La prison à perpétuité est-elle inhumaine?

prison2C’est en substance la question que n’ont pas arrêté de poser, tout au long de la cavale incroyable des deux évadés de Moulins, la mère d’un des deux fugitifs, Christophe Khider, ainsi que l’Observatoire international des prisons, par la voix du président de sa branche française, Gabriel Mouesca, qui a passé lui-même 17 années de sa vie derrière les barreaux.

A les entendre, Khider et son complice El-Hadj, tous deux condamnés pour des braquages violents (l’un a tué de sang-froid un otage, l’autre a ouvert le feu à la Kalachnikov sur la police), se sont transformés en victimes d’une société inhumaine pour ses détenus dits « particulièrement surveillés ». On croit rêver : on devrait plaindre ces types ultra-violents, qui ont pris cinq personnes en otage au cours de leur cavale, et qui ont frappé l’un d’eux, un homme de 65 ans, et qui auraient tiré sur la police s’ils en avaient eu l’occasion?

Certes, si on se met deux secondes à leur place, on imagine le sentiment d’ivresse qu’ils ont dû ressentir pendant ces quelques heures de cavale. Même si la satisfaction a dû être limitée : rouler sur l’autoroute, c’est bien, mais pas top…

Mais dans ce débat, à mon humble avis, on confond « longues peines » et « détenus particulièrement surveillés » (DPS), deux concepts radicalement différents. Les « longues peines » sont celles où les détenus sont les plus « choyés », si l’on peut dire. Certes, ils subissent, plus que tout autre, de plein fouet la nature même de la prison, à savoir la privation de liberté, mais ils ont la chance de pouvoir disposer d’une forme de stabilité, contrairement aux détenus provisoires ou aux condamnés à de courtes peines, qui bien souvent, ne peuvent s’inscrire à aucune activité et sont contraints à passer le plus clair de leur temps à moisir entre quatre murs, qu’ils partagent avec deux, trois, voire quatre détenus. A Lille, au centre de détention de Loos, les prisonniers « longues peines » sont par exemple assurés, s’ils le souhaitent, de disposer d’une cellule individuelle! C’est déjà un bon début.

Est-ce donc véritablement le concept de perpétuité (qui n’existe pas, de fait, en droit français) qui est à revoir? Derrière cette remise en cause, l’ombre de la peine de mort se tient, à l’affût. Or si l’on peut raisonnablement considérer qu’elle soit moins inhumaine que la perpétuité, il est évident que son caractère irrémédiable est insatisfaisant : une fois qu’on a tué quelqu’un par erreur, comment réparer?

La vraie question est en réalité celle des « DPS », en effet, qui sont soumis à des contraintes pénibles. Ces détenus voyagent de prison en prison, pour éviter les évasions. Ce qui ne facilite pas leur « réinsertion », si tant est qu’on estime que celle-ci soit possible. La mère de Khider ose raconter que son fils a dû arrêter une formation d’ingénieur du son lorsqu’il a été transféré à la centrale de Moulins-Yzeure. Mouesca va plus loin, parle de « déconstruction » de l’individu et nous explique que peu à peu, le monde réel s’éloigne pour celui qui a écopé d’une peine longue, avec impossibilité de sortir avant le terme, peine de sûreté oblige : « Le monde du rêve fini par ne plus habiter le monde extérieur, vous ne rêvez plus à votre village d’origine, aux parties de football avec vos amis, c’est dire l’empreinte du milieu carcéral sur les longues peines. On se dit alors combien ces détenus sont loin de pouvoir être reclassés. »

Tout cela est très ennuyeux et regrettable, mais on peut se poser la question :  à qui la faute? La société a-t-elle incité Khider a abattre sans pitié un innocent? El-Hadj était-il contraint d’entrer dans cette spirale de violence qui l’a condamné sans conteste possible à vingt années de prison? Ne savaient-ils pas quelle serait la conséquences de leurs actes? La prison doit aussi servir de repoussoir, de menace, pour éviter le passage à l’acte.

Et puis, la société n’est-elle pas en droit de se protéger des individus qu’elle juge dangereux? Gabriel Mouesca, qui ne dit pas que des bêtises, s’interroge sur le point de savoir si le système actuel ne met pas plus en danger la société qu’elle ne le protège :  » Certains seront placés en rétention de sûreté et ne sortiront pas. Le gros des troupes sortira quand même. Parmi ceux-là certains seront habités par la haine et qui vont mettre en danger la société de demain. Toute personne condamnée à la prison est condamnée à en sortir un jour. Dans quel état ? Il faut réviser l’échelle des peines et surtout penser des peines qui aient un sens au niveau du contenu. « 

On peut lui poser la question : comment faire pour qu’un Khider ne sorte pas de prison « habité par la haine »? Est-ce possible? N’a-t-il pas déjà « la haine » du seul fait d’avoir été arrêté et de devoir se soumettre à la société? Est-il réellement possible que les braqueurs français se reconvertissent en ingénieurs du son? La perpétuité n’est-elle pas un moyen, au-delà de la question de l’échelle des peines, de mettre à l’écart de la société, définitivement, des individus que l’on juge inaptes à la vie en collectivité?

Au fond, le problème des DPS n’est pas très éloigné de celui qui est condamné à six mois de détention : tous deux subissent l’hésitation du modèle carcéral français, qui louvoie sans cesse entre sanction et rédemption. Qui cherche à punir, à frapper fort, et en même temps, qui ne se donne pas les moyens de la réinsertion, alors que la sécurité de la société dépend d’une bonne coordination entre ces deux objectifs : sanctionner et réinsérer.

Voici ce qu’on écrivait à ce sujet il y a quelques mois :

On joue donc sur les deux tableaux, dans une attitude proprement schyzophrène : à l’opinion publique qui réclame plus de sécurité, on offre des lois répressives, la rétention de sûreté, les peines-plancher pour les récidivistes, on parle de tolérance zéro (et encore, la justice laisse libres quantité de gens qui pourraient encore grossir les effectifs des prisonniers…), et donc on fait tout pour que les personnes dangereuses soient mises hors d’état de nuire, et de l’autre, on élabore de beaux discours sur la dignité du prisonnier et une belle loi pour faire en sorte qu’il y en ait le moins possible (…)

Et pendant que se multiplient tous ces beaux discours, les détenus, eux, vivent dans une atmosphère à l’hygiène douteuse. Dans une ambiance détestable. Dans une sphère fermée où les comportements du dehors se reconstituent. “Ce sont des petites cités en miniature”, souligne un surveillant. Les clans se reforment, les rivalités aussi. Et parfois, au milieu de tout cela, de cette ambiance empreinte de violence, où les produits stupéfiants tournent avec une facilité déconcertante, il y a parfois un type qui arrive parce qu’il a bu au volant. Qui se retrouve plongé dans un enfer incroyable, dans un monde qu’il ne connaît pas, d’où il pourra difficilement sortir meilleur qu’il n’est entré.

20 Commentaires

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20 réponses à “La prison à perpétuité est-elle inhumaine?

  1. C’est assez symptomatique du leurre dans lequel on envisage les peines carcérales. On s’imagine qu’en éliminant la violence physique du système judiciaire (torture et peine de mort), on le rend plus doux. Or, la violence de vengeance connaît une poussée d’Archimède : comprimez-la, elle ressort ailleurs.

    On peut se demander s’il n’y a pas plus de violence et d’inhumanité à faire moisir des détenus toute leur vie en prison, à les désocialiser, qu’à recourir à une loi du Talion institutionnalisée bête et méchante. Mais aujourd’hui, la notion même de violence est cachée pour se persuader qu’elle n’existe plus : des abattoirs aux prisons, c’est le même processus d’écran de fumée.

  2. Je suis assez d’accord avec le billet.

    Je ne sais pas dans le détail ce qui est fait actuellement, mais il faudrait séparer les détenus pour première condamnation et peines du genre « excès de vitesse » des récidivistes, afin de ne pas plomber la réinsertion des premiers par la présence des seconds. Pour ceux qui n’auront eu de cesse de mépriser les lois et commettre le malheur au cours de leur vie, la priorité devient bien de protéger la société plus que de les réinsérer, vu que cela semble voué à l’échec. C’est la logique d’une perpétuité qui n’existe pas en France.

    Je me demande au passage comment ça se fait qu’on trouve toute sorte d’objets non prévus dans les cellules. Les évasions sont-elles si faciles qu’il faille régulièrement changer les détenus de prison ?

  3. Ce qui me gène toujours, dans ce type de débats, c’est que la victime est curieusement absente, abstraite. Je suis prêt à laisser en liberté des voleurs de voiture, sous réserve que, par l’intermédiaire d’un travail d’intérêt général, ils réparent le préjudice qui a été commis à l’encontre de la société. Mais un tueur ou un violeur ne doit bénéficier d’une compassion que s’il a apporté la preuve qu’il s’était amendé, rédimé.

    Je ne vois rien d’autre que la prison pour y parvenir.

  4. très intéressante question. La peine de mort est la véritable question, en creux, de ce billet d’ailleurs : face à l’innomable, et si l’on veut éviter la peine de mort, il n’y a que la prison a perpétuité.

    Il y a une autre question plus dure : peut-on changer ? Y’a t il des natures dangereuses ?

    tu dis « comment réparer? ». Il y a des actes qu’on ne peut pas réparer. Attention de ne pas se faire croire des choses. L’acte de tuer quelqu’un en fait partie…

    C’est une vieille loi humaine… »tu ne dois pas tuer »

  5. @Le Chafouin : c’est le criminologue Xavier Raufer qui, lors d’un « C dans l’air », rétorquait à ceux qui se plaignaient du système carcéral que le meilleur moyen de ne pas avoir à s’en plaindre était de ne pas commettre d’infraction.
    Lors du procès des évadés de Clairvaux il y a quelques années, Le Monde avait titré « c’est le procès des longues peines ». Ce qui revenait à dire que les monstres et les parrains du grand banditisme devaient être condamnés à des peines plus légères.
    C’est un choix qui n’est pas le mien.
    La prison doit certes rééduquer ceux qui en sont dignes, mais elle doit mettre à l’écart les gens dangereux pour la société, qui a elle-même un droit légitime à se protéger.
    La prison doit aussi corriger et dissuader.
    Autant dire que je suis tout à fait d’accord avec toi.
    J’espère seulement que tu n’auras pas la même mésaventure que moi lorsque j’ai écrit un billet sur un thème similaire chez Koz (« L’abolition de la peine de mort? Que messieurs les assassins commencent ») : tout ce que la blogosphère compte de grandes consciences du barreau m’est tombé dessus, car comme chacun ne le sait pas, en France la justice est la chasse gardée des sachants, en l’occurence des hommes de loi, magistrats et avocats. Moi je croyais naïvement que la justice était rendue au nom du peuple français!

  6. ”L’abolition de la peine de mort? Que messieurs les assassins commencent”…

    excellent ! voilà un point de vue intéressant : oui, la première des raisons d’être de la prison n’est pas de punir, à mon sens, mais de mettre à l’écart des gens que la société estime trop dangereux. il ne faut pas laisser le débat s’enliser dans des notions floues de « culpabilité », de « responsabilité » qui renvoient à des choses de fond pas forcément utiles.

    S’il s’agit de décider du danger que représente quelqu’un, c’est une autre discussion que de savoir s’il est coupable…

  7. @Dang

    Tu as raison, Mouesca dit que « Certains seront placés en rétention de sûreté et ne sortiront pas. Le gros des troupes sortira quand même » : le problème, c’est effectivement que l’on se fonde sur un système idéal où les méchants peuvent devenir gentils. Et on pense que la prison peut jouer ce rôle. ça me paraît utopique : autant tout faire pour que les parents puissent élever correctement leurs enfants, plutôt que de vouloir rattraper le coup après.

    Ceci dit je continue de penser qu’on peut changer, je crois à la rédemption et je crois aussi qu’on petu accorder une seconde chance. Mais pas de manière systématique ou encouragée!

    @Lomig

    « C’est une vieille loi humaine…”tu ne dois pas tuer” »
    C’est surtout que la société n’a pas intérêt à autoriser le meurtre. Et donc elle doit enfermer les meurtriers, cqfd.

    « il ne faut pas laisser le débat s’enliser dans des notions floues de “culpabilité”, de “responsabilité” qui renvoient à des choses de fond pas forcément utiles. »

    Enfin tout de même, la culpabilité c’est important ausssi, n’oublions pas le volet psychologique de la procédure pénale et du droit pénal…

    @criticus

    La différence entre un voleur de voitures et un meurtrier est une différence de degré, selon moi, pas de nature : l’un attente à la vie humaine, c’est vrai, et donc c’ets un degré de gravité supérieur, mais les deux mettent en danger la société. Donc pour moi, la sanction est basée sur cette idée qu’il y a une menace pour la société et qu’il faut la contrecarrer…

    @Xerbias

    « Les évasions sont-elles si faciles qu’il faille régulièrement changer les détenus de prison ? »

    C’est ce qu’il semble… Pour l’évasion de Moulins, les femmes de Khider et d’un complice ont admis avoir fait passer les explosifs aux fugitifs au cours d’un parloir précédent… Un comble! C’est ça, la prison la plus sécurisée de France?😉

    @Nick Carraway

    Tu en déduis qu’il faut rétablir la peine de mort?

  8. Irénée

    Comme chrétien, je suis contre le fait de retirer la vie, même à un meurtrier.
    D’aucuns se posent la question de l’inhumanité des perpétuités. Personne n’a cependant abordé le coût de ce genre de peines pour la société. A raison d’un minimum de 200€ par jour durant 30 ans, cela fait plus de deux millions d’euros pour un seul condamné!
    Ainsi qu’il est dit plus haut, il faut se rendre à l’évidence: un nombre certain de « méchants » détenus ne deviendront pas « gentils ». Ils sont branchés ainsi. J’en côtoie tous les jours.
    Concernant l’affaire Khider, demandez à la principale coupable de cette affaire quelle éducation et quel exemple elle a donné à ses enfants.
    Ce qui n’enduit pas obligatoirement cela. Mais qui y contribue gravement!

  9. Manue

    @Criticus et beaucoup d’autres sans doute : Dans ce genre de débats, surtout, il faut se placer au plan des concepts, et donc ne pas se référer à la victime … sans quoi, par exemple, jamais la peine de mort n’aurait été abolie, et jamais certains types de criminels n’auraient trouvé d’avocats pour les défendre. A ce titre, la lecture directe de R. Badinter ou de J. Vergès est instructive. Elle permet d’appréhender les principes.
    La différence en « longues peines » et « DPS » existe bien, c’est vrai, Chafouin, tu as raison de le souligner et de l’expliciter … Malgré tout, il faut bien être conscient d’une chose : pour se voir appliquer le régime « longue peine » (d’ailleurs pas dans toutes les prisons), encore faut-il être EN VIE … Et souvent (plus de 40% des suicides dans les 100 premiers jours de la détention, y compris provisoire) ce n’est plus le cas …
    Et je pense que notre société ne peut se contenter face à cela de dire « ils l’ont cherché, zavaient qu’à pas commencer, c’est pas nous, c’est eux ! » … sans quoi, effectivement, dans la mesure où ces suicides n’auraient pas lieu si LE DROIT tout simplement était respecté (surveillance, encellulement humain, respect des procédures, emploi systématique de la « grille d’évaluation suicidaire » …), cette société accepte que la prison soit un lieu de non-droit destiné à faire expier jusqu’à la mort parfois ceux qui l’ont enfreint, le droit … C’est juste une variante de la roulette russe : on ne sait pas sur quel détenu ça va tomber, et pire, on s’en moque.

  10. @ Manue

    Tu parles des conditions de détention, ça c’est encore autre chose! L’OIP ne dit pas qu’il faudrait amélorer les conditions, mais que la « détention longue » est en soi dégradante, inhumaine.

    Je suis au fond d’accord avec toi : la prison ne peut prendre son sens, et tout particulièrement la perpétuité, que si on donne aux détenus la chance de la rédemption. En plus de l’enfermement, qui est la sanction. Ce qui suppose sûrement d’augmenter le budget de l’administration pénitentiaire, de construire de nouvelles prisons, tout en développant les alternatives à la privation de liberté pour les délits les moins graves.

    Mais si dans le risonnement, il faut se garder de trop parler des victimes, on ne peut as non pus les occulter, et si on parle de Khider en particulier, s’il commence à trop se plaindre, on ne pourra pas s’empêcher de penser à cet otage qu’il a abattu de sang-froid. J’ai trouvé les jérémiades de sa mère totalement indécentes!

    @Irénée

    La prison a un coût, mais l’idée, c’et que cela coûte moins que si les « méchants » étaient en liberté… Que proposez-vous d’autre?😉

  11. @Manue : vous avez écrit « encore faut-il être en vie et souvent (…) ce n’est plus le cas ». Le mot « souvent » me semble un peu fort. Il y a environ 120 suicides par an dans les prisons françaises et un millier de tentatives. C’est beaucoup trop, d’accord, mais ces chiffres montrent bien que ce n’est pas « souvent ». Non?

  12. Irénée

    Je ne me déroberai pas et répondrai à votre question Chafouin.

    Tout comme vous, je crois à la rédemption, malgré l’expérience que j’acquiers depuis près de 6 ans dans cette nouvelle carrière, mais aussi en raison de ces vécus.
    Mes collègues et moi œuvrons quotidiennement à l’accompagnement de délinquants et de criminels. Le maître-mot est de tenter de prévenir toute reconduction des faits. Pour deux raisons essentiellement:
    – pour que de nouvelles victimes ne surviennent pas;
    – pour que l’intéressé s’insère et se sente mieux dans notre société.
    A l’usage, il est possible d’avancer que l’histoire familiale et l’éducation reçue jouent un rôle important, si ce n’est déterminant. Je n’irai pas jusqu’à dire que Christophe Khider et d’autres sont eux aussi quelque part victimes. Quoique!

    La pratique montre en outre que, la trentaine écoulée, il est très difficile de parvenir à une réinsertion (je n’ai pas ni écrit ni ne pense « impossible »!).

    Alors, que faut-il faire? Tenter et croire.
    Et payer le coût de la réadaptation.

  13. @Irénée : comme vous je pense qu’un chrétien ne peut retirer la vie. Je suis donc, comme vous, contre la peine de mort. Mais entre une solution aussi radicale que le châtiment suprême et des peines qui tournent aujourd’hui autour de 20 ans de prison (dans les cas les plus graves) je crois que la société n’a pas trouvé le juste milieu qui lui permettrait de se protéger. Je ne comprends pas l’hostilité de principe développée à l’égard de la peine de 30 ans envisagée un moment comme peine de substitution à la peine capitale. Autrefois un dangereux récidiviste comme Bobein aurait été guillotiné pour ses méfaits. Il n’a fait qu’une quinzaine d’années de prison avant d’être relâché, sans suivi, et de tuer de nouveau trois fois. Si une peine de 30 ans lui avait été appliquée la société aurait protégé trois de ses membres les plus vulnérable. Et qu’on ne vienne pas me dire que le comportement de Bobein était imprévisible car il se tenait bien derrière les barreaux. C’est par rapport à ce qu’il avait fait avant qu’il fallait évaluer sa dangerosité. Donc, en conclusion, je pense qu’il est des cas où un individu devrait rester 30 ans en prison, même si cela coûte deux millions d’euros. La vie des trois dernières victimes de Bobein valait au moins ce prix.

  14. @Dang

    Merci de rappeler le nb réel de suicides en prison, c’est toujours trop mais on ne peut pas dire que ce soit général !

    Et sur la longueur des peines, n’oublions pas aussi que ce qu’on appelle les peines de sûreté, et qui interdisent toute sortie tant que cette peine n’est pas achevée, ne sont pas si courantes que ça. La règle, c’est plutôt qu’à mi-peine, chacun a un droit potentiel à sortir de sa geôle. Et pas parce qu’on a jugé ça utile, mais juste parce qu’il faut faire de la place.

    P.S : J’imagine que c’est de Pierre Bodein que vous parlez ?

    @Irénée

    Il est évident qu’on ne devient pas braqueur pour rien, et que la vie qu’on a vécue explique certaines choses, mais je crois fermement en la liberté individuelle, à la possibilité de dire non au « mal » à chaque instant de sa vie. Il faut punir ceux qui s’en écartent, ne serait-ce que par justice par rapport à ceux qui n’agissent pas de même tout en ayant subi les mêmes choses.

    Sur la capacité de réinsertion, je me demande qui juge, en réalité… On m’a dit récemment que les juges suivaient quasiment systématiquement les fonctionnaires des services d’insertion et de probation dans leurs décisions. On entend parler de responsabilité des juges en cas d’échec, mais des fonctionnaires de l’ombre, pas tellement…

    Je me demande comment on en arrive à se dire que Bodein, ou Evrard, méritent leur libération…

  15. Merci Chafouin d’avoir rectifié mon erreur sur Bodein. Comme tu le vois je suis bien fatigué en ce moment (lol).

  16. Irénée

    @Chafouin
    1) « je crois fermement en la liberté individuelle, à la possibilité de dire non au “mal” à chaque instant de sa vie ».
    Encore faut-il Chafouin que la personne ait pu acquérir la notion du bien et du mal ou bien qu’une personne soit son mentor, celui qui le relève, celui l’éduque. Alors il pourra le faire!
    Sans vouloir étaler mon expérience ni celle de mes collègues de l’Association, la réalité dépasse carrément la fiction quant aux maltraitances sournoises pas ou peu médiatisées, aux façons de survivre dans des conditions indignes d’un Edmond DANTES (pas d’électricté , pas d’eau courante, pas de WC intérieur, des chiens qui vivent dans ses logements, vont partout dans toutes les pièces faire leurs besoins), etc.
    Croyez-vous qu’un bébé maltraité à 1 an, psychologiquement et physiquement, abandonné et laissé sans amour, ignoré et tabassé jusqu’à 12-13 ou 14 ans, ait ou ressentes « cette liberté individuelle ». Non Chafouin, il ne le peut. Son seul espoir à ce moment là, c’est que Dieu fasse passer devant l’enfant ou l’ado « l’homme providentiel ». Malheureusement, il ne passe que très très rarement.
    2) Un fonctionnaire du SPIP (insertion et probation) effectue souvent du très bon boulot. Il aime ce métier, il a environ une fois et demi de dossiers en plus. La plupart travaille très bien et il est normal, que le décideur, en l’occurrence le JAP (Juge d’Application des peines) demande un avis. Comme tout spécialiste, le conseiller d’insertion et de pronation a une influence, il le sait, il en use peut-être, bref il expose parfois d’une certaine façon: au magistrat décideur qui le connait d’édulcorer ou bien au contraire d’ajouter son grain de sel.

  17. @ Irénée : oui, la liberté se construit, merci de le rappeler. Il y a ce qu’on appelle des éléments « d’individuation » qui manquent parfois pour toujours.
    Cela ne change pas grand-chose, d’ailleurs, au fait qu’il faille protéger la société de certaines personnes, dont il ne me viendrait pas à l’idée de nier les souffrances…

  18. Justement, il appartient à la justice de tenir compte des circonstances atténuantes propres à chacun, tout le monde ne partant pas dans la vie avec les mêmes chances de départ. Après, il reste bel et bien qu’éducation difficile ou pas, la société doit bien se protéger!

  19. THOMAS

    La photo a été rogné sur l’apercu de Mac…=>Montage à chier!!!

  20. Vulgarité, faute d’orthographe… Doit-on vraiment s’exprimer quand on n’a rien d’intéressant à dire?

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