Des recherches sur les embryons, mais pas sur les singes!

Billet d’humeur, billet d’agacement, ce matin. La commission européenne vient de proposer aux Etats membres de l’Union de limiter les recherches scientifiques sur les grands singes aux cas de forces majeure, et de fixer un seuil maximal de recherches sur les animaux.

« Il est essentiel de mettre un terme à l’expérimentation animale », a affirmé le commissaire à l’Environnement Stavros Dimas dans un communiqué. La proposition de loi présentée par la Commission européenne a été saluée par les élus du Parlement européen, tous groupes confondus, spécialisés dans la protection des animaux. Ils se sont engagés à faire approuver le texte par l’ensemble des eurodéputés le plus rapidement possible, écrit l’AFP.

La commission ne peut cependant aller aussi loin que ce que demandait les associations de défense des animaux : « Il est impossible d’interdire totalement l’utilisation d’animaux pour les essais d’inocuité ou la recherche biomédicale », souligne-t-elle. « Il est impossible ». Elle le regrette! Elle aurait bien satisfait à la demande, mais c’est « impossible ». Comprenez, ma bonne dame, s’il vous plaît, ne nous jugez pas, on aimerait bien mais on ne peut pas!

On assiste donc à un renversement total des valeurs. On pourrait se féliciter de cette proposition, y voir là le signe d’une société civilisée, qui renonce à faire souffrir inutilement des animaux, comme on peut le déplorer dans le cas des études sur les cosmétiques. Mais on ne le fera pas et pour deux raisons.

La première, c’est que l’animal reste un animal, et c’est cela que la commission aurait dû répondre. Il est dénué de conscience de soi, et de la même façon qu’on mange un cochon, on ne voit pas trop pourquoi on ne ferait pas d’expériences sur un rat, sans tomber bien sûr dans le sadisme. Car transporter un cochon dans un camion vers l’abattoir, c’est déjà une souffrance inutile, non?

La seconde, c’est qu’en tant qu’être intelligent, et contrairement au singe ou au lapin, l’Homme est capable de faire la synthèse entre différentes informations dont il a connaissance. Et là, très rapidement, il se dit que personne ne s’émeut, ou presque, des recherches sur les embryons. Là, c’est « possible »! banco! Pas de problème!

On stocke des millions d’embryons, issus des fécondations in vitro. En France, en 2006, la France en avait 120 000 en stocks, dont 40% « ne faisant plus l’objet d’un projet parental ». On a fixé des conditions restrictives, mais en gros, si les « parents » sont d’accord, on peut les disséquer. Hé oui. On peut jouer avec les embryons, en concevoir en veux-tu en-voilà, mais les grands signes, non, faut pas pousser. Faut rester humain, quand même.

Car un grand singe, c’est grand, ça se voit, c’est mignon, ça a des poils, et ça a Brigitte Bardot sur le dos. Un embryon, c’est petit, c’est fragile, c’est dans un tube expérimental et personne ne le voit. Tout le monde s’en moque.

Si au final, on était aussi respectueux de l’humain, et du matériau humain, qu’on se prétend l’être au sujet des animaux, on pourrait applaudir à cette mesure. Ce n’est pas le cas, donc on préférera s’en gausser.

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