« La campagne européenne, c’est un peu comme un mauvais match de Ligue 1 »

campagneeuropeenneC’est assurément la phrase du jour, sans conteste possible. Et elle est signée par Seb, de CaReagit. Parlant de la campagne pour les élections européennes, il le dit tout de go : « Tout cela, c’est un peu comme une mauvaise rencontre de Ligue 1 dans lequel les deux équipes ne doivent pas perdre. Ils se font un malin plaisir à enterrer le match. »

J’adore. Une mauvaise rencontre Nice-Caen, en somme. Car qui fait campagne, alors que l’élection est prévue pour le 7 juin? Personne… Les médias se vautrent dans la critique facile et injuste de Rachida Dati, l’UMP, qui n’a toujours pas bouclé ses listes, distribue des préservatifs pour vanter l’Europe qui protège, les blogs pérorent sur les tentatives de buzz de Libertas, le mouvement européen de Villiers (MPF), Nihous (CPNT) et l’Irlandais Declan Ganley… Et le PS, toujours marqué par le traumatisme de 2005, qui l’avait vu se déchirer sur le référendum européen, entre seulement dans la danse.

« Pour la première fois, une élection va être volée aux Français, les deux grands partis ne veulent pas qu’on aborde des thèmes essentiels, comment lutter contre les délocalisations, quelle politique agricole commune, la place de l’Europe dans le monde, alors que ces questions intéressent les Français ». explique Nicolas Dupont-Aignan.

Les deux grands partis ont-ils intérêt à laisser pourrir la situation, à encourager tacitement à l’abstention (qui dépasse 50% dans les sondages), pour conserver leur avance sur les autres listes, qu’elle soient vertes,  souverainistes, nationalistes ou trotskystes? Peut-être. Mais c’est exactement l’attitude qui nuit à l’Europe depuis des années, et qui conduit les gens à se révolter dès qu’ils en ont l’occasion. Comme en 2005, par exemple.

Moi, j’irai voter. Et il est hors de question que ma voix contribue à envoyer à Strasbourg des élus qui s’en désintéressent au plus haut point. Ni UMP, ni PS, donc. Hors de ces deux partis, de toute façon, il y a de quoi faire…

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10 Commentaires

Classé dans Europe

10 réponses à “« La campagne européenne, c’est un peu comme un mauvais match de Ligue 1 »

  1. Salut à toi,

    Heureux que le clin d’oeil te plaise. Mais c’est vrai qu’il serait temps de mettre les mains dans la boue pour avancer les sujets etc…

    Je n’ai pas encore entendu la moindre popositions ou le moindre projet sur l’Europe.

    60% des textes appliqués en France sont votés au niveau européen et à un mois du scrutin, le silence le plus total.

    C’est un véritable scandale.

  2. La phrase de Seb est extraordinaire !

  3. Higgins

    Qu’attendre d’une très médiocre classe politique. C’est lui accorder encore trop d’importance que de comparer cette campagne à un match de ligue 1. Pour ma part, c’est du niveau CFA pas plus. Et encore, c’est injurieux pour les clubs qui évoluent à ce niveau.

    H16 a décidément raison: ce pays est foutu! Il est bien comme le poisson, il pourrit par la tête.

  4. Obi-Wan Kenobi

    Ce post est totalement injuste pour Nice et Caen qui sont deux très beaux clubs de football.

    Bon, sinon, c’est bien beau de critiquer et de dire que la France est pourrie et qu’on va tous mourir, mais qu’est-ce que vous proposeriez, vous autres, si vous étiez candidat au Parlement européen ?

    Et puis je ne serai pas aussi manichéen que vous sur le comportement du PS et de l’UMP qui chercheraient à faire grimper l’abstention ou tout du moins se complairaient dedans. Le premier tour de la dernière présidentielle nous a plutôt enseigné qu’une forte participation pouvait leur être favorable et faire baisser les extrêmes – même si, il est vrai, le mode de scrutin est différent pour les européennes.

    Bref, la vérité est peut-être plus simple : tout le monde (ou presque) s’en fout, donc les médias abordent très peu le sujet (bonjour l’audience d’une émission politique sur ce thème). C’est triste parce qu’effectivement, une grande partie de notre avenir se joue désormais à Bruxelles ou à Strasbourg. Mais c’est comme ça !

  5. @ObiWan

    Tu remarqueras qu’aucun d’entre nous, justement, n’est candidat au parlement européen… Et je ne sais pas, moi, j’essaierai de faire une campagne de terrain, savoir ce qu’attendent les gens, construire un discours cohérent sur l’Europe, plutôt que de parler des bandes et de la crise. Pour la présidentielle, cela dure un an et demi, pour cette élection, ils se contentent d’un mois, c’est un peu limite quand même…

    Comme tu le dis, le parlement européen a plus de pouvoirs que le parlement français. Donc bon, cela devrait plus nous intéresser que les législatives…

  6. Higgins

    Nous mettrons des décennies à payer, très cher, le non à la constitution européenne en 2005. Les partis de pouvoir, en particulier l’UMP et le PS, n’ont aucun intérêt, tiraillés qu’ils sont entre leurs extrêmes, à ce que le débat européen existe. Accepter ce débat et ses conséquences, l’existence d’un pouvoir supranational, les verraient perdre le piédestal sur lequel ils sont juchés et se tiennent péniblement ainsi qu’un bouc émissaire des plus commodes vu leur incompétence chronique. Notre pays vient de se voir enfin poursuivre pour ses déficits chroniques et son incapacité affichée à lutter contre. A cela, les uns et les autres ne répondent que par des propos lénifiants et des polémiques tout juste digne d’une cours de récréation.

    Le paradoxe de la situation est que déjà 60% des décisions concernant le pays sont prises ou à Bruxelles ou à Strasbourg (dernière en date, la loi Hadopi qui, même avant d’être votée est recalée par Strasbourg). Le pouvoir et ses attributs sont décidément trop grisants. Plutôt que de dire la vérité aux français sur l’état réel du pays, il est bien plus facile et plus rentable au plan électoral de faire croire que la crise actuelle glissera sur le pays comme l’eau sur les plumes d’un canard. Je pense entre autres aux salariés d’Arcelor Mittal, à ceux de Caterpillar ou à ceux d’Heuliez. Etonnez-vous après tant de démagogie et d’imbécilités proférées de voir augmenter le nombre d’extrémistes et d’entendre autant de stupidités dans la bouche de leurs leaders.

  7. @Higgins

    On peut aussi parler de l’affaire de la grippe porcine, dans laquelle le ministère de la santé affirme, sans rire, et les médias reprennent en choeur, que notre pays est le mieux protégé dui monde… c’est le même principe : le discours prime sur la réalité, pour en pas toucher au sacro-saint « moral des ménages ». Le problème, c’est qu’il est déjà dans les chaussettes 😉

  8. Obi-Wan Kenobi

    Euh, les amis, on parle de foot, d’Europe ou de grippe porcine ?

    @ Higgins : j’ai un tout petit peu de mal à suivre ton raisonnement qui va du non de 2005 au pourrissement de la France. Tu uses peut-être de quelques raccourcis. Est-ce que tu pourrais développer les liens logiques de ton argumentation (si tu as 5 minutes bien sûr) ?

    @ Chafouin : sincèrement, tu as peur de la grippe porcine, toi ? Tu préférais le traitement médiatique de la grippe aviaire ? S’il te plaît, ne verse pas dans la thèse « médias-politiques copains coquins »…

  9. @obiwan

    Je ne dis pas que journalistes et politiques sont copains comme cochons 😉 mais que les médias prennent pour argent comptant des déclarations qui font mousser la France. C’est leur côté cocorico 😉

  10. Higgins

    @ Obi-Wan Kenobi

    Désolé pour le retard avec lequel je vais tenter de répondre à tes interrogations.

    Avant toute chose, je soumets à l’attention de tous ces propos récupérés sur le site « La lettre volée » hier (http://www.lalettrevolee.net/article-30769772.html):
    …Mitterrand avait cru trouver une échappatoire en jouant l’Europe : puisque le modèle français était condamné, il a voulu construire à un échelon européen une nouvelle synthèse du libéralisme et de l’Etat fort. Faire une Europe française en quelque sorte. Dans les années 80, le projet européen a été le grand espoir de la société française. Mais il se trouve que le projet a échoué : l’Europe telle qu’elle s’est développée n’est pas française, on peut même dire qu’elle est anti-française, tout simplement parce qu’elle reflète la réalité d’un monde qui va spontanément à rebours de notre héritage historique.
    Le désenchantement qui s’en est suivi vis-à-vis de l’Europe a été spectaculaire. Depuis personne n’a fait l’effort de reprendre le problème à la racine. Jospin, qui semblait l’avoir compris, n’a pas osé. Ségolène Royal est pasée à côté…

    Marcel Gauchet, interrogé par Libération aujourd’hui (28 avril 2009).

    Depuis la Révolution, notre pays n’a pu progresser qu’au prix douloureux de crises plus ou moins violentes. Je citerai pour illustre ce propos l’irruption de Napoléon, qui met fin au chaos issus de la Révolution, sa chute, les révoltes de 1830 et de 1848 qui mettent fin (provisoirement?) à la notion de monarchie dans notre pays, le coup d’état de 1852, la guerre de 1870-1871, la WWI, la WWII avec la parenthèse du régime de Vichy (qui est à mon sens tout sauf une parenthèse), le changement de régime en 1958, mai 1968, l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 jusqu’à l’instauration de la rigueur en 1982, la pantalonnade présidentielle de 2002 et la non-campagne de 2007.

    Bien que je n’aime pas du tout le personnage, je crois que Mitterand avait pris, comme le dit Marcel Gauchet, la mesure du problème (il avait une excellente culture historique) et tenté d’installer notre pays sur des nouveaux rails. En effet, après l’expérience collectiviste de son début de règne, il a du se rendre compte que notre pays aller rentrer à reculons dans le XXIème siècle alors que jamais le besoin de réformes n’avait, et n’a été, si nécessaires. D’où l’adoption du traité de Maastricht qui impose, entre autres, le respect d’une orthodoxie budgétaire à laquelle nos princes et nos concitoyens ne sont guère habitués. La suite logique aurait du être la ratification de la constitution européenne qui aurait vu la mise en place d’un pouvoir européen supranational appuyé sur une incontestable légitimité démocratique. Très coercitive pour notre pays (de part les décisions qu’elle n’aurait pas manquées de susciter), elle aurait imposé à l’ensemble de la classe politique de se repositionner non pas par rapport à des clivages issus du XIXème siècle (socialisme ou bonapartisme – je parle là de la partie de la droite aux affaires actuellement) mais par rapport à une opposition entre libéralisme politique et économique et conservatisme, comme dans toute démocratie mature. Le pouvoir et ses attributs, même réduits aux acquêts, exercent une attraction trop forte pour que tous ceux et celles qui y ont touchés acceptent de s’en passer facilement (surtout lorsqu’on fait sa carrière à l’abri des murs épais de ministères ou des palais républicains).

    Si Fabius porte la plus grosse responsabilité de cette régression (tentative absurde de lutter contre l’entropie de notre monde en flattant outrageusement les peurs de nos concitoyens), la classe politique traditionnelle (Chirac en tête avec l’imbécile choix du référendum dans un pays où la démocratie est mal installée -cf juin 1940-) n’a pas su ou pas voulu défendre ce choix pourtant indispensable, préférant le jeu stérile des petites phrases, des lois de circonstance et des propos lénifiants à l’intention d’une population qui préfère le plus souvent le recours à l’homme providentiel, et le maintien de ses « droits », plutôt que l’exercice de ses devoirs et l’acceptation d’une liberté absolue (il est vrai, qu’avec la Bérézina que vit l’EN laissée depuis plus de trente ans aux « progressistes », je vois mal comment le citoyen actuel peut être pleinement responsable embrigadé qu’il est). Pourtant, sauf à souhaiter une crise majeure (remarquons que cette perspective est évoquée régulièrement), seule l’idée européenne est à même de sortir notre pays de l’ornière dans laquelle il s’est placé. Le corolaire de choix, insupportable et forcément douloureux, est l’abandon de son rôle historique et des prérogatives qui en découlent. L’atonie dans laquelle se déroule la campagne actuelle témoigne du refus de la classe politique traditionnelle (observons avec tristesse les parachutages de ces personnalités dont l’incompétence n’a d’égale que l’ambition) d’aborder les problèmes de fond qui se posent à la société : paupérisation croissante du pays et de ses habitants (on est en pleine destruction de valeur), acceptation pleine et entière de l’économie de marché seule à même de produire les richesses indispensables, repli de l’Etat sur ses fonctions régaliennes (Armée, Justice, Police) en y associant les reformes requises, renoncement (compte tenu des errements passés et actuels) à une politique extérieure grandiloquente et de plus en plus ridicule, remise en cause de l’organisation politique et de sa noblesse de robe, etc… Seules les organisations souverainistes, minoritaires, développent une campagne digne de ce nom (je n’apprécie pas outre-mesure Philippe de Villiers mais son discours sur l’Europe a le mérite d’être cohérent), les autres ont trop à perdre, il vaut mieux s’agiter en vaines et stériles querelles.

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