La gauche qui perd aspire au pouvoir

On avait eu envie chasser Ségolène Royal de notre esprit, la revoici qui revient galop. Marie-George Buffet était enterrée vivante, la revoilà qui annonce son intention de prolonger d’un an son mandat à la tête de feu le PCF.

Ségolène Royal. L’orgueilleuse candidate malheureuse à l’Elysée a eu le temps de peaufiner une stratégie audacieuse en se retirant des médias pendant toute une semaine passée en Tunisie. Une carte personnelle, bien plus qu’une volonté de relever la gauche et de se consacrer à l’intérêt général.

Celle qui n’a pas encore reconnu explicitement l’ampleur de sa défaite du 6 mai a d’abord appelé, au cours du conseil national du 12 mai devant être consacré aux législatives, à élire tout de suite le ou la candidate du PS pour 2012. Ségolène Royal avait ensuite laissé mûrir l’idée pendant près d’un mois avant d’enfoncer le clou au cours de son déplacement, jeudi 7 juin, dans le Nord et le Pas-de-Calais. Cette fois, la présidente de la région Poitou-Charentes a lâché le gros mot : « Je présenterai ma propre motion au Congrès » prévu pour l’automne 2008, et que  la fausse candide aimerait avancer au printemps prochain. Et vendredi, elle a définitivement imposé cette idée dans les esprits : « Le prochain congrès est très important et que je compte m’y engager. Pas toute seule évidemment », a -t-elle déclaré hier soir sur Canal+, ajoutant qu’elle souhaitait rassembler « le plus grand nombre possible » de socialistes autour d’elle pour construire le nouveau projet politique du PS.

De l’art, bien sûr, de revendiquer la légitimité au sein du parti, lorsque quelques semaines plus tôt, la population lui a refusé les clefs du pays. Après une telle débâcle, et plutôt que de privilégier les querelles de personnes, le PS ferait bien de s’interroger sur les raisons profondes de cet échec d’autant plus terrible qu’il a fait le plein des voix à gauche. Ségolène Royal est parfaite pour ringardiser Strauss-Kahn et Fabius, peut-être plus sages mais bien moins populaires et sexy que la diva de Melle. Mais elle est incapable de porter la gauche à bout de bras. Inapte à proposer une alternative crédible à Nicolas Sarkozy. Son idée majeure, tenter l’alliance avec le Béarnais, risque fort de faire fuir le noyau dur des électeurs du parti socialiste…

Quant à Marie-George Buffet, le sentiment qu’elle suscite ces derniers temps est proche de la tendre pitié.  La pauvre ne supporte pas la médiatisation, ne sait pas parler français, éprouve des difficultés énormes à enchaîner deux idées construites d’affilée. Et surtout, elle a tué dans l’oeuf les collectifs anti-libéraux, qui ne voulaient pas se faire récupérer. Et a été incapable de dire quelque chose qui suscite l’intérêt pendant sa capagne présidentielle. Après son échec cuisant, qui enterre un peu plus son parti moribond au bord de la faillite, ce PCF anachronique, la Buffet veut prolonger son bail. La décence, ce peut être parfois de laisser la place. Mais Ségolène et Marie-George sont de celles qui n’abandonnent pas, quoi qu’il en coûte à leur parti respectif!

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