Lassitudes palestiniennes

Cela ne se fait pas, c’est entendu. Quand une guerre survient, il convient de prendre une posture dramatique, d’affecter de parler avec gravité, de se frapper le torse à grands coups virils. Et puis, pleurer les morts innocents, fustiger l’ennemi, le méchant, l’agresseur, souvent le plus puissant d’ailleurs.

Mais c’est justement ce qui m’afflige ce matin. Hier soir, je me suis farci quatre heures de route en guise d’épilogue à ces vacances de Noël. J’ai écouté la radio, Inter, Info, Europe, RTL. Partout, la même rengaine, les témoignages de Palestiniens joints par téléphone. On ne sait pas qui ils sont. Le reportage sur ce qu’on voit de l’extérieur de la bande de Gaza, c’est-à-dire sur rien du tout, étant donné que l’électricité a été coupée et qu’Israël interdit aux médias de passer. Les journalistes trouvent toujours quelque chose à dire. Ils décrivent le bruit des bombes, la lueur qu’elles produisent. C’est court.

Depuis que je suis né, c’est ainsi. Tous les deux ou trois ans, on voit les Israéliens s’écharper avec les Palestiniens. Lassitude, lassitude. On enrage : la sécurité des uns n’a pas beaucoup avancé, et les autres n’ont guère entrevu la fin du tunnel. Nos parents pourraient en dire autant, après tout, puisque depuis 1948, c’est ainsi. Quand vont-ils enfin dépasser leurs rancoeurs, quand vont-ils agir sous le signe de la raison? Quand vont-ils arrêter de se battre dès qu’une échéance électorale approche? Remarquez, on s’est battu avec les Allemands de 1870 à 1944 avant de comprendre qu’il valait mieux faire ami-ami.

Et puis il y a nos médias, dont la partialité, pour ne pas dire la malhonnêteté, m’étonne à chaque fois. Il leur faut toujours un méchant. Et Israël convient parfaitement pour le rôle. Le manichéisme est là, sans surprise, comme lors de la guerre de Géorgie. Ou comme lors de celle du sud-Liban. Et puis il y a ces chers militants de gauche, qui à chaque nouvelle guerre, descendent dans la rue vomir leur haine d’Israël. Ils sont contents, ils ont le beau rôle! Comme le Hamas, ils ont des victimes civiles à exhiber, et ainsi, des preuves de l’infamie des méchants, des horribles sionistes. Ils oublient que ce dernier veut rayer Israël de la carte, tout simplement.

Se contenter de parler des enfants tués à Gaza, c’est réduire le problème, immensément complexe, à sa dimension émotionnelle. Comme dit Nicolas Sarkozy, « le Hamas a une lourde reponsabilité dans la souffrance des Palestiniens ». Mais c’est compliqué à comprendre, pour un journaliste qui débarque de Paris avec une opinion déjà faite. Et qui préfère donc décrire qu’analyser. C’est moins fatigant, et ça permet d’éviter de se remettre en cause.

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22 Commentaires

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22 réponses à “Lassitudes palestiniennes

  1. Lorio

    « Se contenter de parler des enfants tués à Gaza, c’est réduire le problème, immensément complexe, à sa dimension émotionnelle. Comme dit Nicolas Sarkozy, “le Hamas a une lourde reponsabilité dans la souffrance des Palestiniens”. »

    Pourtant je suis beaucoup le conflit ces derniers temps, et que ce soit en presse écrite, en radio, ou en télé, toutes les rédactions se sont contentées de contextualiser cette guerre, comment en est-on arrivé là ? Comment le Hamas a pris le dessus, chaque journaliste s’est contenté de faire un historique pour comprendre la situation d’aujourd’hui.

  2. Là je parle des militants, pas des journalistes…

  3. Encore une fois, comme je suis d’accord avec le fond et l’essentiel de ton propos, vais-je réagir à un détail : les guerres entre la France et l’Allemagne remontent à bien avant 1870, même si l’Allemagne n’était pas encore unifiée avant cela et existait sous d’autres formes (Saint-Empire, Prusse, Autriche, etc.). Cela pour dire, avec une pointe de pessimisme sans doute, que si le conflit israélo-palestinien met autant de temps que le conflit franco-allemand à être résolu, il nous survivra sûrement. Lassitude, comme tu dis…

  4. Israel porte aussi une lourde responsabilite sur la montee du Hamas et meme son existence. Il fut une epoque ou l’OLP avant de devenir le Fatah etait l’ennemi et le Hamas un allie pour Israel.
    Tu places en face de la dimension emotionnelle attirant le soutien aux palestiniens une autre dimension emotionelle :
    « Ils oublient que ce dernier veut rayer Israël de la carte, tout simplement. »

    En tant que chretien est ce bien la bonne attitude de laisser la lassitude s’installer la ou la compassion doit s’exercer? et cela pour les civiles des deux territoires? La volonte de tuer d’un camp comme de l’autre est elle justifiable de quelque maniere que ce soit ?

    Ce qui se passe au moyen orient n’a rien d’emotionnel dans les instances dirigeantes, que ce soit en Iran ou a la Knesset, il s’agit uniquement de geo politique. La guerre reste la guerre , ceux qui la mènent sont des salauds, ceux qui la subissent des victimes. Et dans ce conflit il y a donc des salauds et des victimes des deux cotes, ce qui fait que l’opinion prend le parti d’un cote ou de l’autre est toujours, TOUJOURS fonction du plus grand nombre de victimes et de l’équilibre des forces.

    Tiens je vais m’en aller faire de l’emotionelle de gauche par chez moi…

  5. @garçon

    C’est bien pour cela, cher ami, que j’ai écrit « quand une guerre survient, il convient de prendre une posture dramatique, d’affecter de parler avec gravité, de se frapper le torse à grands coups virils. Et puis, pleurer les morts innocents, fustiger l’ennemi, le méchant, l’agresseur, souvent le plus puissant d’ailleurs. »

    C’est cela, qui dicte les manifs qu’ont a vues dimanche en France et un peu partout dans le monde. Et qui ont un côté manichéen qui me déplaît. Voit-on ces bonnes consciences s’alarmer des roquettes lancées sur les villes isaéliennes? Que nenni. Le méchant, c’est le puissant. Le salaud, c’est Israël, toujours, quoi que fasse l’Etat hébreu. On en revient toujours à 1948 : l’opinion française a pris parti et pense que les Palestiniens ont été spoliés et que depuis, ils sont constamment l’objet de la vindicte israélienne. Or c’est bien plus compliqué que cela. Si Israël le voulait, il n’y aurait plus aucun Palestinien à l’heure où on parle. Et pourtant, jamais, je dis bien jamais, un dirigeant hébreu n’a prétendu vouloir exterminer les Palestiniens, ce qui n’est pas le cas des dirigeants palestiniens et/ou Arabes.

    Je suis bien d’accord avec toi : ce sont les extrémistes des deux camps qu’il faut vilipender. Ceux qui exploitent la mort d’autrui pour des raisons géopolitiques, ou même de politique intérieure. Finalement, cette guerre arrange les deux camps, alors que des élections se profilent de part et d’autre. Les faucons y gagneront dans les deux cas.

    Et il est évident que le Hamas a un temps été en odeur de sainteté à Jérusalem, car il affaiblissait le Fatah.

    En tant que chrétien, j’ai bien sûr de la compassion. Et la justice voudrait qu’on laisse les Palestiniens vivre en paix, et vivre tout simplement, ce qui n’est pas le cas tant qu’on leur impose un blocus aussi strict. Mais être chrétien ne signifie pas qu’on ne doit pas s’interroger. Le terme « lassitude » ne signifie pas « indifférence », mais renvoie plutôt à la banalisation de ces conflits meurtriers, contre lesquels on ne fait rien, ou si peu.

    Cela tient d’ailleurs surtout du billet d’humeur, et pas de l’analyse géopolitique poussée : je ne suis pas assez orgueilleux pour prétendre cela! 😉

    @Criticus

    Certes, comme tu dis, les conflits ont été nombreux avec les « Germains », mais comme tu le dis aussi, l’Allemagne n’était pas constituée avant Bismarck.

  6. Si, elle existait, d’ailleurs Madame de Staël, sous l’Empire, a écrit De l’Allemagne. Elle n’était simplement pas unifiée, tout comme l’Italie, qui, pourtant, existait également. C’est un travers français que de toujours lier État et nation, croyant que la seconde n’existe pas sans le premier. Les histoires allemande et italienne sont là pour le démentir.

  7. Bon post,

    Les manifestations pro-hamas et la partialité médiatique dont fait l’objet Israel illustre comment ce pays est devenu l’objet de tous les ressentiments.

    Obsession curieuse, dont il ne vaut mieux pas se demander quel ressort elle cache.

    “Israel, unique objet de notre ressentiment” pourrait s’écrier en coeur les médias fr.

    Et bien face à cette vague de ressentiment, il y a bien une seule attitude libératrice: le rire!

    Comme Nietzsche l’écrivait, nous devons rire de « tout maitre qui n’a pas su rire de soi même ». Marrons nous, et nous verrons vite qu’il y a dans cet acte une portée plus grande que les missiles sol-air. Les hommes du ressentiment aiment les combats et le sérieux de la guerre, ils sont vite désarmés face au rire.

    Vous voulez que je vous dise:
    L’ironie de l’Histoire c’est que l’ironie sauvera l’histoire!

    http://abenarous.wordpress.com…..sentiment/

    Cordialement

    A.B.

  8. letoreador

    As-tu lu mon article ? Nous nous rejoignons !

  9. @Criticus : le conflit avec l’Allemagne date de bien plus loin que 1870 ou même que le Saint Empire. Pas sous la même forme bien entendu mais la grande hantise des Gaullois était déjà les Germains, les Francs, les Allamands. C’est d’ailleurs ce qui avait permis aux Romains de faire de la Gaulle une province réellement romaine, la protection accordée contre les barbares venus de l’Est. Le conflit a mis en fait plus de 2000 ans à se résoudre (militairement, parce que politiquement ce ne sera jamais le grand amour)…

  10. @ Niko : c’est au Chafouin qu’il faut le dire…

  11. @Criticus

    « C’est un travers français que de toujours lier État et nation, croyant que la seconde n’existe pas sans le premier. Les histoires allemande et italienne sont là pour le démentir. »

    Ce n’est pas faux… Mais on ne s’est pas plus battus avec les « Germains », pour faire court,qu’avec les Espagnols ou les Anglais… Enfin bref, je trouve le parallèle osé avec le conflit israélo-palestinien, car là on est dans des territoires imbriqués. La paix est difficile à trouver, alors qu’on a connu des sicèles entiers sans tirer un coup de feu ou d’arc, ou même de lance, sur les Allemands 😉

    @Lolik

    On a toujours plus de liens communs avec les Germains qu’avec la Perfide Albion!;)

    @Toré

    Ben j’ai un peu abandonné mon netvibes ces derniers temps, j’ai du pain sur la planche de retard! 😉 Mais en effet, on se retrouve, même si ta critique porte plus sur la forme.

    @AB

    Le rire, carrément? Je doute…

  12. Lassitude et flemme, non?

    Même plus la force de réfléchir sur le sujet.
    On se dit que (1) c’est compliqué, (2) pas sur que défricher l’ensemble serve à quelque chose, (3) dans 3 ans ce sera pareil.

    PS: Jusqu’ici tout va bien…pas de troll.

  13. Je propose à chaque français manifestant criant « Nous sommes tous des palestiniens » de lui retirer sa carte d’identité française et lui offrir une identité palestinienne, l’amener à Gaza et donc l’encourager à être réellement solidaire avec cette cause. A mon avis, pas moins de 1% continuerait la route. Non ?

  14. @ Chafouin

    Pas faux. Mais élargissons aussi le problème du conflit israélo-palestinien, et considérons que la lutte pour Jérusalem et la Terre Sainte ne date pas de 1948.

    Encore une fois, je ne veux pas être pessimiste, mais j’ai comme l’impression que, depuis l’Antiquité, il y a une fatalité à ce que les deux puis trois monothéismes s’y affrontent pour le contrôle des Lieux Saints…

  15. Salut chafouin, c’est mieux sous WordPress, en effet.
    Je te rejoins sur ton analyse de ce conflit malheureux et interminable.
    Pas grand chose à ajouter sinon que cette partialité de nos médias et des partisans recrée le conflit en France, conflit qui prend une tournure musulman vs juif très dangereuse.

  16. @Israel

    Faut-il vivre une situation pour se prononcer?

    @Manuel

    Espérons que cela ne chauffe pas trop demain lors des manifs où de fait, il n’y a quasiment que des musulmans. Tiens, au fait, ça illustre un peu ce billet : en France, ce sont des Juifs qu’on agresse. Pas des musulmans.

  17. ivan fédorovitich bourkevitz

    Cher Chafouin, je suis passé voir ta nouvelle pagination comme Marine me l’a conseillé et effectivement c’est très joli. J’ai lu ton article et autant te dire tout de suite que je ne suis pas d’accord. J’ai donc passé un petit peu de temps à te donner mon point de vue de manière la plus argumentée possible. Pardonnes-moi si le style est un peu formel, mais que veux-tu ma dé-formation universitaire me pousse à considérer que la rigueur scientifique requiert certaines règles discursives.

    Il y a un point sur lequel nous serons d’accord : les médias sont abominablement partiaux lorsqu’il s’agit de l’affrontement israélo-palestinien. En revanche permets-moi de faire une lecture opposée de cette partialité. Pour analyser de manière sereine cette affaire il nous faut effectivement abandonner toute approche trop émotionnelle. Cependant, je ne vois pas en quoi relèverait du chantage aux sentiments le fait incontestable que dans ce conflit, la moitié des victimes (2700 blessés, 500 morts) du coté palestinien sont des femmes et des enfants et que de l’autre coté seule une poignée de civils ont été touchés par des tirs de roquettes.

    Je t’accorde que les médias ont une légère tendance à privilégier la condamnation de l’agression israélienne. Pourtant cette attitude ne peut-être partial que si dans cette affaire une attitude objective commandait de mettre sur un pied d’égalité les attaques israéliennes et les attaques du Hamas. Or je considère que ceci est tout à fait impossible et que dans ce cas comme dans un certain nombre d’autre on ne peut mettre sur le même plan la violence des opprimés et la violence des oppresseurs. Je me propose donc de te démontrer qu’Israël se comporte de manière illégale et criminelle en ce qui concerne le sort des palestiniens, de manière générale et dans les affrontements présents.

    Premièrement, de manière générale. Je ne reviendrais pas sur les conditions de la création de l’état d’Israël, qui, bien que discutables, ne retiennent pas mon intérêt dans les griefs que je porte à l’état hébreux. Entendons-nous bien, je suis favorable à l’existence de l’état d’Israël et à sa défense mais je sais aussi que son avènement est un choix imposé par les occidentaux et que par conséquent, les arguments des détracteurs de l’état hébreu ne relèvent pas tous de la malveillance religieuse ou ethnique. Les frontières de l’état nouvellement créé ont été fixées par l’ONU selon des modalités qui caractérisent le droit international. Libre à certains de contester ce droit, ce ne sera pas mon cas. A partir de 1967, Israël s’est engagé dans une expansion territoriale condamnée à de nombreuses reprises par l’ONU. A l’heure actuelle, du point de vue du droit, l’état israélien est un délinquant international. L’état juif occupe des territoires qui ne lui appartiennent pas et continue de ne pas empêcher de nouvelles colonies de s’établir sur les territoires palestiniens restants. Cette situation est condamnée par l’opinion internationale et il n’y a que la presse occidentale qui considère que les torts sont partagés.

    Une partie importante des commentateurs arguent que la survie de l’état hébreu étant en jeu, un certain nombre d’accommodement avec la légalité internationale est souhaitable. Je récuse cette analyse. D’un point de vue régional, Israël possède l’une des armées conventionnelles les plus puissantes et est le seul à posséder (illégalement encore une fois) l’arme nucléaire. Ajouter à cela que l’état d’Israël est soutenu par l’intégralité des pays occidentaux et en particulier de manière aveugle par les USA. Il est également dit ou écrit que quand bien même l’état hébreu n’est pas présentement menacé, la situation peut évoluer et les menaces vont s’intensifier : comme tu le relaye toi-même, on veut « rayer Israël de la carte ». Il ne sera pas de mon propos de nier que l’état d’Israël se trouve dans un milieu hostile mais il me faut pourtant saisir l’occasion d’apporter quelques précisions sur les raccourcis qui sont régulièrement fait autour de cette assertion. Tout d’abord, cette phrase a été prononcé par le premier ministre iranien il y a quelques années et non pas par le Hamas. Concernant la menace que représente l’Iran, n’importe quel spécialiste sérieux de l’Iran pourra expliquer qu’Ahmadinejad ne possède aucun pouvoir réel en Iran et que cette sortie est démagogique. En Iran le pouvoir appartient en premier lieu aux religieux et ensuite à l’armée. Pour battre en brèche l’argument de fanatisme de ces cercles, on pourra trouver de nombreuses analyses de spécialistes des relations internationales qui démontrent que la politique extérieure de l’Iran est fondée sur le pragmatisme et une vision réaliste des relations internationales. En aucun cas l’Iran n’est une menace directe pour la paix au Proche-Orient. Enfin, pour finir sur un argument plus faible car compte tenu de ma maîtrise inexistante de la langue arabe je n’ai pu vérifier moi-même, la citation d’Ahmadinejad a fait l’objet d’une traduction particulière et l’exégèse courante qui est faite de cette phrase ne tient pas compte des options linguistiques. Ainsi une interprétation bien moins belliqueuse pourrait être faite de cette phrase.

    Le Hamas souhaite-t-il la disparition d’Israël ? Il refuse de reconnaître l’état hébreu mais compte tenu de la situation et de la guerre que cette organisation mène, il paraît difficile d’attendre autre chose. De toute façon quand bien même le Hamas souhaite détruire Israël, il n’en a pas le commencement des moyens. A cet égard il convient de rappeler que si la légitime défense est autorisée en droit international, les guerres préventives sont proscrites. On ne fait pas la guerre sur des procès d’intentions, qui plus est lorsque la menace est objectivement dérisoire. Cette dernière remarque est un lien tout trouvé pour nous intéresser désormais au conflit actuel, à ces sources et à ses aboutissements.

    La guerre à Gaza a été déclenché à cause de la rupture de la trêve par le Hamas. Ceci ne peut être contesté. Pourtant il s’agit une nouvelle fois de remettre les choses à leur place. Commençons à nouveau par la situation juridique des parties. Contrairement à ce qu’essaient de faire croire un certain nombre de gens, Israël ne mène pas une guerre défensive. Pour qu’une guerre défensive soit justifiée il faut deux éléments cumulatifs : une atteinte à l’intégrité de l’état qui prétend se défendre et une réponse proportionné. Aucun de ces deux éléments n’est présent. Israël occupant illégalement une partie du territoire de l’Autorité Palestinienne, ce sont plutôt les roquettes du Hamas que les chars de Tsahal qui participent d’une guerre défensive. Ensuite, il n’est pas besoin de tomber dans la dictature de l’émotion pour remarquer qu’Israël agresse Gaza de manière exagérée, faut-il rappeler une nouvelle fois les chiffres des pertes des deux cotés ? Les destructions des deux cotés ? La situation sanitaire des deux cotés?

    Un dernier argument consiste à dire qu’Israël ne fait pas la guerre aux palestiniens mais au Hamas (N’a-t-on pas entendu cet argument il n’y a pas longtemps dans la bouche des américains ?). Le Hamas ayant été élu par les palestiniens, cet argument est au mieux risible ! On ne peut pas prétendre laisser les palestiniens leur indépendance et en même temps les punir lorsqu’ils votent mal. De deux choses l’une, soit la Palestine n’est pas un état indépendant et auquel cas Israël mène une politique sanglante d’apartheid, soit l’Autorité Palestinienne est souveraine et dans ce cas, Israël ne peut s’ingérer légitimement dans les affaires d’un autre état.

    Les médias ne sont pas honnêtes sur cette question, je suis le premier à le dire. Mais il ne faut pas faire l’erreur de croire que l’impartialité conduit à penser que les torts dans cette affaire sont partagés. La situation objective est que la Palestine est occupée illégalement depuis 41 ans, que son peuple est soumis à un blocus criminel que d’aucuns dénoncent comme relevant de la catégorie juridique des crimes contre l’humanité.

    Il est effectivement plus que jamais important de ne se prononcer dans cette affaire qu’avec les infinis précautions que réclame la situation complexe que nous observons, et que quelque soit l’horreur du terrorisme palestinien il ne doit être jugé que du point de vue objectif que tu appelles en ce qui concerne la situation humanitaire à Gaza.

    Excuses-moi également de n’avoir pas assorti ma démonstration des preuves que l’honnêteté scientifique exigerait mais je n’ai pas le temps de retrouver les différentes sources qui mon conduit à cette analyse.

    Bien à toi.

    P.S. : désolé aussi pour samedi dernier, j’avais dit qu’on rappellerait mais on un peu squeezé le monde extérieur ce soir là.

  18. ivan fédorovitich bourkevitz

    Après avoir lu l’article j’ai lu les commentaires, quelques remarques:

    Je trouve également que la solidarité ethno-confessionnelle que l’on devine derrière certaines prises de position est assez désagréable. Cependant fidèle à ma rigueur je me refuse de juger de la sincérité des gens d’après leur religion.

    Dénoncer l’importation du conflit caractérisé par les agressions antisémites ne participe-t-il pas de la même logique que d’écrire  » en France, ce sont des Juifs qu’on agresse. Pas des musulmans. »

    De même, je ne me considère pas gauchiste en défendant la cause palestinienne, c’est plutot le fruit d’une analyse, merci d’en tenir compte. Ce n’est pas parceque que Marc Dutroux dit qu’une jeune fille est jolie que je dois aussitôt la trouver laide.

    Corollairement: « le méchant, c’est toujours le puissant », peut-être pas, mais le faible est infiniment moins nuisible que le puissant.

    En tant que chrétien, vous êtes nombreux à vous accorder sur le fait qu’il ne s’agit pas de compter les morts et de savoir qui subit le plus de pertes. On peut le penser, cependant je trouve un peu court de dénoncer les « salauds des deux cotés ». Cela ne fait pas avancer les affaires.

    S’il vous plait de ne pas répondre à ces saillies rhétoriques, je ne les défendrai qu’en ce qu’elles permettent de démontrer qu’à un parti pris, on peut en opposer un autre.

    Mon point de vue est celui exposé dans le précédent commentaire, rien de plus.

  19. Sans compter que la « bien pensence » de gauche a toujours la même mentalité: celle de PORTEURS DE VALISES….

  20. @Ivan

    Je suis d’accord avec toi sur plusieurs points, notamment sur le fait qu’Israël viole en toute impunité le droit international depuis sa création, et ce avec le soutien de l’Occident. Il s’agit de la colonisation, essentiellement. Je suis également d’accord avec toi sur le qualificatif « aveugle » au mot soutien.

    Je suis également d’accord avec toi, comme avec beaucoup de commentateurs, sur le fait que les gazaouites sont

    C ependant, on ne peut comparer le nombre de morts : quoi, Israël devrait riposter à la roquette, sim:plement parce que ses adversaires sont plus faibles que lui? Son objectif est bien de détruire le Hamas, et si j’étais à sa place, j’utiliserais également des armes modernes, pas des frondes. Que la guerre ait des conséquences sur les vies humaines ets un pléonasme. C’est une réalité qu’on peut regretter, mais de facto, les territoires palestiniens sont en guerre depuis 1948, sans discontinuer. Le Hamas ne veut pas de la paix.

    Le problème, c’est que tu mets dans un camp les palestiniens ET le Hamas, considérés comme les opprimés, et Israël dans l’autre, considéré comme l’oppresseur. C’est jutement ce manichéisme que je rejette, sans pour autant prendre le parti d’Israël.

    On en refera pas l’histoire du conflit israélo-palestinien, mais il me semble qu’à plusieurs reprises la paix était possible mais a été rejettée par les palestiniens, je pense notamment à ces accords de Charm-el-Cheikh rejettés par Arafat alors qu’ils prévoyaient la création d’un Etat palestinien.

    Je considère que dans ce conflit, on a tout de même d’un côté des démocrates, même s’ils ont leur défaut et sont dans l’illégalité, et de l’autre, des djihadistes qui en plus de leur revendication légitime à un territoire , mènent une guerre idéologique contre l’ennemi juif. C’est le cas du Hamas, ça a été celui du Fatah. Je te rappelle que le Hamas veut imposer la charia en Palestine. Et que c’est une organisation terroriste.

    Tu prétends que seul Ahmadinejad veut détruire Israël, mais tu oublies que jusqu’à son arrivée ua pouvoir, le Hamas avait dans ses objectifs la destruction de l’Etat hébreu, d’après la charte de 1988. L’objectif des Palestiniens, et également des Etats arabes voisins, a longtemps été de rejetter le Juif à la mer, tout bonnement.

    Comme tu le dis, les Hébreux ont l’armée la plus puissante de ce secteur géographique, ce n’est qu’à cela qu’ils doivent leur survie.

    « On ne fait pas la guerre sur des procès d’intentions, qui plus est lorsque la menace est objectivement dérisoire. » : je ne dis pas cela pour justifier la guerre mais pour expliquer la philosophie des belligérants.

    « La situation objective est que la Palestine est occupée illégalement depuis 41 ans, que son peuple est soumis à un blocus criminel que d’aucuns dénoncent comme relevant de la catégorie juridique des crimes contre l’humanité. »

    Je suis d’accord avec cette phrase si tu retires sa conclusion.

    @Marien

    Comment dire… Evitez ce genre de propos, voulez-vous?

  21. ivan fédorovitich bourkevitz

    Il faut effectivement que je nuance un peu mes propos.

    Il est évident que ce que je considère comme une résistance légitime à l’occident, tant en Palestine qu’en Irak, est pourrie par le fondamentalisme qui trop souvent constitue son fer de lance. Je suis également très inquiet des menaces religieuses qui accompagnent leur combat et le décrédibilise. Pourtant je pense, et c’est le sens de ma prise de position, qu’il ne faut pas juger ce conflit par le biais des outrances de la foi. En effet, si les djihadistes mènent un mauvais combat, dans ses tenants et ses aboutissants, je constate que certaines motivations occidentales, et même au plus haut niveau, trouvent leurs sources dans des grilles d’analyse de type choc des civilisations. Je pense que les intentions des fondamentalistes chrétiens américains et des sionistes ultra sont de la même veine d’eschatologie malsaine et apocalyptique. Le néo-conservatisme américain et la droite Israélienne (même Kadima, qui n’est pour moi qu’un plan com’) représente pour moi le même type d’erreur que le fondamentalisme musulman. Je n’ai encore pas les sources sous la main, mais leurs discours font le même recours à la volonté divine pour justifier leur action et certains dérapages ont aussi eu lieu de la bouche des israéliens. La tentation d’extermination existe des deux cotés. Je ne trouve pas juste qu’on punisse ainsi les palestiniens des idioties de quelques extrémistes.

    C’est pourquoi, je préfère une analyse juridico-historique et géopolitique, en faisant abstraction des « salauds » des deux cotés. Ce n’est pas parce que je considère Bush, Olmert et même Livni comme des extrémistes criminels que je justifierai une quelconque agression militaire contre les Etats-Unis ou Israël. Le Hamas est certes une organisation terroriste mais la résistance française l’était aussi. Je sais que ces deux mouvements sont très différents et sur de nombreux points antagonistes mais il reste qu’ils combattent tout deux l’occupation du territoire de leur peuple.

    Je crois qu’il faut combattre le terrorisme et l’extrémisme musulman mais je ne crois pas que le maximalisme et l’unilatéralisme qui a caractérisé ces dernières décennies la politique occidentale soit la solution. Je pense, c’est mon avis, que le monde arabo-musulman est manipulé par l’Occident, par la corruption de ses élites (les régimes égyptien et saoudiens sont selon moi les « putes » des USA) et que les mouvements de rebellions populistes qui prennent malheureusement la forme du fondamentalisme religieux œuvrent, in fine, pour le bien des peuples arabes. J’appelle de mes vœux la constitution d’une aire régionale arabo-musulmane autonome et je constate que ceci ne rentre pas dans les plans des administrations américaines obnubilés par le contrôle des ressources et de la position stratégique du secteur. Je crois que la guerre contre le terrorisme cache les plans occidentaux de mise au pas du monde musulman, ce que je trouve scandaleux. Il me semble à cet égard topique de remarquer que le fondamentalisme musulman a progressé corrélativement à l’impérialisme américain. Cette escalade m’effraie, je pense qu’il faut désamorcer tout cela. Et je crois que c’est à l’Occident, qui tire les ficelles de tout cela (arrêtons de croire au complot islamique, c’est une chimère : il n’existe aucune structure aucune vision stratégique réel soutenant cette thèse. Le monde musulman est en réalité divisé, contradictoire et impuissant.) de commencer et de faire le premier pas. C’est à Israël, selon moi, de commencer par libérer le peuple palestinien de son joug. Une fois cela acquis (et pas une mascarade de retrait unilatéral de Gaza mais de maintien du blocus), l’Occident pourra réellement faire pression pour faire cesser le terrorisme palestinien. De la même façon, tant que l’Occident s’ingérera dans les affaires du Moyen-Orient, la résistance islamique ne cessera pas.

    Mon discours peut paraitre angélique mais je ne crois pas. Je considère qu’il en va de l’âme profonde des peuples de chercher la paix et la conciliation et que le soutien tacite dont bénéficie « Al Quaeda » dans le monde arabo-musulman disparaitra si les Occidentaux cessent de fournir le bâton pour se faire battre.

    “La situation objective est que la Palestine est occupée illégalement depuis 41 ans, que son peuple est soumis à un blocus criminel que d’aucuns dénoncent comme relevant de la catégorie juridique des crimes contre l’humanité.”

    Je n’ai pas retirer la dernière proposition, j’ai simplement à dire que je n’y adhère pas mais lorsqu’il m’a été donné d’entendre les arguments de ceux qui soutiennent cette thèse j’ai pensé que si certains faits sont des « crimes contre l’humanité » comme le pense certains, la situation à Gaza, par analogie, rentre également dans cette catégorie. En réalité je ne suis pas très à l’aise avec la catégorie juridique des crimes contre l’humanité qui relève plus pour moi de l’opportunité que de la rigueur juridique. C’est pourquoi je conteste cette qualification en ce qui concerne la situation en Palestine, si c’est ce que tu veux me faire dire.

    Pour conclure, je dirai que je veux bien combattre le Hamas en tant qu’organisation criminel et extrémiste. Cependant ce combat ne doit pas servir de paravent à l’extension de l’ingérence occidentale au Moyen-Orient. Balayons devant notre porte si nous voulons être crédibles dans notre lutte, voilà le sens final de ma position sur la question. Je pense ainsi que ne devons pas avoir de positions réellement inconciliables, il existe juste entre nous une différence dans les éléments que nous mettons le plus volontiers en évidence.

    En tout cas, merci pour ton excellente réponse. Je ne m’y suis pas arrêté mais j’ai parfaitement conscience que l’intransigeance palestinienne dispute à l’israélienne la palme de la mauvaise volonté dans cette affaire. Je n’ai pas voulu me montrer manichéen, je soutiens juste une prise de position dans cette affaire. Mon point de vue est politique.

  22. ivan fédorovitich bourkevitz

    Si, tout de même, deux autres points:

    Il est évident qu’Israël n’a pas a s’excuser d’être supérieur militairement. Simplement je me refuse à mettre sur le même plan les souffrances israéliennes et les souffrances palestiniennes. Ce point de vue est bien entendu sous-tendu par ma conviction que les desseins israêliens ne sont pas moins condamnables que ceux palestiniens. Cela demanderait une analyse plus poussée, mais bon on va non plus y passer notre vie…;)

    Ensuite, tu m’accuses d’être manichéen mais ce genre de point de vue: « Je considère que dans ce conflit, on a tout de même d’un côté des démocrates, même s’ils ont leur défaut et sont dans l’illégalité, et de l’autre, des djihadistes qui en plus de leur revendication légitime à un territoire , mènent une guerre idéologique contre l’ennemi juif. « , s’expose également à ce genre de critiques. On ne peut assimiler le peuple palestinien que la souffrance pousse à soutenir le Hamas aux dingues qui parasitent la résistance musulmane au nouvel ordre mondial. Comme je l’ai déjà dit, je pense que les extrémistes tirent profit que mal-être du monde musulman et assoient leur légitimité sur celui-ci. Une écrasante majorité des français ont soutenu Pétain en 40, je refuse pourtant de considérer le peuple français comme une bande de nazis en puissance. Tiens, c’est marrant, c’est justement ce que BHL fait ! Pas étonnant que son humanitarisme s’arrête aux portes de la Palestine avec ce genre de méthode d’analyse !

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