Un tsunamini…

Où est-elle, la lame de fond que nous prédisaient sondeurs et observateurs politiques? Sans vouloir faire l’agent de propagande d’un gouvernement dont on attend toujours des résultats, une première analyse du premier tour des municipales montre que le raz-de-marée attendu à gauche n’a pas eu lieu. On se croirait en 2001, à l’envers!

Oh, ne nous méprenons pas, la gauche a tout de même remporté de belles victoires, et sort à coup sûr gagnante de ce premier round. A Rouen, à Dieppe, à Lyon (mais Collomb, est-ce vraiment la gauche?), Laval ou Nantes, la victoire est déjà dans la poche. Marseille, Amiens,  Caen, Blois, Strasbourg, sont sérieusement menacées. D’autres villes seront conservées aisément, comme Tours, Lille  Dijon ou Paris, à la fois parce que le bilan du maire est quasi irréprochable, et parce qu’en face, l’adversaire a été nullisime (Donnedieu de Vabres, Huyghe, Panafieu). Mais ça, c’est du local, pas du national.

La droite, elle, résiste mieux qu’on aurait pu le penser. Conserve Bordeaux (on peut relire certains articles avec amusement, du coup…) ou Toulon, dès le premier tour. Devrait l’emporter dans des villes qu’on disait menacées, comme Nice ou Orléans. Pourrait créer la surprise à Angers, ville de gauche s’il en est. N’est pas perdue à Marseille ou Toulouse. Dans mon joli Nord, les communes dans lesquelles j’ai travaillé hier soir ont vu le maire de droite sortant réélu dès le premier tour. On a vu des scores soviétiques, des listes reconduites avec plus de 80% des voix…

Pour un vote sanction, on a vu bien pire. 2004, par exemple… Tous les ministres en course ont été élus au premier tour ou sont en ballotage favorable. En 2001, plusieurs ministres de gauche avaient été envoyés au tapis, Guigou, Lang par exemple. De plus, rien n’est joué : souvenons-nous des dernières législatives, et du rééquilibrage du second tour.

Souvenons-nous aussi que la participation, quoi qu’en disent les observateurs, n’a pas été si bonne que cela. A Lille, Martine Aubry obtient 46% des voix mais avec combien de voix? 26000! Rendez-vous compte, sur 230 000 habitants, ce n’est pas grand-chose… La mobilisation de chaque camp sera la clef du deuxième tour, assurément.

Dernier enseignement du scrutin, et comme on pouvait s’y attendre, le MoDem est pris au piège de sa stratégie périlleuse. En bon équilibriste, Bayrou est coincé. Alors que Juppé aura des MoDems dans son équipe, Marielle de Sarnez a dès hier soir offert ses services à Delanoë. Bayrou lui-même est en position délicate à Pau, où il arrive en seconde position derrière le PS : l’UMP lui aurait offert un soutien en échange d’un accord national… on entre dès aujourd’hui dans les tractations de couloir, à l’ancienne.

Pour autant, les centristes ne sont pas incontournables comme ils l’espéraient. A Paris ou Lille, leur score en-deçà de 10% ne leur permet pas de peser. Les Verts restent le partenaire « naturel » dans bien des communes. On peut se passer des oranges…

Finalement, la gauche pourrait de toute façon se contenter dimanche prochain de cette victoire « nette mais pas déshonorante », qui lui permet de ne pas céder à l’emportement, tout en renforçant ses positions dans le pays. Il est cependant à craindre, au vu de ce qui s’est dit hier soir, qu’on continue à nous bassiner pendant une semaine avec cette histoire de plan de rigueur et les grands cries d’orfraie de pseudo-résistants qui n’étaient même pas nés en 40.

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Classé dans Politique

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