Aubry-Royal : les grands principes à l’épreuve des élections

Martine Aubry et Ségolène Royal avaient toutes les deux des grands principes. Rénovation du parti pour le premier secrétaire du PS, pression constante sur l’appareil et guerilla interne dans l’attente de 2012 pour Ségolène Royal. Principes allègrement foulés au pied par les deux rivales, facticement réconciliées sur l’autel des élections.

Mission impossible. C’est ainsi que l’on décrit le travail auquel se livre la direction du PS pour constituer ses listes pour le scrutin européen de juin, et qui n’a pas débouché sur un accord hier soir rue de Solférino, où le bureau national était réuni pour tenter de s’entendre sur les 20 à 25 candidats éligibles à désigner. Déception assurée pour de nombreux prétendants!

Il faut déjà tenir compte de la nouvelle configuration de la tête du parti, qu’ont rejoint fort opportunément, cette semaine, les rebelles « royalistes ». Qui souvenons-nous, au terme du Congrès de Reims, avaient juré leurs grands dieux, la main sur le coeur, qu’on ne les y prendrait pas. Et tant pis si personne n’est dupe de ce qui n’est qu’un rassemblement de façade!

Et puis côté Aubry, il y a toutes ces fichues contraintes qu’elle s’est elle-même imposées. La pauvre! C’est à se demander comment elle a pu faire preuve d’autant de générosité. Elle avait promis pas moins que la parité, la diversité, le renouvellement, et le non-cumul! Tout en étant contrainte de représenter fidèlement les rapports de force issus du Congrès de Reims!

Et bien qu’à cela ne tienne, il n’y a qu’à jeter un voile pudique sur ces principes, et le tour est joué… La parité attendra, puisque seule Catherine Trautmann serait pour l’instant tête de liste dans le nord-est. Le renouvellement? Toutes les têtes de listes (sauf une) sont des sortants. Quant au non-cumul n’en parlons pas.

La preuve la plus éclatante, s’il en fallait une, de ce reniement public est la nomination de Gilles Pargneaux pour conduire la liste de la région nord-ouest. Rénovation du parti, disait Martine? Pargneaux est le symbole de l’apparatchik, de l’arriviste prêt à tous les cumuls et toutes les compromissions. Conseiller à la direction nationale du PS, vice-président de la communauté urbaine de Lille, maire d’Hellemmes, une commune associée à Lille, et premier secrétaire de la fédération socialiste du Nord (en ayant écarté de manière fort peu élégante Marc Vasseur de la bataille), il ne doit sa place et sa longévité qu’à sa capacité à changer de camp comme de chemise. Si ce dernier poste lui a d’ailleurs échu, c’est parce qu’il représentait le plus petit dénominateur commun…

Royaliste pendant la campagne présidentielle, il a su habilement rejoindre les bataillons aubrystes lorsqu’il a compris que là soufflait désormais le vent. Et que localement, son avenir serait étroitement lié à celui de Martine. Cette nomination n’est-elle d’ailleurs pas une façon de remercier Pargneaux de son soutien tant aux élections municipales qu’au Congrès de Reims?

Alors tant pis si les mauvaises langues traitent Pargneaux d’incompétent, sous cape. Tant pis si les journalistes rient sur son passage. Tant pis si ses collègues socialistes ironisent sur le fait qu’il ne parle même pas anglais, ce qui peut sembler ennuyeux pour une tête de liste aux européennes. Tant pis, au final, si la rénovation du PS n’était pas possible…

ET tant pis si encore une fois, on ne tient absolument pas compte de l’Europe dans ces calculs électoraux…

6 Commentaires

Classé dans Europe, Politique

6 réponses à “Aubry-Royal : les grands principes à l’épreuve des élections

  1. tin y a des gens qui osent dire Pargneaux incompétent… tout fout le camp…

  2. Tu vois, tout arrive😉

  3. Je pense tristement à mes amis provençaux qui auront comme choix le picard Peillon en tête de liste socialiste…

    Joli billet, mais un peu triste quand même…

  4. Le contempteur

    Gilles Pargneaux, (que d’aucuns surnomment « lapin fou » au sein du PS local) c’est avant tout une manière habile de se glisser sur chaque photo de presse sans qu’on l’y ait invité. Comment ce type, qu’a priori rien ne disposait à cela et qui a trahi tout ce qu’il a pu trahir (du retournement de veste « Royal » à l’oedipien meurtre du père Derosier,) a pu en arriver là. Mystère mystère…

  5. @lecontempteur

    le lapin fou? J’avais entendu parler de bigoudi, mais ce surnom là est une première pour mes oreilles!😉

    Je crois que la clef du succès de Pargneaux, c’est sa bêtise apparente. Il se présente ainsi comme inoffensif… Et il doit avoir de beaux réseaux, aussi.

    Mais c’est tout ce que j’exècre en politique!

    @Falconhill

    Ne te plains pas, on a gilles pargneaux!😉

    Je préfère encore peillon!😉

  6. @Falconhill
    on voit que tu ne connais pas pargneaux… 😦

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