Une Royale exaspération

segolene-royalElle ne fait décidément rien que de m’embêter, de chercher à m’agacer, de me taquiner. Et elle réussit presque à me sortir de ma torpeur bloguesque. C’est bien simple : quasiment à chaque fois qu’elle ouvre la bouche, Ségolène Royal m’exaspère, me donne des boutons, me donne illico envie de saisir mon clavier et d’écrire des textes vengeurs et acerbes. Etrange, n’est-ce pas? Non pas que les propos tenus soient toujours scandaleux, oh, ça, non. C’est plutôt la forme qu’ils prennent qui nous interloque, comme l’a brillamment analysé Jules, qui dépeint ses saillies comme animées « d’un mélange indéfinissable de toupet et de solennité, dépourvu de toute ironie qui laisse pantois l’observateur et enrage l’adversaire politique ».

Sa dernière lubie? Se prendre pour l’incarnation de la France, comme la dépositaire de ce que est et pense le peuple. Se croire « investie par un Peuple idéalisé dont elle entend être la Pythie de Delphes unique », comme dirait Toreador. Mystique, Ségolène Royal?

Elle vient donc par deux fois de se fendre d’excuses publique, fomulées bien sûr au nom… de la France. Elle feint l’indignation, et se pose en madone de la pureté et de l’incorruptibilité. Mais qui est-elle pour parler en notre nom? Battue en 2007, Ségolène Royal continue de faire comme si la victoire de Nicolas Sarkozy avait été usurpée. Comme si cette victoire lui revenait moralement, comme si c’était injuste qu’elle lui ait échappé.

La première fois, c’était donc au sujet de ce discours controversé prononcé par Nicolas Sarkozy à Dakar, en 2007. En visite au Sénégal, elle avait dit ceci : « quelqu’un est venu ici vous dire que l’Homme africain n’est pas encore entré dans l’Histoire. Pardon, pardon pour ces paroles humiliantes et qui n’auraient jamais dû être prononcées et –je vous le dis en confidence– qui n’engagent ni la France, ni les Français. »

On peut penser et dire ce que l’on veut au sujet de ce fameux discours de Sarkozy, pour lequel j’avais eu du mal à me passionner, mais on n’a pas le droit d’engager ainsi la France. On a décidé de légitimer le pouvoir par l’onction du suffrage universel, n’est-ce pas?

Mais visiblement, politiquement et électoralement, ce genre de saillie/calcul paie, puisque Ségolène Royal repasse devant Besancenot au titre de « meilleur opposant à Sarkozy ». Tout est donc bon pour faire parler de soi, en utilisant la même technique que Sarkozy : la provocation à outrance, le tabou. Rubin décrit donc très bien la réalité dans ce twitt d’appel au secours : « quelqu’un peut-il demander à S.R. d’arrêter de troller la vie politique française ? »

Pourquoi se serait-elle abstenue de récidiver?  Tant que je gagne, je joue. La dame Royal a donc de nouveau présenté ses excuses nationales, et cette fois envers Zapatero et l’Espagne, suite aux propos arrogants à son endroit attribués à Nicolas Sarkozy dans Libération, repris par de nombreux médias étrangers.

Pour faire court, Sarkozy aurait parlé de plusieurs chefs d’Etat ou de gouvernement en des termes peu amènes. dépeignant José Luis Zapatero, «peut-être pas très intelligent», la chancelière allemande, Angela Merkel, «ralliée à [sa] position», le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, «réélu trois fois» ou le président américain, Barack Obama, «esprit subtil […] qui n’a jamais géré un ministère de sa vie».

Des propos que d’aucuns jugent arrogants, et estiment qu’ils trahissent un égocentrisme exacerbé qui fait honte à la France.

C’est sans doute vrai en partie. On peut le regretter, mais le monde diplomatique est un endroit feutré, lounge, fait de petits pas, de phrases courtoises et de précautions. Les déclarations fracassantes et les discours à l’emporte-pièce sont très mal vus. Jules va même plus loin : « Le problème est que la forme, fût-elle le signe d’une hypocrisie, tempère la brutalité, prévient-il. En cela, elle est l’instrument de la civilisation. Et chacun le ressent devant celui qui ébrèche les formes coutumières. Oui, l’on se plaît à le voir faire, mais on s’inquiète lorsque la transgression s’étend à son univers. Et le Président a donné quelques occasions au monde politique — y compris les siens — de voir brutaliser ses habitudes. »

Sur le fond, s’ils ont bien été retranscrits, ces propos ne sont pas si scandaleux que cela, et ne sont pas même des contre-vérités. C’est donc bien la forme qu’ils ont pris qui choque, ainsi que le fait qu’ils aient été prononcés face à un public ouvert sur l’extérieur. Donc sans s’assurer qu’ils ne rejailliraient pas sur la place publique.

Sauf que c’est surtout le jugement formulé à l’égard de Zapatero qui fait polémique. Or à entendre Kouchner, la citation n’a pas du tout le sens qu’on lui donne :

« Qu’a-t-il voulu dire ? Il a dit +M. Zapatero vient de supprimer la publicité à la télévision, il n’est peut-être pas intelligent – il parlait de lui en réalité -, mais il l’a fait aussi », a déclaré M. Kouchner, sur la chaîne Canal+.

« C’est une façon de dire : +il l’est+ (intelligent, ndlr), il a été élu deux fois et il vient de supprimer la publicité à la télévision », a ajouté le ministre des Affaires étrangères.

« Comment voulez-vous que le président de la République ait pu proférer autre-chose, il s’entend merveilleusement avec M. Zapatero », a-t-il ajouté.

Une version que confirme le député vert François de Rugy :

 Après relecture, je peux confirmer que rien de ce qui est dit dans cet article n’est faux. Le style de Sarkozy est ce qu’il est, et je m’étonne qu’après deux ans de présidence de la République, certains soient encore surpris. Après tout, de la part des Espagnols, c’est plus logique: ils n’ont pas à le subir, matin, midi et soir à la radio, à la télé et dans les journaux…

Mais, il ne doit pas y avoir d’erreur d’interprétation non plus: il était très clair que Nicolas Sarkozy faisait l’éloge de Zapatero, comme de Gordon Brown ou de Felipe Gonzalez, pour s’en prendre ironiquement aux socialistes français sur le mode: «Ah si seulement vous étiez aussi intelligents que les dirigeants de gauche d’Espagne ou de Grande-Bretagne, vous ne seriez pas battus aux élections… et vous arrêteriez de me critiquer, car eux sont d’accord avec moi!»

Cette interprétation n’est pas si improbable, car on voit régulièrement le président Sarkozy chercher à flatter certains dirigeants européens dits de gauche, pour mieux se moquer du PS français. Même Jean-Marc Ayrault soutient cette version des faits!

Ce qui voudrait dire que non seulement Ségolène Royal usurpe une légitimité nationale en prétendant s’exprimer au nom de la France, mais qu’en plus, elle ne prend pas assez de recul sur les choses pour attendre d’en savoir un peu plus sur une déclaration révélée par des journalistes. Histoire d’éviter de faire une sortie fracassante sur des propos qui n’ont pas été tenus dans le sens qu’elle leur a donné. N’en déplaise à ses supporters, qui conviennent de l’erreur de Royal tout en assurant que là n’est pas l’essentiel! Ah bon? Le fond importe peu en ce qui concerne Royal, comme Sarkozy finalement, qu’on ne juge que sur la forme.

Notons que la responsabilité première de cett erreur repose sur les épaules de Libération, auteur de ce brillant « scoop ». Le quotidien aurait donc commis une faute lourde en provoquant une polémique sur des propos qui, non éclairés du contexte dans lequel ils avaient été prononcés, ont été interprétés dans un sens diamétralement opposé à l’intention de leur auteur. Le journal est donc au centre de la polémique (ce qui n’est pas pour lui déplaire), et a été durement critiqué par la droite, qui l’a accusé de « ressembler de plus en plus à un tract ». Joffrin, sans doute vexé, monte sur ses grands-chevaux et ose exhiber, en défense, le concept de « vérité » dans un éditorial pathétique où il foudroie même ses collègues des médias  : « Manifestement, pour ces journalistes vassaux, un démenti de l’Elysée vaut certificat de vérité. Ceux-là confondent depuis longtemps information et soumission, rentrant dans leur niche à la première admonestation du maître pour aboyer avec zèle non contre le pouvoir, mais contre ceux qui ont le front de le critiquer. »

Quel beau résistant Laurent Joffrin fait, ça en deviendrait presque touchant…

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24 Commentaires

Classé dans Chafouinage

24 réponses à “Une Royale exaspération

  1. Au fait c’est quoi le bilan au niveau international… ah oui tu t’en fous…

  2. Non, je ne m’en fous pas. Mais j’estime qu’une large part revient à Libé qui s’est trompé dans la plus grave de ses accusations. Pour le reste, j’ai dit ce quye je pensais des déclarations de Sarkozy : il ferait mieux de s’abstenir. Le problème, c’est qu’il le pense vraiment et que ça montre un complexe de supériorité effarant!

  3. Complexe que dénonce Mme Royal…

  4. @Nicolas J

    Oui mais avec des formes qu’on en peut pas accepter : chacun doit rester à sa place.

  5. « Quasiment à chaque fois qu’elle ouvre la bouche, Ségolène Royal m’exaspère, me donne des boutons, me donne illico envie de saisir mon clavier et d’écrire des textes vengeurs et acerbes. »

    Merci, j’avais peur d’être malade… A moins que nous soyons plusieurs à être malade…

    Bon billet en tous cas.

  6. Marine

    Vous avez raison.
    Le moindre commentateur de blog doit trier ses mots sur le volet, tourner 7 fois sa langue dans sa bouche avant de donner le moindre commencement d’avis (sinon gare à la foudre), mais les gens qui nous dirigent se lâchent à tout va, comme si ce qu’ils disent n’avait pas la moindre importance ni répercussion dans les relations internationales.
    Ils ont sans doute raison et n’ont que la résonnance que nous leur prêtons..

  7. Donc, si je comprends bien ce qui est dit et ce qui ne l’est pas : quand Sarko se fout ouvertement du monde, on prend ça comme du culot et du non-alignement à la pensée unique, mais quand Ségolène fait une déclaration posée (je pense qu’elle a le droit de parler au nom des français, tout comme chacun d’entre nous), c’est considéré comme un discours d’illuminée…. Etonné, je suis.

  8. @brio

    Non, on n’a pas tous vocation à parler au nom de la France… On peut toujours le dire, mais cela restera le point de vue d’une socialiste dissidente.

    @marine

    Mais vous pouvez dire ce que vous voulez sur ce blog, sans risquer quelque foudre que ce soit…

  9. Marine

    C’est gentil, merci.
    A voir à l’usage 🙂

  10. h16

    Bien vu, Chafouin.

    Avec Ségo et Sarko, on a la dinde et le whisky.

    En deux ans, ces deux olibrius sont devenu une sorte de Laurel et Hardy de la Franchouillie (cf http://h16.free.fr/index.php?2009/04/19/528-lettre-ouverte-a-sarkozy ), grandement aidés par une presse à l’envergure microscopique (tu parles à juste titre d’un édito pathétique).

    Seul bon point : tout ceci fait marrer lourdement la blogosphère.

  11. Beaucoup de bruit pour rien

    JR

  12. Woody

    Bonjour,
    Les mots prononcés Ségolène Royal étaient précisément : »Quelqu’un est venu ici vous dire que « l’Homme africain n’est pas entré dans l’Histoire » et non, comme vous l’écrivez dans ce billet « … l’Homme africain n’est pas ENCORE entré dans l’Histoire ».
    Or, en réalité, Nicolas Sarkozy avait dit à Dakar : « Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas ASSEZ entré dans l’histoire. »
    Nuance.

  13. estelle92

    Socialiste « dissidente », dites-vous ?
    Les dissidents n’ont donc pas le droit de s’exprimer ? Surtout quand ils sont « socialistes », peut-être…

  14. @estelle 92

    Si, tout le monde peut s’exprimer, mais il en faut plus pour s’exprimer au nom de la France.

  15. estelle92

    Que faut-il donc de plus ? Il ne suffit donc pas d’être français ?

  16. @estelle

    Non, je ne pense pas que ce soit suffisant pour se prétendre porte-parole d’un pays…

  17. Irénée

    1) Entre un TOC (troubles obsessionnels du comportement) et une TOP (troubles obsessionnels pathologiques), je préfère peut-être le premier cité.

    2) Oui, Le Chafouin, on peut presque tout dire sur un blog (surtout pas d’attaques personnelles). Je reste cependant effaré que certains pensent que tout un chacun peut parler au nom de la France. Là, ça me dépasse!

  18. Moi, ce qui me pose un vrai problème, c’est qu’elle prend ce qu’elle veut des propos présumés tenus par le chef de l’État, ce qui ressemble fort à de la malhonnêteté intellectuelle.
    Une sale habitude chez nos politiques – et malheureusement aussi, chez le camarade journaliste, dont on attend moins des phrases sorties de leur contexte qu’un Verbatim.

    J’en veux pour preuve éclatante cette phrase de Michel Rocard :
    “La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en assumer sa part” constamment réduite à : “La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde.”
    En omettant volontairement la partie la plus essentielle de la parole rocardienne, soit que notre pays doit – et c’est bien cette notion de devoir qui est là, essentielle – de la misère du monde, en assumer sa part, le politique travestit à desseins les propos de Michel Rocard, lui faisant même dire ce qu’il n’a pas dit, afin de justifier, qui une immigration “choisie” et non plus “subie”, qui une (impossible) fermeture de nos frontières.

    Marie-Ségolène use de la même ficelle, la réduction à des fins personnelles et politiques d’une phrase émise, pour faire mine de s’offusquer dans une vaine colère des “propos injurieux” de Nicolas Sarkozy à l’égard de José Luis Zapatero.
    Il suffit de prendre la phrase dans son entièreté pour démontrer la malhonnêteté intellectuelle de la Dame de Melle :

    «Il n’est peut-être pas très intelligent. Moi j’en connais qui étaient très intelligents et qui n’ont pas été au second tour de la présidentielle»

    Sans oublier de préciser, tant c’est important, que cette phrase de Nicolas Sarkozy venait juste après celle-ci, troublante, prononcée par le socialiste de type landais, Henri Emmanuelli :

    «On peut dire beaucoup de choses sur Zapatero»

    Il est intéressant de noter que Sarkozy traduit brutalement ce “On peut dire beaucoup de choses sur Zapatero” par “Il n’est peut-être pas très intelligent”.
    Qu’il me soit permis de penser, pour reprendre un gimmick sarkozien, qu’il ne fait que dire tout haut, et parce qu’il le sait, ce que pense tout bas Henri Emmanuelli de … Zapatero.
    Car, oui, ce n’est pas tant Nicolas Sarkozy qui estime que le chef du gouvernement espagnol n’est « peut-être pas très intelligent », mais bien notre socialiste landais.
    Quand on remet les mots à leur place, et dans l’ordre juste de la discussion, c’est une évidence. Et d’autant plus – et c’est primordial – quand on connaît le parcours, les idées et les convictions d’Henri Emmanuelli.

    Quant à la suite : «Moi j’en connais qui étaient très intelligents et qui n’ont pas été au second tour de la présidentielle»

    C’est une vraie vacherie adressée … aux socialistes français, car il est clair qu’il fait là, allusion à Lionel Jospin.

    Marie-Ségolène Royal aurait été plus inspirée d’envoyer une lettre à l’exilé de l’Ile de Ré qu’à José Luis Zapatero. Mais pour lui dire quoi ?

    Or donc, il n’y a aucun propos injurieux de la part de Nicolas Sarkozy à l’égard de José Luis Zapatero, Marie-Ségolène le sait bien et c’est à des fins strictement personnelles qu’elle réduit les propos présidentiels.
    Voilà pourquoi les excuses (ridicules) de Madame Royal n’engagent qu’elle et ne nous concernent pas.

    Si elle voulait vraiment être utile à son pays, nous rendre service, elle ferait mieux de s’insurger de propos réellement injurieux tenus le 18 mars dernier devant des dirigeants de la Majorité par le chef de l’État à l’égard des journalistes, propos rapportés par le Canard Enchaîné paru ce mercredi 15 avril 2009 :

    ”Les journalistes, ce sont des nullards, il faut leur cracher à la gueule. Il faut leur marcher dessus, les écraser. Ce sont des bandits. Et encore, les bandits, eux, ont une morale.”

    Injurieux et TRÈS inquiétant.

  19. Albin

    Cette pauvre femme ne représente pas la France, c’est certain, mais en plus… elle ne représente même pas le parti d’opposition !
    Elle est pathétique.
    Elle nie toute défaite la concernant. Elle a très certainement besoin d’être aidée, psychologiquement parlant, c’est évident.

  20. @P.Sage

    Voilà pourquoi les excuses (ridicules) de Madame Royal n’engagent qu’elle et ne nous concernent pas

    Belle démonstration! J’ajoute que Libé, dans son édition d’hier, reconnaît que sarkozy n’a pas été injurieux envers Zapatero… Or c’est surtout l’affaire espagnole qui a pris de l’ampleur, les médias anglo-saxons ayant surtout été ironiques à l’égard de la prétention sarkozienne.

    Comme vous dites, la citation sur les journalistes est également inquiétante. D’ailleurs, elle est aussi dans le Libé d’hier 😉

    @Albin

    Aide psychologique, n’exagérons rien… Mais en effet, elle ne représente qu’elle-même (et la région Poitou-Charentes).

  21. Zita

    Bonjour Chafouin,

    Avez-vous vu Florence Brunold face à Claude Allègre sur Dailymotion ?
    Elle imite Ségo à la perfection et c’est franchement réjouissant !
    Après ça plus de boutons !!!
    Zita

  22. Albin

    Si si. J’insiste sur l’aide dont elle a besoin :

    Ce déni de défaites (2 défaites : à la présidentielle et au PS) est pathologique et… inquiétant.

    Aller présenter des excuses partout au nom de la France quand elle ne représente rien est digne d’un malade.

  23. Castafiore

    @Zita:

    Cette vidéo est très drôle!
    🙂 Merci !

  24. Castafiore

    @ Albin:
    Je suis d’accord avec vous pour dire que ces excuses sont lamentables.
    Mais affirmer que Ségolène Royal ne représente rien, je ne crois pas.

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