Vieilles pierres et grand air

img_4225Rien de tel pour se retirer un peu du « monde », c’est-à-dire à la fois la vie de tous les jours et cette bulle médiatique faite de polémiques de comptoir, qui, à la longue, sont épuisantes. Profiter d’un long week-end de Pâques, oublier l’accessoire. Se rencentrer sur l’essentiel? Rien de tel, donc, que les vieilles pierres et le grand air.

Tout couper, la télé, la radio. Ne pas acheter le journal. Bien sûr, pas de blogging. La prochaine fois, on essaiera d’oublier le téléphone portable…

img_4320Se contenter de regarder, émerveillé. On se sent écrasé, devant la monumentale cathédrale d’Amiens, le plus grand édifice médiéval de France. De l’extérieur, on la pressent gigantesque, elle donne le tournis. Jamais vu, jusqu’ici, un parvis aussi imposant, des statues gothiques aussi finement sculptées. L’accueil est idéal. A l’intérieur, on poursuit le voyage dans ce vaisseau aux proportions effrayantes : c’est à se demander comment tout cela tient debout. On est comme englouti dans cette masse de pierre brute. On ressort calmé. Et admiratif de l’architecture de cette période médiévale, pas si barbare qu’on le dit parfois.

img_4258La vieille ville d’Amiens vaut également le détour. Colorée à souhait, caressée par un réseau de canaux – qui pourraient être nettoyés de temps à autre -, elle ne semble pas être le fief des bourgeois, comme c’est souvent le cas ailleurs. Ses maisons basses et usées ont longtemps constitué l’habitat ouvrier de tous ceux qui travaillaient dans les moulins à eau. Ceux-ci ont disparu, les petites bicoques sont restées. Faut pas être trop grand, à Amiens. Sinon, on ne peut pas rentrer par le rez-de-chaussée.

img_4440Cap sur la baie de Somme. On passe d’un paysage façonné par la main de l’homme à un espace sauvage, sur lequel il s’est cassé les dents. L’homme a bien essayé de maîtriser cette zone marécageuse, pour la dompter, mais en vain. Ne restent ici que des hectares, des hectares, et encore des hectares de paix, de silence, de beautés, où la faune et la flore ont repris leurs droits. Bon, il y a aussi des touristes, mais on parvient plus facilement à les oublier que sur la place Saint-Pierre, à Rome.

img_4585Et puis le parc du Marquenterre. Cette fois, une cathédrale de verdure, à ciel ouvert. Hérons, canards, oies, cigognes, tous s’arrêtent ici au cours de leurs migrations. C’est un peu leur aire d’autoroute, en plus joli. L’homme y semble absent, mais en réalité, il est partout, au service des oiseaux :  Pour leur plaire, il va jusqu’à contrôler la salinité de l’eau, c’est dire.

Là encore, on se sent noyé dans un espace gigantesque. Un silence assourdissant, uniquement perturbé par les gazouillis des oiseaux. Il faut admettre que parfois, il y a aussi un gamin qui crie, mais on se sent vaguement philosophe dans un tel écrin.

Vieilles pierres et grand air, c’est décidément la recette. Difficile de reprendre après ça…

9 Commentaires

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9 réponses à “Vieilles pierres et grand air

  1. À lire, si vous parvenez à le trouver d’occasion car je crois que ce n’est pas réédité : « La Bible d’Amiens », de John Ruskin, traduit et annoté par Proust.

  2. cilia

    Très sympa, Chafouin, ce partage avec nous de tes visites😉
    La cathédrale semble impressionnante. Oppressante aussi. Mais ce ne doit pas être le cas puisque tu en es sorti apaisé.

  3. menez

    Et les spatules? Elles sont belles les spatules qui dorment sur une patte! Joli texte qui donne envie de prendre la route…

  4. pelmer

    Merci, Chafouin, de nous avoir fait partager les beautés de ton escapade pascale !

  5. Merci pour ce billet…

  6. Thaïs

    les polychromies de la cathédrale sont révélées tous les étés grâce à un son et lumière remarquable.
    As-tu visité la maison de Jules Verne ? et as-tu fait du char à voile sur la plage ?
    Bon retour sur terre !

  7. Merci Chafouin !

    Effectivement, pour moi aussi, rien ne vaut le grand air… La joie de Pâques au coeur du printemps, à écouter les oiseaux chanter leur joie, admirer les bourgeons se préparer à faire leurs feuilles tendres, sentir le parfum des fleurs nouvelles…🙂

  8. Irénée

    A noter aussi l’ensemble sculpté autour des 110 stalles. Certains endroits sont tellement bien ciselés que, d’un doigt, on entend des notes de musique lors des vibrations.
    Extra!

  9. Merci à tous…

    J’ignorais pour les stalles, je n’ai pas pu les découvrir à cause d’une série de baptèmes! Rendez-vous compte, si les églises sont squattées par l’Eglise, où va-t-on?

    Sinon, Thaïs, oui, j’ai loupé les coloris sur le portail, je reviendrai probablement cet été pour voir ça! La maison de jules verne, pas eu le temps, mais les hortillonages, c’était chouette!

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