L’épilogue de l’affaire brésilienne

Ainsi – désolé pour le retard à l’allumage – les évêques du Brésil ont désavoué publiquement vendredi l’archevêque de Recife, Mgr Cardoso Sobrinho, dans des termes qui ne souffrent aucune contestation. Le Vatican fait de même ce matin dans l’Osservatore Romano. L’épilogue d’une bien triste affaire, à tous points de vue, qui montre que l’Eglise doit s’interroger sur la façon dont son message doit être délivré. Nous sommes au XXIe siècle, à une époque, où quoi qu’on en pense, la forme importe tout autant que le fond, pour le meilleur comme pour le pire!

Tout ceci ne serait donc qu’un immense malentendu? L’affaire est trop grave pour  se dire « ouf », mais après avoir émis des doutes sur la brutalité de la réaction de Mgr Cardoso Sobrinho, suite à l’avortement de cette fillette de neuf ans violée pendant de nombreuses années par son beau-père, on est heureux de lire les mises au point des évêques du Brésil, et aujourd’hui, du Vatican, par la voix de Mgr Fisichella, président de l’Académie pontificale pour la vie.

A la suite d’une partie de l’épiscopat français, les premiers se sont exprimés vendredi, levant de facto l’excommunication pesant sur la mère de la fillette :

Pour le secrétaire général de la CNBB (la conférence des évêques du Brésil), Mgr Dimas Lara Barbosa, la mère de l’enfant a agi « sous la pression des médecins » qui disaient que la fillette allait mourir si la grossesse n’était pas interrompue et c’est pourquoi elle ne peut être excommuniée. « Il faut tenir compte des circonstances », a souligné Mgr Barbosa.

Pour les médecins, « seuls seront excommuniés ceux qui pratiquent l’avortement systématiquement », a ajouté Mgr Barbosa lors d’une conférence de presse.

Aujourd’hui, le Vatican est allé beaucoup plus loin par le biais d’une tribune de Mgr Fisichella, parue dans l’Osservatore Romano, et que vous pouvez lire intégralement ici.

Le titre (« Du côté de l’enfant brésilienne ») ne laisse aucun doute sur les motivations d’un évêque qui préside l’institution vaticane chargée de ces questions, et qui sait donc de quoi il parle. Pour tous ceux qui se sont empressés de pointer du doigt le « deux poids, deux mesures » entre la famille de l’enfant et son beau-père, Mgr Fisichella commence par condamner sans équivoque possible les violences faites aux femmes, et a fortiori aux enfants :

La violence sur une femme, déjà grave en soi, revêt un caractère encore plus déplorable lorsque c’est une enfant qui la subit, avec, pour l’aggraver, la pauvreté et de le délabrement social dans lequel elle vit.

 

Il n’y a pas de mot adéquat pour condamner de tels épisodes, et les sentiments qui en découlent sont souvent un mélange de colère et de rancoeur qui ne s’apaisent que lorsque justice est réellement faite, et lorsque la peine infligée au délinquant en cause est sûre d’être purgée.

Puis il rentre tout de suite dans le vif du sujet, critiquant durement la réaction inadéquate de l’évêque de Recife.

Carmen devait être avant tout défendue, embrassée, caressée avec douceur pour lui faire sentir que nous étions tous avec elle ; tous, sans aucune distinction. Avant de penser à l’excommunication, il était nécessaire et urgent de sauvegarder sa vie innocente et de la ramener à un niveau d’humanité dont nous, hommes d’Église, devrions être experts et maîtres dans l’annonce. Cela n’a malheureusement pas été le cas, et la crédibilité de notre enseignement s’en ressent, qui apparaît aux yeux de beaucoup comme insensible, incompréhensible et sans aucune miséricorde.

C’est clair, et ça ne souffre aucune contestation. Même si Mgr Fisichella ne se voile pas la face et ne nie pas que la fillette portait en elle « d’autres vie innocentes », qui ont été « supprimées ». Mais « cela ne suffit pas pour porter un jugement qui tombe comme un couperet ». Il rappelle d’ailleurs que « la morale catholique a des principes qu’on ne peut mettre de côté, quand bien même on le voudrait », que « la défense de la vie humaine depuis sa conception en fait partie, et se justifie par le caractère sacré de l’existence ».

Mais l’évêque insiste aussi sur la difficulté de se prononcer, tant pour le médecin que pour la loi morale. Souligne que « chaque cas individuel et concret, de toute façon, il mérite d’être analysé dans sa particularité, sans généralisations ».

Et de conclure :

Il n’y avait nul besoin de tant d’urgence et de publicité pour déclarer un fait (l’excommunication) qui se réalise de manière automatique.

 

Ce dont on ressent le plus grand besoin en cet instant, c’est le signe d’un témoignage de proximité avec ceux qui souffrent, un acte de miséricorde qui, tout en maintenant fermement le principe, est capable de regarder au delà de la sphère juridique pour rejoindre ce que le droit lui- même prévoit comme finalité de l’existence : le bien et le salut de ceux qui croient en l’amour du Père et de ceux qui accueillent l’évangile du Christ comme les enfants que Jésus appelait auprès de lui et serrait dans ses bras en disant que le règne des cieux appartient à ceux qui sont comme eux.

 

Carmen (le nom d’emprunt qu’il a donnée à la fillette, ndc), nous sommes avec toi. Nous partageons avec toi la souffrance que tu as éprouvée, nous voudrions tout faire pour te rendre la dignité dont tu as été privée et l’amour dont tu auras encore plus besoin. Ce sont d’autres personnes qui méritent l’excommunication et notre pardon, pas ceux qui t’ont permis de vivre et t’aideront à retrouver l’espoir et la confiance. Malgré la présence du mal et la méchanceté de beaucoup.

Les catholiques surpris par cette décision ne peuvent bien sûr que se féliciter de cette mise au point salvatrice. Mais encore une fois, comme dans l’affaire de la levée des excommunications, que d’aucuns ont rebaptisée affaire Williamson, l’Eglise ne peut se payer le luxe d’éviter une remise en question de la façon dont elle gère sa communication.

Bien sûr, on pourra toujours rétorquer que l’Eglise n’est pas une institution comme une autre, que son temps n’est pas celui des médias. On peut aussi légitimement penser qu’il n’est pas toujours sain de réagir à chaud. Qu’il faut prendre son temps, pour éviter de se planter.

Mais dix jours! Comme pour l’affaire Williamson, l’Eglise aura encore mis bien trop de temps pour parler. Mis à part Mgr Re, qui aura été pour le coup très réactif, mais dans le mauvais sens…

Or en dix jours, le mal est fait, et il ne peut être qu’en partie réparé. Il y a tous ceux qui auront été blessés par cette affaire, et qui n’auront pas forcément connaissance de son épilogue. Ou en tout cas pas dans les mêmes proportions. Et puis ceux qui auront été une nouvelle fois influencés défavorablement par tous ceux qui haïssent l’Eglise, et qui auront eu tout le loisir de distiller leur méprisable venin. Il se seront fait plaisir, pendant ces dix jours. Auront tout osé, entre la désormais traditionnelle accusation du « retour au Moyen Âge », et l’idée selon laquelle Benoît XVI voudrait tout sacrifier aux intégristes. On sanctifie Jean-Paul II pour mieux noircir Benoît XVI, alors que sur le fond de la doctrine, rien ou presque ne sépare les deux papes.

L’Eglise est ouverte sur le monde, est pleinement dans ce monde, et doit être plus réactive. Nous sommes à l’ère de l’info en temps réel, sur internet, à la radio, à la télévision, et c’est ainsi. On ne reviendra pas en arrière. Le Vatican ne peut plus se contenter de faire le gros dos en attendant que l’orage soit passé pour s’exprimer. Même s’il faut prendre le temps de la réflexion, s’il faut attendre d’avoir toutes les cartes en main pour s’exprimer, on se dit qu’en toute bonne foi, la tribune de Mgr Fisichella aurait très bien pu être publiée il y a une semaine. Les dégâts auraient sûrement été moindres, pour la fillette et sa famille comme pour l’Eglise.

Benoît XVI aborde d’ailleurs clairement le sujet dans sa lettre aux évêques au sujet de la levée des excommunications des évêques lefebvristes (un mois après « l’affaire ») :  « Il m’a été dit que suivre avec attention les informations auxquelles on peut accéder par internet aurait permis d’avoir rapidement connaissance du problème. J’en tire la leçon qu’à l’avenir au Saint-Siège nous devrons prêter davantage attention à cette source d’informations (…) Une autre erreur, qui m’attriste sincèrement, réside dans le fait que la portée et les limites de la mesure du 21 janvier 2009 n’ont pas été commentées de façon suffisamment claire au moment de sa publication ».

Espérons donc, sincèrement, que les leçons soient retenues à l’avenir!

20 Commentaires

Classé dans Religion

20 réponses à “L’épilogue de l’affaire brésilienne

  1. koz

    Faisons lui le crédit de s’être renseigné sur les faits exacts. Il y a une semaine, certaines questions se posaient encore. Sa tribune, que l’on peut qualifier de position officielle du Vatican, est sans ambiguïté. Et c’est l’essentiel.

  2. C’est une bonne chose d’attendre, je ne dis pas le contraire… Je trouve juste qu’il y a une certaine culture du gros dos qui est contre-productive, même si on se doute que c’est de bonne foi!

    Après, le problème, c’est que les propos initiaux de Mgr Re ont aussi été pris pour la position du Vatican…

    Mais comme tu dis, l’essentiel est que cette fois-ci, il n’y ait aucune ambiguïté!😉

  3. N.R.

    J’ai du mal la comprendre la position du cardinal.
    Notamment la phrase
    « Le médecin porte avec lui son histoire et son expérience ; un choix comme celui de devoir sauver une vie, tout en sachant qu’on en met une deuxième en grand danger, n’a jamais été vécu avec facilité »
    J’ai l’impression qu’il affirme que le medecin a dans ce cas précis agit par facilité, et que la bonne solution aurait été de risquer la vie de la fillette.
    N.R.

  4. @NR

    Ben, je pense qu’on peut le prendre dans les deux sens : sauver la maman ou le bébé… Il y a des cas où si tu sauves le bébé, tu tues la mère, et inversement. La doctrine de l’Eglise étant qu’on ne peut tuer directement, mais que cela ne peut qu’être la conséquence d’une autre action.

    Je ne pense pas qu’a contrario il accuse ceux qui ne feraient pas cela de facilité… Enfin, je ne crois pas que cela soit l’esprit de cette tribune, si je l’ai bien lue.

  5. RoseNoire

    Pour recentrer ce qui me semble être le débat…
    A la lecture de plusieurs blogs, notamment celui-ci et celui de Koz, voici un moment que j’ai eu la curiosité intellectuelle de me pencher sur diverses positions défendues par l’Eglise catholique, et de voir quel était la différence éventuelle entre le message en tant que tel et la façon dont il est perçu.

    Sans pour autant être d’accord avec tout – mes choix spirituels et philosophiques sont ailleurs – ni tomber à l’inverse dans des délires anti-cléricaux rabiques, je me suis rendue compte que le discours était souvent plus nuancé que ce que le grand public pense généralement.
    Sans vouloir développer, ce me semble être le cas sur l’avortement, la contraception et d’autres choses encore.

    Donc, s’il y a un tel fossé entre ce qui est perçu et le message réel…il y a probablement bel et bien un problème de communication. Or effectivement, pour le meilleur comme pour le pire, à notre époque la forme compte parfois autant que le fond, et les stratégies de communication sont très importantes quant à la manière de faire passer un message.

    Et au niveau communication, plusieurs affaires récentes comme le cas Williamson ou cette malheureuse histoire de viol ont selon moi été traitées d’une manière plus que maladroite, donnant une image de rigorisme plutôt que d’humanisme et de compassion.

  6. dupuis

    Il est totalement faux de croire que l’excommunication a été levée par les évêques brésiliens
    Ceux ci n’en ont pas le pouvoir canonique
    Seul l’évêque du lieu de l’avortement peut lever la peine Or il n’en a rien fait
    Le pape peut aussi en vertu de son pouvoir illimité de successeur de Pierre et de vicaire du Christ lever l’excommunication

  7. polluxe

    Les messages de l’Eglise gagneraient en effet à être plus clairs. Même problème avec l’histoire des préservatifs…

  8. cilia

    Fond, forme… vaste débat certainement.

    Pour moi, dans toute cette tragique affaire, ainsi que dans celle de la levée des excommunications et des déclarations de Williamson ou de celle qui s’annonce peut être sur le préservatif, il est vraiment question de fond.

    Je ne nie pas l’impact des medias et des techniques contemporaines de propagation des informations.
    Mais, je crois qu’on a tout à perdre à se cacher derrière cela.

    Pour la seule affaire brésilienne, et pour ma part, cette lettre de Fisichella est très bien venue. Quand bien même elle n’arrive que dix jours après.
    Et elle me conforte dans ma conviction qu’il s’agit bien de questions de fond.

    Entre considérer qu’une femme enceinte peut se sacrifier pour que son enfant vive au dépend de sa propre survie et considérer qu’une femme enceinte doit se sacrifier, il y a un monde.
    L’Eglise propose-t-elle le chemin de la Sainteté, donne-t-elle les clefs pour bien se comporter, rend-elle hommage à ceux de ses fidèles qui ont eu un comportement exemplaire dans une situation où elle reconnaît, précisément, que peu de chrétiens auraient eu la force, la foi, la générosité d’agir de même ? Ou exige-t-elle la perfection, le sacrifice, le martyre même, comme règles de base ?
    Les problèmes posés par la grossesse de cette enfant étaient insolubles. Je parle d’une solution par le haut, bonne à tous points de vue. Et je crois que c’est le fond de la réflexion de certaines personnes comme Fisichella. Et c’est parce que le fond de sa pensée est celui-là que la forme de son expression est si réconfortante.

    Alors améliorer la communication d’accord. Mais, dans cette sordide histoire, le problème numéro un n’a, de mon point de vue, certainement pas été celui de la communication.

  9. Rineau

    Que l’on soit attentif à la forme me semble une évidence tout comme le contenu : question sans doute de dosage entre le ton, les mots, les images et ce à quoi le récepteur les rattachent quand il les reçoit. Question de discernement, jamais facile et si en plus il n-‘y a pas l’amour.
    Si l’emetteur a la responsabilité du message qu’il envoie en s’adaptant à sa cible, le récepteur a lui la responsabilité de l’écouter, en vérité et dans une certaine mesure humilité.( Il y aurait de ce point de vue beaucoup à dire sur l’attitude de tant et tant de personnes et d’institutions qui sans avoir l’expérience de 2000 ans d’histoire n’en sont pas moins experts en humanité ! ).
    Dans toutes les « affaires » concernant l’église, je doute que la plupart des médias soient dans cette disposition d’esprit et je n’en voie pas beaucoup qui après avoir surfé sur l’émotion et s’être planté lamentablement, s’en soient excusés et/ou aient reconnu leur erreur avec autant de pugnacité qu’ils en ont mis à détruire.
    Le film « la fille du RER » revenant sur l’emballement médiatico-médiatique suite à une agression anti-sémite factice est un de ces exemples et tombe à point nommé pour attirer l’attention sur la responsabilité des émetteurs médiatiques.
    Alors OK pour « parfaire » la communication, mais ne soyons pas non plus les benets de service qui, parce-que chrétiens, devraient se taire pour rentrer dans le moule du politico-médiatiquement correct !
    la charité, OUI, mais sans que la vérité n’en soit amoindrie. Tout un programme !

  10. @cilia

    ce n’est pas ce que je dis, je dis que la réponse de mgr Fisichella, qui est la VRAIE vision de ce que pense l’Eglise, est arrivée trop tard et que du coup, la position de Mgr cardoso est apparue aux yeux des médias comme la voix de l’Eglise.

    @rineau

    Bien sûr, et c’est pour ça que le mérite de Mgr Fischella est de faire preuve d’humanité, tout en rappelant avec force le message de l’Eglise. Il faut aussi parfois avoir l’humanité de se dire que même si on rappele les principes, on n’ets pas toujours apte à juger les individus.

    Après, les médIas ont leur propre responsabilité et comme on pouvait le prévoir très peu ont parlé de la fin de l’histoire.

    @polluxe

    Idem pour le préservatif : la phrase est sortie de son contexte…

    La citation exacte étant celle-ci, avec question réponse :

    – Parmi beaucoup de maux qui tourmentent l’Afrique, il y en en particulier celui de la diffusion du Sida. La position de l’Église catholique sur la manière de lutter contre lui, est souvent considérée pas réaliste et pas efficace. Affronterez-vous ce thème pendant le voyage ?
    « Je dirais le contraire. Je pense que la réalité la plus efficace, la plus présente et la plus forte dans la bataille contre le Sida est vraiment l’Église catholique avec ses structures, ses mouvements et communautés. Je pense à Sant’Egidio qui fait tant dans la lutte contre le Sida, aux ‘camilliani’, aux soeurs qui se consacrent aux malades. On ne peut pas surmonter le problème du Sida seulement avec l’argent, qui aussi est nécessaire, s’il n’y a pas une âme qui sait appliquer une aide. Et on ne peut pas surmonter ce drame avec la distribution de préservatifs, qui au contraire augmentent le problème. La solution peut être double, une humanisation de la sexualité et une vraie amitié envers les personnes souffrantes, la disponibilité, même avec des sacrifices personnels, à être avec les souffrants. Ceci est notre double force : rénover l’homme intérieurement, lui donner la force spirituelle et humaine pour avoir un comportement juste et en même temps la capacité de souffrir avec les souffrants dans les situations d’épreuve. Cela me semble la juste réponse que l’Église donne, une contribution importante ».

  11. @dupuis

    l’excommunication n’a en effet pas été levée, mais selon le vatican, elle n’a jamais existé!

  12. cilia

    Chafouin,

    Tu sais, après avoir lu beaucoup de billets et de commentaires sur cette affaire, je me demande si la même lettre de Fisichella publiée trois ou quatre jours plus tôt aurait si profondément changé les choses.
    En raisonnant dans l’absolu, la solution aurait été que le Vatican intervienne officiellement presque simultanément, ou au plus tard le lendemain, de l’intervention publique de l’évêque de Recife. Mais, je pense que tu seras d’accord avec moi pour dire que c’était impossible.
    Ce qui reste donc, en tout cas pour moi, c’est à quel point des évêques de la même Eglise catholique peuvent penser profondément différemment et donc agir dans des directions très divergentes.
    A côté de cela, que la communication du Vatican vis-à-vis des medias soit mauvaise me semble presque secondaire.
    Même si je comprends que la pression doit être lourde et pesante pour les catholiques en ce moment.

  13. @ Cilia.
    il n’est nullement dans mon intention de soutenir aucun média dans la plupart des commentaires hâtifs et incultes, qu’ils font au moindre fait et geste de la curie romaine. Mais tout de même , Cilia, dans l’affaire de cette excommunication inique, il y a un fait : c’est précisément son iniquité totale, outre sa bêtise, qui offense notre catholicisme. La lettre de Fisichella aurait probablement plus changé les choses si elle n’avait pas eu à être une lettre, c’est à dire si la curie romaine, ou le Pape lui-même, informé a minima comme chacun d’entre nous avait d’emblée apporté une parole de réconfort chrétien aux victimes contraintes d’un viol abject.

  14. @Serge Rivron

    L’excommunication (comme nous le verrrons dans un très prochain article, ce n’est plus qu’une question de minutes) n’est pas inique! elle est. En revanche, ce qui est inique, ou plutôt injuste, c’est de le déclarer publiquement. Enfin ce n’est que mon avis…

    Et si le pape devait exprimer son réconfort à toutes les victimes de viol abjetc, on n’en finirait plus. Car si la polémique a éclaté chez nous, c’est non pas à cause du viol, mais bien en raison de l’excommunication publique.

    @Cilia

    Disons qu’il y a eu ce flou avec Mgr Re qui s’exprime dès le départ, et qui n’ets contrdit que dix jour splus tard par Mgr Fisichella…

  15. cilia

    @ Chafouin,

    Oui et non.
    Si ma mémoire ne me trahit pas, Re a confirmé qu’en cas d’avortement, il y avait excommunication automatique.
    Et personne, me semble-t-il, n’a nié depuis, cette réalité du droit canon. Pas plus que l’extrême gravité de l’avortement pour l’Eglise. En ce sens, la position officielle de l’Eglise n’est pas différente de celle de Re.
    En revanche, je ne saurais comparer les propos de Re (en tout cas, de ce que j’en ai su par les medias) s’exprimant sur un point purement et froidement juridique, et ceux de l’évêque de Recife.

  16. cilia

    @ Serge Rivron,

    J’entends ce que vous dites, enfin écrivez.
    Mais pour ma part, la question des excommunications automatiques sont, dans ce cas, assez secondaires. De même, que la Curie et le Pape n’aient pas pris connaissance de l’affaire alors que la Toile était animée d’un déchaînement de réactions bien humaines, souffrantes, stupéfaites, désolées, bien au-delà de la seule sphère catholique, ne me choque pas outre mesure. Ou plus exactement ces deux points ne me choquent pas tant que cela, quand je les compare aux pensées, aux actes volontaires, opportunistes, qui me semblent avoir animé, au minimum un évêque brésilien.
    Comprenez bien, Serge, que je ne prétends en aucun cas détenir toutes les informations nécessaires pour avoir un jugement éclairé. Mais, de ce que j’ai pu lire, je crains qu’il y ait eu une réelle laideur de pensée chez certaines personnes.
    Et je continue à redouter (quoique j’aimerais être convaincue du contraire) que le vrai drame n’est pas dans l’excommunication automatique, ni dans l’écho qu’ont pu en donner les medias, ni encore dans le temps d’information et de réaction du Vatican, mais bien qu’un responsable catholique se soit servi de ce point de droit comme d’un outil pour défendre l’indéfendable et rabaisser encore un peu plus des individus déjà à terre.
    Fisichella a réparé (et comme je l’en remercie) des dégâts qui n’auraient pas dû exister.

    Pardon à tous si j’ai été trop vive ou trop accusatrice.

  17. Pingback: Benoît XVI : quand le lynchage s’arrêtera-t-il? « Pensées d’outre-politique

  18. Comme quoi, la pression populaire a du bon … Continuons le combat !

  19. La pression populaire, dites-vous?😉

  20. Pingback: Chasse au pape « La Pomme de la Discorde

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