A quand une politique familiale?

Il n’y a plus de politique familiale en France. D’un côté, rien n’est fait, bien au contraire, pour interrompre l’éclatement de la cellule de base de la société, qui est une des plus fortes défenses de l’individu face à l’arbitraire, de l’autre, les coups de pouce « économiques » aux familles sont menacés. On le voit aujourd’hui avec la polémique qui fait rage au sujet de la suppression du financement par l’Etat de la carte famille nombreuse de la SNCF.

On avait parlé ici, il y a quelque temps. du danger qu’il y avait à laisser disparaître la famille. En tant qu’entité sociale, elle permet non seulement un épanouissement correct de l’individu, mais aussi et ce n’est pas négligeable, elle est un corps intermédiaire. Elle offre donc à l’individu une défense, un obstacle face à la collectivité et au risque de l’arbitraire.

A tort ou à raison, on a ainsi préféré soutenir le bien-être et le bonheur supposé de l’individu à court terme, quitte à affaiblir ce noyau naturel de la vie. Quoi qu’on en pense, la généralisation du divorce, qu’on facilite de plus en plus au point de vouloir le déjudiciariser, fait partie de ce processus. De la même façon, le succès du PACS est une précarisation de l’engagement conjugal, et donc de la famille. Plus de couple, pas de famille…

On pourrait ainsi multiplier les exemples qui montrent que l’Etat ne réfléchit pas sérieusement à la question. Qu’il navigue à vue, à court terme, sans jamais se poser, s’interroger. En un mot, il n’a pas de politique familiale.

Il en est de même en ce qui concerne les coups de pouce économiques accordées aux familles, et qu’on aurait tort de résumer à des mesures sociales. C’est justement ce que fait l’Etat, quand il veut par exemple conditionner les allocations familiales à un certain plafond de salaire. Au départ, ce n’était pas le but ni l’esprit de cette somme d’argent, qui était destiné à encourager les familles à avoir des enfants (après la première guerre mondiale, me semble-t-il), et non pas à les aider à survivre.

Au sujet de la carte familles nombreuses de la SNCF, c’est le même processus. Pour résumer, l’Etat va supprimer l’enveloppe qu’il accorde chaque année à la SNCF (70 millions) pour financer ses tarifs dits sociaux (dont les réductions accordées aux familles nombreuses). Pas de panique, la carte sera maintenue mais sera du coup payante, à l’instar de la carte 12/25 ou grand voyageur (petit désavantage quand même, comme le rappelle l’Union nationale des associations familiales, pour qui la tarification sera ainsi dépendante d’une activité commerciale et par nature changeante).

En somme, comme résume Nadine Morano, la secrétaire d’Etat à la famille (mais quelle famille?), il faut que les avantages restent les mêmes « sans être à la charge de tous les contribuables ». « Nous avons un engagement que nous devons tenir vis-à-vis des français, c’est la bonne gestion des deniers publics », conclut la ministre. Et cette femme a été nommée défenseur des intérêts de la famille?

Il y a deux points sur lesquels ce que dit Mme Morano est très contestable. Le premier, sur la forme, c’est que si on suit son idée, il faut également démanteler la Sécurité sociale, qui n’est rien d’autre qu’une mutualisation « à la charge de tous les contribuables ». Il faut que chacun paie pour ce qu’il coute, et point barre : Tel est le message de Nadine Morano.

Le deuxième point s’intéresse plus au fond : le problème, c’est que La famille est sans cesse envisagée comme un coût, là où elle devrait être vue comme un investissement, une chance, quelque chose de positif. Aider les familles à s’en sortir, les soutenir, les accompagner, leur donner les moyens d’assurer une bonne éducation à leurs enfants, c’est rendre service à un pays. C’est économiser sur d’autre postes de dépense.

On montre tout le temps du doigt l’éducation apportée les parents. On essaie toujours d’y substituer une forme de collectivisme (dont le plus connu s’appelle l’Education nationale). Un certain nombre de catastrophes (dont la violence dont font de plus en plus preuve des mineurs, d’ailleurs) tout à fait nouvelles sont directement causées par cet abandon de la famille et par son démantèlement. Il est incompréhensible que l’Etat ne s’en aperçoive pas.

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