La datation du Linceul de Turin remise en question

Voilà qui va sans doute relancer les débats scientifiques à n’en plus finir sur le Linceul de Turin, dont l’origine redevient le mystère qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être.

Des études menées à Oxford en 1988 avaient conclu qu’il ne pouvait en aucun cas s’agir d’un linge ayant enveloppé le corps de Jésus-Christ, en le datant dans la période 1260-1390. Alors que déjà, en 2005, certains scientifiques avaient contesté les méthodes employées (utilisation d’échantillons non-représentatifs) Patrice de Plunkett nous apprend que l’auteur de ces études lui-même a avoué il y a quelques jours, sur la BBC (impossible de remettre la main sur la source originelle) qu’il s’était « peut-être trompé ».

En 2005, une étude avait prouvé que l’échantillon prélevé pour les analyses n’était pas représentatif. Les parties de l’échantillon qui avaient été transmises aux 3 laboratoires pour la datation n’étaient pas semblables en termes de concentration en carbone 14. 3 experts en textiles anciens ont observé un cliché de l’échantillon prélevé avant sa subdivision. Tous 3 ont repéré un raccommodage couvrant en partie les échantillons prélevés. L’échantillon analysé était donc issu d’un racommodage qui aurait été effectué après le XIIIe siècle. Par ailleurs, la procédure n’avait pas été respectée : un seul échantillon avait été prélevé au lieu des 7 qui auraient dû être examinés et aucune analyse microscopique ou chimique n’avait été faite.

A vrai dire, quoique catholique, je ne me sens pas obligé de croire que ce Linceul est une relique véritable (d’ailleurs, le Vatican lui-même ne l’a jamais reconnu officiellement). Et je me méfie instinctivement, sans doute à tort,  de la vénération d’objets « saints ». Peut-être un petit côté protestant?

Mais quoi qu’on en pense, le sujet est passionnant à étudier et j’ai tendance à furieusement pencher pour la thèse de l’authenticité du Linceul de Turin, après avoir lu pas mal d’articles ou de livres sur le sujet (et dieu sait si ce thème a inspiré…). Il y a trop d’éléments allant dans ce sens, trop de coïncidences, et l’effondrement de la datation au carbone 14 (qui était déjà bien branlante) ne fait que confirmer cette intuition. Bien sûr, et il faut bien l’admettre, si l’on ne croit pas en la divinité du Christ, il est très difficile de penser que ce linge puisse être autre chose qu’un faux! Mais il y a bien une vérité…

Si vous voulez approfondir le sujet, allez fouiner chez Polydamas qui refait le match et nous restitue les arguments plaidant en faveur de l’authenticité :

Il y a d’abord le fait que l’image représentée par le suaire soit un négatif (l’image que vous voyez ci-dessus a justement été obtenue en photographiant le linceul) : le faussaire, s’il existe, est non seulement un génie, mais en plus il était bien en avance sur son temps… Ce que l’on voit, en trois dimensions, a été obtenu au moyen d’une sorte de brûlure du tissu. Comme l’explique très bien Polydamas, « il n’ y a pas de reproduction possible qui permettrait de réunir ces qualités sans des moyens modernes hautement sophistiqués. D’autant que l’impression semble avoir été réalisée à partir d’une projection perpendiculaire, puisque l’on ne décèle aucune trace d’un quelconque mouvement de pinceau, ou d’un produit biologique qui aurait pu former cette image. Une explication de ces particularité, serait que l’énergie qui aurait servi à l’impression vienne du modèle lui-même, c’est à dire du corps. Mais là, on commence à rentrer dans l’absurde idée d’une resurrection. »

la composition (lin) et le tissage du linge en question sont très proches de ceux utilisés au premier siècle en Palestine.

les pollens retrouvés sur le suaire proviennent principalement de la région de Jérusalem, et ne se trouvent que dans cette partie du monde! Des traces d’argile ont également été retrouvées, pour le même résultat.

les blessures infligées à l’homme représenté sur le linceul correspondent point par point à celles subies par Jésus-Christ selon les Evangiles. Couronne d’épines, chutes, flagellation, clous… Il est intéressant de noter au passage que l’homme a les poignets percés, et non les mains, contrairement à ce que l’imagerie médiévale représentait (techniquement,on ne pouvait pas clouer les mains, qui se seraient déchirées). Aujourd’hui encore, les crucifix montrent souvent Jésus cloué au niveau des mains comme une requête google images le prouve aisément.

les pièces de monnaie qui recouvrent les yeux du supplicié ont été émises en l’an 30 après JC. Rappelons que celui-ci est mort en 33…

Quand on voit tous ces éléments, que peut-on dire d’autre, à part acquiescer à cette conclusion : « L’hypothèse d’un faux médiéval serait encore plus géniale que celle d’un dieu, vu le nombre de techniques modernes que le faussaire se devait de maitriser pour réaliser ce chef d’oeuvre. Un tel génie aurait réalisé le suaire, et personne n’aurait entendu parler des techniques révolutionnaires qu’il aurait utilisées ? »

1 commentaire

Classé dans Religion

Une réponse à “La datation du Linceul de Turin remise en question

  1. CD

    il existe encore tellement de preuves allant dans le sens de son authenticité, mais comme le dit très bien cette citation anonyme : « toute l’intelligence du monde est impuissante contre une idiotie à la mode… »

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