Les ficelles de l’info (8) : le journalisme-conformisme

moutons1Conformisme, suivisme, moutonnisme, autant de critiques qui pleuvent fréquemment sur la pauvre tête des journalistes, décidément bien accablés. Un reproche qui est parfois excessif, mais qui est tout à fait juste, et qui personnellement, me fait regretter assez régulièrement d’appartenir à cette profession qui se croit supérieure aux autres, mais qui n’est souvent guère plus brillante que la moyenne de la population.

Ce conformisme, on l’observe à deux niveaux. D’abord, dans la mentalité générale, dans l’état d’esprit qui règne dans cette profession. La plupart des journalistes partagent certaines valeurs, qu’ils se sentent obligés d’imposer aux autres dans un élan qu’ils croient « citoyen » (quel mot affreux), mais qui est juste une forme de militantisme. On l’a vu, dans l’actualité récente, sur le traitement de trois informations en rapport avec le pape (ça se calme, on dirait, par la force des choses, c’est-à-dire la lassitude du récepteur du message) : les médias, les journalistes, sont globalement méfiants envers les religions, et envers le catholicisme en particulier, sur fond d’ignorance crasse du fait religieux. Comme une sorte de sadomasochisme. L’islam n’a pas non plus la cote, mais comme c’est la religion d’une minorité, on se force à en faire des tonnes sur le ramadan, l’aïd, le pélerinage à la Mecque et tutti quanti. Le sujet sur le carême, c’est ringard. Et d’ailleurs, la religion catholique est ringard, et son chef suprême est un vieux réac. Sur son blog, le rédacteur en chef de l’express.fr l’a dit tout de go, dans son billet comme dans les commentaires : il n’a pas pour objectif de comprendre, de chercher, de fouiller. Il s’en moque comme de l’an 40. Il a son jugement, et il n’y a que ça qui compte. Mais nous ne sommes pas là pour refaire le match.

Ensuite, une grosse partie des journalistes, une écrasante majorité, est culturellement de gauche, sans l’être forcément politiquement. Ce qui ne veut pas dire que le média, en tant qu’entreprise, soutienne la gauche, mais les journalistes, dans leur vision de la société, leur façon de traiter les sujets, penchent plus de ce côté. C’est-à-dire que cette majorité (non-silencieuse) possède en elle des valeurs de la gauche militante, comme la lutte des classes, par exemple. En cas de grève, vous entendrez davantage le point de vue des grévistes que celui du patron, c’est comme ça. Déjà, si vous l’entendez, c’est bien. Le patron, quand il parle, on se méfie. Quand c’est l’ouvrier, on est en empathie.

Les valeurs traditionnelles de la droite, elles, seront la plupart du temps moquées, raillées, voire totalement ignorées. Essayez d’organiser une manif sur un thème de droite : elle sera boycottée, ou pire, moquée. Des mots comme « populisme » seront énoncés en conférence de rédaction, au moment de choisir les sujets. De l’autre côté, faites une manif pour défendre les chômeurs ou les pistes cyclables : même si vous êtes deux, vous aurez les honneurs de la presse locale.

En outre, dans les rédactions que j’ai connues, j’ai clairement remarqué que pour une partie non négligeable des journalistes, ce métier est un combat. Une bataille, souvent aux côtés de la gauche. Ce n’est pas un métier important seulement parce qu’il permet de faire passer l’information, et de faire émerge ce qu’on pourrait appeler la « vérité », mais parce qu’il permet de diffuser certains messages et de défendre certaines idées. Bon nombre de journalistes s’érigent donc en défenseurs de je-ne-sais quels concepts, et leurs sujets seront orientés en fonction, bien sûr.

Le deuxième aspect du conformisme qui règne dans ce métier n’est cette fois plus idéologique : c’est le suivisme. Alors qu’ils auraient intérêt à se distinguer des uns des autres, concurrence oblige, les médias (et cette fois-ci plus les journalistes) ont une fâcheuse tendance à se copier les uns les autres. Ah, tu fais ça, coco? Attends, demain, tu vas voir, je fais la même chose! Les radios et télés se calent sur le contenu des journaux pour choisir leurs sujets. Et les journaux, eux, vont être influencés, dans la taille et l’importance qu’ils accordent à leur sujets, par la façon dont ils sont traités par ces radios et télés. Le serpent se mord la queue…

C’est très agaçant, car dans ce genre de situation, votre patron ne vous écoute que d’une oreille. Il s’intéresse bien plus à ce qu’il a entendu sur France Info qu’aux informations et à la vision des choses que vous lui apportez du terrain. Je prends pour exemple « l’affaire d’Oignies » d’hier matin. Vous savez, ces deux personnes âgés agressées chez elles lundi soir par des bandits qui ont fui après qu’un incendie s’est déclaré dans l’habitation. Dès lundi soir, l’AFP écrit que « deux retraités septuagénaires ont été agressés lundi soir par des cambrioleurs, qui ont ensuite incendié leur maison dans la commune de Oignies ». Et donc sur France Info, comme sur les autres radios, on se lâche hier matin : des personnes âgées ont failli brûler dans un incendie allumé par des malfaiteurs! Comme aux pires heures de notre histoire! Du coup, branlebas de combat dans la presse régionale, qui ne pouvait passer à côté d’une telle info. Allez hop, les journaux locaux débloquent tous leur « dossier du jour », les deux premières deux pages et la « une »! Peu importe, à ce moment, les infos qui remontent du terrain, c’est-à-dire d’une part, les policiers qui mettent en doute le caractère volontaire de l’incendie, et d’autre part, les victimes elles-mêmes, qui racontent que leurs agresseurs sont partis précipitamment en constatant qu’un incendie s’était déclaré. Bref.

Au-delà de ce simple faits-divers, on voit régulièrement ce genre de fonctionnement. Parfois, même, le simple fait qu’une information soit évoquée au plan national, suffit à faire « gonfler » le sujet. Le « national » en a parlé, on ne peut passer à côté!

On prend ainsi le lecteur gentiment pour une gourde, qui reprocherait à son journal de ne pas traiter une information telle qu’il a aperçue au JT ou entendue à la radio.  Et ce faisant, tout doucement, on construit, chaucn de son côté (radio, presse écrite, télé) des « produits » qui se ressemblent à s’y méprendre. Alors que l’intérêt des Français pour l’info n’est pas démentie, on s’étonne qu’avec cet état de fait (double conformisme), ils n’achètent plus le seul des trois qui est payant, c’est-à-dire le journal papier? Si c’est pour trouver ce qu’il a déjà entendu ailleurs…

Je ne crois d’ailleurs pas, pour conclure, que les blogs soient toujours exempts d’un tel reproche. Certes, leur diversité et leur liberté de ton les préserve du premier écueil. Quoi qu’on soit bien obligé de constater que les blogs de gauche sont les plus nombreux, peut-être parce que l’engagement est plus ancré à gauche qu’à droite. Et peut-être parce qu’il est plus facile de s’opposer à un gouvernement que de le soutenir. Mais le suivisme, le « sujet obligé » existe aussi sur le web 2.0…

31 Commentaires

Classé dans Les ficelles de l'info, Médias/journalistes

31 réponses à “Les ficelles de l’info (8) : le journalisme-conformisme

  1. Dire que j’aimerais plutôt prendre la défense de la profession… mais il faut bien reconnaître que c’est vrai. Je le vis aussi.
    A l’heure actuelle, Le Parisien/Aujourd’hui en France fait 80% – sinon plus – de la ligne éditoriale des médias de notre pays. Sa Une et son Fait du jour sont attendus par les uns (chefs de services et rédacteurs en chef) et redoutés par les autres (journalistes qui vont se retrouver à couvrir les mêmes sujets en un temps record) chaque matin.

  2. Nico

    Tout à fait d’accord avec ce papier. Et notamment sur les quelques phrases concernant le fait que les Français n’achètent plus de journal papier. Au lieu de demander à leurs journalistes de courir tous sur le même fait-divers et d’en faire toujours plus parce que la télé est là ou d’aller à la même conférence de presse où se trouveront quinze de leurs confrères, les rédacteurs en chefs devraient faire un peu réfléchir leurs journalistes à des sujets, à des angles pour les traiter. C’est juste certainement plus facile de suivre sans recul l’actualité.
    Quant aux patrons qui ne sont que rarement interrogés en cas de conflit social, entièrement d’accord également. Je me souviens d’un papier il y a quelques années sur une entreprise qui devait licencier un quart de son personnel pour pouvoir sauvegarder les trois quarts des emplois. J’avais bien sûr interrogé les salariés, mais je m’étais intéressé aux raisons qui pouvaient pousser l’entrepreneur à licencier : déjà, il était tout étonné qu’on lui laisse la parole aussi longuement et ensuite, collègues et rédaction en chef n’ont pas forcément apprécié le papier car dans leur esprit, patron qui licencie = escroc.

  3. Je suis d’accord avec ce que tu dis, mais en même temps, le positionnement « différent » est-il viable économiquement pour un grand titre de la presse nationale (la PQR, c’est différent, du fait des situations de monopole ou de duopole qui sont les plus fréquents).

    Ils courent après les mêmes lecteurs et les mêmes annonceurs. Forcement, ils vont faire le même produit, pour aller au plus sûr. Faire des paris, c’est prendre le risque de les perdre. Comme tout chef, le rédacteur en chef est allergique au risque, surtout quand il a tout à y perdre et pas grand chose à y gagner.

  4. h16

    « j’ai clairement remarqué que pour une partie non négligeable des journalistes, ce métier est un combat. Une bataille, souvent aux côtés de la gauche. »

    Oui. Et c’est parce que c’est un combat que ceux qui ne pensent pas comme eux ne doivent pas se laisser faire.

    Pour le reste, si la presse était réellement en concurrence, le suivisme observé n’aurait pas lieu, ou pas dans ces proportions.

    On a noyé la presse française dans une masse impressionnante de subventions, d’aides, de passe-droits et de privilèges. On en récolte maintenant une médiocrité et une uniformité stupéfiante d’abêtissement moyen.

    Bon billet.

  5. Lagavulin

    Cher Chafouin,
    Très juste!
    Comme tu es du métier, que tu dois avoir à peu près le même âge que moi et que tu as dû aussi traîner sur les bancs de l’une ou l’autre de nos chères écoles de journalisme, j’ajoute une petite gâterie…
    Il y a aujourd’hui dans notre beau pays d’impitoyables écoles de conformismes et ce sont justement celles qui forment depuis vingt ans la majorité des journalistes…
    « Ethique », syndicalisme borné, engagement citoyen à tout les étages, desk afp à gogo, minuscules sujets de terrain etc etc… Un vaste souk où il n’est jamais question de prendre du recul, d’assumer honnêtement une part de subjectivité, de se forger une véritable culture générale (un gros mot!), de se méfier du prêt-à-penser trop bien emballé. Pas bien grave: la plupart s’en iront décalquer des communiqués de presse ou maquiller de la dépêche…
    Je me souviens, durant ces glorieuses années, être tombé sur un sondage dont je ne me suis toujours pas remis: grosso modo, il était demandé à des journalistes (tous médias) de quelle autre profession ils se sentaient le plus proche. Un bon 60% du panel avait déclaré « enseignant »! Drôle d’idée quand même… Pourquoi pas « pion » pendant qu’ils y sont?

  6. @Edmond

    Ah, le Parisien a une telle influence? Je l’avais entendu dire pour les radios et les télés, mais je ne pensais pas que les autres titres de la presse écrite faisaient de même? De notre côté, en presse régionale, ce n’est pas vraiment le cas… Enfin pas chez nous…

    @Nicolas

    Certes… Ceci dit sur la conf de presse, ce n’est pas toujours vrai, mais il faut parfois zapper des sujets chiants, qui ennuient les journalistes et qui ne pourront donc qu’ennuyer également leurs lecteurs.

    @Authueil

    Pas forcément « différent » des autres, il suffit d’être soi, regarde la Croix, en-dehors du fait que ce soit un journal d’inspiration clairement religieuse, ils ne parlent pas des faits-divers, c’ets un choix délibéré, et qui ne leur fait pas perdre de lecteurs, au contraire! D’ailleurs, je crois que je vais m’abonner, il y a bcp plus de choses intéressantes que dans les quatre autres « gros » nationaux.

    Et je pense que ces nationaux, plutôt que de se disputer les mêmes lecteurs, devraient au contraire chercher à reconquérir tous ceux qu’ils ont perdu depuis des dizaines d’années… Mais là, c’est sûr que la problématique des nationaux et des régionaux n’est pas du tout la même…

    @H16

    merci! Perso, je ne cherche pas à « combattre » en sens inverse, mais j’essaie de ne pas être parti pris quand je traite un sujet. Si je sens qu’il va y avoir conflit d’intérêt, je ne prends pas le sujet… Après, on peut quand même discuter dans les rédactions, ce n’est pas le komintern. Mais c’est plus facile de se couler dans le moule, c’est clair… Et les école de journalisme se chargent d’y préparer les futurs diplômés…

    Sur la concurrence, en revanche, je ne te suis pas : quel rapport?

    @Lagavulin

    Récemment, j’ai vu dans le journal Vendredi que les RG américains, après avoir enquêté sur les journalistes français (on se demande pourquoi), ont révélé qu’une écrasante majorité d’entre eux se croyaient investis d’une espèce de mission consistant à essayer de faire passer leurs idées dans leurs écrits. ça me fait marrer…

    J’ajoute au sujet des écoles de journalisme qu’elles font aussi tout pour supprimer toute originalité dans l’écriture des postulants au métier… Et pour uniformiser. Ce qui amène aussi à ce bouilli-bouilla conformiste.

    Jepense aussi que la structure même,la technique du journalisme, est un obstacle à l’information. La formule titre-chapeau-accorche-texte-chute est dépassée, il faut trouver autre chose, dynamiser, faire exploser les modèles préformatés.

    Sinon, mon âge est précisé dans le à-propos… 😉

  7. En fait, c’est vrai : le suivisme du Parisien est surtout généralisé en télé et radio. Mais les autres titres écrits regardent ce qui se fait dans les médias audiovisuels, donc on repasse par la case départ !
    Forcément, en PQR, c’est moins pertinent à reprendre. Encore que…

    (Moi aussi j’ai découvert ce blog aujourd’hui, et je l’ai directement « contrôledé » !)

  8. Lagavulin

    @ Chafouin
    Des militants du petit-four, des mystiques du champagne des autres, des derviches des soldes de presse, des exaltés de la lèche et du serrage de paluche! Si j’étais vraiment méchant, je dirais que pour faire passer ses idées dans un papier, il faut encore être capable d’en pondre, des idées (et voilà, je l’ai dit…).
    Pour ce qui est de l’écriture journalistique, tout à fait d’accord aussi. Il y eut d’abord le style Le Monde, puis le reportage à la mode l’Express imposé par Giroux. Deux manières d’écrire qui, à l’origine, ne posaient pas de problèmes particuliers, mais qui, une fois généralisées, imitées, abâtardies n’ont plus eu grand chose d’intéressantes.
    La standardisation façon groupe Prisma et l’avènement des maquettes « aérées », graphiques etc… entraînant le sabrage systématique du « contenu rédactionnel » (quel horrible mot, n’est-ce pas?) ont fait le reste…

    Quant à l’âge du Chafouin, la rubrique « à propos » vient confirmer mes soupçons!!!!

    Bon courage

  9. « une grosse partie des journalistes, une écrasante majorité, est culturellement de gauche »

    Comme H16, je vois dans le suivisme – auquel j’ajoute le conformisme idéologique – une conséquence perverse des subventions et aides publiques, qui, en effet, distordent complètement la concurrence économique et idéologique. Il ne t’aura pas échappé que dans les journaux qui vivent sous perfusion, la plupart sont de gauche, non de droite…

  10. @criticus

    Mais ils vivent tous sous perfusion, non? 😉

    En fait j’ai du mal à saisir le lien de corrélation entre les deux…

    @lagavulin

    Tout à fait, sur le « contenu rédactionnel »… ça me fait rire! on est géré par des commerciaux, des publicitaires, et plus par des journalistes…

  11. Lagavulin

    @Chafouin
    Un soir (récent) d’énervement, j’ai pondu un truc sur le sujet (aide public, pub, « contenu rédactionnel » etc…) pour les copains. Je ne le mets pas spontanément en commentaire car c’est long (et que, si j’ai envie d’une tribune, je n’ai qu’à ouvrir un blog…). Je peux te le faire parvenir par mail (en espérant qu’il te fera rigoler)… ou le passer en commentaire, si tu supporte le squat éhonté!
    En réponse à plusieurs commentaires de ce billet:
    les aides publiques n’y sont pas pour grand chose, mais les Gross Kapitalist, adeptes du tout pub, pour beaucoup!

  12. Lagavulin

    Et j’oubliais: toujours en réponse aux commentaires désignant comme responsables du conformisme de gauche les aides publics: libertaires (dits de gauche) et ultra-libéraux (dits de droite) s’entendent comme larrons en foire quand il s’agit de pépettes (de Muray à Tillinac, ils sont nombreux à avoir dénoncé ce couple infernal).

  13. anne haunyme

    toi chafouin t’es bien qu’un chafouin

  14. lg

    l’Objectivité du journaliste n’a jamais existé.

    en lien ce billet de colère de JL Mélenchon.

    http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=667

  15. @lg

    Mais si l’objectivité n’a jamais existé, on peu tessayer d’y tendre. Concevoir le journalisme comme un combat n’est pas une bonne manière de commencer, je trouve.

    Disons, au lieu d’objectivité, qu’on peut parler de neutralité, si vous préférez.

    @lagavulin

    SI ça fait pas dix pages, tu peux le poster en commentaire!

  16. Lagavulin

    @Chafouin: le voilà…

    La presse va mal, c’est un doux euphémisme. Ainsi, notre bien aimé président, qui n’aime pas que les choses aillent mal, convoqua-t-il des Etats Généraux de la Presse. Depuis, la presse ne va pas mieux et n’a, pour le moment, aucune chance d’aller mieux. On a tout entendu, tout lu sur le sujet, du bon comme du moins bon, sur l’air bien connu du « c’est la faute à » cher à nos compatriotes. Et pourtant, comme dans tout bon nanar qui se respecte, la vérité est ailleurs…

    Mesdames, messieurs les lecteurs, la voilà la vérité, nue, frétillante et toute rose. Roulements de tambours, buccins, etc… Et bien, si la presse va mal, elle n’a qu’à s’en prendre qu’à elle-même, na ! Et pourquoi donc, môssieur ?Re-roulements de tambours, re-buccins, re-etc… Parce qu’elle a vendu son âme au diable, tout simplement. Et je suis prêt à parier une paye moyenne de pigiste moyen –pas de panique, ça ne va pas chercher très loin- que cette pensée affreuse doit traîner dans la mauvaise conscience d’un paquet d’entre nous –et oui, j’en suis, mais ne le répétez pas, ma mère pense que je suis pianiste dans un bordel.

    Je vous rassure, cette affirmation n’a rien d’une vérité révélée, elle me trotte sous l’occiput depuis pas mal d’années. Comme le reste, c’est sur les bancs de l’école de journalisme sur lesquels j’usais mes blues jeans avec plus ou moins d’assiduité que tout a commencé. L’une des braves dames qui nous enseignaient me prit à partie : le magazine qui m’employait était aux mains du Grand Kapital, le Grand Kapital c’est mal, mon éthique de journaliste était donc mort née. Faut bien bouffer ma poule, répondis-je alors très finement. Et qui c’est qui va payer ma mauvaise ration de picotin mensuelle si mon capitaliste de patron n’envoie plus au tapin les courageuses filles du très capitaliste service pub ? À vrai dire, je pris la chose comme une sorte de compliment : se faire traiter publiquement de social traître par une rescapée de l’espèce, blanchie sous le harnais d’un journal qui a perdu encore plus de lecteurs que le parti dont il fut l’organe n’a perdu d’électeurs, monument reconnu d’éthique journalistique et d’honnêteté intellectuelle, avouez que c’est tout même savoureux…

    Quelques années plus tard, j’eus la surprise de voir l’équipe de la pub conviée à nos conférences de rédaction. Il va de soi que ces jeunes femmes tirées à quatre épingles ne tardèrent pas à putcher le cérémoniel hebdomadaire. Et c’est moi qui m’entendis répondre un beau matin « faut bien que tu bouffe, mon poulet, et qui c’est qui etc… ». J’en restai tout pantois, le nez dans la tasse à café. Notre vaillant canard, fatigué de courir après le picotin et les pleines pages baignées de soleil, fit faillite.

    Moralité de l’histoire : ça m’a fait beaucoup moins rigoler, tout d’un coup. Alors, j’ai commencé à me poser des questions et, pour faire rapide, j’ai découvert la chose suivante : un journal fait faillite faute de lecteurs. La lapalissade mérite qu’on s’y arrête. Le lecteur, cet inconnu, n’a jamais eu vent de nos conférences de rédaction et de nos mœurs baroques. C’est tout simple : il a fini par ne plus se reconnaître dans ce que nous lui vendions et s’en est allé voir ailleurs s’il y était. À ce propos, « Si le lecteur savait… », voilà encore une sombre pensée qui doit hanter pas mal de mauvaises consciences journalistiques… La maison n’avait pourtant pas rechigné au marketing : étude de lectorat, consultants, nouvelle maquette et le toutime pour faire csp avec beaucoup de plus à donf. Morale de la morale : le csp avec beaucoup de plus n’existe que dans les fantasmes des pubards, les journaux, même très allégés, ne sont pas des yoghourts comme les autres et les abonnés ne sont pas des clients comme les autres puisque ce sont avant tout… des lecteurs.

    J’entends déjà des hurlements, des « pas de ça chez nous ». Du haut de mon jeune âge, j’ai pas mal baroudé, parfois même jusque dans les colonnes de la Grande Presse, cette catin aux faux airs de vierge –vierge éplorée ces temps-ci. Il est des étages où l’on croise de moins en moins de journalistes, et c’est bien dommage, car il s’agit justement de ceux où se prennent les décisions. Les pubards sont interdits de rédaction : qu’importe, il est plus rapide d’en référer directement aux étages déjà cités. C’est ainsi que naissent les répliques cultes : « ah non, plus de noirs avec des kalachnikovs, c’est pas vendeurs ! ». Quand on sait l’implication des marchands de canons dans notre belle presse hexagonale, ça en devient hilarant… Je vous laisse par contre deviner qui ne veut plus acheter de noirs avec des kalachnikovs… Ajoutez à ce genre de délire une consanguinité de plus en plus visible avec tous les pouvoirs et vous obtenez des pravdas en série, les godasses à un demi-smic et les tocantes bling-bling en plus… Pas très étonnant que le lecteur, qui n’a, lui, rien contre les noirs, même avec un kalachnikov, rechigne à s’envoyer le brouet, non ?

    Ce papier étant semé de gros mots, j’en profite : les journaux ont une identité, et même une âme -sinon, ils n’auraient pu la vendre au diable. Vouloir séduire le lecteur fantasmé, celui des études de marketing et des bureaux de com’, courir après le csp du voisin, se travestir à tout prix, c’est perdre l’estime et l’amitié du lecteur, le vrai, en chair et en os. Car c’est bien d’amitié qu’il s’agit, avec tout ce que cela implique : divergence ou convergence d’idées, d’opinions, de goûts, l’alchimie est complexe, la relation de confiance met des années à s’instaurer et elle n’empêche nullement les gueulantes. On en a même vu piétiner de rage leur canard favori… Le lecteur trompé ne piétine pas son canard, il ne l’achète plus, s’en détourne comme d’une connaissance qui aurait mal tourné, d’une amoureuse qui aurait trahi. Et quand ce même lecteur en est réduit à choisir le « moins mauvais », les carottes sont cuites, ou sur le point de l’être…

    Internet ? C’est con, la mine d’or de la pub de demain n’est pas le filon annoncé. Comme au Klondike, c’est aux vendeurs de pelle et de tamis que ça a le plus rapporté… Si un idiot surgi pour m’expliquer que les sites des grands journaux sont rentables, qu’il ne se donne pas le mal de m’embêter et file à la compta voir à combien sont rachetés ces putains de papiers… La crise ? Quand on a tout misé sur le marchand de bagnole, le loufiat couturier, le marchand de breloque, on est d’autant plus mal barré que, point de vue « contenu rédactionnel », comme disent les professionnels de la profession, on a plus grand chose d’autre à refourguer. On va quand même pas publier du reportage, non ?
    -Une enquête un peu sensas’, alors ?
    – À une seule condition : qu’elle soit à moitié bidon, pas recoupée, pas vérifiée et, surtout, financée par un éditeur, genre best-seller, quoi…
    -Eh boss, y a un rédacteur qui dit qu’il en a marre de jamais pondre des papiers de plus de trois feuillets !
    -Il a n’a qu’à faire un blog ! Ça rapporte que dalle, mais ça soignera son ego ! Bon, j’vous laisse, j’ai un ministre-patron-président-people (rayer la mention inutile) à marier. Et faites chauffer les dos de kiosque, on sort la culotte de Ségolène en couv’.
    -S’cusez m’sieur, c’est la sécurité… Y en a un qui tente de s’évader de l’open-space ! Y nous cause de terrain, on bite que dalle… On fait quoi, chef ?
    -Abattez le sans sommation et arrêtez de me déranger pour des conneries pareilles !

    Et les sans grades, qu’est-ce qu’ils y peuvent, eux ? Suffit d’aller traîner du côté de la rue Blanche et d’écouter les vieux routards recasés dans l’indemnisation des résidus surnuméraires d’école de journalisme, affirmer en se marrant que tout est foutu en rappelant le bon vieux temps des notes de frais à gogo pour comprendre que quelque chose a dû aussi merder de ce côté-là… Après tout, on croise depuis toujours au bar des grands hôtels deux catégories socioprofessionnelles qui n’ont pas les moyens de leur gin tonic : les putes et les journalistes.

    PS. Surtout, ne vous jetez pas sur vos claviers pour m’expliquer qu’il existe encore des journaux qui, avec ou sans pub, résistent encore et toujours à l’envahisseur avec un barde, un livreur de menhir et trois louches de potion magique : je le sais très bien et en déduis qu’ils sont dirigés par des patrons qui n’ont pas besoin de se krasher pour comprendre. Tiens, c’est marrant, il semblerait que lesdits patrons soient des journalistes. Quoi ? en plus, ils gagnent de l’argent ? Impossible ! A cinquante ans passé, ils n’ont toujours pas de Rolex !

  17. laplumedaliocha

    @lagavulin : Votre texte est remarquable.

  18. Syndicat du livre, journalistes, régies publicitaires, internet, lectorat, aides publiques… Pour savoir pourquoi la presse va mal, il ne faut pas attribuer la faute à l’un de ces éléments, mais à tous.

    Lagavulin dénonce le grand capital en nous faisant comprendre qu’avec des journalistes uniquement, ça irait mieux. En lisant le texte du chafouin, je comprends que les journalistes sont souvent idéologiquement portés à s’en prendre au grand capital. En effet…

    Je ne crois pas qu’il y ait eu une heure de gloire du journalisme qui serait aujourd’hui révolue. Pendant des décennies, les gens n’avaient tout simplement pas d’alternatives à la presse écrite. Au niveau du modèle économique, cela a commencé à dérailler dès qu’il a fallu subventionner publiquement des journaux, preuve de la volonté de faire survivre des titres en l’absence de lecteurs. Et dès l’instauration du monopole du syndicat du livre, on a empêché toute forme d’évolution du secteur, garanti par un tabou que les journalistes eux-mêmes pratiquent, abandonnés là par tout leur courage.

    Heureusement, le Président a annoncé une nouvelle flopée d’aides à la presse. Je suis sûr que ça va aider… Ahem.

  19. Lagavulin

    @Aliocha: de votre part, c’est deux fois un compliment!

    @Xerbias: je sais, mon papier est un peu long… Mais le Grand Kapital, c’est un peu humoristique, il ne faudrait quand même pas me prendre pour Laguiller!

  20. Obi-Wan Kenobi

    Je constate que le moutonisme règne dans les commentaires ! Donc je vais tenter d’apporter un point de vue un peu différent, histoire de mettre un peu de pluralité dans ce blog.

    Bon, à vrai dire, je suis plutôt d’accord avec l’idée générale : le suivisme et le conformisme sont les deux principales causes de la désaffection des médias. Reste qu’il y a, dans les rédactions, des journalistes qui résistent (si, si, j’en connais). Le vrai problème vient de la frilosité des rédactions en chef. Exemple classique : « Eh Coco, faut absolument faire ce sujet, c’est énorme, il y a une dépêche AFP ! – Euh, excuse-moi, mais je l’ai fait avant-hier et t’en voulais pas pour la Une. »

    Je voudrais aussi nuancer certains arguments du Chafouin ou des commentateurs.

    – Sur les journalistes « militants », ils ne sont pas si nombreux. Mais quand j’en croise un, je l’évite.

    – Sur le carême ringard, mouais… Chafouin, je te conseille la Une de Ouest-France (premier quotidien de France) et son édito chaque 24 décembre. Je crains que tu ne sois trop subjectif sur la question religieuse !

    – Une majorité des journalistes est culturellement de gauche ? C’est plutôt vrai, c’était même criant en 2002 (cf sondage de Marianne de l’époque). Et c’est même plutôt drôle quand on sait que les journalistes sont très rarement fils de prolétaires. En 2007, c’était beaucoup moins criant. Là où je travaillais, la moitié de l’équipe s’avouait sarkozyste, un tiers se disait de gauche et le reste taisait son opinion. C’est un tout petit échantillon, je sais. Mais si mes souvenirs sont bons, en 2007, le reproche principal fait aux « médias » était d’être trop ouvertement sarkozyste (ce qui n’est pas totalement synonyme de « de droite », je vous l’accorde).

    – L’exemple de la grève, à mon avis ne prouve pas grand’chose. Car il s’explique autrement que par un « militantisme » du journaliste chargé de couvrir la grève. Dans 75 à 80 % des cas, le patron est inaccessible, il faut passer par son service communication qui vous livre une réponse laconique (au mieux). Reste les 20 à 25 % des autres cas où la déontologie devrait imposer au journaliste de respecter un équilibre (mais je ne peux pas être derrière chaque journaliste, eh !).

    – Sur la manif de droite. La manif, l’activisme ne sont pas culturellement de droite. En fait, je n’ai pas de souvenir d’avoir eu à débattre en conf de rédaction de l’opportunité d’une manif de droite. (Sinon, heureux d’apprendre que la piste cyclable est une valeur de gauche !).

    – Sur les écoles de journalisme. Par chance, j’ai évité les plus prestigieuses, je n’ai donc pas eu droit à la lobotomie décrite dans les commentaires. Mais toujours pour relativiser, que les diplômés d’écoles de journalisme reconnues ne représentent qu’un tiers des cartes de presse en France.

    Mais bon, comme toi Chafouin, je voue un culte à la Vérité, seule but qu’un journaliste devrait poursuivre, quitte à ce que cela bouscule sa façon de penser.

    Sur le suivisme, nous sommes d’accord. Et le phénomène touche aussi les blogs (qui commentent les sujets qui font les gros titres).

    Par contre, il est totalement faux de dire « on a noyé la presse dans une masse impressionnante de subventions » (h16) ou « les journaux vivent sous perfusion » (Criticus). La plupart des titres de PQR ne touchent rien (du moins jusqu’à maintenant, on verra les effets dramatiques des Etats généraux de la presse). Par contre, France Bleu et France 3 sont totalement subventionnés. L’ironie de l’histoire, c’est que bien souvent, un journaliste de PQR va sortir une info que France Bleu et France 3 vont reprendre. Et le citoyen lambda aura le sentiment qu’il n’a pas besoin d’acheter la PQR payante puisqu’il peut l’avoir par ailleurs. C’est un très vaste débat (qui touche aussi à l’hypocrisie de l’information « gratuite »), je ne vais pas m’étendre plus, mais attention aux idées reçues !

    Sur l’objectivité, effectivement, elle n’existe pas. J’ai même des doutes sur le fait qu’elle soit un but à atteindre pour un journaliste. Neutralité ou encore honnêteté intellectuelle me paraissent mieux.

    Pour conclure, le texte de lagavulin est excellent. J’y ajouterais juste : « Eh les gars, et si on se remettait à faire du journalisme de temps à autre ! Tout du moins une semaine sur deux ! Vous pensez que ça pourrait intéresser des gens qui se mettraient à nous lire ? »

  21. @Lagavulin

    Eh oui, je suis bien d’accord avec aliocha 😉

    Quan don confie les journaux à des publicitaires, il ne faut pas s’étonner. Comme tu dis, un lecteur n’est pas un client, enfin si, c’en est un, mais sa démarche est compliquée à envisager.

    L’autre jour, on nous a sorti un commentaire sur un « test-clients » sur un projet de nouvelle formule. Les résultats sont très très positifs. Du coup la direction est satisfaite : plu sd e90% des gens trouvent que le décor est bien! Sauf que chaque année, la diffusion baisse. Ce qui prouve bien que c’est le « contenu » qui intéresse les gens. Or on ne s’intéresser toujours qu’à la forme que va prendre le titre, la taille des photos, la place de telle ou telle rubrique. C’ets important aussi, mais depusi que les sociétés de « style » ont pris le pouvoir, on ne peut pas dire que ça tourne rond.

    Mais en effet, quand on regarde la maquette des journaux imprimés à la libération, on se dit que ce n’est pas très attractif, mais si ça marchait, c’est aussi parce que la concurrence était nulle…

    Ceci dit, comme dit Xerbias, les causes de l’effondrement de la presse écrite (qui à mon avis va disparaître assez rapidement) sont multiples.

    Personellement, je rêve d’un système où des mécènes, amoureux de la vérité, de la presse, de la liberté d’expression, se mettraient à investir massivement, à fonds perdus, un peu comme le font Robert-Louis Dreyfus ou Abrahamovitch en football…

    L’info ne sera jamais rentable et bonne à la fois…

    @Xerbias

    Pour les Etats-généraux, je suis très surpris que rien, absolument rien sur le fond n’ait été évoqué.

    @obiwan

    J’ai bien séparé deux formes de suivisme, l’un de la responsabilité du journaliste (dans l’état d’esprit), et l’autre de son chef, dans le choix des sujets (quoique les journalistes aient aussi une responsabilité de ce point de vue, s’ils étaient un peu plus imaginatifs, un peu plus curieux, un peu moins fainéants et blasés, ça irait sans doute mieux aussi).

    Certes, de nombreux journalistes sont brisés par ce système qui interdit la fantaise (ne serait-ce que par la forme que doit prendre le journalisme), qui interdit l’originalité, qui a tendanc eà privilégier le vague papier « vendeur », au détriment de l’enquête sérieuse et fouillée. Qui est difficile à mener, faute de temps…

    Après, je n’ai pas voulu faire le procès des médias, la rubrique des ficelles de l’info sert justement à mettre le projecteur sur un thème particulier, de temps en temps…

    Les journalistes sont très souvent militants, là, je ne parle pas d’avoir sa carte quelque part, mais de la façon dont les sujets sont traités. Sans aucune indépendance…

    D’accord avec toi sur la neutralité, en effet, ça me paraît plus adapté comme terme que celui d’objectivité, qui me paraît un peu utopique.

    Le truc sur le carême était un exemple parmi d’autres. Quoi que tu en dises, on parle dix fois plus du ramadan que du carême. Et il ne manquerait plus que ça, que les journaux ne parlent pas de Noël…

    Quant à l’engagement politique des journalistes et des médias : je pense que la majorité des journalistes (et des médias) sont anti-sarkozystes par nature. Certes, Sarkozy a bénéficié du soutien des patrons de presse, et du soutien idéologique de nombreux chroniqueurs des médias nationaux. Mais le grand peuple des journalistes n’a jamais adopté ce point de vue… Je persiste donc à dire qu’ils sont culturellement de gauche , sans forcément être au PS. Je dirais même que c’ets pire : ils sont bienpensants. Ce qu’Henri Tincq appelait « doxa », pour ce qui est du débat sur le préservatif.

    Quant à la manif de droite, je me doutais qu’on ferait cette remarque : ah ouais, c’est quoi une manif de droite? Ce que je voulais dire, c’est que les combats « in » attirent la sympathie et l’empathie des journalistes, qui vont les soutenir sans retenue.

    Si tu as deux pelés et trois tondus qui manifestent pour le DAL ou AC!, tu auras toujours des journalistes qui vont répondre présents et couvrir l’info. Pourquoi? Pourquoi ne dit-on jamais « non, ça n’est pas intéressant, ces gens-là ne sont pas représentatifs »? Parce que le journaliste se dit « non, c’est important, j’ai une mission, il faut ouvrir les yeux du peuple sur ces graves problèmes ». Et du coup, il se croit dispensé de faire réellement son boulot, à savoir enquêter ou chroniquer au quotidien sur le chômage ou le mal-logement.

  22. Pingback: Le journalisme-conformisme – e-deo

  23. Blanc Cassis

    Pourquoi irais-je acheter un journal alors que je suis obligé d’aller moi-même chercher les faits, la ou il se trouvent ?
    Crise financière : il faut aller sur les sites US pour mieux comprendre et éviter de tomber dans le piège facile du « c’est la faute aux requins de la finance », alors que sur les ondes je n’ai jamais entendu parler de la fameuse loi contre la discrimination du crédit de l’administration Clinton.
    Ceux qui glorifient le plan Geithner, vont ils lire les blogs ou sites internet de Krugmann, de Roubini ou autres économistes US qui connaissent Washington, Wall Street et les noms des donateurs de la Présidentielle US ?
    Quel journaliste est-il allé interviewer, par exemple, les membres du CA de GDF-Suez, responsables des rémunérations, de l’Ethique ou représentants de l’Etat, pour mieux comprendre le processus de décision sur les stock-options, bonus ou autre confiture à étaler sur une tartine déjà beurrée ?
    Comme l’information vit par la pub, pour la tuer ou l’édulcorer, il suffit de menacer de la retirer.
    Comme le citoyen ne veut plus payer, il vit d’émotionnel et de spectaculaire qui alimentent bistrots et cybercafés du commerce.

  24. @Blanc Cassis

    En effet! Les journaux vivent par la pub. Et donc, produisent de la m…

    Et donc? Ces carences, sont-ils ou non la conséquence d’un conformisme? A mon avis oui… On arrête pas de nous sortir scandale sur scandale depusi quelques jours, c’est à qui sortira la plus grosse « honte pour le capitalisme »…

  25. Obi-Wan Kenobi

    @ Blanc Cassis : « Comme le citoyen ne veut plus payer, il vit d’émotionnel et de spectaculaire qui alimentent bistrots et cybercafés du commerce. » Tu as tout dit : l’information a un prix.

  26. Constance Delacommune

    Et le lecteur alors… ?

    Lui, ou elle, pour qui lire le journal était un petit plaisir quotidien (surtout au petit dej. quand tout le monde dort, sauf le chien), matière à réflexion (parce qu’il y a encore des éditorialistes de talents), à rigolade ou à indignation.

    Eh bien il est terriblement frustré, floué, trahi effectivement ! Privé contre son gré de ce rapport « intime » avec son journal, devenu une bouillie indigeste.
    « Journal » qu’il ne lira plus, c’est décidé.

    Pour conclure mon propos, je pense sincèrement que Benoît XVI consacre les dernières années de sa vie à « remettre l’église au milieu du village » !
    Il assène avec douceur des vérités qui dérangent, provoquant des remises en cause de systèmes à bout de souffle.

    Et à chaque fois quel impact !

    Quel courage…
    et quelle déchéance pour la presse et les médias.

    Messieurs, il y a du boulot ! Retroussez vos manches car vous on vous lira ! et… MERCI !!!

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