Les discussions politiques chez le coiffeur : un régal!

« La sagesse populaire », « Vox populi, vox dei »? Mon oeil. Allez chez votre coiffeur. C’est le bon moment. En cette période post et pré-électorale, on peut y entendre les gens se lâcher.

Installez-vous confortablement pour un petit massage capillaire appelé shampooing. Enfilez ce peignoir hideux. Vous ne voudriez pour rien au monde qu’un ami vous voie ainsi affublé… Puis tendez vos oreilles pendant qu’on s’occupe de vous.

A vos côtés, un type sûr de lui. Il se prend pour un expert en sciences politiques. Chez lui, pas de place pour le doute, uniquement pour les certitudes. On le soupçonne de regarder chaque jour le JT de Pernaut. La coiffeuse lui pose la question qui tue. « Et alors, ces élections présidentielles? ». Aïe. On est saisi d’un mauvais pressentiment.

« Moi, je trouve qu’enfin, le parti de ceux qui veulent travailler plus a gagné ». On y est. L’homme ne dit pas pour qui il a voté, mais nous, on a notre idée. « C’est vrai, ça. Ce sont toujours les mêmes qui travaillent, qui suent sang et eau, et qui paient pour ceux qui ne foutent rien, ces assistés qui nous pompent le fruit de nos efforts ». Oula. A ce stade, on sait qu’on ne pourra intervenir sans s’énerver. En réalité, on mise tout sur la coiffeuse. Va-t-elle le rabrouer, le secouer, apporter la contradiction?

Flûte, elle l’encourage. Se dit d’accord avec lui. Si la neutralité politique quitte les salons de coiffure, où va-t-on? Fier des clichés qu’il enchaîne sans vergogne, il élève la voix, convaincu que tout le salon doit en profiter. Il se rengorge. « Moi, je pense qu’il faut donner plus à ceux qui bossent et rien à ceux qui glandent ». Un incroyable éclair de lucidité le saisit pourtant : « Bon, je sais que certains n’y peuvent rien, mais c’est une ultra-minorité »… Ouf, on a affaire à un statisticien, à un spécialiste de la France qui se lève tard! On aimerait beaucoup consulter son étude.

L’homme enchaîne, parle du chômage, de ces gens « qu’il faut radier car ils ne veulent pas retrouver un job ». Avec cette perle rare : « quand on veut vraient trouver du boulot, y a pas de secret! On en trouve rapidement, hein! » Et Ségolène, trouve-t-elle grâce à ses yeux? « Elle a incité à la violence en appelant à brûler des voitures si Sarkozy était élu! ».

Nous aussi, on brûle de le contredire. On hésite à lui rabattre le caquet, à ce rustre qui croit tout connaître, ce pédant qui a un avis sur tout, qui ne connaît aucune nuance. Le symbole d’une partie inflexible des électeurs, qui votent toujours pour un camp, sans réfléchir. Ah bah oui mon bon monsieur.

Et puis non, laissons-le à ses certitudes. C’est déjà bien, pour lui, un éphémère moment de gloire politique dans un salon de coiffure!

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