Nicolas Sarkozy affaiblit la présidence de la République

Et voilà. Après être passé, aux yeux du monde entier, pour celui qui faisait tout lui-même, y compris le travail de simple collaborateur. Pour celui qui négocie les traités simplifiés, quand d’autres ont fait le boulot à sa place outre-Rhin. Pour celui qui libère les infirmières bulgares de Libye en raflant le long travail de préparation de nos partenaires de l’Union européenne. Pour celui qui accueille en grande pompe un dictateur, sans réelles contreparties. Après être allé se faire insulter lui-même par les marins-pêcheurs, après s’être ridiculisé en personne devant les cheminots. Après, finalement, avoir contribué à transformer l’hyperprésidence en petite présidence, Nicolas Sarkozy donne cette fois de la France une bien piètre image : il officialise sa réputation de coureur de jupons.

Certes, il n’est pas le premier à le faire. Chirac, Mitterrand, en ont vu d’autres. Louis XIV et madame de Maintenon, Louis XV et la Pompadour, c’était blanc bonnet et bonnet blanc. Mais ces illustres prédécesseurs avaient, comment pourrait-on dire, un souci de préserver… les « convenances ». Chirac a toujours sauvegardé les apparences avec Bernadette. Mitterrand a voulu jusqu’au bout sauver le secret de sa fille cachée.

Sarkozy, lui, a usé jusqu’à la corde l’image du bon mari, pour un objectif purement électoraliste. Il a feint de se sentir affecté du divorce d’avec sa tendre Cécilia, comme par hasard annoncé en pleine grève de la fonction publique. Après avoir roucoulé avec une journaliste du Figaro chargée de suivre l’actualité de son parti, la déontologique Anne Fulda, à l’époque où il était « simple » ministre, Nicolas Sarkozy a donc accroché à son tableau de chasse la chanteuse et mannequin Carla Bruni. Et a voulu que la France entière le sache, puisque les photos que nous verrons du couple, en promenade ce week-end à Disneyland (quel romantisme), n’ont pas l’air de clichés volés.

J’ai longtemps pensé que les critiques sur la personnalité de M. Sarkozy, et surtout celles émanant de ses adversaires les plus coriaces (Libération, Marianne), étaient dérisoires, car excessives. Je ne crois pas qu’on ait affaire à un cinglé. Mais à un homme sans foi ni loi, qui n’a pas de convictions, qui change d’idée ou de femme comme de chemise, ça, j’en suis intimement persuadé. Il est à ce titre, comme on l’avait prévu, le digne fils de Jacques Chirac!

C’est quoi, désormais, un Président de la République française? C’est un type qui fait la une de Match et Gala, comme Johnny ou Sardou. Un type qui convoque la presse pour lui montrer sa nouvelle conquête. Espérons juste pour lui, et surtout pour la France, qu’il ne s’agira pas d’une lubie. Qu’il ne va pas se lasser de cette femme, même si on pouvait espérer meilleur parti pour l’Elysée qu’une chanteuse de variété améliorée. Qu’on ne vas pas voir sa tête tous les mois dans les « people » avec une nouvelle prise de guerre.

Aucun moralisme là-dedans. Plutôt de la tristesse. Même si c’est une folie de le croire, j’espérais secrètement que le président, en tant qu’institution, était une forme de modèle, quelqu’un au-dessus du lot, même symboliquement, même de façon illusoire. En agissant ainsi, Nicolas Sarkozy ne s’affaiblit pas mais affaiblit la présidence de la République : eh oui, le locataire de l’Elysée est un homme comme les autres Dommage.

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