène les campagnes anti-sida, pas le préservatif. Il a juste fustigé le tout-préservatif.
    2/ le pape n’a jamais, mais jamais dit que l’avortement était pire que le viol. Relis l’histoire. Il n’en reste pas moins que comme tu dis, cette affaire pue le piège et qu’il n’aurait jamais fallu se prononcer publiquement sur un cas aussi complexe. On est d’accord.
    3/Williamson n’est PAS réintégré. Peut-être qu’il l’est dans l’esprit de tes amis catholiques, peut-être dans le tien, peut-être dans celui du monde.fr, mais pas en vérité. Son excommunication est levée, mais pour qu’il soit véritablement réintégré, il devra faire preuve de son changement d’attitude. Ce qui n’est définitivement pas le cas pour l’instant, et il y a peu de chance que cela le soit un jour.

    Quant à ta question finale, je ne sais y répondre. Les catholiques sont des mous, je pense. Ils n’ont pas vraiment la foi, pour la plupart. Et ont peur dès qu’on les attaque. Ils frissonnent, et ont l’angoisse d’être mal vus. Pendant ce temps là, d’autres chrétiens se font massacrer en Irak, et n’ont pas ces états d’âme. Ils tiennent bon.
    Ceci dit, bien sûr, les médias ont la responsabilité première puisqu’ils racontent absolument n’importe quoi.

    @Donjipez

    Tu es très philosophe, mais tu sais ce que ça veut dire, d’être enrolé de force dans un état totalitaire? Je ne crois pas, en fait. Un peu facile, de refaire l’histoire dans son fauteuil.

  9. Pingback: Estocade n°25 : Coca cola, oui, l’eau Gazaéifiée, non ! | “Toreador, un oeil noir … dans l’arène politique !”

  10. Soutenons Le Pape

    @ Donjipez

    Vous dites que Joseph Ratzinger aurait pu choisir de rejoindre la résistance, comme les Français du même âge. Quelques petits rappels s’imposent…

    La France n’a été entièrement occupée que pendant 2 ans (novembre 1942-août 1944)… et encore, les colonies étaient libres et l’Angleterre ou l’Espagne pas si loin…
    La plupart des Français, s’ils ne faisaient pas partie des mouvements de résistance, étaient tout de même hostile à l’occupation allemande. Beaucoup ont aidé les résistants, ou au moins ne les ont pas dénoncés.

    En Allemagne, au contraire, le totalitarisme nazi s’est exercé de 1933 à 1945, soit pendant 12 ans, et sans aucune échappatoire possible. La Gestapo avait des taupes partout : vous pouviez être arrêté et torturé pour une simple allusion au cours d’une discussion entre amis.
    En France, même si le régime d’occupation a été très dur, on en était loin…

    Les résistants allemands au nazisme ont été obligés de servir le régime.
    Les étudiants du mouvement « Die Weisse Rose », Hans et Sophie Scholl en tête, étaient des anciens des Jeunesses Hitlériennes. Après quelques réunions et des larguages de tracts par les fenêtres de l’université de Munich, ils ont été arrêtés et exécutés.
    Les seules tentatives d’attentat contre Hitler (une vingtaine en tout) ont été l’oeuvre d’officiers de l’armée allemande et de proches du pouvoir. En fait, l’armée allemande était le seul corps d’Etat où l’appartenance au parti et le salut nazi n’étaient pas obligatoires (c’était même très mal vu)… et le refuge de tous les opposants au nazisme qui souhaitaient tout de même servir leur pays.
    Plus de 4000 officiers ont été exécuté lors de « l’épuration » qui a suivi l’attentat de la Wolfschantze (dit « de la Tannière du Loup »), en juillet 1944.

    La situation en France n’était pas du tout la même qu’en Allemagne. Si vous voulez faire des comparaisons, assurez-vous de comparer ce qui est comparable.

  11. @lechafouin
    Tout à fait d’accord sur le fait qu’il est un peu facile de là où nous sommes de juger le courage qu’eurent ou pas certains. Et de penser qu’on l’aurait eut. Mais on ne peut que noter que certains l’eurent et d’autres pas. JPII que je n’appréciait guère plus puisque chef religieux aussi🙂 avait suivi un parcours très différent et, dans un pays où le catholicisme est souvent empreint d’antisémitisme, il s’en était toujours démarqué. Benoit XVI est il antisémite ? Je n’en sais rien mais il me parait plus dater dans son approche de la question et avoir des positions qui mériteraient l’analyse de spécialistes et/ou d’historiens. Comme vis à vis de l’Islam.

    Si sur le préservatif je reconnais qu’il est dans son rôle – en espérant que les chrétiens dévoués qui oeuvrent et soignent en Afrique et ailleurs ne sont pas aussi moralisateurs et plus compréhensifs de la réalité de l’homme -, et qu’il ne va pas accompagner son « aimez vous les uns les autres » d’un guide sur les positions du kama sutra, je trouve humainement regrettable ce qui a pu être dit sur l’avortement. Et surtout qu’on laisse encore trop souvent intervenir dans le champs des libertés communes des gens se revendiquant d’un tel discours et voulant attenter à un droit.

    @Soutenons Le Pape
    Désolé mais je ne soutiens ni celui ci, ni un autre.

    Quant au champ des possibles entre un attentat contre Hitler et un enrôlement dans les jeunesses hitlériennes, il a bel et bien existé. Sans aller jusqu’à une résistance combattante. N’oublions pas non plus que le pouvoir nazi est sorti des urnes avant de faire d’une Allemagne se rêvant bourreau la victime de sa doctrine. BXVI est encore porteur de beaucoup des ambiguités de cette génération d’Allemands et je n’exclue pas que cela influence sa lecture du fait religieux qui n’a d’autre intérêt – pour moi – que d’être une stratégie de pouvoir et d’influence politique en concurrence avec d’autres fournisseurs de bréviaires du prêt à penser.

  12. @Donjipez

    Ce qui est agaçant, c’est que vous postulez que tout allemand porte en lui une présomption de culpabilité, du seul fait de son appartenance à une nation dont les chefs, élus par le peuple, ont décidé du massacre de toute une population. Débat intéressant, mais non, je ne crois pas que le vote entraîne cette responsabilité. Et beaucoup d’allemands ignoraient les plans d’exécution et la solution finale.

    Dans le même temps, vous dites qu’il y avait la place pour être résistant, ce qui est vrai, mais comme le dit « soutenons le pape », les vrais résistants allemands ont existé, mais leur marge de manoeuvre était beaucoup plus étroite qu’en France.

    En tout cas, si on veut le juger sur des faits, Ratzinger enfant n’a pas eu le choix d’entrer aux jeunesses hitlériennes. Comme beaucoup d’autres de sa génération. Et dès qu’il a pu, il s’est sauvé pour entrer au séminaire. Et il n’a eu de cesse de dénoncer l’antisémitisme, depuis qu’il est pape. Donc vous pouvez continuer à vous interroger, il n’empêche que lui, a déjà répondu à cette question, à de mutliples reprises. Donc cet éternel procès est un peu fatigant, à force!

    Si vous voulez comparer JP II et B XVI, vous trouvrez toujours des différences. Le premier est né dans le un pays qui pendant des années n’a connu que le chaos, il est un résistant historique, qui a fait trembler le bloc communiste. Le second est un intellectuel, qui après la guerre a vécu dans la démocratie, ce qui n’a rien à voir… Forcément, les expériences marquent les hommes.

    « Et surtout qu’on laisse encore trop souvent intervenir dans le champs des libertés communes des gens se revendiquant d’un tel discours et voulant attenter à un droit. »

    A-t-on encore le droit d’émettre des opinions contraires à la doxa ambiante et au discours dominant? Merci ! Un droit n’est un droit que parce que la majorité en a décidé ainsi, ne l’oubliez pas.

  13. Tiens, voilà ce que dit ce matin B XVI à Mahmoud Abbas :

    « Monsieur le président, le Saint-Siège soutient le droit de votre peuple à une patrie palestinienne souveraine sur la terre de ses ancêtres, sûre et en paix avec ses voisins, à l’intérieur de frontières reconnues au niveau international. »

    et

    « Je vous demande de rapporter à vos familles et à vos communautés l’assurance que je les garde en mon cœur et ma tristesse pour les pertes subies, les difficultés et les souffrances que vous avez dû endurer. Soyez assurés de ma solidarité dans l’immense tâche de reconstruction à laquelle vous devez faire face et de mes prières pour que l’embargo soit bientôt levé. »

    ça explique bien des choses…

  14. Goasguen

    Jean-Paul II avait fait acte de repentance; il n’y a aucune raison que Benoit XVIle fasse de nouveau. On lui reproche beaucoup de choses, on scrute à la loupe ce qu’il va dire, c’est un théologien et non un politique. Ce qu’il dit et écrit me plait énormément. Analysons sa pensée et avec sa sensibilité, terme à la mode, ses émotions Il exprime beaucoup. On lui reproche de parler de la création d’un état palestinien, mais il me semble que Obama le propose aussi.
    Enfin, concernant son appartenance aux jeunesses hitlériennes, ceux qui l’accusent, savent-ils que les jeunes étaient enrolés de force ( ainsi en 195O lorsque j’étais au lycée, j’avais dans ma classe un camarade alsacien qui avait été enrolé de force, et il nous disait que la famille était prise en otage s’il avait essayé d’échaper). Il en était de même pour les jeunes allemands. Soixante ans plus tard, bien confortablement installé, la critique est facile. Il faut se reporter des années en arriére et essayer de comprendre.

  15. @lechafouin
    Menfin🙂 Il me semble que la « culpabilité » allemande et le travail effectué par ce pays, au contraire d’autres, sur ce qu’il a porté est constitutif de sa modernité et de l’équilibre européen d’aujourd’hui. D’ailleurs, comme la diplomatie de la vieille école je crois qu’il faut porter une attention particulière aux mouvements et penchants de ce pays charnière renforcé dans sa puissance depuis sa réunification.

    Sur Ratzinger et l’église nous aurons du mal à nous convaincre mutuellement. Le droit même porté à un moment par une majorité me semble être le seul fondement valable – d’autant plus qu’il est contestable lui et non pas immuable – sur lequel s’appuyer. Les penseurs qui en ont porté la philosophie contre les religions ont assuré une libération de l’individu face aux carcans précédents. Ils ont séparé le citoyen de la justice et du pouvoir « sectaire ».

    Sur le droit des Palestiniens, Benoit XVI ne me semble pas avoir autre chose qu’un discours de raison porté par bien des laïques : deux Etats et respect du droit. Même si là aussi on me dira (des deux côtés) que parler de ce conflit de l’extérieur quand on n’est pas sous la menace d’une roquette ou d’un char est un peu facile et que la situation sur place est moins facile à régler dans une géographie, une histoire et des rancoeurs inextricables…

  16. robespierre

    Je me méfiais de ce Pape au début de son pontificat.
    Il m’est, maintenant, sympathique. Je concède que ce n’est le qualificatif le plus approprié pour un Pape ,tant pis. Un peu têtu, déterminé, intelligent, refusant de céder aux effets de modes, un Pape « droit dans ses sandales ». C’est tant mieux.

  17. Cochise

    N’ayant pas le temps ce soir de discuter quoi que ce soit, je te tire mon chapeau pour cet excellent papier! Ne nous lassons pas…

  18. joachim

    Bravo pour ce bon article. C’est fatigant de répondre toujours aux mêmes slogans, aux mêmes idées de la pensée unique, aux mêmes simplifications médiatiques, mais je crois que c’est payant. On imagine un peu ce que sont les procès de régime totalitaire. La vérité libère toujours. Bonne continuation.

  19. J’ai du mal à faire le tri dans certaines réactions avec les relents du vieil antisémitisme catholique. L’Edit concernant Toreador me semble par exemple relever de ce type d’attitudes où de l’opposition à la politique israélienne on fait de l’antisionisme qui dérive vite en antisémitisme sur un sujet dont beaucoup parlent mais dont peu saisissent et encore moins maîtrisent les complexités. Et dans la position pro-palestinienne de quelques uns – qui n’hésitent pas à rejoindre les mollahs tout en évitant toute mixité avec les jeunes issus de l’immigration – on ressent avant tout les résurgences antisémites.

  20. Colas

    Je ne comprends pas l’obstination des catholiques à penser que les juifs chechent des pous dans la tête du pape alors que 6 millions d’entre eux et je pèse mes mots ont été assassinés, torturés, liquidés, humiliés et j’en passe…
    Le pape n’a pas évoqué la responsabilité du peuple Allemand, il serait peut être temps de le faire…Quand aux Français ils sont tous résistants c’est bien connu…
    Franchement je suis catholique mais je me demande pour combien de temps…
    Nous n’avons aucun exemple à montrer aux juifs bien au contraire. Il suffit d’écouter le grand rabbin de France pour s’en rendre compte. Et puis on évoque je trouve de manière hypocrite les vies sauvées par Pie XII alors qu’il n’a rien dit, c facile. Imaginez le chef de l’Eglise  » aimez vous les uns les autres » « ce que vous faites aux plus petits d’entre les miens c à moi que vous le faites » qui ne dit rien…C’est hallucinant. Je ne vais pas retourner les pages noires de l’Histoire de l’Eglise, inquisition et compagnie, juifs expulés, convertis de force mais la coupe est pleine.
    J’ai été baptisée, confirmée de mon plein gré , j’ai suivi les cours de théologie mais quand j’entend mon Eglise tenir de tels propos je ne peux plus la voir en peinture et Dieu sait que je l’ai aimée…

  21. @Colas

    Et si vous essayiez de remettre en question vos préjugés?

    – Dire que Pie XII n’a rien fait pour aider les juifs est une erreur. Renseignez-vous, lisez, éprouvez votre jugement.

    – « Je ne comprends pas l’obstination des catholiques à penser que les juifs cherchent des pous dans la tête du pape » : d’une part, il ne s’agit pas ici de l’obstination des catholiques, mais du coup de gueule d’un catholique. Ensuite, je ne dis pas ça, je dis que des Israéliens (je n’ai pas écrit le mot juif) ont cherché à noircir le pape parce qu’ils ne supportent pas qu’il prononce le mot « Etat palestinien ». Leurs accusations n’ont pas de sens. Il va falloir que les Israéliens, au lieu d’en vouloir à la terre entière et de voir des ennemis partout, balaient devant leur propre porte.

    – « Franchement je suis catholique mais je me demande pour combien de temps… »

    Essayez de penser à votre foi, alors, plutôt que de vous laisser influencer par des foutaises!

    – Vous parlez de la Shoah. B XVI a dit tout ce qu’il en pensait. Vous voulez quoi d’autre? Les catholiques ne sont responsables de rien. B XVI est allemand, mais s’est déjà exprimé à ce sujet. De grâce, renseignez-vous! Je veux bien débattre mais sur des bases concrètes, pas sur des clichés.

    @Donjipez

    « Le droit même porté à un moment par une majorité me semble être le seul fondement valable – d’autant plus qu’il est contestable lui et non pas immuable – sur lequel s’appuyer »

    Que le droit change, et vous changerez d’avis? La majorité n’a pas le pouvoir d’édicter ce qui est bon ou non!

  22. schydlowsky ALAIN

    oui ,peu soupçonneux d’ètre un détracteur de
    joseph ratzinger ami intime du grand Cardinal JEAN-MARIE LUSTIGER et Sa SAINTETé JEAN-PAUL 2 j’ai défendu vigoureusement benoist 16 lorsqu’il était attaqué par les siens ou par d’autres.
    AU risque de déçevoir certains la visite pontificale
    en terre SAINTE S’est beaucoup mieux passée que certains voudraient l’entendre et pour tout dire
    l’écrasante majorité -notamment- juive d’ISRAEL
    SHIMON PERES EN Tète était ravie du déroulement de son séjour;bien entendu une minorité -infime_ trouvait à redire.Mais pourquoi insister sur cette poignée? AVEZ-vous (vue) la reception du pape à la Résidence PRésidentielle
    de l’ETAT D’ISRAEL NOTAMMENT?

  23. dominique

    A propos de la responsabilité du peuple allemand, je trouve tout de même très surprenant le nombre de personnes qui regrettent l’absence de pardon « national » de la part de Benoit XVI. Rappelons ce que le chafouin nous disait en début d’article: Benoit XVI n’est pas Ségolène Royal. Si vous continuez à penser qu’un repentir officiel national s’impose, je vous invite à faire circuler une pétition à l’intention d’Angela Merkel. Cela aura deux conséquences positives:
    – les allemands non catholiques (et ils sont majoritaire) se sentiront concernés par ce repentir;
    – les catholiques non allemands ne se sentiront pas englobés contre leur gré dans cet acte de repentir. Pensez notamment aux familles de résistants, dont certains étaient catholiques (ne vous en déplaise), il leur semblerait pour le moins étrange que leur chef spirituel présente des excuses alors même que leur conduite à été à l’opposé de ce qui appellerait ce repentir.
    Enfin, en un mot comme en cent, l’état du Vatican est un état indépendant; le chef de cet état ne représente que cet état, rien d’autre, et présenter des excuses au nom de l’Allemagne serait un acte d’ingérence qui aurait toute les raisons de créer un incident diplomatique.

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